« Nous retournons 800 ans en arrière » : Un Palestinien se bat contre la prise de contrôle d’un hôtel de Jérusalem par une ONG de colons.

Par Nir Hasson, 13 juillet 2019 – Haaretz

Abu-Walid Dajani, 75 ans, se lance dans ce qu’il appelle la bataille de sa vie : empêcher la fermeture de l’hôtelImperial et sa prise de contrôle par l’organisation Ateret Cohanim, qui gère une yeshiva et installe des juifs dans la Vieille Ville et à Jérusalem-Est.

Les murs de la Vieille Ville de Jérusalem sont visibles de la fenêtre du bureau de Dajani à l’Imperial, qui semblent presque assez proches pour les toucher. Les murs du bureau portent des photos de l’ancien Président égyptien, Gamal Abdel Nasser, et d’un jeune roi jordanien, Hussein, à côté de photos de famille remontant à un siècle. L’hôtel est situé dans un vaste, grand immeuble sur la place Omar Ibn al-Khattab, proche de la porte de Jaffa dans la Vieille Ville.

La lutte déterminera le sort de la place centrale de la Vieille Ville, disent Dajani et beaucoup d’autres. « C’est le cœur de Jérusalem » dit-il. « Je dois me préparer pour la bataille. Ma famille vit à Jérusalem depuis 800 ans. Ce sont des pages d’histoire et je veux que mon nom y soit. Jamais je n’abandonnerai. Je suis loyal et si je meurs, je mourrai loyal et heureux ».

L’hôtel Imperial proche de la porte de Jaffa à Jérusalem, le 9 juillet 2019. (Olivier Fitoussi)

Il y a un mois, la Cour suprême a statué en faveur de l’Ateret Cohanim, laquelle a acheté, il y a quinze ans, lhôtel Imperial au Patriarcat grec orthodoxe de Jérusalem. Le tribunal a rejeté l’affirmation du Patriarcat selon laquelle l’accord est illégal. La victoire juridique de l’Ateret Cohanim en a fait la propriétaire de deux énormes immeubles sur la place al-Khattab : les hôtels Imperial et Petra.

Le dernier obstacle empêchant que cette organisation de colons ne prenne possession des immeubles était l’expulsion des résidents, qui sont aussi les gérants des deux hôtels. Par conséquent, Dajani s’est retrouvé en première ligne dans la bataille pour s’y opposer. L’Ateret Cohanim n’a pas traîné. Dans les jours qui ont suivi la décision du tribunal, Dajani a reçu deux assignations devant la justice, les deux au nom de la Richard Marketing Corp. – une société écran enregistrée dans les îles Vierges, qui est la personne morale par l’intermédiaire de laquelle l’Ateret Cohanin a acheté l’hôtel.

Au premier procès, il a été exigé que les locaux soient évacués. « Afin de vider l’hôtel Imperial de toute personne ou objet » spécifie le procès. Au second, il a été exigé que Dajani verse à l’Ateret Cohaim la somme de 10 millions de shekels (environ 2,513 millions €) de loyers depuis 2005, année où son accord a été signé avec le Patriarcat. Cela représente plus du double du montant que l’Ateret Cohanim a versé – 1,25 million de dollars (environ 1,112 million €) – pour acheter l’immeuble tout entier avec ses 45 chambres, salles et entrées.

Abu-Walid Dajani, 75 ans, dans l’entrée de l’hôtel Imperial, proche de la porte de Jaffa à Jérusalem, le 9 juillet 2019. (Emil Salman)

Dajani a le statut de locataire protégé dans l’hôtel, et expulser un locataire protégé est généralement un processus juridique long et ardu, pourtant, même lui semble réaliser qu’il n’a pas beaucoup de chances de battre l’Ateret Cohanim. « Je ne suis pas religieux, mais je crois en Dieu et parfois, des miracles sont nécessaires », dit-il. Il met ses espoirs dans la pression internationale sur le gouvernement pour empêcher son expulsion.

Jeudi, sa lutte a reçu un soutien, bien qu’essentiellement symbolique, venant des dirigeants des communautés chrétiennes de Jérusalem. Le patriarche grec orthodoxe Theophilos III et d’autres dirigeants religieux se venus à l’hôtel et ils ont publié une déclaration belliqueuse à l’encontre de l’expulsion.

« Nous ne pouvons pas restés silencieux alors que l’accès à nos lieux saints est menacé et que l’espoir d’une paix durable est réduit. En tant que communauté de justice, nous demandons que la séparation de la justice et du pouvoir soit respectée, et nous sommes unis contre toute tentative de saisie des biens de l’Église par des mesures illégales ou d’expulsions par la force de locataires innocents » lit-on dans la déclaration.

« Nous mettons en garde contre toute tentative de ce genre, et nous ne devons pas craindre d’utiliser tous les moyens légitimes pour nous y opposer et empêcher que cela ne se produise. Nous restons des gardiens passionnés du statu quo et nous veillerons à ce que les personnes de toutes confessions puissent s’épanouir et prospérer au sein des murs de cette ville ».

Les groupes proches du patriarche laissent entendre que malgré la décision de la Cour suprême, ils ont l’intention d’engager une nouvelle action en justice, et qu’ils ont encore quelques cartes dans leur manche.

La famille royale

L’hôtel Imperial a été construit au XIXe siècle par l’Église grecque orthodoxe pour y accueillir les pèlerins. C’était le plus grand hôtel de Jérusalem à l’époque. Il a figuré sur des photos prises lors de la visite du Kaiser d’Allemagne, Wilhem II, dans la ville en 1898, et lors de la cérémonie qui marquait la reddition des forces turques qui occupaient               Jérusalem au général britannique Edmund Allenby en décembre 2017.

La direction de l’hôtel a changé à plusieurs reprises durant la première moitié du XXe siècle mais elle est toujours restée la propriété du Patriarcat grec orthodoxe, lequel la considérait comme un atout stratégique dans la ville. En juillet 1948, pendant la guerre d’indépendance d’Israël, le père de Dajani, Mohammed Taher Daoudi Dajani, a signé un accord pour louer l’immeuble, et il l’a relancé sous le nom d’hôtel Imperial.

Abu-Walid Dajani, 75 ans, à l’hôtel Imperial proche de la porte de Jaffa à Jérusalem, le 9 juillet 2019. (Emil Salman)

Les Dajani sont considérés comme faisant partie de l’élite de Jérusalem ; les hommes de la famille ont toujours joué un rôle clé dans l’économie et la politique de la cité. « Je me souviens quand j’avais six ans, je venais voir mon père dans ce bureau et il me donnait de l’argent pour acheter un sandwich » se souvient-il. « Mon enfance a été ici, dans cet immeuble. En 1962, je suis venu dire à mon père que j’avais obtenu une bourse pour aller étudier la gestion hôtelière en Suisse. Il m’a jeté dehors parce qu’il voulait que je sois médecin ou architecte. Je suis parti les larmes aux yeux, mais je suis allé quand même en Suisse ».

Après ses études, Dajani a pris un travail à l’hôtel et il a également fondé l’école de tourisme à l’Université de Bethléhem en 1973. Il dirigeait le comité de coordination sur le tourisme pendant les négociations israélo-palestiniennes dans les années 1990.

L’hôtel est au centre d’une lutte publique et juridique depuis 2005. La nouvelle de sa vente à l’Ateret Cohanim a provoqué l’indignation dans le Patriarcat grec orthodoxe, entraînant la révocation sans précédent du patriarche de  l’époque, Irénéos. En réponse, Irénéos s’est isolé lui-même dans un tout petit appartement de l’immeuble du Patriarcat, qu’il ne quitte presque jamais – bien qu’il ait été hospitalisé ces dernières semaines.

Le Patriarcat a toujours nié l’accord, affirmant au tribunal que la transaction était falsifiée et que des personnes importantes de l’Église avaient été soudoyées. Le signataire du document était le conseiller financier du Patriarcat, Nikos Papadimas, qui aurait été payé par l’Ateret Cohanim pour promouvoir l’accord et aurait fui le pays aussitôt après la signature de l’accord.

Arrangements financiers

Au cours du procès, un enregistrement d’une conversation entre Papadimas et le responsable de l’Ateret Cohanim, Mati Dan, a été diffusé, dans laquelle Dan confirme un arrangement financier entre l’association et Papadimas. Il est apparu par la suite que l’Ateret Cohanim avait payé à Papadimas la somme de 10 000 dollars (environ 8 900 €) en espèces quelques années après la transaction. Les avocats du Patriarcat ont également mis en avant que Dan ne s’était pas déplacé au tribunal pour expliquer les choses.

