image_pdfimage_print

Le mardi 30 juillet, 20 prisonniers palestiniens de plus ont rejoint les huit prisonniers en détention administrative déjà en grève de la faim au moment où Mohammed Abu Aker, Mustafa Hassanat et Huzaifa Halabiya entamaient leur deuxième mois sans alimentation. La branche prison du Front Populaire pour la Libération de la Palestine a annoncé que 20 prisonniers dans la prison du désert du Néguev rejoignaient la grève pour réclamer la liberté pour les détenus administratifs et la fin de l’emprisonnement sans accusation ni procès. 

Les 20 prisonniers qui ont rejoint la grève sont menés par Wael Jaghoub, le leader de la branche prison du FPLP. Voici la liste complète des nouveaux grévistes :

·       Wael Jaghoub

·       Thaer Hanani

·       Yahya Zahran, condamné à 22 ans, du camp de réfugiés d’Askar 

·       Fadi Khaizaran, qui purge une peine de 26 ans, du camp de Balata

·       Iyad Abu Khait, qui purge une peine de 24 ans, du camp de réfugiés d’Askar

·       Hassan Ahmad Abu Kamel, qui purge une peine de 22 ans, du camp de réfugiés d’Askar 

·       Ra’afat Assous, qui purge une peine de 20 ans, de Burin

·       Musaab Mahmoud, qui purge une peine de 24 ans, de Beit Umrin

·       Muath Kaabi, qui purge une peine de 3 ans, du camp de réfugiés de Balata 

·       Tareq Darwish, qui purge une peine de 7 ans, d’Issawiya

·       Ahmad Abu Amsha, qui purge une peine de 6 ans, de Zawat, Naplouse

·       Ismail Alayan, held en détention administrative, du camp de Dheisheh 

·       Mahmoud Hamash, en détention administrative, du camp de Dheisheh

·       Shehab Mezher, en détention administrative, du camp de Dheisheh

·       Shafiq Saabneh, qui purge une peine de 11ans, de Jénine

·       Mohammed al-Rashdi, qui purge une peine de 11 ans, du camp de réfugiés de Shu’afat 

·       Mohammed al-Zaanoun, qui purge une peine de 18 ans, de Hallal

·       Mohammed Firawi, qui purge une peine de 8 ans, de Jérusalem

·       Mohammed Abu Hamad, qui purge une peine de 7 ans, d’Issawiya, Jérusalem

En rejoignant la grève, les prisonniers ont publié une déclaration selon laquelle « les atermoiements et les esquives de l’administration carcérale et son échec à mettre en œuvre un accord avec les trois prisonniers en grève, Huzaifa Halabiya, Mohammed Abu Aker et Mustafa al-Hassanat, recevront l’escalade en réponse ». Ils ont insisté sur le fait que l’administration est pleinement responsable de la vie et de l’état de santé  des grévistes alors qu’ils entament leur second mois de grève de la faim. 

En représailles à cette annonce, des unités israéliennes répressives ont pris d’assaut deux sections de la prison, en particulier celles où sont détenus des prisonniers du FPLP. Leurs cellules, des sections 10 à 13, ont été attaquées et fouillées, de nombreux prisonniers étant alors transférés de section en section. Des prisonniers ont été notamment menacés de transfert dans d’autres prisons s’ils continuent leur grève. 

Abu Aker, qui a eu 25 ans le 30 juillet, a achevé son premier mois de grève de la faim. C’est un dirigeant étudiant et un militant du camp de réfugiés de Dheisheh ; il est le fils de Nidal Abu Aker, le camarade ancien prisonnier, journaliste et militant, qui a passé à peu près 14 ans dans des prisons israéliennes et a lancé sa propre grève de la faim contre la détention administrative en 2015. Il a déjà fait 27 mois de prison et était emprisonné sans accusation ni procès depuis novembre 2018. Son père a dit que Abu Aker avait rejeté une proposition israélienne de le libérer quatre mois après la fin de sa détention actuelle, pour qu’il mette fin à sa grève. Abu Aker a perdu 20 kilos depuis le début de sa grève le 1er juillet. 

Son cursus universitaire à l’Université de Bethléem a été constamment interrompu par les arrestations et les emprisonnements de la part d’Israël, cette fois sans accusation ni procès. Il est connu pour ses prises de parole et son engagement politique clairement de gauche ; il représente le mouvement étudiant palestinien lors d’événements et d’activités à l’université. Il est actuellement à l’isolement dans le service médical de la prison de Ramle. 

