« Israël a soustrait deux millions de personnes à l’humanité » déclare Sarah Katz

3 août 2018

Article paru dans le journal La Marseillaise du 3 août 2018 

Sarah Katz, militante de l’Union juive française pour la paix (UJFP) a retrouvé le sol français après avoir passé quatre nuits dans les prisons israéliennes. Elle a été ensuite expulsée du territoire ou elle était venue porter assistance à la population palestinienne via une flottille internationale.

Sourire et émotions à l’arrivée de Sarah Katz ce jeudi soir à la gare Saint-Charles de Marseille. Après les embrassades la militante juive française pour la paix a longement conté ses conditions de détention

La Marseillaise : Quel est votre état d’esprit après ce périple qui a commencé par l’arraisonnement de votre bateau par l’armée israélienne alors que vous vous trouviez dans les eaux internationales ?

Sarah Katz : Ce fut un acte de piraterie très brutal. Le capitaine et le mécanicien norvégiens ont été violemment pris à partie et si nous n’avions pas été européens je pense que notre sort aurait été bien pire. N’oublions pas que le rôle de cette sixième flottille était de pointer du doigt la terrible réalité du blocus israélien que subissent les Palestiniens. Nous apportions des médicaments et surtout du matériel médical de type bandelettes, compresses qui manquent cruellement là-bas. J’ai espéré un moment que nous pourrions faire mieux, mais à partir du moment où l’armée israélienne ne nie même pas qu elle opère illégalement en eaux internationales, que pouvons-nous faire., Nous comprenons bien là ce que signifie soustraire de l’humanité deux millions de personnes (la population de Gaza, ndlr) Mais évidemment, je suis amère.

Une fois arrêtée, quelles ont été vos conditions d’arrestation, de détention et de comparution devant la justice israélienne ?

S.K : J’ai découvert, à cette occasion,, l’importance que prend, dans un État, ces services un peu gris tel l’Office d’immigration qui a un puissance incroyable. Ça donne, en bout de chaîne, une parodie de justice où le juge ânonne que ta détention est légale. On a réussi à mobiliser des militants, médias et parlementaires français dans le refus de soutenir un État voyou. Mais il faut amplifier la contestation. Ou on y arrive ou nos pays, dont la France, vont dire en creux que le monde d’Apartheid qu’est en train de construire Israël, est le monde qu’ils veulent.

Qu’est-ce qui permet une telle impunité dont jouit le gouvernement d’extrême droite israélien ?

S.K : C’est le fait que ça provient d’une très profonde unité idéologique. En 2018, sur Terre, il y a des gens qui ont plus de droits que d’autres et même nos gouvernements, au fond, sont d’accord. Que des migrants se noient en Méditerranée, c’est juste leur sort, que 1000 migrants arrivent sur le sol français et c’est la démocratie qui tremble sur ses bases. On est devant cette idée que l’on ne va pas au devant d’un monde fraternel, mais où les puissants se créent un lieu où ils se protègent et écrasent les autres. L’État Israël est à l’avant-garde de ça. Regardez la loi sur l’Apartheid visant les arabes et qui est une insulte à la mémoire juive.

À ce propos, que souhaiteriez-vous dire, en tant que militante associative, aux Juifs de France tentés d’épouser les positions de Netanyahu ?

S.K : La première chose que j ’aurais envie de dire, c’est qu’ils doivent se rappeler qu’ils sont des citoyens comme les autres et qu’ils ont la même responsabilité pour construire une société qui ait un sens. Pour cela, ils doivent lutter de toutes leurs forces contre ces gens qui construisent l’Apartheid au nom de leur judéité.

Propos recueillis par M.Gd

Source : UJFP




Un spectacle lumineux projette le nom de Palestiniens sur des immeubles de Manhattan

27 juillet 2018

Vendredi dernier, des artistes de New York ont fait des projections sur des immeubles du centre de Manhattan. (Photo DTP Crew)

Vendredi dernier au soir, les visages de Palestiniens tués par les forces israéliennes pendant les manifestations près de la barrière qui sépare la Bande de Gaza d’Israël ont été projetés en travers de deux immeubles du centre de Manhattan, dernier projet du collectif d’artistes militants, Decolonize This Place (Décolonisez Cet Endroit) ou DTP Crew (équipe DCE).

Projections de militants sur un immeuble du centre de Manhattan en soutien aux manifestants de la Bande Gaza. (Photo DTP Crew)

La manifestation lumineuse a projeté ces phrases : « Un appel à agir venu de Gaza » et « Héros abattus » et « Grand Marche du Retour » sur les tours de l’autre côté de la rue depuis le bureau de l’AIPAC, groupe de pression pro-israélien belliqueux, et depuis une banque israélienne.

Source : Mondoweiss
Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine




Israël essaie d’isoler les Palestiniens et de les priver de soutien international

Adri Nieuwhof – 30 juillet 2018

La politique d’Israël est d’isoler les Palestiniens du reste du monde et de faire obstruction au travail des défenseurs des droits de l’homme qui documentent ses violations.
(Najeh Hashlamoun – APA images)

Deux chercheuses néerlandaises ont été détenues, soumises à des traitements dégradants et des violences, puis déportées par Israël au début du mois.

Elles ont vécu personnellement la politique israélienne d’isolement des Palestiniens du reste du monde et d’obstruction au travail des défenseurs des droits de l’homme.

Les forces de sécurité israéliennes ont arrêté Lydia de Leeuw pour l’interroger immédiatement après son atterrissage à l’aéroport Ben Gourion le 20 juillet.

Avant le début de l’interrogatoire, on lui a remis un dossier déjà complété contenant ses données personnelles et d’autres informations, dont une décision d’interdiction d’entrée sur le territoire du ministre de l’Intérieur.

Menottée et maltraitée

Pendant quatre heures, L. de Leeuw a subi une fouille au corps, été privée de son téléphone et de ses autres effets personnels et s’est vu refuser l’accès à l’ambassade des Pays-Bas ou à une assistance juridique. Elle a ensuite été déportée.

Sa collègue Pauline Overeem a même subi un traitement plus dur.

Elle a été détenue pendant 24 heures, pendant lesquelles elle a été « menottée et soumise à des violences verbales, incluant la menace que les autorités israéliennes utiliseraient la force contre elle », selon PHROC, une coalition de groupes palestiniens de défense des droits de l’homme.

« Ils m’ont menottée, m’ont agressée verbalement et m’ont laissé seule pendant des heures dans une salle », a déclaré P. Overeem au quotidien néerlandais De Volkskrant.

On lui a également refusé l’aide de son consulat ou d’un avocat, avant de la mettre sur un vol de retour vers les Pays-Bas le jour suivant.

L. de Leeuw et P. Overeem sont des chercheuses qualifiées du SOMO, un centre de recherche néerlandais sur les multinationales fondé en 1973.

Les médias israéliens ont rapporté l’expulsion de L. de Leeuw à peu près au moment où elle était arrêtée pour être interrogée, mentionnant des détails de son dossier personnel – ce qui indique qu’ils travaillaient de concert avec le gouvernement.