Le tribunal du district de Jérusalem a soulevé des questions à propos de la transaction, mais il l’a finalement approuvée. Récemment, la Cour suprême a fait de même. La juge du tribunal de district de Jérusalem, Gila Canfy Steinitz, et ceux de la Cour suprême ont tous exprimé leur malaise face au refus de Dan de venir témoigner, mais ils ont accepté la position de l’Ateret Cohanim selon laquelle l’enregistrement et les autres éléments de preuve ne constituaient pas la preuve de l’existence d’une corruption.

Steinz a admis le point de vue de l’organisation selon lequel l’enregistrement était irrecevable en tant que preuve puisque personne n’avait témoigné de son existence devant le tribunal, et que ce pourrait être un montage. Concernant l’argent versé à Papadimas, l’Ateret Cohaim affirme qu’il s’agissait d’une aide habituelle que l’organisation apportait aux personnes avec qui elle travaillait, et qui avaient rencontré des difficultés financières.

Dans la rue palestinienne et au sein de l’Église, il y a des plaintes concernant la façon dont l’Église a géré sa bataille juridique, mais Dajani souligne que lui ne se plaint pas du patriarche, dont l’image accueille les visiteurs à l’entrée de l’Imperial.

« Si nous étions en Amérique, je pourrais leur intenter un procès pour obtenir des millions, mais les choses fonctionnent autrement ici », dit Dajani. « Je ne doute pas qu’il me soutiendra. Nous sommes dans le même bateau et il le sait ».

Des somnifères

Depuis l’arrêt de la Cour suprême, Dajani consulte des avocats, et il a également rédigé un appel au roi Abdullah de Jordanie, publié dans le journal Al-Quds, à soutenir la lutte.

Il espère recueillir des fonds auprès du public pour la lutte contre son expulsion, soulignant que si l’Ateret Cohanim gagne, ce pourrait être le début d’un effet domino. « Il y a beaucoup de magasins ici. S’ils vont d’un magasin à l’autre, d’une personne à l’autre, certains ne seront pas capables de supporter la pression » dit Dajani. « Mes enfants et moi sommes côte à côte, et nous sommes forts, mais je crains que les autres locataires ne partent ».

L’entrée du Patriarcat latin de Jérusalem se trouve à une extrémité de l’hôtel, et l’entrée du Patriarcat grec orthodoxe, à l’autre. « Bientôt, il leur faudra demander l’autorisation pour entrer dans leur propre propriété. L’Ateret Cohanim perturbe la vie des juifs, des chrétiens et des musulmans, et il faut y mettre fin » dit Dajani.

Ces dernières années, il a reçu plusieurs propositions « directes et indirectes » pour quitter volontairement l’hôtel en échange d’un paiement généreux. « Je pourrais prendre l’argent mais il me faudrait dix somnifères pour m’endormir la nuit, alors qu’aujourd’hui, deux me suffisent » dit-il. « Ou je pourrais prendre l’argent et avoir une crise cardiaque, et mourir. Si je le prends, l’honneur de la famille n’a aucun avenir. Le nom de Dajani n’a aucun avenir. »

L’avocat représentant l’Ateret Cohanim, Avraham Moshe Segal, a produit une estimation de la propriété qui montre que la demande de faire payer à Dajani rétroactivement la somme de 10 millions de shekels en loyer est raisonnable, et même modeste, comparée à ce qui est acceptée dans l’industrie hôtelière.

Selon l’évaluation foncière, le loyer annuel devrait être de 10 % du prix de l’hôtel à son acquisition, il y a 14 ans, mais il aurait pu aussi être calculé sur la base de sa valeur actuelle, qui est beaucoup plus élevée.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Haaretz




La lutte contre l’antisémitisme instrumentalisée à l’Assemblée Nationale

Agence Média Palestine – 18 Juillet 2019

Une résolution, portée le 20 mai 2019 par le député LREM de la première circonscription de Paris Sylvain Maillard, a pour objectif de faire adopter par l’Assemblée Nationale la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (International Holocauste Remembrance Alliance) (1). Celle-ci tend dangereusement vers la restriction de toute expression critique vis-à-vis de la politique d’Israël, et donc de toute solidarité avec la résistance palestinienne à l’occupation, la colonisation et l’apartheid (2).   

Cette tentative s’inscrit dans une longue série de manœuvres ayant commencé peu après l’élection d’Emmanuel Macron à la Présidence de la République (3). Tout récemment encore, l’examen de la résolution ayant été reporté au mois d’octobre, Sylvain Maillard et quelques-uns de ses collègues ont tenté de soumettre plusieurs amendements allant dans le même sens, lors de l’examen de la proposition de loi « visant à lutter contre la haine sur Internet » (4).

Concernant la juste lutte contre l’antisémitisme, il y aurait matière à louer une telle persévérance. Malheureusement, la démarche mise en avant par les parlementaires à l’origine de la résolution, fait ici l’objet d’une instrumentalisation patente.

En effet, le zélé rédacteur de la résolution, vice-président du Groupe d’amitié France-Israël de l’Assemblée Nationale, est un habitué des « rencontres stratégiques » organisés par Elnet (European Leadership Network). Elnet est l’organisation qui organise depuis quelques années des voyages en Israël de délégations parlementaires françaises (5), dénoncés comme partisans par les militants soutenant l’application du droit international en Palestine/Israël.

Le directeur exécutif de Elnet, Arié Bensemhoun, candidat malheureux à la présidence du Crif, est aussi connu pour ses discours extrémistes, qui n’ont rien à envier à la rhétorique de l’extrême-droite israélienne (7). Il affiche sans complexe sa proximité avec le ministère israélien des affaires stratégiques (8), dont les méthodes de manipulation de l’opinion et d’intimidation des militants pro-palestiniens, mises en œuvre en toute impunité dans plusieurs pays, sont désormais largement avérées et décriées (9).

Elnet offre en surface un discours assez policé, se proclame « indépendante et apolitique », et prétend œuvrer pour « la paix et la prospérité ». Des professions de foi particulièrement peu crédibles pour une organisation qui compte parmi ses partenaires et intervenants réguliers des responsables de groupes de colons en Cisjordanie (10)…

Ce n’est donc pas un hasard si le voyage organisé par Elnet en juillet 2019 pour des parlementaires français incluait une visite de Jérusalem-Est occupée, et en particulier un site archéologique illégalement géré par Israël et par l’organisation d’extrême droite Elad. L’AFP rapporte dans une dépêche (11) que « Ces députés et sénateurs français y ont visité une route souterraine inaugurée récemment par l’association israélienne nationaliste Elad, qui gère le lieu avec l’Autorité nationale israélienne de la nature et des parcs. Selon Elad, dont le but avoué est de renforcer la présence des colons juifs dans ce quartier palestinien, cette route était utilisée il y a environ 2000 ans pour le pèlerinage vers le Second Temple juif. »

Complice de ces raisonnements religieux intégristes et révisionnistes, Sylvain Maillard va d’ailleurs jusqu’à inclure, dans la résolution qu’il propose, une revendication majeure de ces colons fanatiques et de tous les soutiens du régime d’extrême droite israélien actuellement au pouvoir. En effet, il veut que l’Assemblée nationale française reconnaisse Israël en tant qu’État juif, en dépit du droit international et des résolutions de l’ONU. Alignée sur la loi dite de l’ « État nation », votée par le gouvernement israélien en juillet dernier, cette résolution se place donc en défense d’un régime officiel d’apartheid et de ségrégation en Israël, et vise à criminaliser encore un peu plus les défenseurs des droits humains.

L’Agence Média Palestine


(1)    http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion1952.asp
(2)   https://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/06/14/10-raisons-pour-lesquelles-lanti-sionisme-nest-pas-lantisemitisme-et-pourquoi-les-deputes-francais-doivent-rejeter-la-resolution-sur-ce-sujet/
(3)     https://blogs.mediapart.fr/dominique-vidal/blog/020619/colin-maillard-lassemblee
(4)    http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion1785.asp
     http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/haine-sur-internet-le-debat-sur-lantisemitisme-sinvite-dans-lexamen-de-la-0
(5)     https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/lobbys-un-encadrement-encore-insuffisant-132645
(6)    https://www.agencemediapalestine.fr/blog/2013/06/05/une-delegation-eelv-en-israel-pilotee-par-une-officine-pro-israelienne/
(7)    https://www.jforum.fr/Arie-Bensemhoun-les-juifs-doivent-quitter-Toulouse.html
(8)    https://twitter.com/ariebens/status/1141030797421535233
(9)     https://orientxxi.info/magazine/un-si-mysterieux-ministere-israelien-des-affaires-strategiques,27079
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2019/07/05/comment-les-espions-israeliens-inondent-facebook-et-twitter/
(10)    http://elnetwork.fr/rencontres-strategiques-delnet-28-mai-2019

(11) : http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion1952.asp

(12) : https://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201907/16/01-5234092-israel-des-parlementaires-francais-en-visite-sur-un-site-controverse.php




L’assureur AXA aide à tuer les Palestiniens et à voler leur terre

 

Par Adri Nieuwhof, 16 juillet 2019

A Paris, des militants manifestent et distribuent une pétition à l’occasion de l’assemblée générale annuelle d’AXA du 25 avril 2018, exhortant le géant de l’assurance à se désinvestir des sociétés israéliennes impliquées dans des crimes de guerre. (BDS France)

Le géant multinational de l’assurance AXA a renforcé ses investissements dans des sociétés israéliennes qui fabriquent des armes pour tuer les Palestiniens et qui financent le vol de leur terre en vue de la colonisation.

