Pourquoi les Palestiniens doivent repenser leur gouvernance

Par Alaa Tartir, 19 mai 2019

« Un modèle de direction collective, loin des structures de l’AP et de l’OLP qui ont échoué, pourrait mettre les Palestiniens sur le chemin de l’auto-détermination. »

 

Le président palestinien Mahmoud Abbas 

Alors que des rumeurs circulent sur l’état de santé de Mahmoud Abbas, le débat fait rage dans les cercles politiques américains et israéliens sur qui succédera au président palestinien âgé de 83 ans.

Des organes de presse et des groupes de réflexion s’en sont mêlés, débattant sur les noms et présentant des candidats, et spéculant sur ce à quoi ressemblerait un possible processus de transition, ou une absence de processus. Avec leur mantra de la stabilité avant tout, les responsables palestiniens de la sécurité arrivent en tête des listes.

Mais d’un point de vue palestinien, cette dynamique devrait déclencher un débat sérieux et attendu depuis longtemps sur comment ré-envisager les régimes palestiniens de politique et de gouvernance, ainsi que toute la question de la direction politique.

Abolir le pouvoir à un seul homme

Trois choses pourraient aider à construire un régime politique inclusif et participatif, permettant aux Palestiniens de progresser dans leur chemin vers l’autodétermination, l’indépendance et une démocratie significative.

Tout d’abord, il faudrait remplacer le modèle de direction à un seul homme par une forme collective de direction. Le modèle avec un « dirigeant suprême » n’est pas seulement obsolète, dysfonctionnel et anti-démocratique, mais il a aussi mis à mal le combat des Palestiniens et leur projet de libération nationale.

Les Palestiniens, et leur chemin vers l’autodétermination, ont subi des conséquences négatives majeures dues aux différents styles de gouvernance personnalisée au cours des années (de l’Arafatisme, au Fayyadisme, à l’Abbassisme) et aux paradigmes de numéro en solo qu’ils ont adopté. Il est temps d’enterrer ce mode de gouvernance et d’envisager un modèle collectif de direction.

Quoique, en théorie, le modèle de direction de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) soit de nature collective, en pratique, il est tout sauf ça. C’est pourquoi l’OLP a été assimilée à l’Autorité Palestinienne (AP), et ensuite, pourquoi l’AP a été assimilée à Israël – la puissance occupante – dépouillant la population palestinienne de Cisjordanie et de Gaza de leur potentiel de transformation.

C’est aussi pourquoi les Palestiniens ont été exclus du coeur du régime politique palestinien et pourquoi ils sont toujours en fin de compte sous l’occupation israélienne et l’autoritarisme palestinien. Le modèle à un seul chef – fût-il le père de la nation (Yasser Arafat), le partenaire pour la paix (Abbas), ou le technocrate internationalement soutenu (Salam Fayyad) – a misérablement trompé le peuple palestinien.

Conseils de surveillance

Il est, par conséquent, temps de repenser les postes et les titres mêmes de président de l’OLP et de président de l’AP, et leurs attributs symboliques d’indépendance, et de les abolir complètement.

A la place, le peuple palestinien a besoin d’un comité de dirigeants élus – un petit groupe (idéalement quatre, représentant les deux genres) qui puisse former un bureau politique, chacun portant des responsabilités différentes mais complémentaires et un poids politique similaire. L’un pourrait s’occuper des affaires intérieures et sociales, l’autre des affaires extérieures et étrangères, l’un des affaires économiques et de développement, et l’autre des affaires concernant l’éducation et la jeunesse.

Cette division du travail au niveau de la direction permettrait de s’assurer que le projet national ne puisse être détourné par un dirigeant et son parti politique, sa vision et son programme. Il assurerait une meilleure responsabilité et transparence, et des effets de ruissellement positifs sur la vie quotidienne des Palestiniens.

Le bureau politique ne fonctionnerait pas dans le vide, mais au contraire serait soutenu par deux différents conseils de surveillance : l’un constitué d’anciens et l’autre de jeunes (de 35 ans maximum). Les deux conseils, avec égalité de genre et des représentants des différents groupes des parties prenantes, classes et localités – et pas plus de 15 membres par conseil, pour une durée de fonction de trois ans maximum – joueraient un rôle essentiel dans la formulation des stratégies et la surveillance de leur application.

Un gouvernement fantôme

Il serait certainement juste de demander : Quid du Conseil Législatif Palestinien (CLP) et du Conseil National Palestinien (CNP) ? Pourquoi ajouter plus de bureaucratie aux structures et à la bureaucratie apparemment complexes déjà existantes ?

Ces questions sont valables, mais j’avancerais que, précisément parce que ces conseils n’existent pas, ni le CLP ni le CNP ne sont ni efficients, ni efficaces, ni représentatifs, ni même légitimes. Le CLP et le CNP ont par ailleurs été facilement avalés par la politique des factions et les styles personnalisés de gouvernance.

Le nouveau gouvernement palestinien est-il condamné à échouer ?

Les deux conseils, des anciens et des jeunes, aideraient à consolider les fondements de la responsabilité à l’intérieur du système politique palestinien, y apportant les freins et les contrepoids indispensables. Leur rôle serait naturellement de surveillance et de conseil ; il ne s’agirait pas d’organes législatifs, exécutifs ou judiciaires. Mais leur pouvoir découlerait de leur capacité à démasquer les dirigeants, à soutenir les visions à l’échelle du pays et à faire rendre des comptes à chacun-e.

Troisièmement, les multiples organes présentés plus haut nommeraient un premier ministre pour former un gouvernement et un vice premier ministre, l’un de ces deux postes devant être tenu par une femme. Alors que le premier ministre choisit les membres du parlement et les autres dirigeants, l’opposition devrait s’organiser dans un gouvernement parallèle avec des postes fantômes, à l’exemple du modèle de Westminster.

Ce gouvernement fantôme ne serait pas un gouvernement à part entière, comme dans les démocraties bien installées, mais adapté aux réalités matérielles palestiniennes. L’idée serait d’assurer une meilleure prise en compte et une meilleure intégration dans les structures politiques palestiniennes.

Le chemin à suivre

Ce triangle de direction collective, les conseils des anciens et des jeunes et un gouvernement fantôme, peuvent paraître inatteignables étant donné les réalités actuelles de l’occupation israélienne, les divisions inter-palestiniennes, la fragmentation verticale et horizontale, le cadre des Accords d’Oslo, et la solution envisagée à deux Etats. Ce genre de projet peut sembler irréaliste, étranger aux réalités d’aujourd’hui et même, pour une grande part, généreux et naïf.