« Cela suggère que la décision de lui refuser l’entrée sur le territoire avait été prise avant même qu’elle n’atterrisse en Israël », selon PHROC. « Le traitement que L. de Leeuw a reçu à l’aéroport, y compris son interrogatoire, lui a donc uniquement été infligé pour la malmener et l’humilier ».

Le ministre de l’Intérieur a refusé l’entrée de L. de Leeuw sur la recommandation de Gilad Erdan, le ministre israélien des Affaires stratégiques qui est en charge de la répression généralisée du gouvernement contre les défenseurs des droits des Palestiniens.

« Preuve » Facebook

Les chercheuses se trouvent être les premiers citoyens néerlandais à se voir refuser l’entrée sur le territoire en vertu de la loi israélienne anti-BDS, le mouvement qui appelle au boycott, au désinvestissement et aux sanctions pour défendre les droits des Palestiniens.

Le SOMO n’est pas sur la liste noire du gouvernement israélien des 20 organisations dont les membres sont interdits d’entrée sur le territoire parce qu’ils travaillent pour que cessent les violations des droits de l’homme commises par Israël. 

Erdan a néanmoins utilisé la loi anti-BDS pour refouler les deux chercheuses néerlandaises.

Le SOMO a dit qu’il était « incompréhensible et inacceptable » que ses employées se voient refuser l’entrée sur le territoire sur des allégations de travail pour BDS.

Le groupe a déclaré qu’il n’était « pas actif dans le mouvement BDS » et que « le boycott sort du champ d’action du SOMO en tant qu’organisation de recherche ».

Erdan était cependant préoccupé par le rapport du SOMO sur les importations agricoles néerlandaises venant de colonies israéliennes construites sur des terres palestiniennes volées, en violation du droit international.

Ce rapport prouvait que L. de Leeuw promeut BDS, a déclaré le ministère d’Erdan au journal néerlandais NRC.

L. de Leeuw a dit au NRC que l’une des personnes qui l’avaient interrogée avait présenté comme « preuve » additionnelle de son soutien à BDS deux postes sur Facebook de 2015 et 2016. À ce moment, la loi qui bannit d’Israël les organisations qui soutiennent BDS n’était pas encore en vigueur.

Criminaliser BDS

Le SOMO considère que le refus d’Israël de laisser entrer son personnel s’inscrit dans « une tendance à réduire l’espace de la société civile et la liberté d’expression ».

Le groupe a déclaré être « extrêmement concerné par la criminalisation d’individus et d’organisations qui appellent les pays et les entreprises à promouvoir et respecter les droits de l’homme ».

Le SOMO presse le gouvernement néerlandais d’exiger des explications d’Israël et de condamner le traitement subi par ses chercheuses.

Le groupe a relevé que le gouvernement néerlandais avait explicitement défendu le militantisme de BDS au nom de la protection de la liberté d’expression et d’association, ce qui est aussi la position de l’Union européenne.

« Je ne suis pas active dans le mouvement [BDS] mais je soutiens totalement ceux qui choisissent d’exercer ce droit », a dit L. de Leeuw à NRC.

Complicité européenne

Le ministre néerlandais des Affaires étrangères – qui subventionne le SOMO – a dit à NRC que le refoulement était « regrettable », tout en reconnaissant le droit de tout État à déterminer les conditions d’entrée sur son territoire.

Le ministre a répété sa position selon laquelle le militantisme de BDS était protégé par la liberté d’expression.

La soumission du gouvernement néerlandais au « droit » de déterminer qui peut entrer est identique à la réponse apathique du gouvernement français après qu’Israël ait interdit l’entrée sur son sol à plusieurs élus français l’an dernier.

Mais ce que ces gouvernements prennent le risque d’ignorer, c’est qu’Israël ne barre pas seulement l’accès à son territoire « souverain ». Il barre l’accès, tout particulièrement, à la Cisjordanie et à la Bande de Gaza et isole du reste du monde les millions de Palestiniens qui y vivent.

Israël entrave l’action des organisations internationales pour vérifier qu’il respecte ses obligations de puissance occupante telles que définies par le droit international. En refusant de s’insurger contre les interdictions d’entrée en Israël, les gouvernements européens aident donc Israël à dissimuler au monde ses violations du droit et le couvre pour en commettre d’autres.

La députée néerlandaise Sadet Karabulut a demandé au ministère des Affaires étrangères d’examiner le cas.

Sadet Karabulut a tweeté qu’il était « préoccupant que deux militants néerlandais des droits de l’homme se soient vu refuser l’accès à Israël pour des raisons politiques ».

Une semaine plus tôt, Israël avait refusé l’entrée à Gaza à Sadet Karabulut.

Il y a longtemps que des millions de réfugiés palestiniens apatrides sont interdits d’entrer dans leur propre pays parce qu’ils ne sont pas juifs. Mais des Palestiniens de nationalité états-unienne, canadienne ou de l’un des États membres de l’Union européenne font aussi souvent face à cette interdiction d’entrer dans leur pays d’origine, même pour une visite.

Comme le gouvernement des États-Unis l’a reconnu, le refoulement apparaît également motivé par une discrimination ethnique et religieuse.

S’attaquer aux défenseurs des droits de l’homme

Ces derniers mois cependant, Israël a utilisé la législation contre BDS pour attaquer des défenseurs des droits de l’homme et des militants, tels qu’Omar Shakir, le directeur du bureau de Jérusalem de Human Rights Watch ; Ariel Gold, co-directeur de CODEPINK ; Vincent Warren et Katherine Franke, le directeur exécutif et une membre du bureau de Center for Constitutional Rights ; et Ana Sanchez, une militante de BDS en Espagne.

Israël a également refoulé Shashi Naidoo, mannequin et célébrité sud-africaine.

Shashi Naidoo avait provoqué la colère des défenseurs des droits des Palestiniens en juin en faisant des remarques désobligeantes sur Gaza.

Les militants ont capitalisé sur l’incident en invitant Shashi Naidoo à venir faire un voyage d’observation et voir par elle-même la situation des Palestiniens.

« Shashi Naidoo rejoint la liste de plus en plus longue des Sud-Africains à qui on a refusé le passage vers la Palestine » a déclaré le groupe de soutien à la campagne BDS en Afrique du Sud, qui participait à l’organisation du voyage.

Mais arrêter Shashi Naidoo à la frontière n’a pas empêché l’information sur les abus commis par Israël d’atteindre encore plus de personnes.

Depuis son retour, Shashi Naidoo a appelé Gaza « le plus grand camp de concentration du monde » et elle soutient maintenant publiquement BDS :

Source : The Electronic Intifada
Traduction : Mireille Vaucoret pour l’Agence Média Palestine




155 Palestiniens tués dans la Grande Marche du Retour

3 août 2018

Le 3 juillet 2018, le personnel médical palestinien transporte un manifestant blessé lors de la «Grande Marche du Retour» près de la frontière entre Israël et Gaza dans la ville de Gaza, à Gaza le 3 juillet 2018 [Agence Ashraf Amra / Anadolu]

 

Environ 155 Palestiniens ont été assassinés par les forces d’occupation israéliennes alors qu’ils prenaient part aux manifestations de « la Grande Marche du Retour » dans la Bande de Gaza assiégée, selon le ministère de la Santé palestinien.