Les investissements d’AXA dans le fabricant d’armes Elbit Systems et dans cinq des principales banques israéliennes sont passés de 66 millions $ en 2018 à plus de 91 millions $ cette année, c’est ce que dit l’association internationale de surveillance SumOfUs.

Le rapport dit que les investissements d’AXA « peuvent exposer la société à des poursuites criminelles pour complicité dans de graves violations des droits de l’Homme, y compris pour crimes de guerre selon le droit et français et international.

SumOfUs exhorte AXA basée en France à se désinvestir de ces entreprises afin de se conformer aux normes du droit international et au droit français.

Ce rapport est disponible en anglais « AXA : Financing War Crimes » et en français « Quand AXA Finance des Crimes de Guerre ».

Tester des armes sur les civils palestiniens

Elbit Systems est le plus grand fabricant d’armes d’Israël. Il produit des armes à sous-munitions et des bombes au phosphore blanc internationalement interdites et la plupart des drones utilisés par l’armée israélienne pour attaquer les civils palestiniens.

Israël a utilisé des bombes à sous-munitions avec des effets dévastateurs sur les civils lors de son invasion du Liban en 2006.

Elbit fabrique aussi des équipements pour le mur d’annexion et de séparation en Cisjordanie occupée, qui a été déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice, et pur renforcer le blocus israélien de la Bande de Gaza.

Financement de crimes de guerre

AXA et ses filiales détiennent aussi pour des millions de dollars d’actions et obligations dans la banque Hapoalim, la banque Leumi, la banque Mizrahi Tefahot, la banque d’Escompte d’Israël et la Première banque internationale d’Israël.

Ces banques fournissent la colonne vertébrale de la construction, du maintien et de l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie occupée, dont Jérusalem Est.

La construction par Israël de colonies sur la terre palestinienne occupée constitue un crime de guerre.

Human Rights Watch et l’association de surveillance de la colonisation Who Profits ont fourni une documentation considérable sur le rôle des banques dans l’entreprise coloniale d’Israël.

La Coalition Stop AXA Complicity with Israeli Apartheid a lancé une campagne en ligne afin qu’on puisse individuellement envoyer un message aux dirigeants d’AXA en France, en Allemagne, en Suisse et en Egypte exigeant le désinvestissement de la société.

Des associations de neuf pays d’Europe et du monde arabe participent à la coalition qui a organisé des manifestations devant les bureaux d’AXA et à la réunion annuelle de ses actionnaires à Paris.

« Un assureur devrait protéger les vies », a dit Alys Samson Estapé, coordinatrice européenne pour le Comité National palestinien de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BNC).

« Au contraire, AXA profite de la destruction de la vie et des moyens de subsistance des Palestiniens. »

Estapé a ajouté que la société civile palestinienne avait appelé les entreprises « à couper les liens de complicité » avec les sociétés directement impliquées dans les violations par Israël des droits fondamentaux des Palestiniens.

« Israël ne peut maintenir son régime d’occupation et d’apartheid sur le peuple palestinien que grâce au soutien de gouvernements et de sociétés telles qu’AXA », a dit la coordinatrice de BDS France, Imen Habib.

« Tant qu’AXA maintiendra ses investissements dans ces banques israéliennes et dans Elbit Systems, les manifestations de notre coalition mondiale croissante s’intensifieront. »

Il y a deux ans, 70 organisations, partis politiques et syndicats ont exhorté AXA à se désinvestir des banques israéliennes et d’Elbit Systems.

Plus de 140.000 personnes ont signé une pétition pour soutenir cet appel, mais la société a balayé d’un revers de main ses inquiétudes à propos de son rôle dans les crimes de guerre israéliens.

Dans un tweet, le BNC, comité de pilotage de la campagne palestinienne BDS – boycott, désinvestissement et sanctions -, a appelé à accroître la pression sur AXA.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada




Des groupes du lobby pro-israélien concoctent un plan de division de la gauche

Par Ali Abunimah, The Electronic Intifada, 15 juillet 2019

Israël et ses lobbyistes voient la solidarité entre les Palestiniens et d’autres groupes opprimés, en particulier les Noirs aux États Unis, comme une menace majeure. (Johnny Silvercloud)

Des groupes de lobby influents d’Israël proposent des « règles » sur la façon dont des organisations juives locales peuvent diviser la gauche et casser des coalitions intersectionnelles émergentes.

Ils argumentent aussi en faveur de la « délégitimation » des Juifs jugés comme soutenant trop les droits des Palestiniens.

Israël et ses lobbyistes voient le renforcement de la solidarité entre les Palestiniens et d’autres groupes opprimés, en particulier les Noirs aux États Unis, comme une menace majeure et ils sont déterminés à la combattre.

L’an dernier, le documentaire clandestin dévoilé par Al Jazeera, The Lobby–USA a bien sûr révélé comment le gouvernement israélien et son lobby ont oeuvré à déstabiliser le mouvement Black Lives Matter, en représailles de la solidarité des Noirs avec la Palestine.

Le terme intersectionnalité a été inventé par la scientifique Kimberley Crenshaw en 1989 pour avancer une perspective féministe qui explique comment les individus ou les groupes font l’expérience de systèmes d’oppression qui se chevauchent, fondés sur le genre, la race, l’ethnicité et d’autres facteurs socioéconomiques.

Dans les dernières années, l’intersectionnalité est devenue une ligne directrice pour les responsables d’organisations, dans la construction de coalitions inter communautaires plus puissantes, pour combattre la suprématie blanche, l’incarcération de masse, la violence policière, les inégalités économiques et les politiques anti migrants.

Mais dans un nouveau rapport,  L’Institut Reut d’Israël et le Conseil Juif pour les Affaires Publiques  des États Unis avertissent que l’intersectionnalité « affaiblit les programmes des communautés juives », dont le soutien à l’État d’Israël.

Le rapport met en avant, avec déplaisir, comment l’attaque israélienne de 2014 sur Gaza, qui a tué plus de 2200 Palestiniens, dont 550 enfants, a coïncidé avec le soulèvement de Ferguson, dans le Missouri, après le meurtre du jeune Michael Brown par la police.

Cela a généré des expressions de solidarité symbolisées par le hashtag #Palestine2Ferguson.

Cela a aussi renouvelé l’attention portée à des similitudes, par exemple des connexions concrètes tels les entraînements conjoints entre les forces israéliennes qui tuent quotidiennement des Palestiniens et la police étatsunienne qui perpétue les meurtres de Noirs.

Des coalitions militantes ont remporté des victoires notables, dont la décision de la ville de Durham en Caroline du Nord d’interdire l’entraînement de sa police par des militaires étrangers.

Le soulèvement de 2014 à Ferguson était, selon ce rapport, « un marqueur stratégique de l’évolution de programmes anti- Israël dans des espaces intersectionnels ».

Critique de la « Corbynisation »

Le « défi de l’intersectionnalité », déclare le rapport, se compose d’un certain nombre d’évolutions politiques dont ce qu’il nomme « corbynisation » – la banalisation d’un « nouvel antisémitisme » comme ce qui est prétendu se passer dans le parti travailliste britannique.

Ce « nouvel antisémitisme » est explicitement assimilé par les auteurs du rapport à l’antisionisme.

Le sionisme, l’idéologie de l’État israélien, est raciste  parce qu’il  garantit des droits supérieurs aux Juifs inscrits dans des dizaines de lois israéliennes et maintient que les Palestiniens chassés et exilés de leur patrie ne devraient pas être autorisés à y revenir, uniquement et exclusivement parce qu’ils ne sont pas juifs.

Donc l’antisionisme n’est pas un préjugé contre les Juifs, comme le prétendent Israël et ses groupes de lobbying.

L’antisionisme, fondé sur les principes universels des droits humains, est de l’antiracisme.