Il est pourtant évident que, ni les modèles de gouvernance de l’OLP et de l’AP, ni le cadre des Accords d’Oslo, n’ont amélioré le sort du peuple palestinien – alors pourquoi continuer à manoeuvrer dans ces cadres là, en essayant de réparer l’irréparable ?

Il est temps de trouver des modèles nouveaux et non conventionnels de direction palestinienne – une vision d’avenir que les Palestiniens pourraient collectivement poursuivre, au lieu de rester piégés dans un cadre politique pourri qui ne parvient pas à fournir des solutions significatives ou durables.

Les trois idées susmentionnées soulèvent un certain nombre de questions, y compris quels prérequis on devrait trouver pour assurer leur matérialisation, comment clairement définir un plan d’action, quels acteurs pour conduire le processus de changement, est-ce qu’elles marcheraient malgré l’occupation israélienne, et comment on les appliquerait, au-delà de Gaza et de la Cisjordanie, aux Palestiniens d’Israël et de la diaspora, entre autres questions.

C’est pourquoi nous avons besoin d’un débat sérieux sur les systèmes politiques et de gouvernance palestiniens. Ce processus est intrinsèquement lié au processus pour atteindre la liberté et l’autodétermination. Ce n’est qu’en envisageant différents modèles de structure politique que nous pouvons espérer transformer cette vision en réalité.

Les idées exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la politique éditoriale de Middle East Eye.

Alaa Tartir

Alaa Tartir est un conseiller de programme à Al-Shabaka, le Réseau Politique Palestinien, un chercheur associé au Centre des Conflits, du Développement et de Consolidation de la Paix (CCDP) à l’Institut des Hautes Etudes Internationales et de Développement (IHEID) de Genève, Suisse, et professeur invité à l’Ecole de Paris des Affaires Internationales (PSIA), Sciences Po. Tartir est le corédacteur de Palestine and Rule of Power : Local Dissent vs. International Governance [La Palestine et la Loi du Pouvoir : Dissentiment Local contre Gouvernance Internationale] (Palgrave Macmillan, 2019).

Lisez cette publication sur www.alaatartir.com.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Middle East Eye




Augmentation des discours de haine visant les Palestiniens sur les réseaux sociaux israéliens

Par Nadim Nashif, 21mai 2019

Israël est un leader mondial dans les technologies de cyber sécurité et de surveillance ; sur des plateformes telles que Facebook et Twitter, Israël utilise des systèmes de police prédictifs sur les réseaux sociaux, pour limiter de plus en plus la liberté d’expression des Palestiniens. Ces systèmes localisent les utilisateurs en mettant en relation des caractéristiques telles que l’âge, le genre et la localisation avec des mots clef comme « résistance » et « martyr ». Les autorités israéliennes ciblent alors ces utilisateurs en censurant leurs posts et leurs pages, en supprimant leurs comptes et, au pire, en les arrêtant.

Cela se produit en même temps que la hausse du nombre d’attaques en ligne contre des Palestiniens de la part d’Israéliens. Le gouvernement et la police israéliens ignorent ces attaques, ce qui accroît le risque de ciblage de Palestiniens hors ligne par des acteurs non étatiques.

7amleh – le Centre Arabe pour le Développement des Réseaux Sociaux surveille et documente le discours raciste et discriminatoire en ligne et, au cours des trois dernières années, il a compilé l’Index du Racisme dans les Réseaux Sociaux Israéliens. La dernière édition, publiée en mars 2019, montre un accroissement des posts provocateurs contre les Palestiniens sur les réseaux sociaux israéliens, de tels contenus étant postés toutes les 66 secondes, contre toutes les 71 secondes en 2017.

Facebook est la principale plateforme où se trouvent des provocations contre les Palestiniens (66%), suivie par Twitter (16%), où le nombre de posts provocateurs a plus que doublé depuis 2017. Au cours de l’année 2018, les réseaux sociaux israéliens ont publié un total de 474 250 posts insultants, racistes et provocateurs contre les Palestiniens, principalement en référence au vote de juillet 2018 de la loi de l’État-nation qui a déclaré qu’Israël est l’État du peuple juif et a dégradé l’arabe de langue officielle à un « statut spécial ».

Sur Facebook, des exemples de provocations en ligne sont particulièrement concentrés sur les pages de sites de presse israéliens et de groupes de droite. Ces posts sont largement dirigés contre les membres palestiniens du Parlement, des acteurs politiques palestiniens et leurs partis politiques, et contre les citoyens palestiniens d’Israël, y compris des personnages mainstream comme la présentatrice des actualités télévisées Lucy Harish. Un post sur dix contre des « Arabes », le terme employé par les Israéliens pour nier l’identité palestinienne, contient un discours de haine ou des appels à une violence exercée via le viol et le meurtre.

Parallèlement, Israël s’est montré impitoyable dans ses efforts pour critiquer les sociétés des réseaux sociaux et pour les menacer de mesures de coercition pour l’augmentation de « provocations » palestiniennes en ligne. Ce qu’Israël a attaqué comme exemples de provocations palestiniennes est souvent douteux. Un exemple remarquable a été la poésie de Dareen Tatour, une citoyenne palestinienne dont l’appel à « résister » aux occupants dans un poème qu’elle a posté en ligne en octobre 2015, a donné lieu à près de trois ans d’assignation à résidence et à cinq mois d’emprisonnement. Le gouvernement israélien a accusé Tatour d’incitation à la violence et de terrorisme, démontrant par là l’usage par Israël d’une terminologie vague pour criminaliser l’activité en ligne lorsque cela sert ses intérêts discriminatoires.

En janvier  2017, le Parlement a approuvé en première lecture la « loi Facebook » qui garantirait aux tribunaux administratifs israéliens le pouvoir de bloquer un contenu sur internet équivalant à de la « provocation » en ligne. La loi autoriserait l’effacement du contenu s’il « nuisait à la sécurité humaine ou à la sécurité publique, économique, de l’État ou d’infrastructures vitales ». Elle s’applique à des géants des réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et YouTube, aussi bien qu’à des machines comme Google et elle comprendrait l’imposition d’amendes ou même l’interdiction d’opérer dans le pays.