En plus des tués, 17.259 Palestiniens ont été blessés dans ces manifestations, dont 3.279 sont des enfants et 1.553 des femmes.

Parmi ces blessés, le ministère affirme que 4.348 ont été frappés à balles réelles, 430 par des balles d’acier enrobées de caoutchouc et que 1.593 ont souffert de graves suffocations dues aux gaz.

On a rapporté soixante-huit cas d’amputations, le plus souvent des parties basses, deux dans les parties hautes et six Palestiniens ont perdu un ou plusieurs doigts.

Deux infirmiers ont été tués et 160 autres ont été blessés par balles ou suite à l’inhalation de gaz lacrymogènes, et 69 ambulances ont été endommagées après les représailles d’Israël aux manifestants palestiniens non armés.

Le 30 mars, les Palestiniens ont lancé un mouvement de protestation appelé « La Grande Marche du Retour » pour réclamer leur droit de retourner dans les maisons que leurs familles ont été forcées de quitter pendant la Nakba et la fin du siège étouffant d’Israël sur la Bande de Gaza.

Source : Middle East Monitor
Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine




En Direct de Gaza : 2 morts et 220 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire- : ce vendredi 3 août 2018 

Par Ziad Medoukh

En Direct de Gaza :

2 morts et 220 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire- :

Ce vendredi 3 août 2018 

L’armée israélienne a tué ce vendredi 3 août 2018 deux palestiniens partout dans la bande de Gaza et en a blessé 220 autres -bilan provisoire- par des balles réelles.

Ces palestiniens manifestaient pacifiquement près des zones tampon de sécurités imposées par les forces de l’occupation israélienne sur les frontières de la bande de Gaza.

Plus de 7.000 palestiniens de Gaza se sont ressemblés en masse ce vendredi 3 août 2018 pour la dix-neuvième semaine de la grande « Marche du retour » sur les frontières-le vendredi des martyrs de Jérusalem – dans une initiative non-violente afin de montrer l’attachement des Palestiniens à leur terre, que le droit au retour est sacré pour tout le peuple palestinien, et pour exiger la levée du blocus israélien inhumain sur la bande de Gaza.

Les soldats israéliens qui se trouvaient sur les frontières ont ouvert le feu en tuant deux personnes et en blessant deux- cent-vingt.

Les dirigeants israéliens ne supportent pas ces manifestations pacifiques qui se développent dans la bande de Gaza semaine après semaine.

Les crimes israéliens contre le peuple palestinien se poursuivent !

Les manifestants et malgré la brutalité des forces de l’occupation israélienne, les balles réelles, les gaza lacrymogène de l’occupant, sont plus que jamais déterminés à poursuivre ce type d’actions. Ils développent des stratégies non-violentes face à cette occupation aveugle

Ils défient les soldats israéliens avec leurs drapeaux palestiniens dans les mains et leurs actions pacifiques.

La résistance populaire pacifique se développe dans la bande de Gaza.

Ces actions pacifiques montrent que la non -violence pourrait être efficace y compris dans la bande de Gaza pour lutter et résister contre les mesures atroces de l’occupation israélienne.

Honte à cette occupation illégale !

Honte à cet état d’apartheid !

Honte à ces crimes israéliens contre les civils palestiniens !

Honte à ce blocus israélien inhumain et mortel !

Honte à cette communauté internationale officielle complice !

Vive la solidarité !

Gaza sous blocus résiste

Gaza la dignité persiste

Et Gaza l’espoir existe !

Gaza la courageuse défie l’occupation !

Gaza l’abandonnée vit !

Gaza la digne est plus que jamais déterminée !

Ici , notre terre et ici, notre Palestine !

La lutte continue !

La Palestine vivra !

La justice triomphera !




Livre « Naplouse, Palestine – Portraits d’une occupation » de Stéphane Aucante

Résumé

J’ai écrit Naplouse, Palestine entre septembre 2015 et juillet 2017, pendant mes deux premières années en poste de directeur délégué de ce qui venait d’être renommé « l’Institut Français de Jérusalem – antenne de Naplouse ». Je quittais un pays dont la devise devrait être « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » pour un territoire qui aura subi, depuis des millénaires, toutes les complications, et où les gens ont malgré tout réussi, en surface, à rester « simples » – au sens de ces herbes embaumantes, entêtantes parfois, qu’on trouvait dans les jardins au Moyen-Âge. Vingt et une personnes croisées au XXIe siècle dans leur propre jardin – Dieu que la Palestine peut être belle, au printemps en particulier – m’ont inspiré vingt et un portraits pour comprendre. Essayer de comprendre. Car à Naplouse, j’ai souvent croisé l’incompréhensible; expatrié au coeur d’une culture que je ne connaissais pas, réellement étranger à tout, j’ai perdu beaucoup de mes certitudes… Mais au moins, vingt et un visages comme autant de repères, de points d’ancrage dans une ville, un territoire, un monde bouillonnant, bruyant, sinueux, insaisissable : le monde arabo–musulman. M’aidant à ne pas perdre ces ports d’attache universels que sont la curiosité, l’empathie, l’émotion à fleur de peau – fleur fuchsia bien sûr, la couleur des bougainvilliers qui ont embaumé ma vie à Naplouse – ces visages m’ont fait voyager au coeur d’histoires intimes, tristes ou gaies, et approcher, je crois, les rivages tourmentés de « La Grande Histoire »… Celle où, entre autres, depuis soixante-dix ans maintenant, un peuple en « occupe » un autre… Mais qui encore s’en « préoccupe » ?… À Naplouse, les Palestiniens eux-mêmes ont eu souvent cette force incroyable de me faire oublier ce qu’ils subissaient… Ce livre leur est aussi dédié.

Site de l’éditeur : Dacres




La poétesse palestinienne Dareen Tatour condamnée à 5 mois de prison en Israël : Agissez pour la faire libérer

1er août 2018 – Samidoun

La poétesse palestinienne Dareen Tatour a été condamnée le 31 juillet 2018 à cinq mois de prison en Israël, apogée d’une saga de presque trois ans d’emprisonnement et de résidence surveillée à la suite de la publication en octobre 2015 d’une vidéo présentant son poème « Résiste mon peuple, résiste leur ». Tatour, 36 ans, a déjà passé trois mois en prison avant de passer les deux années et demie suivantes en résidence surveillée. Le traitement infligé à Tatour en tant que citoyenne palestinienne d’Israël a clairement mis en lumière les conditions racistes, discriminatoires et d’apartheid réservées aux Palestiniens de ‘48, tout en dévoilant la réalité qui se cache derrière les prétentions d’Israël à la démocratie et à la liberté académique.