Il n’empêche : le brouillage des cartes par de fausses équivalences est au cœur de la stratégie du lobby d’Israël, et en fait partie depuis plusieurs années la campagne qui a inventé que le Labour, dirigé par Jeremy Corbyn qui a milité toute sa vie pour la solidarité, est institutionnellement antisémite.

Le rapport prétend que « la « corbynisation  se répand dans des secteurs de la gauche politique » et que des groupes anti Israël du Royaume Uni ont inspiré des cercles de l’élite libérale et progressiste dans le monde.

Cela explique pourquoi Israël et ses lobbyistes voient le fait de jeter le discrédit sur Corbyn et de l’éliminer comme la priorité des priorités.

La « corbynisation » affecte apparemment le Parti Démocrate étatsunien, où les auteurs du rapport se plaignent du « grand déclin » du soutien à Israël observé depuis longtemps.

Le débat sur la position sur Israël du parti démocrate, mené par les progressistes, constitue une « menace pour l’avenir du soutien traditionnel bipartisan étatsunien envers Israël », note le rapport.

Israël et l’extrême droite

D’autres vents contraires auxquels les défenseurs d’Israël ont été confrontés intègrent, selon le rapport, « l’identification croissante d’Israël à la droite politique » illustrée par l’alliance du premier ministre d’Israël, Benjamin Netanyahou, avec des dirigeants qui sont des suprématistes blancs et des antisémites  comme le président des États Unis, Donald Trump et le premier ministre hongrois, Viktor Orban.

Ces alliances « ont conduit des progressistes et des jeunes Milléniaux à se demander si les liens traditionnels avec Israël sont mérités ou bénéfiques » concède le rapport.

Ces affinités ont été mises en relief pendant le weekend par les attaques racistes de Trump sur quatre membres du Congrès : Alexandria Ocasio-CortezIlhan OmarRashida Tlaib and Ayanna S. Pressley

Trump a requis de ces élues de couleur qu’elles « retournent » dans leurs pays, en faisant d’elles des étrangères et non des Américaines.

Il a prétendu que les quatre nouvelles venues progressistes dans le Congrès « haïssent Israël avec une véritable passion débridée », une accusation qui ne contribuera guère à rendre Israël cher au grand nombre de gens qui expriment leur dégoût face à ses attaques et leur solidarité avec les femmes qu’il cible.

Le rapport des groupes de lobbyistes pour Israël, comme Trump, accuse « des démocrates progressistes fraîchement élues » de promouvoir des « programmes anti Israël » et d’agir ainsi sur un mode tendance pour briser des tabous.

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Electronic Intifada




11ème édition du Festival de film de femmes « Shashat » en Palestine

 La 11ème édition du Festival du film féminin Shashat en Palestine « I am Palestinian » présente dix films réalisés par de jeunes réalisatrices palestiniennes de Cisjordanie, de Jérusalem et de la Bande de Gaza.

Les films explorent la dimension personnelle de l’appartenance et la question de l’identité en se concentrant sur la diversité des représentations de la vie des femmes palestiniennes.

Rapports aux personnes, aux objets, aux sentiments, aux lieux, aux récits : les films visent à donner une profondeur personnelle à la manière de promouvoir la citoyenneté dans ses dimensions et ses possibilités spatiales et temporelles.
Les films de la série « I am Palestinian » font partie du projet «Yalla nshouf film!» (« Venez, voyons un film ! ») Mis en œuvre par «Shashat Woman Cinema» en partenariat avec la «Société des femmes diplômées» de la Bande de Gaza et « l’Association Sunflower pour la protection de l’être humain et de l’environnement ». Ce projet socioculturel d’une durée de trois ans est financé en grande partie par l’Union européenne, avec le soutien supplémentaire de la CFD, ONG féministe suisse pour la paix,et de l’office de représentation de la République de la Pologne en Palestine.

Le projet cible un groupe diversifié de personnes dans le but de promouvoir la gouvernance et la citoyenneté participative en Palestine en proposant aux communautés des activités qui les engagent dans un dialogue sur les droits de l’homme et la responsabilité civique, qui favorisent la liberté d’expression, la tolérance et la cohésion sociale.

Shashat 11th Woman Film Festival in Palestine
mardi 23 juillet 2019
Gaza: Rashad Shawwa Auditorium, 12 noon
Ramallah: Municipal Theater\Ramallah Municipality 6 p.m




Le pro-sionisme et l’antisémitisme sont inséparables et l’ont toujours été

Joseph Massad – Lundi 10 juin 2019

Pour le gouvernement israélien et les nationalistes blancs pro-sionistes du monde entier, le pro-sionisme est une forme respectable d’antisémitisme.

Au cours des dernières années, face au succès grandissant de la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS), des voix pro-israéliennes ont exprimé de vives inquiétudes quant aux motifs « antisémites » de tous les mouvements s’opposant au colonialisme, au racisme d’État et à l’occupation militaire israéliens.

Ces accusateurs pro-israéliens disent vouloir rectifier les faits, affirmant que l’antisémitisme n’est plus une idéologie de droite, mais qu’il est devenu une idéologie endémique à gauche.

Il ne s’agit pas d’une stratégie nouvelle, mais d’un ancien programme israélien commandité par l’État qui vise à attaquer les Palestiniens et à diffamer les critiques d’Israël au sein de la gauche américaine et européenne. Ces détracteurs ont commencé à se manifester après 1967.

Réprimer les Palestiniens

Au cours des deux décennies qui se sont écoulées entre l’établissement de la colonie de peuplement israélienne et ses invasions de la Syrie, de la Jordanie et de l’Égypte en 1967, la gauche blanche américaine et européenne était enchantée par le pays, le défendant en toute circonstance contre les revendications des Palestiniens autochtones dont il avait usurpé les terres et les moyens de subsistance, les expulsant et les opprimant.

Toutefois, après les invasions de 1967, l’essor des mouvements de défense des droits civils et de libération aux États-Unis ainsi que les soulèvements d’étudiants en France et ailleurs ont impulsé un changement dans la situation. Une fraction minoritaire de la gauche blanche aux États-Unis et en Europe occidentale a commencé à exprimer des critiques envers Israël, alarmant les dirigeants israéliens et les cercles pro-sionistes dans ces pays.

L’identification par Abba Eban des politiques coloniales et racistes israéliennes à la tradition juive faisait partie intégrante des efforts déployés par le sionisme pour impliquer l’ensemble des juifs dans les actions et les idéaux d’Israël

Si le gouvernement israélien a plus récemment consacré d’énormes ressources financières à de telles critiques – notamment 72 millions de dollars pour lutter contre le BDS –, sa réponse en 1972 était moins radicale, bien que non moins efficace. Lors d’une conférence annuelle en Israël parrainée par le Congrès juif américain, le ministre israélien des Affaires étrangères de l’époque, Abba Eban, exposa la nouvelle stratégie : « Qu’on ne s’y trompe pas : la nouvelle gauche est l’auteur et le géniteur du nouvel antisémitisme […] Le distinguo entre antisémitisme et antisionisme n’est pas un distinguo du tout. L’antisionisme n’est, en effet, rien d’autre que le nouvel antisémitisme. » Alors que les critiques des « gentils » étaient ainsi considérées comme antisémites, celles des juifs (Eban évoqua les deux critiques juifs américains Noam Chomsky et Isador Feinstein Stone) furent considérées comme l’émanation d’un complexe de « culpabilité lié à la survie des juifs ». Leurs valeurs et leur idéologie – à savoir l’anticolonialisme et l’antiracisme – étaient, selon lui, « en conflit avec notre propre monde de valeurs juives ».

L’identification par Abba Eban des politiques coloniales et racistes israéliennes à la tradition juive faisait partie intégrante des efforts déployés par le sionisme pour impliquer l’ensemble des juifs dans les actions et les idéaux d’Israël.

Une ancienne alliance

La stratégie consistant à assimiler l’antisionisme à l’antisémitisme vise en fait à dissimuler et détourner l’attention du vieil antisémitisme, lui très réel, qui a toujours été un allié du mouvement sioniste. Cette alliance, qui remonte aux années 1890, continue à ce jour.

Dans son pamphlet de 1896, L’État des juifs, le fondateur du sionisme, Theodor Herzl, expliqua que le projet sioniste partageait avec les antisémites le désir de vider l’Europe de ses juifs afin de les envoyer dans un territoire colonial en dehors de l’Europe.