La loi est allée jusqu’à sa lecture finale en juillet 2018, avant que le premier ministre Benjamin Netanyahou n’exige que la loi soit reconsidérée, à cause de critiques locales et internationales disant qu’elle réduirait la liberté d’expression. Les critiques de la loi ont affirmé qu’elle aurait avant tout des effets négatifs sur la liberté de parole des Palestiniens de Cisjordanie, de la bande de Gaza et d’Israël, mais aussi sur d’autres citoyens israéliens, du fait du caractère vague et large des définitions des termes de « provocation » et de « sécurité nationale ».

La loi manifeste l’influence que des États puissants comme Israël peuvent exercer sur des entreprises privées pour faire respecter et mener à bien leur programme politique – tout comme la sécurité et le bien-être des Palestiniens sont méprisés et négligés par les autorités israéliennes.

Recommandations de politique publique

•    Facebook et toutes les autres plateformes doivent développer et imposer des politiques modératrices pour un contenu juste et efficace.

•    Le gouvernement israélien devrait agir contre la rhétorique raciste en ligne et appliquer des mesures de protection des Palestiniens.

•    La société civile et les militants devraient poursuivre leurs efforts coordonnés pour surveiller, documenter, analyser et faire des rapports sur le racisme en ligne et sur le discours de haine.

•     La communauté des donateurs devrait financer des projets soutenant le développement de réseaux indépendants de surveillance et de militants de la sécurité digitale. De tels engagements accroitraient la capacité des Palestiniens à exercer leur droit à s’exprimer en ligne en toute sécurité.

Nadim Nashif, politologue associé à Al-Shabaka, est le directeur exécutif de 7amleh, le Centre Arabe pour le Développement des Réseaux Sociaux. Il travaille depuis 20 ans sur les questions de la jeunesse et du développement communautaire. Nadim a fondé Baladna, l’Association pour la Jeunesse Arabe, dont il a été directeur. Il a fondé et coordonné la branche jeunesse du parti politique Assemblée Nationale Démocratique Arabe, avant de devenir directeur du Comité pour l’Orientation Pédagogique des Étudiants Arabes. Il a aussi été administrateur de plusieurs ONG palestiniennes et internationales, dont Ittijah et Action des Jeunes pour la Paix dont il a été président.

Traduction: SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Al-Shabaka




Quand RSF accepte de recevoir un « prix de la démocratie » d’un régime qui mutile les journalistes palestiniens et internationaux

« Reporters Sans Frontières » a donc accepté de recevoir il y a quelques jours un prix de la « démocratie » du régime israélien qui selon Amnesty International a dans la dernière période a particulièrement mutilé et assassiné des journalistes.

Les journalistes qui risquent leur vie en couvrant la marche du retour à  Gaza apprécieront certainement.




Sortie d’un nouveau clip du groupe de Gaza « Revolution Makers « 

Découvrez ci-dessous le dernier son du groupe « Revolution Makers » à Gaza, intitulé: « Ala Khair »

« Notre chanson parle principalement de la question palestinienne et des formes de vie du peuple palestinien depuis le tout début. Cette chanson évoque les souffrances de la vie des Palestiniens, les difficultés qu’ils ont traversées et la misère dans laquelle ils vivent. Elle décrit la façon dont les Palestiniens persistent à survivre, continuent à vivre et restent fidèles à leur identité palestinienne, en dépit des obstacles quotidiens auxquels ils sont confrontés. La chanson véhicule une perspective optimiste qui donne envie aux Palestiniens de construire un avenir meilleur et les pousse à travailler à s’améliorer et aussi à servir leur pays. »

VOIR LEUR CLIP ICI:

 

Revolution Makers Band – فرقة صناع الثورة 

youtube.com/revolutionmakers
facebook.com/revolutionmakers
soundcloud.com/revolutionmakers



Appel à dons pour la rencontre amicale entre l’équipe des amputés de Gaza et l’équipe futsal de l’ACA

L’association Corsica Palestina crée l’événement à Ajaccio les 26 et 27 juin 2019 : une rencontre sportive amicale entre l’équipe de football des amputés de Gaza et l’équipe futsal de l’ACA.

 

Cet événement sportif et festif est parrainé par Pascal Olmeta et reçoit le soutien de nombreuses personnalités du monde sportif, culturel et politique corse.

Ces joueurs ont été blessés lors des « marches pour la liberté », marches qui réunissent des milliers de Palestiniens tous les vendredis depuis le 30 mars 2018. Ils y on perdu un bras ou une jambe à la suite de tirs à balles explosives.

Corsica Palestina donne la parole à ces amputés qui témoigneront de leurs conditions de vie à Gaza.Ils raconteront les « marches pour la liberté » et les circonstances de leurs blessures. Ils feront part de l’espoir qu’ils fondent dans le football.

Ils seront à Ajaccio, au CSJC (ex CREPS) du 25 au 28 juin 2019.
Vous êtes tous bienvenus pour venir les encourager et les saluer lors du match et de la grande soirée festive du 27 juin !

Pascal Olmeta parrain de cette rencontre sportive
Pascal Olmeta, notamment vainqueur de la Ligue des Champions en 1993 avec l’Olympique de Marseille et Champion de France en 1991, 1992 avec l’Olympique de Marseille, nous fait l’honneur de parrainer cet événement unique en Corse, au nom du sport et de l’espoir qu’il apporte à ces jeunes.

Ils soutiennent l’événement et nous tenons à les remercier vivement :
André Di Scala, président de la Squadra Corsa
Antoine Exiga, président du volley GFCA
Yannick Boutry, l’arbitre international de ligue 1

Ainsi que de nombreuses personnalités politiques, sportives et culturelles.

Corsica Palestina association caritative et humanitaire depuis 2009

Créée par plusieurs militants dont Vincent Gaggini à la suite de l’opération « plomb durci », l’association a pour objectif l’information et la sensibilisation à la situation de la Palestine et des palestiniens.
L’association conçoit et met en œuvre des opérations de coopération, de partenariat avec les ONG, notamment palestiniennes, d’interventions humanitaires en Palestine depuis la Corse. Elle compte à son actif de nombreux événements organisés à Ajaccio.

Une levée de fonds pour financer le voyage et les déplacements de l’équipe des amputés de Gaza :

A l’occasion de cet événement, l’association Corsica Palestina lance une campagne de crowdfunding qui servira à financer les voyages et déplacements de l’équipe de Gaza jusqu’en Corse.

Mais aussi pour financer les actions à Gaza de Handicap International.
Vos dons, une fois les frais de l’événement couverts, seront intégralement reversés à Handicap International. … Corsica Palestina soutient l’action de Handicap International qui travaille en Palestine depuis 1996 « avec pour mandat principal de soutenir les organisations de personnes handicapées ».