Tatour sera le 8 août dans la prison israélienne où elle purgera une peine deux mois de prison, reste de sa condamnation. Elle a été accusée d’incitation il y a plusieurs mois par un tribunal de Nazareth pour ses poèmes et écrits sur les réseaux sociaux. Un certain nombre de dirigeants politiques en Palestine de ‘48 occupée ont assisté à l’audience et des écrivains du monde entier ont exprimé leur soutien à Tatour. PEN International a identifié ce cas comme l’un de ceux qui visent la liberté d’expression.

« Après avoir examiné l’acte d’accusation et les preuves avancées contre elle, PEN a conclu que Dareen Tatour a été ciblée pour sa poésie et son militantisme et demande sa libération immédiate et inconditionnelle. » Jennifer Clement, présidente de PEN International, a dit que Dareen Tatour est jugée pour avoir écrit un poème. Dareen Tatour est critique envers la politique israélienne, mais les gouvernements qui se présentent eux-mêmes comme des démocraties ne brident pas les désaccords. Des mots comme ceux de Dareen Tatour ont été utilisés par d’autres poètes révolutionnaires, pendant la guerre du Vietnam, pendant d’autres guerres de libération, et on peut les trouver dans les œuvres de Sufiya Kamal du Bangladesh, ou d’Ernesto Cardenal du Nicaragua, et ainsi de suite. » Des centaines d’écrivains et d’artistes internationalement reconnus, dont Edwidge Danticat, Ahdaf Soueif, Alice Walker, Eve Ensler, Ariel Dorfman, Russell Banks et Barbara Hammer, ont demandé la libération de Tatour.

Comme Yaav Haifawi, l’un des organisateurs de la campagne de libération de Darren Tatour, l’a écrit dans l’explication détaillée de son cas, « Tatour a été suspectée à tort et la totalité de l’enquête sur son affaire est la conséquence de cette erreur. Mais sa condamnation n’est pas une erreur. Elle a été clairement identifiée comme une fière Arabe palestinienne qui résiste à son oppression et à l’oppression de son peuple. Pour cela, elle a été condamnée ».

Dareen Tatour est loin d’être le premier poète palestinien – dont nombre de poètes de la Palestine de ‘48 – ciblé par l’occupation israélienne pour être arrêté en emprisonné. L’emprisonnement et le jugement de Dareen Tatour vient comme en écho des arrestations et de l’emprisonnement de Mahmoud Darwish, Samih al-Qasim, Tawfiq Zayyad et beaucoup d’autres, sans oublier l’assassinat de Ghassan Kanafani, Wael Zuaiter, Kamal Nasser et autres poètes et écrivains palestiniens. Aujourd’hui, il y a des dizaines de journalistes palestiniens en prison, dont l’écrivaine Lama Khater, de al-Khalil, arrêtée juste la semaine dernière et retenue pour interrogatoires par les forces d’occupation israéliennes. La famille de Khater a dit que les soldats lui avaient dit que, si elle arrêtait d’écrire, elle ne serait pas arrêtée.

Dans un longue et émouvante interview par Mondoweiss, Tatour a évoqué les expériences vécues avec ses compagnes prisonnières. « Chaque prisonnière que j’ai rencontrée et connue a une histoire qui vaut la peine d’être connue. Chacune apporte un message humain important. Il y a 45 prisonnières palestiniennes que j’ai personnellement connues et qui m’ont laissée avec des sentiments et des souvenirs inoubliables. Je veux aider à faire entendre leurs voix…

Après ma libération, je projette de me consacrer au mouvement des femmes. Je projette de créer une association de femmes palestiniennes qui puisse se joindre aux associations de défense des droits des femmes à travers le monde. Bref, ces trois dernières années m’ont fait aimer plus que jamais les femmes et j’espère changer les choses avec elles. »

Samidoun, Réseau de Solidarité avec les Prisonniers Palestiniens, dénonce la condamnation de la poétesse palestinienne Dareen Tatour, dernier exemple de la répression militaire violente des arts, de la culture et de l’expression littéraire palestiniens. Le cas de Tatour met en évidence la réalité du régime israélien envers les citoyens palestiniens en Palestine de ‘48 occupée – c’est-à-dire une attaque et un déni de leur existence, leur identité et même leur créativité.

Qu’ils affrontent les tribunaux militaires qui condamnent 99,74 % des Palestiniens conduits devant eux, les audiences de la détention administrative qui envoient les Palestiniens en prison sans charge ni procès ou les tribunaux « civils » qui criminalisent la poésie et infligent des condamnations extrêmes aux enfants de Jérusalem, le système israélien tout entier est fondé sur la dépossession et le déni des Palestiniens et est fondamentalement et profondément injuste et raciste.

Son cas met aussi en lumière le rôle des Palestiniennes dans la conduite du mouvement de libération ainsi que dans la création artistique et la culture. A travers l’histoire du mouvement de libération et de la culture de résistance palestiniens, l’art et l’organisation des femmes ont toujours tenu une place centrale – et même essentielle – dans le développement de la lutte anti-coloniale et dans la production créative qui l’a accompagnée.

Liberté et justice pour Dareen Tatour et tous les Palestiniens emprisonnés et persécutés !

AGISSEZ !

1. Plusieurs organisateurs de la campagne pour libérer Darren Tatour ont lancé « Poème en procès », campagne pour faire connaître l’affaire et soutenir ses continuels défis juridiques. Les organisateurs appellent les musiciens, poètes et autres artistes à créer des œuvre fortes en y incorporant le poème incriminé de Tatour. « Avec votre accord, nous avons l’intention de sortir un album de propositions exclusivement numérique qui serait disponible à la vente dans plusieurs programmes. Tous les produits de la vente seront utilisés pour aider à la contestation juridique de Dareen contre sa condamnation. SVP soumettez votre œuvre d’ici le 28.09.2018 via Wetransfer à : poemontrial@gmail.com . » Lisez en plus sur : https://www.poemontrial.org/

2. Intensifiez le boycott culturel d’Israël. Les Palestiniens ont depuis longtemps appelé au boycott des institutions académiques et culturelles de l’État d’Israël et demandé aux acteurs et artistes de se retenir d’aller se produire en Israël tant que celui-ci continue à violer les droits des Palestiniens. Ceci inclut le rejet de parrainage d’événements culturels et de festivals de cinéma par les ambassades d’Israël à travers le monde. En réaction au mouvement croissant de boycott, les supporters de l’apartheid israélien et les représentants du régime israélien font souvent appel à « la liberté académique » et aux « échanges culturels ». L’emprisonnement de poètes comme Dareen Tatour prouve le mensonge de ce genre de déclarations et sape l’importance du boycott culturel. Trouvez en plus sur https://bdsmovement.net/pacbi, http://aurdip.org et http://usacbi.org.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : Samidoun




Les Palestiniens célèbrent la libération d’Ahed Tamimi

Tamara Nassar – 29 juillet 2018

Ahed Tamimi, au centre, et sa mère Nariman s’expriment lors d’une conférence de presse le 29 juillet dans le village de Nabi Saleh près de Ramallah en Cisjordanie occupée, à l’occasion de leur libération après avoir passé 8 mois dans une prison israélienne. (Shadi Hatem / APA images)

Dimanche, les forces armées israéliennes ont libéré de prison l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi et sa mère Nariman.