Une citation est passée à la postérité : « Les gouvernements de tous les pays frappés par l’antisémitisme auront envie de nous aider à obtenir la souveraineté que nous voulons ». Selon Herzl, « non seulement les juifs pauvres » contribueraient à un fonds d’immigration pour les juifs européens, mais aussi « les chrétiens désireux de se débarrasser d’eux ». Il ajouta dans un de ses journaux intimes : « Les antisémites deviendront nos amis les plus fiables, les pays antisémites nos alliés. »

Lorsqu’une vague d’antisémitisme frappa la Grande-Bretagne au début du XXe siècle au sujet de l’accueil de réfugiés juifs fuyant les pogroms en Russie, c’est Herzl qui conseilla aux responsables britanniques antisémites de soutenir le colonialisme de peuplement sioniste en Palestine, argumentant que cela leur éviterait d’accueillir des réfugiés juifs en Grande-Bretagne.

L’allié britannique de Herzl à l’époque était l’ancien secrétaire d’État aux Colonies, Joseph Chamberlain, qui croyait que l’argent « juif » aiderait l’impérialisme britannique si la Grande-Bretagne soutenait le projet sioniste.

Lorsque le Premier ministre britannique Arthur Balfour introduisit à la Chambre des communes, en 1905, un projet de loi sur les étrangers visant à interdire l’immigration juive d’Europe de l’Est, il souhaitait sauver le pays des « maux indéniables » de l’immigration juive.

Comme Chamberlain, Balfour avait en tête une autre destination coloniale pour les immigrants juifs. Mais ce qui importe ici n’est pas que Balfour ait d’abord été antisémite avant de devenir pro-juif lorsqu’il publia la déclaration qui porte son nom en 1917, mais plutôt que ses vues pro-sionistes furent mobilisées par son antisémitisme.

L’amalgame de Churchill

Les sionistes affirment que Winston Churchill est un autre héros du « peuple juif ». Pourtant, l’antisémitisme de Churchill était tout aussi légendaire. Il identifia le communisme comme une conspiration juive visant à conquérir le monde et était favorable au sionisme, qui offrait une solution coloniale au « problème juif » capable selon lui de nuire au communisme.

On pourrait soutenir que, mis à part les déclarations idéologiques et l’opportunisme de Herzl, les premiers sionistes étaient faibles et désespérés et durent malheureusement s’allier avec le diable pour réaliser leur projet, ce qui les rendit particulièrement enclins à pardonner l’antisémitisme de leurs alliés.

Mais ce serait une chose difficile à argumenter, non seulement parce que les dirigeants israéliens d’aujourd’hui et leurs alliés pro-sionistes en Europe et aux États-Unis continuent de célébrer des personnalités telles que Chamberlain, Balfour et Churchill, mais aussi – et surtout – parce que les dirigeants israéliens, à l’instar des leaders sionistes antérieurs à l’État, ont systématiquement noué des alliances avec des antisémites et des colons blancs depuis la création d’Israël en 1948.

Qui plus est, les dirigeants du pays, comme les sionistes pré-étatiques, continuent d’ignorer l’antisémitisme lorsque celui-ci émane de forces pro-sionistes, ou du moins de forces qui ne sont pas antisionistes. Le silence israélien, par exemple, sur l’antisémitisme maccarthyste dans les années 1950 aux États-Unis, qui visait à la fois les juifs en tant que communistes et les communistes en tant que juifs – d’une manière qui ressemble d’ailleurs beaucoup à l’amalgame de Churchill – en est un exemple.

Le mouvement sioniste choisit d’appeler son État colonial « Israël », le nom que la Torah attribua à Jacob, un État dans lequel les enfants d’Israël deviennent le « peuple juif ». Ce choix n’était pas arbitraire. En nommant son État de cette manière, le mouvement sioniste a fait un amalgame entre son projet colonial et l’ensemble des juifs, alors même que la majorité des juifs du monde ne le soutenait pas et continue aujourd’hui de refuser de vivre en Israël.

Poursuivre l’héritage de Herzl

Si le sionisme devient un synonyme de judaïsme et de juifs, et si Israël est le peuple juif – et pas seulement « son » État présumé –, alors tous les pro-sionistes devraient être, par la force des choses, non antisémites. En effet, si l’antisémitisme classique est un racisme à l’égard des juifs de la diaspora, le mouvement sioniste n’a pas à s’inquiéter dans la mesure où son but déclaré était, et est toujours, de mettre fin à la diaspora juive.

C’est pourquoi les antisémites, s’ils sont pro-sionistes, sont considérés par Israël et ses partisans comme pro-juifs. Quant à ceux qui s’opposent au sionisme et qui critiquent l’État d’Israël, tout en s’opposant également à l’antisémitisme classique qui vise les juifs de la diaspora, ils sont décriés comme de véritables « antisémites ».

Non seulement les dirigeants israéliens n’ont pas critiqué les groupes suprémacistes blancs européens et américains avec lesquels leur pays s’est allié, mais ils ont également continué d’ignorer leur antisémitisme

Ce qui est absent, de manière inquiétante, dans les récentes approbations officielles par les États-Unis, l’Europe et le Royaume-Uni de l’amalgame entre antisionisme et antisémitisme voulu par le gouvernement israélien, c’est la mention de l’antisémitisme endémique des milieux pro-israéliens avant et après 1967.

La préoccupation d’Eban concernant le « nouvel antisémitisme », comme on pourrait s’y attendre, n’a jamais été exprimée vis-à-vis des antisémites pro-israéliens et pro-sionistes.

Israël a également soutenu le dictateur paraguayen Alfredo Stroessner, qui orchestra des campagnes antisémites contre les juifs paraguayens qui s’opposaient à lui, mais qui en parallèle soutenait Israël, lequel lui fournissait des armes.

En outre, Israël s’allia aux dirigeants du coup d’État argentin à la fin des années 1970 et dans les années 1980 et leur fournit une aide militaire, alors que ceux-ci s’en prenaient à des dissidents juifs qu’ils ont fait disparaître, torturés et tués.

Un « assaut verbal »

Telle était également la position du gouvernement israélien vis-à-vis des évangéliques américains. Jerry Falwell, fondateur de la Moral Majority, une organisation chrétienne fondamentaliste de droite qui allait devenir le plus puissant partisan d’Israël parmi la droite chrétienne, identifia l’antéchrist comme étant un juif. Pourtant, quand il est décédé en 2007, les dirigeants israéliens et les chefs d’organisations juives américaines pro-israéliennes saluèrent son soutien à Israël, « malgré » certains « différends » qu’ils avaient eus avec lui.

Si en 1972, deux intellectuels juifs critiquant Israël étaient un motif de préoccupation pour Abba Eban, en 2007, l’inquiétude des pro-sionistes ne pouvait que croître devant le nombre beaucoup plus grand de critiques d’Israël parmi les juifs américains.

Cette année-là, David Harris, directeur exécutif du Comité juif américain, a publié un essai dans lequel il déclare : « Le trait peut-être le plus surprenant – et le plus troublant – de cette nouvelle tendance est la participation très publique de certains juifs à l’assaut verbal contre le sionisme et l’État juif. »

Il ajoute que ceux qui s’opposent au droit d’Israël à exister, « qu’ils soient juifs ou gentils, doivent être confrontés ».

Dans un passé plus récent, non seulement les dirigeants israéliens n’ont pas critiqué les groupes suprémacistes blancs de droite européens et américains avec lesquels leur pays s’est allié, mais ils ont également continué d’ignorer leur antisémitisme. Celui-ci, comme on pouvait s’y attendre, est pardonné en raison du soutien de ces groupes à Israël et au sionisme.

L’histoire s’est répétée récemment avec le soutien d’Israël aux antisémites ukrainiens, hongrois et polonais, et même aux antisémites allemands et autrichiens. Ce soutien a joué un rôle important dans le cadre des récentes pressions israéliennes pour criminaliser les critiques anti-israéliennes au sein de l’Union européenne et aux États-Unis.

Armer les milices néonazies

Ceci a commencé en 2016 avec l’adoption par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) d’une définition de travail de l’antisémitisme incluant parmi les manifestations de ce phénomène « le ciblage de l’État d’Israël, conçu comme une collectivité juive ».

En décembre dernier, lorsque l’Union européenne a adopté une déclaration sur l’antisémitisme invitant notamment les États membres à approuver la définition de l’IHRA, c’est le gouvernement autrichien de droite, composé de membres d’un parti néo-nazi, qui avait fait pression en sa faveur.

En Hongrie, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou est allé jusqu’à réprimander l’ambassadeur israélien à Budapest pour une déclaration exprimant une légère inquiétude face au racisme anti-juif de Viktor Orbán. Sur ordre de Netanyahou, le ministère des Affaires étrangères israélien a retiré sa déclaration.