Le programme de l’événement

mercredi 26 juin :
• rencontres, échanges avec le milieu sportif et les médias • entraînement • conférence /débat au CSJC (ex CREPS) : les joueurs et les encadrants témoigneront sur les conditions de vie à Gaza, les rassemblements pacifiques, les blessures, les soins les prothèses.

jeudi 27 juin :
• match : rencontre amicale avec l’équipe futsal de l’Athletic club d’Ajaccio • soirée festive avec repas et groupes musicaux.

L’équipe Futsal de l’ACA

Pour faire un don:

Vous avez la possibilité de verser par chèque à l’ordre de Corsica Palestina :
 
                                                       Corsica Palestina
                                                             Pratu Tondu
                                                  20167 Sarrola Carcopino
 
          Soit cliquer sur le lien ci-dessous et suivre les instructions d’accès :
 
                                  https://www.move.corsica/fr/gazafoot



Invitation à l’exposition « la liberté commence ici » vernissage 24 mai 18h30 à Aubervilliers

La Galerie Art’O et l’ANGI, dans le cadre du projet « Revenir à Jénine », a le plaisir de vous convier à l’exposition photos de Joss DRAY

vendredi 24 mai à 18h30 à l’adresse suivante:

9 rue de la Maladrerie

93 300 Aubervilliers

Une exposition de 200 photos et 40 textes en arabe et français conçue et réalisée avec 20 habitants du camp de réfugiés de Jénine (Nord de la Palestine occupée) de novembre 2017 à mai 2018.

Voir sur ce sujet une interview avec Joss Dray:

« La liberté commence ici » : Redécouvrir Jénine (Cisjordanie)




Le retour des réfugiés palestiniens est tout à fait possible…malgré ce que peut prétendre Israël

Ahmed Abu Artema – 13 mai 2019

Quelque 800.000 Palestiniens ont été expulsés par la force de leurs maisons et de leur terre lorsque Israël a été créé en 1948 [Dossier : Reuters/Ali Hashisho]

Tous les ans, le lendemain de la célébration de son indépendance par Israël le 14 mai, nous commémorons avec tristesse et nostalgie la Nakba de 1948. Les événements de cette année là ont changé le sort des Palestiniens pour les générations à venir, les faisant passer de peuple vivant pacifiquement et confortablement des fruits de sa terre en réfugiés luttant misérablement dans des camps surpeuplés, obligés de dépendre de la charité pour leur pain quotidien.

Tous les ans, dans nos communautés, nous comptons le nombre de Palestiniens âgés témoins de la Nakba qui nous ont quittés. Bien que leur nombre se réduise à chaque journée de la Nakba qui passe, le souvenir de ce qui s’est passé sept décennies plus tôt reste vivace. Les clefs des maisons d’où nous avons été chassés par la force nous sont transmises, nous la jeune génération, alors que nous poursuivons le combat pour le retour de tous les réfugiés palestiniens.

Cependant, Israël continue à faire tout ce qu’il peut pour ne pas obéir au droit international ni appliquer la résolution 194 des Nations Unies de 1948, qui stipule le droit au retour chez eux de tous les Palestiniens. Il continue d’emprisonner des millions de Palestiniens derrière des murs en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza et de maintenir la minorité palestinienne à l’intérieur de ses frontières sous un régime d’apartheid.

Il continue aussi à propager des mythes et prétentions mensongères afin de justifier son mépris du droit international et sa poursuite de la victimisation des Palestiniens.

Israël dit que la Palestine était une terre sans peuple.

Mais le recensement organisé par les Britanniques peu après leur prise de contrôle de la Palestine en 1920 a montré qu’il y vivait une population de plus de 750.000 personnes, dont 11 % seulement de Juifs.

Paradoxalement, Israël dit aussi que les Palestiniens sont partis « volontairement » en 1948 (signifiant qu’il devait y avoir une population autochtone qui devait « partir »).

Pourtant, comme des historiens israéliens tel Ilan Pappe l’ont démontré dans leurs recherches, le nettoyage ethnique de la Palestine a été tout à fait planifié et exécuté par les dirigeants sionistes. Des instructions claires ont été données aux milices juives pour qu’elles utilisent la terreur, le bombardement de villages, l’incendie et la démolition de zones résidentielles et la pose de pièges dans les maisons évacuées pour obliger les gens à partir et les empêcher d’y revenir.

La campagne de nettoyage ethnique massif s’est poursuivie pendant sept mois et a abouti à l’expulsion de 800.000 Palestiniens vers les pays avoisinants, la destruction de 531 villages et le dépeuplement de 11 quartiers urbains. Dans les mots d’Ilan Pappe, ce fut un crime contre l’humanité.

Mais le temps qui passe n’annule pas et ne peut annuler la responsabilité pour un crime contre l’humanité ni absoudre ceux qui l’ont perpétré. Ce qui est juste est juste et ce qui est mal est mal. Et de même que l’État d’Israël est un fait accompli, de même est le droit de plus de six millions de réfugiés palestiniens de revenir chez eux, droit fondé sur des documents juridiques officiels produits par l’ONU sous le cadre juridique et la reconnaissance de laquelle l’État d’Israël a été créé en premier lieu.

Israël prétend également qu’il a été créé pour procurer aux Juifs un « havre sûr » et que le retour des réfugiés palestiniens les mettrait en danger et aboutirait à un massacre.

Nous ne nions pas que les Juifs ont le droit de vivre en sécurité, mais pourquoi la solution à une tragédie qu’ils ont subie devrait-elle engendrer une tragédie pour un autre peuple ? L’établissement de ce « havre sûr », la façon dont il s’est construit en 1948 et depuis lors, a abouti à un nettoyage ethnique massif et à un génocide progressif des Palestiniens. Le peuple palestinien a fait face à un massacre après l’autre au cours des sept décennies passées, ce qui fait que eux n’ont pas de « havre sûr ».

Notre lutte est dirigée contre l’occupation et l’apartheid, pas pour l’oppression et le nettoyage ethnique des Juifs israéliens. Alors que nous continuons à résister aux tentatives pour nous faire tous disparaître de notre terre natale, nous ne souhaitons pas voir les Juifs israéliens disparaître de leur côté.

Israël prétend aussi que les Palestiniens ne veulent pas la paix.