Toutes les deux ont été accueillies comme des héroïnes dans leur village de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée et leur libération a été couverte par les médias internationaux :

Palestine Alqadi

Dernières nouvelles : Israël a libéré de prison l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi et sa mère après une peine de 8 mois.

Sarah El Monzer

Elle est libre !!!!!!

Shebab Agency

Ahed et sa mère ont passé huit mois en prison et ont payé des amendes se montant à plus de 3.000 $.

Ahed a dit qu’elle n’avait aucun regret d’avoir giflé un soldat israélien, geste qui a entraîné la revanche de l’armée israélienne contre elle et sa famille.

« Je n’ai rien fait que je doive regretter », a dit Ahed à Al Jazeera. « C’était une réaction naturelle à la présence d’un soldat chez moi. C’est le soldat qui est venu jusque chez moi, je ne suis pas allé le chercher pour le frapper. »

« Je ne vais pas regretter quelque chose qui n’est pas mal », a ajouté Ahed.

« Elle m’a appris à aimer la vie »

A une conférence de presse après sa libération, Ahed a dit : « La prison m’a appris comment être patiente, comment vivre en groupe. Elle m’a appris à toujours aimer la vie, parce que, lorsqu’on est en prison, tout semble avoir plus de valeur. »

AJ+ arabi

Ahed a ajouté qu’elle avait fait face à beaucoup de difficultés en prison.

« Je suis heureuse, mais mon bonheur n’est pas complet parce que mes sœurs prisonnières ne sont pas avec moi. J’espère qu’elles seront libérées rapidement », a dit Ahed.

Khaled Safi

Al Jazeera a couvert en direct le retour d’Ahed dans son village de Nabi Saleh.

Elle a dit à la chaîne qu’elle avait poursuivi ses études en prison, y compris une classe de droit international et humanitaire. Elle a ajouté qu’elle avait l’intention de faire des études de droit parce que « rien n’effraie plus [l’occupation] que la vérité.

AJ Arabic

Dena Takuri

Ahed Tamimi a dit que elle et les autres prisonnières ont défié l’occupation en prison en étudiant pour passer leurs examens tout en étant confrontées à un stress inévitable et aux mauvais traitements des Israéliens qui ont essayé de fermer la classe. Elles mont même étudié le droit international et les droits de l’Homme.

Soutien international

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé Ahed pour la congratuler pour sa libération et la féliciter pour « sa bravoure et sa détermination », ont rapporté les média turcs.

D’autres politiques, artistes et célébrités, dont le Premier ministre libanais Saad Hariri, ont exprimé sur Twitter leurs félicitations à Ahed :

Saad Hariri

Najwa Karam

Elissa

Annemarie Jacir

Ahed Tamimi et sa mère sont enfin libres après avoir passé 8 mois dans les prisons israéliennes.

Bonjour de Palestine.

Yousef Jabareen

La prison était faite pour briser le courage de Tamimi alors qu’elle est encore plus considérée comme une héroïne après sa libération. Israël devrait comprendre qu’on ne peut opprimer la justice et que les actes du gouvernement ne feront que renforcer les manifestants anti-occupation.

Fabien Gay

Irene Montero

David Shoebridge

Ahed Tamimi était une adolescente palestinienne poursuivie devant un tribunal militaire israélien dont le taux d’inculpation est de 99 % – elle est libre maintenant, mais brutalisée, et symbole de la résistance.

L’adolescente palestinienne Ahed Tamimi libérée de prison

’La résistance continue jusqu’à la fin de l’occupation’, dit la jeune fille de 17 ans à son retour chez elle.

The Guardian

Richard Burgon, député

Aujourd’hui, on annonce qu’une enfant palestinienne sera libérée après 8 mois de prison.

Beaucoup d’autres enfants palestiniens sont encore en prison.

Quand je suis allé dans les territoires occupés, j’ai vu des enfants palestiniens jugés dans des tribunaux militaires, jugés dans une langue qu’ils ne parlent pas.

Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité Palestinienne à Ramallah, a rencontré Ahed Tamimi le jour de sa libération.

Artistes arrêtés

La semaine dernière, l’avocate de la défense Gaby Lasky a annoncé qu’Ahed et sa mère seraient libérées dimanche.

Alors que la famille, les amis et les média attendaient ce moment dimanche matin de bonne heure, les autorités israéliennes ont changé plusieurs fois le lieu de la libération, chose que beaucoup ont perçue comme un acte délibérément malveillant.

Rana Nazzal

Il est 5 H.45. La famille et les amis d’Ahed et Nariman Tamimi ont roulé pendant une heure jusqu’au checkpoint de Jbara. Les services de la prison israélienne ont, alors seulement, annoncé qu’elles seraient libérées à la place à Rantees. Nous avons dû retourner en voiture jusque là d’où nous étions partis. Il se moquent de nous.

Dena Takruri

La confusion à propos de l’endroit où Israël libérera Ahed Tamimi et sa maman continue. Après 4 heures de chaos, son père vient juste de recevoir un appel disant qu’ils les emmenaient directement à Nabi Saleh.

Samedi, les forces armées israéliennes ont arrêté deux artistes italiens et un artiste palestinien qui, les jours précédant sa libération, peignaient une fresque d’Ahed sur le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.

CODEPINK

Israël expulse deux artistes graffeurs italiens qui peignaient une fresque d’Ahed Tamimi, adolescente palestinienne libérée dimanche d’une prison israélienne, sur la barrière de séparation dans la ville de Bethléem en Cisjordanie.

Israël a libéré les artistes dimanche et ont ordonné aux deux Italiens de quitter le pays dans les 72 heures.

Maltraitance sur enfant

Alors qu’Ahed est célébrée comme un symbole de la résistance palestinienne, dans sa communauté et à l’étranger, beaucoup ont remarqué qu’elle était encore une enfant – l’une parmi les centaines soumis à la maltraitance et à la détention par les forces d’occupation israéliennes.

Amnesty International

C’est le moment où Ahed Tamimi est sortie libre.

Mais des centaines d’enfants palestiniens restent en prison, bien que beaucoup d’entre eux n’aient commis aucun crime identifiable. Israël doit mettre fin à sa politique discriminatoire contre les enfants palestiniens.

Lamis Deek

Une si grande part de la vie des Palestiniens se passe à résister, mais sans le vouloir, qu’il reste peu de place pour le reste… mais nos héros en Palestine sont juste des gens, des mères et des frères et des enfants… Ahed Tamimi, une enfant forcée à l’héroïsme, n’est pourtant qu’une enfant.

Ahed et une crème glacée

« J’ai laissé derrière moi trois enfants prisonnières, Lama al-Bakri, Hadiya Ereinat et Manar Shweiki », a-t-elle dit à Al Jazeera.