En Ukraine, Israël arme les milices néo-nazies, en particulier le bataillon Azov. Le dirigeant d’Azov, Andriy Biletsky, a déclaré en 2014 que « la mission historique de notre nation […] consiste à mener les races blanches du monde entier dans une croisade finale pour leur survie. Une croisade contre les untermenschen [peuples inférieurs ou sous-humains] dirigés par les sémites ».

En Allemagne, le parti Alternative for Germany (AFD), une organisation d’extrême droite qui a remporté près de 100 sièges aux élections législatives allemandes de septembre dernier et dont les opposants soutiennent qu’elle promeut des idées néo-nazies, a alarmé la communauté juive du pays.

Or, Alternative for Germany soutient également Israël : sa vice-présidente Beatrix von Storch, petite-fille du dernier ministre des Finances de Hitler, a déclaré au Jerusalem Report qu’« Israël pourrait être un modèle pour l’Allemagne » en tant que pays qui « s’efforce de préserver sa culture et ses traditions uniques ».

Cela fait écho à la déclaration du démagogue américain néo-nazi Richard Spencer, qui a un jour qualifié sa mission de « sorte de sionisme blanc ». Israël, a-t-il ajouté, est « l’ethno-État le plus important et peut-être le plus révolutionnaire, un pays vers lequel je me tourne pour me guider ». Israël et ses dirigeants n’ont pas répondu à ses déclarations.

Attaques de synagogue

Lorsque le président des États-Unis, Donald Trump, a déclaré à des juifs américains lors d’une fête de Hanoucca à la Maison Blanche en décembre 2018 que son vice-président avait une grande affection pour « [leur] pays », Israël n’a pas émis d’objection – de même qu’il n’a pas non plus désapprouvé lorsque Trump a déclaré à un groupe de juifs américains il y a quelques semaines que Netanyahou était « [leur] Premier ministre ».

Le soutien à Israël de groupes suprémacistes blancs américains va de pair avec leur propagande antisémite, que ce soit lors de leurs rassemblements à Charlottesvilleen 2017 ou en octobre dernier à Pittsburgh, lorsqu’un suprémaciste blanc a massacré onze fidèles juifs dans une synagogue, ou encore le mois dernier à San Diego, une autre attaque contre une synagogue qui a fait un mort et plusieurs blessés.

Le soutien à Israël de groupes suprémacistes blancs américains va de pair avec leur propagande antisémite

L’antisémitisme pro-sioniste de droite continue de menacer des vies juives aux États-Unis comme en Europe. Alors que des progressistes européens et américains, qu’ils soient juifs, chrétiens, musulmans, des personnes de toutes confessions, se sont ralliés à des mouvements antisionistes opposés aux politiques racistes et colonialistes israéliennes, tout en s’engageant dans la lutte contre l’antisémitisme, des juifs et non juifs pro-israéliens font eux partie de mouvements pro-sionistes dont l’antisémitisme menace l’existence même des juifs américains et européens.

Il est grand temps que les organisations juives européennes et américaines pro-sionistes publient des rapports spéciaux sur l’antisémitisme pro-sioniste, de la même manière qu’elles continuent de le faire lorsqu’elles ciblent des antisionistes. L’antisémitisme et l’antisionisme ne sont pas la même chose, comme Abba Eban, le gouvernement israélien et ses partisans voudraient nous le faire croire. En fait, ce sont l’antisémitisme, le pro-sionisme, le racisme et le pro-colonialisme qui sont des compagnons inséparables.

Célébrer les crimes de guerre

En effet, pour le gouvernement israélien et les nationalistes blancs pro-sionistes du monde entier, le pro-sionisme est une forme respectable d’antisémitisme aujourd’hui – un antisémitisme salué comme une aubaine pour l’État d’Israël.

Quand les pro-sionistes célèbrent les invasions et les crimes de guerre israéliens en tant que réalisation juive, Israël et ses partisans les encouragent ; mais quand les antisionistes attaquent les crimes et les invasions israéliens en tant que crimes du gouvernement israélien, et certainement pas en tant que crimes du peuple juif, Israël et ses partisans pro-sionistes les traitent d’antisémites.

Israël se définit comme un « État juif » et insiste sur le fait que le vol de la patrie du peuple palestinien, la colonisation de ses terres, son expulsion et son bombardement sont tous effectués au nom du « peuple juif ». Il affirme que ce qu’il fait est exigé par son éthique « juive » et, après tout cela, soutient que ceux qui condamnent Israël condamnent les juifs.

Ironiquement, c’est la majorité des critiques d’Israël, contrairement à la majorité de ses partisans, qui rejette les affirmations israéliennes selon lesquelles Israël représente tous les juifs et qui insiste sur le fait que les lois racistes et la politique coloniale israéliennes représentent le gouvernement israélien et non le peuple juif.

Lorsque les Palestiniens résistent au colonialisme et au racisme israéliens, ils ne résistent pas au caractère « juif » d’Israël, mais à sa nature, ses institutions, ses lois et ses pratiques racistes et coloniales.

L’amalgame pro-sioniste entre antisionisme et antisémitisme n’est pas seulement une fausse équation visant à combattre les critiques d’Israël. C’est avant tout la justification de l’antisémitisme pro-sioniste et pro-israélien. Les personnes qui se soucient de la vie et de la sécurité des juifs de la diaspora et du peuple palestinien devraient réagir à cette campagne de propagande en déclarant haut et fort que le pro-sionisme est un antisémitisme et qu’aucune distinction ne devrait être faite entre les deux.

Joseph Massad est professeur d’histoire politique et intellectuelle arabe moderne à l’Université Columbia de New York. Il est l’auteur de nombreux livres et articles académiques. Ses ouvrages incluent Colonial Effects: The Making of National Identity in Jordan, Desiring Arabs et, publié en français, La Persistance de la question palestinienne (La Fabrique, 2009). Il a également écrit des essais sur le sionisme et les Palestiniens et, plus récemment, sur l’islam dans le libéralisme. Ses livres et articles ont été traduits dans une douzaine de langues

Source:  Middle East Eye




Contrer la Nakba palestinienne : Un Etat Pour Tous – Critique du livre

Vendredi 12 juillet 2019

Chaudement recommandé en tant que ressource pour les étudiants de la politique du Moyen Orient, les universitaires, les militants et les journalistes.

Revu par Rifka Al-Amya

(Eid Haidar (Ed.). Countering the Palestinian Nakba : One State for All.

Noor Publishing : Bahnhofstrase, Allemagne, 2017)

L’attention du monde entier a été mobilisée par la déclaration irréfléchie de Donald Trump sur la solution à un Etat au conflit israélo-palestinien, un précédent dans l’intervention américaine au Moyen Orient. Jamais aucun président américain n’a mentionné la solution à un Etat. La solution de Trump, cependant, n’est pas un Etat laïque et démocratique dans lequel tous les citoyens sont égaux, quels que soient leur origine ethnique, leur religion, leur genre et leur race. Son Etat est un Etat d’apartheid, le Sud américain sous les lois de Jim Crowe, où les Palestiniens sont traités comme des citoyens de deuxième classe par les Israéliens qui se trouvent être nés de mères juives.

D’où l’importance de ce nouveau livre, Contrer la Nakba : Un Etat pour Tous, auquel a contribué l’universitaire et militant Haidar Eid qui vit à Gaza.

Que pensent les intellectuels palestiniens, américains et israéliens antisionistes des « plans de paix » qui ont échoué ? De la résistance ? Qu’est-ce qu’une solution juste face à 69 ans de dépossession ?

Tandis que les journalistes internationaux, les commentateurs et les experts politiques spéculent au sujet des perspectives de paix entre l’Israël d’apartheid et les Palestiniens colonisés, beaucoup restent moins qu’optimistes étant donné le perpétuel mépris d’Israël pour les droits des Palestiniens, l’expansion des colonies et la construction du Mur d’Apartheid, et le blocus de la Bande de Gaza et sa transformation en camp de concentration le plus grand du monde.

Contrer la Nakba est le rassemblement d’écrits analytiques sur le conflit, nourri presque entièrement de travaux d’intellectuels et de militants critiques de l’idéologie politique dominante au Moyen Orient. En présentant les voix d’intellectuels et de militants américains, israéliens antisionistes et palestiniens issus d’un large éventail d’institutions universitaires et d’organisations de la société civile, ce livre offre « un regard en profondeur sur la façon dont des programmes et des combats politiques alternatifs peuvent ouvrir des perspectives vers une paix juste ».

Les six chapitres, ainsi que l’introduction, des contributeurs apportent un éclairage sur les mythes du « processus de paix », les stratégies de la résistance palestinienne et la plausibilité de la solution raciste à deux Etats.