Pourtant, ses dirigeants ont officiellement déclaré leur intention de se saisir de toute la terre palestinienne à l’ouest du Jourdain et ont répétitivement démontré qu’ils n’utilisent les négociations de paix que pour ancrer davantage l’occupation et rendre le retour des Palestiniens impossible. Cette stratégie n’est pas une aberration ni une politique de la seule droite israélienne, mais plutôt la poursuite directe du chemin emprunté par le mouvement sioniste depuis qu’il s’est installé – c’est le chemin du nettoyage ethnique de la population autochtone et l’expansion du colonialisme de peuplement.

Arrivés à ce point, la seule façon viable d’avancer sans entraîner plus de violence et de nettoyage ethnique des deux côtés, c’est de réaménager la relation actuelle entre les Palestiniens et les Juifs israéliens sur la base de la justice et de l’égalité telles qu’elles s’opposent à la discrimination et à la dépossession.

Une partie de cette solution doit être le retour des réfugiés palestiniens, qui n’est ni une idée bizarre, ni une idée dangereuse. En réalité, elle est tout à fait réaliste. Des études démographiques montrent que plus de 80 % de la terre d’où les réfugiés palestiniens ont été ethniquement chassés est soit vide, soit avec une densité de population très basse, puisque la majorité de la population israélienne est concentrée dans les grandes villes.

Il y a assez de terre pour tout le monde et, en annulant la politique discriminatoire qui favorise les colons juifs, on peut arriver à une distribution égale des ressources.

Israël a déjà mis en place une loi qui permet aux Juifs d’immigrer et de s’installer sur son territoire. Ce ne serait que logique qu’il étende cette politique à tous les réfugiés palestiniens pour qu’ils reviennent chez eux.

Tout ceci revient à un choix que les Juifs israéliens doivent faire – continuer à vivre dans un Etat d’apartheid instable et peu sûr, ou adopter une stabilité et une sécurité véritables en mettant fin à l’injustice et en établissant l’égalité et la paix pour tous. Nous, Palestiniens, avons déjà fait le nôtre : Nous continuerons à lutter pour nos droits et notre liberté jusqu’au jour où, la clef en main, nous pourrons nous tenir devant la porte de la maison de nos ancêtres.

Et dans cette lutte, nous ne sommes pas seuls. Nous sommes soutenus par tous ceux, à travers le monde, qui croient en la justice et en l’humanité et qui les défendent.

Les idées exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement la position éditoriale d’Al Jazeera.

Ahmed Abu Artema

Ahmed Abu Artema est un journaliste et militant de la paix palestinien.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : Al Jazeera




Ouverture de la 5ème édition du Festival Ciné-Palestine à Paris !

Ouverture de la 5ème édition du Festival Ciné-Palestine !

Le Festival Ciné-Palestine est heureux de vous convier à la soirée d’ouverture de sa 5ème édition. La billetterie est ouverte !

Soirée d’ouverture : Jeudi 30 Mai 2019
19h30 au Cinéma Luminor Hôtel de Ville

Le Festival Ciné-Palestine est heureux d’ouvrir sa 5ème édition avec Mafak, premier long-métrage de Bassam Jarbawi.

Le film a notamment reçu le prix du meilleur film lors du jeune et prometteur festival Gabès Cinéma Fen (2019) et le prix jeune public au CinéMed (2018). La projection sera suivie d’une discussion avec le réalisateur, mais également la comédienne Areen Omari et Yasmine Qaddumi, comédienne et co-productrice..

Nous nous retrouverons ensuite autour d’un cocktail préparé par Les Ptits Plats Palestiniens de Rania qui saura nous mettre en appétit pour une 5ème édition du Festival Ciné-Palestine aux saveurs gazaouies !

Mafak de Bassam Jarbawi

Après quinze ans de prison, Ziad, que tout le monde considère comme un héros, tente de se réadapter à la vie « normale » en Palestine. Incapable de distinguer la réalité de ses hallucinations, il se force à revenir là où tout a commencé.

Né et élevé en Palestine, Bassam Jarbawi a commencé à travailler comme photographe pendant la deuxième Intifada. Il est ensuite opérateur, assistant et monteur aux informations télévisées en Cisjordanie. Après une licence en communication et sciences politiques, il obtient un MFA en réalisation à l’université de Columbia, à New York.

Billets disponibles en ligne ici

Opening night – Thursday, May 30th 2019
7:30 pm at Cinema Luminor Hôtel de Ville

The Festival Ciné-Palestine is delighted to open its 5th edition with Mafak, Bassam Jarbawi’s debut feature film.

The film has been awarded the prize for Best Film at the young and promising Festival Gabès Cinéma Fen (2019) and the Youth Audience at CinéMed (2018). A discussion with the director as well as the actresses Areen Omari and Yasmine Qaddumi, also co-producer of the film, will follow the screening.

The opening cocktail, prepared by Les Ptits Plats Palestiniens de Rania, will then officially launch the 5th edition of the Festival Ciné-Palestine.

Mafak by Bassam Jarbawi

After fifteen years spent in jail, Ziad, considered a hero, tries to readapt to a “normal” life in Palestine. Unable to distinguish reality and illusions, he returns to the place where it all started…
Born and raised in Palestine, Bassam Jarbawi started his career as a photographer during the second Intifada. He then worked as a camera operator, assistant and editor for TV news programs in the West Bank. After graduating in communication and political science, he got an MFA in film-directing from Columbia University (New York).

Tickets availabe here

Regardez le teaser officiel de la 5ème édition du Festival Ciné-Palestine !
La programmation est en ligne !

Le Festival Ciné-Palestine a le plaisir de vous donner rendez-vous pour sa 5ème édition, qui se tiendra du 30 mai au 10 juin 2019 dans ses cinémas partenaires : au Luminor Hôtel de Ville et aux 3 Luxembourg à Paris, au Méliès à Montreuil,  auCinéma l’Écran à Saint-Denis, au Jean-Vigo à Gennevilliers, aux 3 Cinés Robespierreà Vitry-sur-Seine et au Cinéma Le Studio à Aubervilliers.

Pour célébrer cette 5e édition, nous avons le plaisir de programmer une vingtaine de films et d’accueillir vingt invité.e.s, réalisateurs-trices, acteurs-trices et producteurs-trices présent.e.s pour rencontrer et discuter avec le public après les projections.

Toujours à l’affût de films inédits pour en donner la primeur au public, le Festival Ciné-Palestine ouvre cette édition avec le film inédit Mafak de Bassam Jarbawi.

Trouvez le programme complet ici !

Crowdfunding — Soutenez-nous !

Soutenez la 5ème édition du Festival Ciné-Palestine !