Il est rejoint par Huzaifa Halabiya, âgé de 28 ans, d’Abu Dis, à Jérusalem. Halabiya est un survivant de leucémie qui a souffert de brûlures sur la plus grande partie de son corps dans l’enfance et qui nécessite des soins médicaux intensifs et un traitement. Pourtant, il a entamé une grève de la faim pour exiger sa liberté après avoir été emprisonné sans accusation ni procès depuis plus d’un an, depuis le 10 juin 2018. Halabiya est à l’isolement, à Nitzan Ramle; il a perdu 14 kg depuis le début de sa grève de la faim le 1er juillet. Il boycotte le centre médical de la prison et refuse les soins. Lors de son arrestation par les forces d’occupation israéliennes, sa femme était enceinte ; il est maintenant le père d’une fille de six mois, Majdal, mais s’est vu refuser la chance ne serait-ce que de rencontrer sa fille. 

Mustafa Hassanat, âgé de 21 ans, également du camp de Dheisheh, fait la grève de la faim avec Abu Aker et Halabiya depuis le 1er juillet. Il est détenu depuis le 5 juin 2018 et  a reçu deux ordres de prolongation de sa détention administrative depuis le premier ;  cela revient à l’emprisonner sans accusation ni procès pour plus d’un an et c’est ce qui a déclenché sa grève. 

Également en grève de la faim se trouvent cinq autres Palestiniens emprisonnés sans accusation ni procès :

·       Ahmad Ghannam, âgé de 42 ans, de Dura près de al-Khalil, en grève de la faim depuis 17 jours contre sa détention administrative.

·       Sultan Khallouf, âgé de 38 ans, de Burqin, en grève de la faim depuis 13 jours. Le tribunal militaire d’Ofer a reporté, le 31 juillet, une audience dans son cas au 8 août.

·       Ismail Ali, âgé de 30 ans, de Jérusalem, qui est aussi la ville natale de Huzaifa Halabiya, est en grève de la faim depuis une semaine contre son emprisonnement sans accusation

·       Wajdi Awawda, âgé de 20 ans, a démarré sa grève de la faim il y a trois jours contre son emprisonnement sans accusation. En plus d’être en détention administrative sans accusation ni procès, il nécessite une opération chirurgicale pour une blessure au pelvis, qui lui a été refusée à plusieurs reprises. 

·       Tariq Qa’adan, âgé de 46 ans, de Jénine, est en grève de la faim depuis un jour contre son emprisonnement sans accusation ni procès. C’est un ancien prisonnier qui a passé 11 ans en prison et il a été arrêté le 23 juillet 2019. Après la fin de sa peine de deux mois, il a été transféré  en détention administrative au lieu d’être relâché comme prévu. Il a démarré sa grève de la faim le 31 juillet. 

Deux autres grévistes de la faim, Musab al-Abed et Hamza Awad, ont suspendu leur grève le 30 juillet après un accord de fin de leur détention administrative. 

Le réseau de solidarité Samidoun avec les prisonniers politiques palestiniens exhorte ceux qui soutiennent la Palestine et ses amis partout dans le monde à se tenir aux côtés de ces courageux prisonniers qui ont mis leur vie sur le fil, dans leur recherche de liberté  et pour mettre fin au système injuste de détention administrative. La solidarité internationale peut les aider à l’emporter dans leurs luttes, aussi toutes vos participations, manifestations et pétitions peuvent jouer un rôle et les aider à remporter la victoire pour la justice et la liberté. 

Agissez

1)    Organisez ou rejoignez un événement ou une manifestation pour les prisonniers palestiniens. Vous pouvez organiser une table d’information, un rassemblement, une grève de la faim solidaire, une protestation ou une action de soutien aux prisonniers. Si vous avez déjà un événement organisé sur la Palestine ou la justice sociale, incluez la solidarité avec les prisonniers dans cette action. Envoyez des nouvelles de vos événements et des rapports à samidoun@samidoun.net.

2) Écrivez des lettres et passez des appels téléphoniques  pour protester contre la violation des droits des prisonniers politiques palestiniens. Exigez de vos gouvernements  qu’ils agissent et arrêtent de soutenir l’occupation israélienne ou qu’ils fassent pression sur l’État israélien pour qu’il mette fin à la politique de répression des prisonniers politiques palestiniens. Demandez en particulier à vos représentants officiels de faire pression sur Israël pour mettre fin à la politique de détention administrative, à l’emprisonnement de Palestiniens sans accusation ni procès. 

Appelez, aux heures de bureau de vos pays :

• La Ministre australienne des affaires extérieures Marise Payne: + 61 2 6277 7500
• La Ministre canadienne des affaires étrangères Chrystia Freeland: +1-613-992-5234
• La haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini: +32 (0) 2 29 53516
• Le Ministre néo zélandais des affaires étrangères, Winston Peters: +64 4 439 8000
• Le secrétaire britannique aux affaires étrangère, Jeremy Hunt: +44 20 7008 1500
• Le président des États Unis, Donald Trump: 1-202-456-1111

Traduction SF pour l’Agence Media Palestin

Source: Samidoun