D’importants universitaires et militants examinent la question de la gouvernance palestinienne, pré et post Arafat et Oslo. Un chapitre d’Haidar Eid, le Conflit Sionistes-Palestiniens, essaie de présenter un autre récit, celui de Palestiniens marginalisés, et traite de la transformation de la société palestinienne après la formation de l’AP, le manque d’un système juridique juste et d’une judicature indépendante, le mépris pour l’état de droit, la violation des droits individuels et collectifs, la corruption et la répression sur l’opposition politique.

Les auteurs discutent des réelles possibilités de paix dans le contexte de l’expansion continue des colonies illégales et des routes de contournement israéliennes, la confiscation de la terre palestinienne pour construire son Mur « de séparation », et le refus constant de débattre sur le Droit au Retour des Palestiniens. Une solution à un Etat devient-elle plus vraisemblable ? Combien les Israéliens sont-ils prêts à donner, et sur quoi les Palestiniens opprimés ne pourront-ils jamais céder ? Le titre de la contribution d’Ilan Pappe est très éloquent : La Palestine Une : Présent, Passé et Perspectives d’avenir.

Les questions soulevées par Haidar Eid dans l’introduction résument les sujets essentiels traités par les auteurs : que doit-on faire après l’effondrement total de la façade des différents « processus de paix » et l’échec des solutions ? Y a-t-il des solutions alternatives ? Faire entendre la voix d’intellectuels américains (Clare Brandabur), israéliens (Tanya Reinhart et Ilan Pappe) et palestiniens (Haidar Eid et John Halaka) issus d’un large échantillon d’institutions universitaires et d’organisations de la société civile.

Tous les contributeurs de ce livre croient que la seule solution juste au conflit est « la mise en place d’un Etat unitaire dans lequel tous les habitants sont traités équitablement quelles que soient leur religion et leur origine ethnique, après l’application de la résolution 194 de l’ONU qui demande le retour de tous les réfugiés palestiniens et leur dédommagement ».

Elle implique une critique très vive des Accords d’Oslo (Reinhart, Eid et Pappe). Clare Bradabur, dans un chapitre percutant intitulé Feuille de Route vers le Génocide, démontre que la totalité des pratiques israéliennes depuis 1948 font preuve d’une tentative délibérée pour annihiler et déposséder la population palestinienne et « relève » par conséquent « de la rubrique de génocide ».

La contribution de John Halaka, Les Etrangers de L’Intérieur, explore ce qu’il appelle « l’identité complexe » des Israéliens-Palestiniens en étudiant le travail artistique de plusieurs artistes israéliennes-palestiniennes, et la façon dont l’histoire et l’image de l’opprimé est « toujours en conflit avec l’image et l’histoire imposées par l’oppresseur ».

Le chapitre rédigé par Tanya Reinhart est un des derniers textes qu’elle a écrits avant sa mort prématurée. Dans sa conférence en Mémoire d’Edward Saïd (2006) à l’université d’Adelaïde, le professeur Reinhart explique que le « meilleur » paquet israélien offert par Ehud Barak aurait donné aux Palestiniens un « Etat » tronqué et non souverain contre la cessation de tous les droits et revendications sur la Palestine historique, y compris le droit au retour.

Deux contributions de Haidar Eid, ainsi que l’introduction, soulèvent quelques questions extrêmement importantes sur le rôle joué par « l’intelligentsia d’Oslo » en créant, chez les Palestiniens ordinaires, « l‘impression mensongère » qu’Oslo conduirait à un « Etat souverain, indépendant » ! Le titre du chapitre sur les intellectuels d’Oslo est : Représentations de l’Intelligentsia d’Oslo. C’est une « interprétation Fanonienne du paysage intellectuel de la Palestine d’après Oslo ». Eid conclut avec un autre chapitre intitulé Le Conflit israélo-palestinien : Récit Alternatif, dans lequel il essaie d’envisager une solution à venir de nature non sectaire : un Etat laïque et démocratique pour tous.

Ce livre est arrivé à obtenir des critiques passionnantes d’une associaation de Sud-Africains anti-apartheid très engagés et d’universitaires/militants palestiniens. Le combattant anti-apartheid et ancien ministre du gouvernement sud-africain, Ronnie Kasrils, a fait l’éloge du livre en disant que :

« La noble cause de la Palestine aujourd’hui s’impose comme la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud hier. Ce formidable rassemblement d’essais livre un aperçu très nécessaire sur un avenir possible. L’écriture brillante de ces éminents militants et intellectuels explore et inspire une solution alternative aux 69 ans d’oppression brutale et d’injustice dans la Palestine historique. »

Et le professeur Salman Abu Sitta, fondateur de l’Association pour la Terre de Palestine, dont les recherches sur le droit au retour sont connues de tous le militants qui luttent pour la justice en Palestine, fait observer :

« Le nettoyage ethnique de la Palestine est l’événement le plus dévastateur des 5000 ans d’histoire de la Palestine. Il se poursuit avec la même force aujourd’hui. Dans cette collection d’essais, des universitaires et militants distingués transpercent le mur du silence qui lui est imposé en Occident, présentent ses tragiques dimensions et proposent un remède pour écarter ce mal. »

Nadia Hijab, directrice générale d’Al-Shabaka, Réseau Politique palestinien, écrit :

« Malgré son enfermement sous le siège de Gaza par Israël, soutenu par les Egyptiens, les efforts inlassables d’Haidar Eid pour promouvoir la justice pour le peuple palestinien ont tout récemment abouti à ce recueil d’essais. Ce volume est un défi face à ceux qui défendent encore le modèle à deux Etats pour la paix entre Israéliens et Palestiniens, et ces essais présentent l’exemple raisonné d’ « un Etat unitaire dans lequel tous les habitants sont traités équitablement quelles que soient leur religion et leur origine ethnique », comme spécifié dans l’introduction. A un moment où Israël cherche à légaliser aux yeux du monde ses 50 ans de projet de colonisation du territoire palestinien occupé, il est vital d’imaginer et de débattre de perspectives alternatives conformes aux droits de l’Homme plutôt qu’à leur violation. Ce volume contribue à cet objectif. »

Et l’auteur et journaliste palestinien renommé, Dr. Ramzi Baroud, le recommande :

« Une expression essentielle, inébranlable de la seule vraie ‘feuille de route’ pour renverser le génocide permanent en Palestine. Contrer la Nakba explicite la solution évidente à une tragédie qui a causé d’innombrables morts et causé d’épouvantables souffrances pendant des décennies. Une lecture raisonnable, intelligente de la situation en Palestine et en Israël, et un regard raisonnable vers un avenir partagé. Une lecture fortement recommandée. »

C’est pourquoi il est vivement recommandé en tant que ressource pour les étudiants en politique du Moyen Orient, aux universitaires, aux militants et aux journalistes.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : Palestine Chronicle




Un prisonnier palestinien est mort ce mardi 16 juillet 2019 dans une prison israélienne

Via Ziad Medoukh, Gaza

Un prisonnier palestinien est mort ce mardi 16 juillet 2019 dans une prison israélienne

Le combat pour la liberté continue !

Le prisonnier palestinien Nasser Tfatqua, âgé de 31 ans, originaire de Bethléhem au sud de la Cisjordanie occupée , détenu dans les prisons israéliennes depuis deux mois, est décédé ce mardi 16 juillet 2019 dans sa cellule individuelle isolée dans la prison israélienne Ramla.

Ce prisonnier, entravé par la police, soi-disant la plus morale du monde, d’un Etat, soi-disant le seul Etat démocratique de la région, ne sera ni le premier ni le dernier détenu palestinien mort dans une prison israélienne.

De par une négligence médicale délibérée, de par les mesures atroces de l’occupation contre tous nos prisonniers, mais surtout, de par le silence complice de la communauté internationale, cette situation va se répéter.

La disparition de Nasser augmente le nombre de prisonniers palestiniens morts et assassinés par les forces d’occupation israéliennes soit dans des prisons israéliennes soit dans des hôpitaux israéliens depuis 1967 à 220.

La mort de Nasser va inciter toute notre population à continuer son combat pour la libération de tous les détenus des ghettos israéliens., et contre toutes les mesures illégales de cet état d’occupation.

Cet état d’apartheid continue sa politique agressive contre eux, comme contre toute notre population civile. Il poursuit ses crimes contre des prisonniers isolés qui sont de plus en plus abandonnés à l’arbitraire et à l’acharnement criminel des autorités pénitentiaires, sans suivi médical, ni visites.

Dans ces prisons, leur situation se dégrade jour après jour, et les autorités israéliennes aggravent encore leur souffrance par des mesures illégales et des provocations permanentes. Une mort lente attend les six mille prisonniers qui sont toujours derrière les barreaux israéliens.