Une programmation pleine de surprises, 17 invités, un focus sur la Bande de Gaza, une Masterclass, une Table Ronde sur les archives avec Khadijeh Habashneh et Bashar Shammout et des films inédits !

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Rafah rend hommage à Rachel Corrie

Les Palestiniens apprécient les solidaires de leur cause -vidéo-

Malgré un blocus israélien inhumain, la bande de Gaza rend hommage toujours à ces solidaires et ces militants pour la justice.

Les Palestiniens apprécient beaucoup la solidarité internationale avec leur cause de justice.

Cette activiste courageuse a donné son sang pour défendre les Palestiniens

Repose en paix Rachel !

Cette compétition sportive organisée pour la douzième fois, a connu la participation de dix équipes de différentes régions de la bande de Gaza.

Un public large a suivi ce championnat

Bravo les organisateurs !

Gaza pense toujours aux solidaires humanitaires de bonne volonté.

Vive la solidarité internationale avec notre cause de justice.

La chaine You Tube francophone « Gaza la vie »- la première chaîne en français gratuite, en accès libre et ouverte à tout le monde. Créée en janvier 2019 par les jeunes diplômés de Gaza-une équipe bénévole et motivée qui ne demande ni argent ni soutien financier, seulement des encouragements-. (Abonnez-vous à cette chaine gratuite pour recevoir à temps les nouvelles vidéos réalisées par les jeunes francophones de Gaza, et pour encourager ces jeunes à poursuivre leurs actions) a réalisé cette courte vidéo dans le stade de la ville de Rafah pendant ce championnat.




Eurovision 2019: dernier appel de Gaza

Qu’est-ce que cela fait de chanter si près de tant de misère humaine et de tant de souffrance ?

Par Haidar Eid, 17 mai 2019

Un chanteur palestinien joue pendant un événement appelant au boycott de l’Eurovision sur les décombres d’un immeuble récemment détruit par les raids aériens israéliens sur Gaza le 14 mai [Reuters/Mohammed Salem]

Chère Madonna, chers concurrents de l’Eurovision 2019,

Vous avez jusqu’à présent décidé d’ignorer plusieurs demandes de respecter le piquet de grève palestinien. Le 9 mai, des organisations culturelles et des artistes de Gaza ont lancé un appel fort demandant de boycotter la compétition par respect pour les deux bébés et les deux femmes enceintes tués avec 23 autres Palestiniens dans le dernier assaut violent d’Israël sur la Bande de Gaza.

En plus des appels répétés des Palestiniens et de leur mouvement de Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), des dizaines de milliers de personnes en Europe et dans le monde entier ont signé des pétitions réitérant l’appel à #BoycottEurovision2019 à Tel Aviv et vous ont demandé d’arrêter de blanchir l’occupation et l’apartheid par votre art. Mais tout ceci est tombé dans les oreilles de sourds !

Il est possible que vous vous en moquiez, il est possible que vous croyiez en la propagande d’Israël selon laquelle nous sommes tous des terroristes et les attaques sur Gaza des « opérations de sécurité ». Certains d’entre vous ont évoqué vouloir soutenir la paix, mais si vous le faisiez vraiment, alors vous ne seriez pas en train de chanter en Israël.

Laissez moi vous dire ce que soutenir la paix signifie réellement.

Cela signifie affirmer le fait que la Palestine est sous occupation et qu’ Israël a violé de nombreuses résolutions des Nations Unies appelant au retrait de ses troupes hors des territoires palestiniens. Cela signifie reconnaître qu’Israël et ses colonies illégales opèrent avec un régime apartheid où les Palestiniens sont ségrégués, surveillés, opprimés et tués pour les mater. Cela signifie reconnaître qu’Israël a été bâti sur une terre dont la population autochtone originelle a été ethniquement nettoyée et dépossédée par la violence.

Le lieu même où vos hôtes vous font chanter, l’Expo Tel Aviv, a été construit sur les ruines du village palestinien Al-Shaykh Muwannis, qui comme 530 autres a été complètement rasé en 1948 pour faire place aux colons venant de vos pays en Europe. Nous, les six millions de Palestiniens réfugiés éparpillés dans le monde entier, sommes la preuve vivante que la Palestine était une terre florissante et civilisée avant l’arrivée des sionistes européens.

Les rares Palestiniens qui furent capables de rester dans leur pays et à qui fut accordée la citoyenneté israélienne sont confrontés à plus de 50 lois discriminatoires qui font d’eux des citoyens non-égaux. En fait, l’an dernier, Israël a finalement reconnu officiellement l’apartheid qu’il a imposé depuis des décennies sur les non-Juifs à l’intérieur de ses frontières en se proclamant lui-même un état juif. Mais même avant cette déclaration, les combattants anti-apartheid comme Nelson Mandela et l’archevêque Desmond Tutu ont maintes fois comparé Israël à l’Afrique du Sud et ont dit que les parallèles sont clairs.

Si l’Europe a agi et a boycotté le régime raciste meurtrier de l’Afrique du Sud de l’apartheid, pourquoi ne faites-vous pas la même chose avec Israël ? Pourquoi insistez-vous pour récompenser les coupables du deuxième plus grave crime contre l’humanité, l’apartheid ?

Pourquoi prétendez-vous ne pas voir la colonisation de la Palestine ? Au cours des derniers jours, vous avez chanté à tout juste quelques kilomètres d’un vaste réseau d’infrastructure et de checkpoints ségrégationnistes qui séparent de la population palestinienne les quelques 650000 colons juifs qui vivent dans des colonies illégales construites sur des terres palestiniennes occupées. Pendant ce temps, les vrais propriétaires de la terre en Cisjordanie n’ont aucun état pour les protéger, aucun droit aux ressources du pays, y compris l’eau, aucune liberté réelle de mouvement, et aucune perspective économique réelle de vivre une vie digne.

Près de là, juste à 60km au sud d’où vous allez chanter est aussi mon foyer, Gaza, qui depuis 12 ans vit sous un blocus médiéval. Il a été comparé à un camp de concentration et à une prison à ciel ouvert, mais je voudrais vous dire que c’est bien pire. Nous luttons pour vivre sans accès à de l’eau potable et avec seulement quelques heures d’électricité par jour ; nos enfants souffrent de malnutrition et nos malades meurent à un taux inimaginable faute de médicaments et d’un traitement convenable.