Il y a actuellement presque 300 enfants palestiniens dans les prisons militaires israéliennes, dont presque 50 ont moins de 16 ans.

« Il est temps maintenant de libérer les centaines d’autres enfants palestiniens emprisonnés à tort par les tribunaux militaires israéliens », a déclaré Amnesty International à la lueur de la libération d’Ahed

Son affaire met en lumière les torts systématiques faits aux enfants palestiniens, ce qui a poussé même les avocats américains à exiger une action.

La semaine dernière, la Démocrate Betty McCollum a pris la parole à la Chambre des Représentants des Etats Unis pour exhorter ses collègues législateurs a soutenir avec elle le projet de loi qu’elle a présenté en novembre et qui interdirait l’aide militaire américaine à Israël utilisée pour la détention, les mauvais traitements et la torture d’enfants palestiniens.

The IMEU

ATTENTION : Au Congrès aujourd’hui, Betty McCollum a exhorté ses collègues à soutenir avec elle un projet de loi pour mettre fin au soutien à la détention militaire violente pratiquée par Israël et aux mauvais traitements sur les enfants palestiniens grâce aux financements américains.

Cette législation a actuellement le soutien de 29 législateurs.

 Mise en prison pour une gifle 

Ahed, qui a eu 17 ans en prison, a été accusée d’agression contre des soldats et d’incitation après qu’une vidéo prise par sa mère ait circulé, montrant Ahed et sa cousine Nour giflant et repoussant deux soldats israéliens lourdement armés le 15 décembre.

Peu avant la confrontation enregistrée dans cette vidéo virale, des soldats israéliens avaient tiré à la tête son cousin de 15 ans Muhammad Fadel Tamimi, le blessant gravement.

Ahed a été arrêtée en pleine nuit chez elle à Nabi Saleh le 19 décembre. 

Nour et Nariman ont également été arrêtées par l’armée après l’incident de l’enregistrement vidéo. Nour a passé 16 jours en prison et a dû payer une amende de presque 600 $.

Muhammad a été libéré après avoir été forcé de confesser mensongèrement qu’il n’avait pas été atteint à la tête par les soldats israéliens, mais qu’il était tombé de vélo. 

En mai, les soldats de l’occupation israélienne ont arrêté Waed Tamimi, frère d’Ahed, dans sa maison à Nabi Saleh.

Les soldats israéliens ont battu et contusionné Waed, 21 ans à l’époque, et il a été hospitalisé.

Il est toujours en prison.

Alors qu’Ahed et sa famille ont été soumis à la poigne de fer de l’occupation militaire d’Israël, aucun soldat n’a été tenu pour responsable du tir sur Muhammad Tamimi ni des meurtres et blessures des résidents de Nabi Saleh et des autres membres de la famille Tamimi. 

Emprisonner des journalistes 

Entre temps, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté le 24 juillet chez elle, dans la vile d’Hébron en Cisjordanie occupée, l’écrivaine et journaliste palestinienne Lama Khater.

La fille de Khater, Bisan al-Fakhouri, a posté sur les média sociaux des photos de sa mère serrant dans ses bras son plus jeune frère avant d’être emmenée :

 

Israël soumet Khater à de mauvais traitements pendant les interrogatoires et à des privations de sommeil, a dit son avocat à l’Agence Ma’an News.

Khater travaille entre autres pour Al Jazeera, Quds News Network et Meem  Magazine. 

« Nous sommes préoccupés par l’emprisonnement de Lama Khater étant donné l’utilisation fréquente par Israël de mesures juridiques, dont la détention administrative, pour garder les journalistes en prison sans fournir aucune charge contre eux », a déclaré Sherif Mansour du Comité de Protection des Journalistes.

« Les autorités israéliennes doivent expliquer immédiatement pourquoi elles la retiennent , ou la laisser sortir. »

On dit que le fils de Khater s’est vu interdire l’entrée dans une audience du tribunal militaire et empêcher de voir sa mère.

 Quds News Network

L’occupation israélienne a interdit au fils de Lama Khater, journaliste palestinien bien connu, arrêté par les forces israéliennes la semaine dernière, d’entrer au tribunal pendant le procès de sa mère pour la voir. 

Ali Abunimah a contribué à l’enquête.

Traduction : J Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : The Electronic Intifada




Les Émirats arabes unis et la Tunisie perdent des rencontres de judo pour avoir refusé de faire flotter le drapeau israélien

Tamara Nassar – 24 juillet 2018

La Fédération Internationale de Judo a annulé deux de ses rencontres dans les Emirats Arabes Unis et en Tunisie à cause du refus de ces deux pays de normaliser la participation israélienne.

Le Jerusalem Post a qualifié cette décision de « victoire pour Israël » 

La fédération ne mentionne pas Israël dans son communiqué, mais dit qu’elle « a demandé aux deux organisateurs de fournir une lettre de garantie signée du gouvernement comme quoi toutes les nations membres de la FIJ (Fédération Internationale de Judo) auraient le droit de participer à leurs rencontres dans des conditions égales.

Les organisateurs ont refusé de jouer l’hymne israélien quand un Israélien a gagné dans sa division au tournoi du Grand Schlem d’Abu Dhabi en 2017.Ils ont fait jouer à la place l’hymne officiel de la fédération.

Les organisateurs ont également refusé de lever le drapeau israélien lors de cet événement, levant à la place le drapeau de la fédération de judo.

En avril, un tribunal de Tunisie a interdit quatre athlètes israéliens de participation à une rencontre de taekwondo dans le pays après qu’une association locale anti-normalisation ait intenté un procès au président de la fédération de taekwondo du pays, Ahmed Gaaloul. 

Dans le procès, la Commission Nationale de Soutien à la Résistance Arabe et d’Opposition à la Normalisation et au Sionisme a démontré que la Tunisie est tenue « de dénoncer et de refuser l’occupation et la colonisation sionistes, ainsi que de boycotter l’entité sioniste et de ne traiter en aucune manière avec elle […] » selon The Times of Israel.

« Un lobby intensif » 

La décision d’exclure les Emirats Arabes Unis et la Tunisie a été prise après que la ministre israélienne de la Culture Miri Regev ait rencontré Marius Vizer, président de la fédération de judo lorsque Israël a accueilli en avril les championnats d’Europe de judo, selon The Jerusalem Post.

«  Elle a fait depuis lors un énorme lobbying auprès de lui », a déclaré ce journal israélien.

Regev a accueilli la décision de la fédération comme « justifiée et courageuse », étant donné que « les principes sous-jacents des sports sont l’égalité et la fraternité ».

Pourtant, la vision de Regev sur l’égalité et la fraternité ne s’étend pas jusqu’aux Palestiniens et aux populations des Etats africains. 

Regev a soutenu le vote par le parlement israélien d’une loi qui enracine dans le droit constitutionnel d’Israël la suprématie juive et la discrimination raciale envers les Palestiniens. « Israël est l’État d’un seul peuple, le peuple juif », a tweeté Regev. 