Israël a mené contre nous trois guerres majeures dans les dix dernières années, tuant des milliers de personnes dans un bombardement sans discrimination par des avions de combats construits aux Etats-Unis. Après chaque conflit, des organisations internationales parlent d’ordinaire de reconstruction. Dans notre cas, elles ne le font pas. Après chaque violent assaut israélien, nous ne pouvons pas reconstruire parce qu’il n’y a ni béton, ni matériaux de constructions de base, ni fournitures électriques.

Tout ceci constitue un « punition collective » et sous la Convention de Genève, c’est un crime de guerre — un des nombreux qu’Israël commet quotidiennement.

D’ici l’an prochain, selon les Nations Unies, Gaza deviendra inhabitable.

Qu’est-ce que cela fait de chanter et de danser si près de tant de misère humaine et de tant de souffrance ? A seulement 60 km d’un lieu qui ne peut plus soutenir la vie humaine, mais qui contient deux millions de personnes sous le confinement imposé par votre hôte ?

Cela veut-il dire quelque chose pour vous ?

Avec une précision brutale, nous avons été déracinés, humiliés aux checkpoints, emprisonnés sans charge, privés de notre héritage et de nos sites religieux, privés de notre liberté de nous déplacer et de voir les membres de notre famille, privés d’eau, de terres arables et de moyens d’existence, privés de nos rêves de vie normale. Tout le long, vous et le reste de l’Europe, vous avez simplement regardé, vous n’avez rien fait, même si ce sont les puissances européennes qui nous ont apporté cette souffrance il y a soixante-dix ans.

Mais il n’est pas trop tard. Vous pouvez encore faire quelque chose.

Vous pouvez vous lever contre l’apartheid et l’occupation, vous pouvez vous lever pour les droits humains de base et l’égalité et vous pouvez refuser de chanter sur les ruines d’un village palestinien une nuit de plus. Vous pouvez soutenir un des nombreux rassemblements pour une Eurovision sans apartheid qui ont lieu partout en Europe. Vous pouvez soutenir BDS et appeler les autres à le faire.

Ceci est notre dernier appel.

Rappelez-vous vos pairs de la génération précédente qui se sont levés courageusement contre l’apartheid sud-africain et ont soutenu le mouvement de boycott. Comme eux, vous pouvez vous tenir du bon côté de l’histoire et boycotter aujourd’hui Israël !

A propos de l’auteur

Haidar Eid est maître de conférence à l’université Al-Aqsa de Gaza.

Catherine G. pour l’Agence Média Palestine

Source: Al Jazeera




9 raisons pour lesquelles l’Eurovision 2019 en Israël est un flop

Par l’Agence Média Palestine – 17 mai 2019

1) Israël avait prévu d’organiser l’Eurovision 2019 à Jérusalem. C’était sans compter sur une campagne internationale qui a forcé l’an dernier Israël à déplacer le concours à Tel-Aviv.

2) Les prévisions basées sur les précédentes éditions tablaient sur 40 000 à 50 000 touristes débarquant à Tel Aviv pour l’Eurovision. Il existe maintenant des estimations avec 5 000 touristes seulement. A titre de comparaison, 90 000 personnes s’étaient rendues à Lisbonne l’année dernière lors de la précédente organisation de l’Eurovision.

3) Plusieurs milliers de billets n’ont pas été vendus, alors qu’il ne reste qu’un jour avant la finale.

4) Plus de 150 000 personnes en Europe, et au-delà, ont soutenu  l’appel palestinien au boycott de l’Eurovision organisée par Israël, ainsi que plus de 100 groupes LGBTQI+ et des centaines d’artistes.

5) En France, plus de 100 artistes français, dont certains ne s’étaient jamais publiquement engagés en solidarité avec un peuple occupé, ont signé un puissant appel pour dénoncer l’Eurovision en Israël et en solidarité avec les artistes palestinien-ne-s.

6) Le groupe représentant l’Islande, Hatari, a affirmé son soutien au peuple palestinien et son intention d’utiliser l’Eurovision pour diffuser son message.

7) Jamais, dans l’histoire de l’Eurovision, une édition aura été à ce point controversée et dénoncée, avec des centaines de manifestations et actions  partout en Europe, et en Palestine, contre cette édition en Israël.

8) Cette campagne de boycott permet de convaincre un nombre de plus en plus grand d’artistes refusant désormais de se produire à Tel-Aviv, reconnaissant qu’ils ne se seraient pas produits lors de l’apartheid en Afrique du Sud, et qu’ils ne produiront pas non plus en Apartheid Israël.

9) Cette campagne a permis une grande pluralité de mobilisations militantes, et une magnifique créativité, en témoignent de nombreuses vidéos, comme ce clip de « London Palestine action » en Grande Bretagne, ou le visuel du dessinateur Tardi en France.

 

@Tardi




L’entreprise française Alstom abandonne le tramway colonial, selon ses partenaires israéliens

Par Ali Abunimah, 13 mai 2019

Israël a des difficultés pour trouver des compagnies internationnales prêtes à étendre la ligne de tramway de Jérusalem qui relie à Jérusalem es colonies illégales de Cisjordanie occupée. (OZinOH)

Deux compagnies israéliennes ont envoyé une lettre dimanche au Premier Ministre Benjamin Netanyahu lui demandant en urgence d’étendre la date limite de l’appel d’offres concernant la construction de la prochaine phase du tramway de Jérusalem.

Les compagnies israéliennes, Dan et Electra, ont demandé un délai lorsqu’il est apparu que le fabricant français de trains Alstom avait l’intention de se retirer de leur consortium et de son offre pour l’extension du tramway des colonies – mentionnant des inquiétudes sur les droits humains.

Ceci est le signe plus récent des problèmes rencontrés par Israël dans ses efforts pour étendre le tramway qui relie les colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, entre elles et à Jérusalem-Est occupé.

La construction par Israël de colonies en Cisjordanie occupée est un crime de guerre.

Dommageable pour les droits humains

« Vendredi, nous avons reçu avec étonnement la position officielle d’Alstom, qui de fait empêche Electra et Dan d’être capables de soumettre une offre à l’appel, étant donné que la date limite est demain », dit la lettre.

« Cette position est entièrement fondée sur le conflit israélo-palestinien et le point de départ présenté à Electra et Dan est que l’appel d’offres et l’implémentation du projet est ostensiblement dommageable ou susceptible d’être dommageable pour les droits humains », poursuit la lettre. « De plus, Alstom affirme que sa participation est contraire à la loi française ».

https://twitter.com/naimleee/status/1127591150817284098?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1127591150817284098&ref_url=https%3A%2F%2Felectronicintifada.net%2Fblogs%2Fali-abunimah%2Ffrances-alstom-quits-settler-railway-israeli-partners-say

La France, en dépit de ses politiques fortement pro-israéliennes, met en garde ses entreprises contre les activités commerciales dans les colonies.

Le ministre français des Affaires étrangères déclare que le commerce et les affaires « dans les colonies, ou bénéficiant des colonies, impliquent des risques juridiques et économiques liés au fait que les colonies israéliennes, dans le droit international, sont construites sur des territoires occupés et ne sont pas reconnues comme faisant partie d’Israël ».

Avec l’apparent effondrement de l’offre impliquant Alstom, une autre compagnie européenne, l’opérateur de transport de Barcelone Moventia, serait aussi poussée dehors, puisqu’elle fait partie du même consortium.

Bousculade vers la sortie

Les nouvelles du retrait projeté d’Alstom arrivent quelques jours seulement après que The Electronic Intifada a révélé qu’un consortium rival mené par le géant canadien de l’ingénierie Bombardier avait aussi quitté l’appel d’offres.

Bombardier s’est retiré après que Macquarie, le fonds d’investissement australien, a enlevé son soutien au consortium.

Un autre consortium qui inclut l’Allemand Siemens a aussi renoncé à la compétition pour ce contrat massif, mentionnant des risques liés à l’occupation d’Israël.

Ceci signifie que le nombre de consortiums qui prendront probablement part à l’appel d’offres s’est réduit de huit initialement à pas plus de 2-4, selon la publication israélienne d’affaires Calcalist.

Mais même cette estimation pourrait être optimiste, car ceux qui restent dans l’appel d’offre sont confrontés à une foule de problèmes.

Un consortium réunissant la compagnie israélienne Shafir et le fabricant de train espagnol CAF est gêné par le fait que le conseil officiel des ouvriers de la compagnie espagnole a voté contre la participation à un projet dans les colonies.

L’offre d’un consortium dont la direction est grecque incluant l’entrepreneur GEK Terna et la compagnie publique de transport d’Athènes STASY est aussi incertaine à cause de problèmes de financement.

Calcalist dit aussi que d’autres participants incluent des compagnies chinoises opérant en Iran, ce qui pourrait poser un problème « sur fond des sanctions imposées par le gouvernement américain contre l’Iran et la critique américaine des compagnies chinoises opérant en Israël ».

Un des consortiums encore dans la course inclut le fabricant de trains chinois CRRC, qui développe le réseau de train à grande vitesse d’Iran.

La compagnie chinoise a récemment écarté les inquiétudes selon lesquelles des sanctions américaines renforcées contre l’Iran affecteraient son travail dans ce pays.

Les Etats-Unis ont exercé des pressions sur Israël pour limiter les investissements chinois dans le pays, ostensiblement à cause de craintes concernant la sécurité et l’espionnage.

« Une victoire majeure »

Actuellement le tramway de Jérusalem exploite une seule ligne, la ligne rouge.

Selon le nouveau projet, la ligne rouge sera étendue et pénétrera plus profondément en Cisjordanie occupée, reliant les colonies de Pisgat Zeev et Neve Yaakov, qui font partie de l’anneau de colonies qu’Israël construit pour isoler les Palestiniens de Jérusalem de ceux résidant dans le reste de la Cisjordanie occupée.

La ligne verte, totalement nouvelle, doit aller du Mont Scopus dans Jérusalem-Est occupé à la colonie de Gilo, au sud-ouest de Jérusalem.

Alstom a jusqu’à présent été volontairement complice dans ce projet, une partie clé des efforts d’Israël pour enraciner et étendre sa colonisation en terre palestinienne.

Alstom fabrique les wagons pour la ligne de tramway existante et sa filiale à 100% Citadis Israel en détient le contrat de maintenance pour 22 ans, note le groupe de surveillance Who Profits.

En 2013, Alstom a vendu sa participation de 20% à CityPass, le consortium qui exploite actuellement le tramway, à un acheteur israélien.

« Cependant, Alstom, ainsi que le Groupe Ashtrom, reste l’entrepreneur pour l’ingénierie et la construction du projet », déclare Who Profits.

En 2015, après une campagne de plusieurs années par des militants des droits humains, la compagnie française Veolia a aussi vendu ses actions de CityPass.

Qu’Alstom revienne maintenant sur un nouvel engagement dans le tramway de Jérusalem montre l’impact du consensus croissant, sur le plan juridique comme sur celui des droits humains, selon lequel faire des affaires avec les colonies d’Israël implique une complicité inévitable dans des violations des droits humains, y compris des crimes de guerre, et que de tels échanges commerciaux devraient être bannis.

https://twitter.com/amnesty/status/872493135871578113?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E872493135871578113&ref_url=https%3A%2F%2Felectronicintifada.net%2Fblogs%2Fali-abunimah%2Ffrances-alstom-quits-settler-railway-israeli-partners-say

https://twitter.com/hrw/status/689314216315097089?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E689314216315097089&ref_url=https%3A%2F%2Felectronicintifada.net%2Fblogs%2Fali-abunimah%2Ffrances-alstom-quits-settler-railway-israeli-partners-say

Les militants palestiniens le voient certainement de cette manière.

« La sortie d’Alstom serait une victoire majeure pour les militants des droits humains en France, en Palestine et dans plusieurs autres pays où les campagnes BDS ont bloqué des contrats lucratifs pour la compagnie et abimé sa réputation », a déclaré dimanche le comité national palestinien du mouvement de Boycott, désinvestissement et sanctions (BNC).

« Les pressions sur Alstom doivent continuer jusqu’à ce que son retrait du projet soit confirmé ».

https://twitter.com/BDSmovement/status/1127619279002664960?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1127619279002664960&ref_url=https%3A%2F%2Felectronicintifada.net%2Fblogs%2Fali-abunimah%2Ffrances-alstom-quits-settler-railway-israeli-partners-say

« Les victimes palestiniennes du tramway de Jérusalem, comme de tous les autres projets israéliens qui violent le droit international, ont droit à des réparations pour les dommages causés à leurs vies et à leurs propriétés », a ajouté le BNC.

« L’implication des compagnies dans les crimes du régime d’occupation et d’apartheid d’Israël contre le peuple palestinien n’est pas seulement moralement répréhensible et susceptible de responsabilité juridique. Elle est aussi mauvaise pour les affaires ».

Les porte-paroles d’Alstom n’ont pas répondu aux demandes de commentaires de The Electronic Intifada.

Traduction: Catherine G. pour l’Agence Média Palestine

Source: Electronic Intifada