Adalah, association de défense juridique des citoyens palestiniens d’Israël, a déclaré que cette nouvelle loi « s’inscrit dans les limites des interdits absolus selon le droit international » et incarne « les caractéristiques de l’apartheid ».

Regev est connue pour son racisme, qui est allé jusqu’à comparer les réfugiés des Etats africains à un « cancer » et à poster sur Facebook une vidéo qui la montre avec un groupe de fans de football israéliens incitant à la violence contre les Palestiniens.

Normalisation du Golfe en hausse

En dépit du refus des Emirats Arabes Unis de déployer les symboles israéliens lors de ses rencontres de judo, les équipes des Emirats Arabes Unis, ainsi que du Bahreïn, ont ouvertement pris part au Giro d’Italie qui est parti de Jérusalem en mai, malgré les appels des Palestiniens à boycotter la course cycliste.

Cette participation est apparue comme faisant partie de la normalisation continue entre Israël et le bloc des Etats du Golfe soutenus par les Etats Unis sous la houlette de l’Arabie Saoudite.

L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis ont promu la normalisation avec Israël – alors que leurs média critiquent ceux qui font de même.

Les médias de ces deux pays se sont avidement jetés sur un récent rapport de The Electronic Intifada disant que le Qatar a donné 250.000 $ à l’Organisation Sioniste d’Amérique et autres organisations pro-israéliennes.

Les Emirats Arabes Unis et l’Arabie Saoudite ont vu cela comme une opportunité pour mettre le Qatar, rival régional, dans l’embarras. 

Mais, plus tôt ce mois-ci, Al Arabiya, chaîne de télévision satellite propriété de l’Arabie Saoudite, a diffusé un documentaire en deux parties qui révise l’histoire du nettoyage ethnique de la Palestine avant et après 1948.

Ce documentaire, intitulé Nakba, est une version du film en langue française sous le titre Une terre deux fois promise : Israël-Palestine – intitulé en anglais Israel : Une terre deux fois promise.

Dirigé par William Karel et sa femme Blanche Finger, le film a été projeté en mars à Paris au festival du cinéma israélien sponsorisé par le gouvernement israélien.

Karel, documentariste bien connu, a rejoint l’armée d’Israël et a vécu deux ans dans un kibboutz, sorte de colonie communautaire sioniste.

Après diffusion sur Al-Arabiya, le documentaire a reçu une ardente critique pour avoir donné un tour pro-israélien à l’histoire.

Dans son texte de présentation, le réseau saoudien a déclaré que ce documentaire était « sans idéologie ni esprit partisan ».

Mais Karel a été plus honnête à propos de ses objectifs.

« Depuis 1967, nous voyons se développer un sionisme messianique et religieux qui n’a rien à voir avec les premiers colons », a dit Karel aux média français dans une interview en avril. Ces premiers colons, a-t-il affirmé, « étaient laïques, de gauche, pacifistes et rêvaient de vivre fraternellement avec les Arabes ». 

« Dans mon documentaire, je voulais surmonter les clivages entre Israéliens et Palestiniens, sortir de la compétition victimaire, pour analyser les erreurs qui, des deux côtés, ont conduit au blocage actuel », a ajouté Karel.

La version du passé par Karel efface donc l’histoire du mouvement sioniste de colonisation de peuplement raciste en Palestine depuis ses débuts atteignant un pic avec le plan de nettoyage ethnique de plus de 750.000 Palestiniens et la destruction systématique de leurs villes et villages en 1948. 

Essayer de décrire une invasion coloniale comme étant à égalité la faute des colons et des autochtones dont ils envahissent la terre serait considéré comme grotesque dans presque n’importe quelle autre situation.

Dans le cas de la Palestine, cela équivaut à nier la Nakba.

Le compte Twitter de BDS Golfe, association militante régionale qui soutient le boycott d’Israël, a condamné la diffusion du documentaire, déclarant : « La chaîne Al-Arabiya est-elle un outil de propagande pour le Sionisme ? »

(BDS Golfe

Le Forum des Journalistes Palestiniens a également critiqué la chaîne et réclamé le retrait du documentaire dont il a dit qu’il « désinforme la conscience et l’histoire des Arabes en falsifiant la vérité ».)

 

Cependant, la journaliste saoudienne Sukina Meshekhis a écrit un article appelant les pays arabes à faire « quelques compromis réalistes » pour normaliser les relations avec Israël.

Son article a été célébré par le compte Twitter de propagande israélienne en langue arabe :

Un autre journaliste saoudien, Abdulrahman al-Zubavyan, tweete régulièrement pour soutenir les attaques israéliennes contre les Palestiniens et, à un certain moment, a nié l’existence des Palestiniens en tant que peuple.

Ali Abunimah a contribué à la recherche et à la traduction.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : The Electronic Intifada




Israël force des enseignants à quitter la Palestine

Nora Barrows-Friedman – 26 juillet 2018

Israël s’oppose à la liberté académique dans les universités palestiniennes par différentes mesures, dont la fermeture de collèges universitaires et le refus de visas à des professeurs invités.
Issam Rimawi / APA images

Israël a complètement fermé une université palestinienne de Jérusalem dans le contexte d’une série d’attaques à la liberté académique.

Le 14 juillet, la police israélienne a fait une descente dans le collège universitaire Hind al-Husseini dans le quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem Est occupée et l’a fermé. Un colloque universitaire a été interdit et la police a arrêté 15 de ses participants.

La police a agi sur ordre de Gilad Erdan, le ministre israélien de la sécurité publique et des affaires stratégiques, qui a prétendu que la conférence faisait la promotion de « l’incitation » contre l’État d’Israël.

De même qu’il est chargé de la police, Erdan dirige l’ensemble des efforts d’Israël pour entraver le militantisme en soutien aux droits des Palestiniens.

Le président de l’Université Arabo-américaine, une institution privée située à Jénine en Cisjordanie, a condamné la fermeture du collège par Israël. Ali Abu Zuhri a expliqué que c’était une tentative d’imposer des faits nouveaux sur le terrain, en vue de modifier l’identité culturelle et historique de Jérusalem, d’après l’agence de presse palestinienne Wafa.

“Un génocide culturel”

La fermeture par Israël du collège Hind al-Husseini est une manifestation supplémentaire de l’attaque sans répit d’Israël sur l’éducation et la culture palestiniennes, une attaque systématique qui équivaut à un génocide culturel », a dit à l’Electronic Intifada Nada Elia, membre du comité d’organisation de la Campagne Américaine pour le Boycott Académique et Culturel d’Israël (USACBI).

« Israël impose un cursus sioniste aux écoles palestiniennes à Jérusalem Est annexée et a mis en place un système kafkaïen de permis de travail en Cisjordanie, qui empêche les professeurs détenteurs de passeports étrangers d’y enseigner en toute légalité, les rendant sujets à arrestation et expulsion » a expliqué Elia.

« En même temps », a-t-elle dit, « Israël prétend que le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS), plutôt que sa propre attaque sur l’éducation palestinienne, empêche l’échange académique et la libre circulation des idées ».

Forcés de partir

L’Université de Birzeit, dont le siège se trouve à côté de la ville cisjordanienne de Ramallah, a publié une déclaration au début du mois dans laquelle elle reproche à Israël « d’avoir violé la liberté académique » après que 15 de ses enseignants détenteurs de passeports étrangers se soient vus repousser ou purement et simplement refuser le renouvellement de leurs visas.

Déjà, « quelques professeurs ont été contraints de quitter le pays » a déclaré l’Université, tandis que d’autres restent sous la menace d’une suppression de leur poste de professeur.

« Ces professeurs internationaux jouent un rôle crucial non seulement dans la fourniture d’une éducation de qualité à l’Université de Birzeit, mais aussi dans le développement de long terme de l’enseignement supérieur palestinien » dit la déclaration, en avertissant que « si cette politique se poursuit, les universités palestiniennes seront encore plus isolées de l’environnement académique mondial ».

Plus de la moitié des universitaires palestiniens qui ont des passeports étrangers et travaillent dans des universités palestiniennes ont eu des retards ou des refus de visas israéliens dans les deux dernières années, ce qui les empêche de prendre leur poste ou de s’y maintenir, d’après le ministère de l’éducation de l’Autorité Palestinienne.

« Assignation à résidence»

Israël a placé des universitaires étrangers enseignant à Birzeit « en assignation à résidence effective », de manière à éviter les centaines de checkpoints de Cisjordanie, a expliqué Elia, dans un texte pour Middle East Eye.

Birzeit a souligné le droit à l’éducation comme droit humain fondamental inscrit dans le droit international et a reproché à Israël d’ignorer ses responsabilités de puissance occupante en empêchant les Palestiniens d’accéder à l’éducation.

Tandis qu’Israël tient l’éducation palestinienne en otage, il est engagé dans de nombreux programmes d’échanges avec des institutions d’enseignement et de recherche dans le monde, a dit Elia à l’Electronic Intifada.

Le Comité Britannique pour les universités de Palestine (BRICUP) a lancé la campagne « Chaise vide » pour attirer l’attention sur les violations par Israël de la liberté académique.

USACBI répond aux attaques en cours contre l’éducation palestinienne en demandant aux universitaires d’adopter le boycott académique et culturel d’Israël et aux étudiants de s’engager à ne pas participer à des programmes d’études à l’étranger en Israël.

Source : The Electronic Intifada
Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine




Acte de piraterie israélien et silence complice des États

Par Claude Léostic, 29 juillet 2018

Le 29 juillet vers 13 h 30 heure française, le bateau Al Awda (le Retour) a été arraisonné par la marine de guerre israélienne dans les eaux internationales à environ 50 milles marins de Gaza.

Al Awda fait partie de la flottille internationale qui tente de briser le blocus illégal de la bande de Gaza.

Al Awda transporte des médicaments. Il a à son bord 8 membres d’équipage et 14 passager-e-s dont une Française, Sarah Katz, membre de l’Union Juive Française pour la Paix. Il y a en tout 16 nationalités représentées sur ce bateau.

D’autres bateaux de la flottille vont bientôt arriver vers Gaza dont le Freedom à bord duquel se trouve un autre citoyen français, Pascal Maurieras, membre de l’équipage.

Cet arraisonnement est un acte de piraterie qui révolte les consciences. Le silence de la communauté internationale en général et du gouvernement français en particulier est une vraie honte, un permis donné à l’occupant israélien de violer sans arrêt les droits de l’Homme et le droit international.

Interrogée, l’ambassade de France à Tel-Aviv affirme : « nous ne pouvons rien faire », confirmant ainsi une complicité de fait avec la politique israélienne.

La coalition française pour la Flottille de la Liberté :

- Dénonce l’acte de piraterie commis par Israël qui s’ajoute aux nombreux assassinats perpétrés contre la population de Gaza.
- Exige de la part du gouvernement français une dénonciation claire de l’attaque en eaux internationales d’un bateau pacifique.
- Exige que le gouvernement français assure la protection des autres bateaux de la flottille et des personnes à leur bord.
- Exige que ce même gouvernement français se porte garant publiquement de la sécurité de Sarah Katz.

Pour les organisateurs en France,

Mme Claude Léostic, coordinatrice de la Flottille de la Liberté en France

Paris le 29 juillet 2018




En Direct de Gaza: 2 morts et 246 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire-: vendredi 27 juillet 2018

Par Ziad Medoukh

En Direct de Gaza :

2 morts et 246 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire- :

Ce vendredi 27 juillet 2018 :

Silence, on tue les enfants à Gaza !

 

L’armée israélienne a tué ce vendredi 27 juillet 2018 deux palestiniens dont un enfant de 14 ans partout dans la bande de Gaza et en a blessé 246 autres -bilan provisoire- par des balles réelles.

Ces palestiniens manifestaient pacifiquement près des zones tampon de sécurité imposées par les forces de l’occupation israélienne sur les frontières de la bande de Gaza.

Plus de 9.000 palestiniens de Gaza se sont ressemblés en masse ce vendredi 27 juillet 2018 pour la dix-huitième semaine de la grande « Marche du retour » sur les frontières-le vendredi des enfants martyrs – dans une initiative non-violente afin de montrer l’attachement des Palestiniens à leur terre, que le droit au retour est sacré pour tout le peuple palestinien, et pour exiger la levée du blocus israélien inhumain sur la bande de Gaza.

Les soldats israéliens qui se trouvaient sur les frontières ont ouvert le feu en tuant deux personnes et en blessant deux cent-quarante-six

Les dirigeants israéliens ne supportent pas ces manifestations pacifiques qui se développent dans la bande de Gaza semaine après semaine.

Les crimes israéliens contre le peuple palestinien se poursuivent !

Les manifestants et malgré la brutalité des forces de l’occupation israélienne, les balles réelles, les gaza lacrymogène de l’occupant, sont plus que jamais déterminés à poursuivre ce type d’actions. Ils développent des stratégies non-violentes face à cette occupation aveugle

Ils défient les soldats israéliens avec leurs drapeaux palestiniens dans les mains et leurs actions pacifiques.

La résistance populaire pacifique se développe dans la bande de Gaza.

Ces actions pacifiques montrent que la non -violence pourrait être efficace y compris dans la bande de Gaza pour lutter et résister contre les mesures atroces de l’occupation israélienne.

Honte à cette occupation illégale !

Honte à cet état d’apartheid !

Honte à ces crimes israéliens contre les civils palestiniens !

Honte à ce blocus israélien inhumain et mortel !

Honte à cette communauté internationale officielle complice !

Vive la solidarité !

Gaza sous blocus résiste

Gaza la dignité persiste

Et Gaza l’espoir existe !

Gaza la courageuse défie l’occupation !

Gaza l’abandonnée vit !

Gaza la digne est plus que jamais déterminée !

Ici , notre terre et ici, notre Palestine !

La lutte continue !

La Palestine vivra !

La justice triomphera !