Nous ne comprenons pas nous, Palestiniens, pourquoi les organisations des droits de l’homme, partout dans le monde, n’arrivent même pas à dénoncer les pratiques et les mesures des forces de l’occupation qui terrorisent chaque jour   leurs victimes alors que celles-ci poursuivent leur combat pour la liberté par des actions non-violentes.

Ces organisations n’ont même pas essayé d’envoyer une commission d’enquête internationale dans les prisons israéliennes afin de constater les conditions très difficiles des captifs qui souffrent de pratiques criminelles comme la détention administrative et l’isolement.

Malgré quelques initiatives prises par des associations et de personnes solidaires de bonne volonté de la société civile dans certains pays, en solidarité avec les prisonniers palestiniens, on observe le profond silence des médias, des intellectuels, des partis politiques et celui des gouvernements d’un monde qui se dit libre et démocrate.

Personne ne bouge pour réagir devant le sort réservé à ces prisonniers ? Pourquoi ?

Vont-ils continuer longtemps à souffrir ?

Où sont donc les organisations des droits de l’homme ?

Où donc est le monde libre ?

Quand y aura-t-il une réelle pression sur les autorités israéliennes d’occupation ?

Les cris des estomacs vides de nos prisonniers vont-ils être entendus ?

Déjà l’arrestation, la détention et le jugement de nos 6000 prisonniers toujours derrière les barreaux israéliens sont illégitimes, car ils sont les prisonniers de la liberté.

Quelle honte pour l’humanité la poursuite de la souffrance de nos prisonniers ?

Et quelle honte pour l’humanité la poursuite de l’occupation israélienne de nos territoires palestiniens ?

Nos prisonniers de liberté vont poursuivre leur résistance remarquable. Ils continuent de donner une leçon de courage et de détermination, pas seulement aux forces de l’occupation israélienne, mais au monde entier. Ils sont un exemple de patience et de persévérance.

Un prisonnier palestinien est mort …

…mais le combat de nos prisonniers continue jusqu’à la liberté, et pour la justice.

Honte à l’occupation et à toutes ses mesures dirigées contre eux !

Honte au monde dit libre qui ne bouge pas pour arrêter leur souffrance !

Vive la solidarité associative et populaire avec la lutte de nos prisonniers !

Vive le combat légitime de nos prisonniers et de tout notre peuple pour la liberté !

En attendant, derrière les prisonniers palestiniens, tout notre peuple va poursuivre le combat, jusqu’à la conquête de ses droits légitimes et jusqu’à la sortie du dernier détenu des prisons et des ghettos israéliens.




Un responsable de l’ONU élabore un plan pour responsabiliser Israël

Photo: Ronen Zvulun/Reuters

Un enquêteur de l’ONU a déclaré que le monde devrait envisager de couper les liens avec Israël pour soutenir la quête palestinienne de souveraineté.

Par James Reinl, 11 juillet 2019

Nations Unies – Un enquêteur des Nations Unies est en train de rédiger une série de mesures que la communauté internationale peut prendre pour dissuader Israël de construire davantage de colonies en Cisjordanie occupée et toute tentative visant à annexer officiellement le territoire palestinien.

Michael Lynk, chercheur indépendant pour l’ONU, a déclaré que l’Union européenne (UE) et certaines puissances mondiales devraient envisager de rompre les liens économiques, politiques et culturels avec Israël afin de soutenir la quête palestinienne d’un État.

« La communauté internationale doit examiner la gamme disponible de contre-mesures couramment utilisées vers un grand nombre de pays impliqués dans des violations flagrantes des droits humains et doit décider lesquelles sont appropriées à envisager d’utiliser en ce qui concerne Israël », a déclaré Lynk à Al Jazeera.

« La communauté internationale détient de nombreuses cartes avec Israël, et doit lui dire: » Votre appartenance ou vos privilèges au moyen d’accords bilatéraux ou multilatéraux en ce qui concerne votre économie, vos relations politiques et culturelles vont toutes être remises en question et examinées à moins que vous ne montriez de réels efforts pour dévider et annuler l’occupation « . »

L’expansion continue des colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés constitue un obstacle pour un futur État palestinien. Les Palestiniens disent que la paix avec Israël peut être réalisée si on leur donne le contrôle de la Cisjordanie occupée, de la bande de Gaza et de Jérusalem-Est occupée.

Lynk est pour une semaine dans la capitale jordanienne, Amman, pour rencontrer des responsables et des militants israéliens et palestiniens et enquêter pour un rapport qu’il soumettra en octobre au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, basé à Genève.

Lynk tenait ces réunions en Jordanie parce que, comme lors des visites précédentes, les autorités israéliennes ne lui avaient pas accordé l’accès.

Il est le rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des droits humains dans le territoire palestinien, c’est à dire qu’il examine la question et publie des rapports. Dans le passé, ses conclusions ont été vivement critiquées par les Etats Unis et par Israël.

Les recommandations de Lynk ne sont pas juridiquement contraignantes. Bien que ses demandes puissent sembler excessivement ambitieuses, les activistes palestiniens pourraient bien les considérer comme une alternative utile à un processus de paix formel qui est largement stoppé.

La mission israélienne auprès de l’ONU n’a pas immédiatement répondu à la demande de commentaires d’Al Jazeera.

S’exprimant au téléphone depuis la capitale jordanienne, Lynk a déclaré à Al Jazeera que les membres des Nations Unies devraient tout envisager, de la réduction des liens culturels avec Israël à la suspension de son adhésion à l’organisation mondiale.

Il a souligné le rôle de l’UE, qui représente environ 40% du commerce extérieur d’Israël et pourrait faire dépendre le flux de biens et de services israéliens vers le bloc des 28 nations de changements politiques en faveur des Palestiniens.

Le professeur canadien de droit a également mis l’accent sur deux mécanismes soutenus par l’ONU conçus pour tenir Israël responsable des violations des droits humains, qui semblent s’être arrêtés sous la pression des États-Unis et d’Israël.

Tout d’abord, Lynk a appelé à la publication rapide de la liste noire tant attendue des entreprises israéliennes et internationales qui tirent profit des opérations menées dans les colonies israéliennes de Cisjordanie occupée, établie par l’organisme des droits humains de l’ONU à Genève.

Ensuite, il a exhorté les procureurs de la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye d’accélérer l’enquête préliminaire débutée en 2015 sur les allégations d’atteintes aux droits commises par Israël et le Hamas sur le territoire palestinien.

« À moins d’une pression internationale sur Israël pour qu’il agisse comme il convient, Israël continuera d’approfondir et de renforcer l’occupation », a déclaré Lynk à Al Jazeera.

« Je ne sais pas ce dont la communauté internationale a besoin pour se rendre compte qu’Israël ne va pas défaire de lui même l’occupation et permettre l’autodétermination des Palestiniens. »

Israël a capturé la Cisjordanie lors de la guerre de 1967. Ses colonies sont illégales au regard du droit international. Les Palestiniens considèrent que les avant-postes, et la présence militaire nécessaire pour les protéger, constituent des obstacles à leur objectif d’établir un État. Israël le conteste.

En avril, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, avait promis aux électeurs, avant l’élection, d’annexer les colonies de peuplement israéliennes en Cisjordanie occupée s’il remportait un autre mandat – une initiative de plus en plus discutée par les politiciens israéliens.

Son discours a été soutenu par l’ambassadeur américain en Israël, David Friedman, qui a déclaré qu’Israël avait le droit d’annexer au moins « une partie » de la Cisjordanie occupée.

Selon Lynk, les Israéliens sont confiants grâce au soutien du président américain Donald Trump, qui a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, a déplacé l’ambassade américaine dans ce pays et a reconnu la souveraineté israélienne sur les hauteurs du Golan occupées.

Le mois dernier, une conférence dirigée par les États-Unis à Bahreïn, destinée à stimuler les investissements dans l’économie palestinienne et à ouvrir une voie à la paix avec Israël a été critiquée, car aucune délégation officielle des deux parties n’y a assisté.

Les Palestiniens ont rejeté le plan de paix américain appelé « accord du siècle » – dont les termes n’ont pas encore été rendus publics -, affirmant qu’ils n’avaient pas été consultés.

Cette initiative de paix américaine, élaborée par le conseiller principal et gendre de Trump, Jared Kushner, est « sur un maintien en vie », a déclaré Lynk.

« Nous attendons de voir ce que les Américains, vraisemblablement en novembre, feront … mais à moins que la partie politique du plan de paix américain adhère à une approche fondée sur les droits et au droit international, je pense que le plan sera mort-né et rejeté « , a déclaré Lynk à Al Jazeera.

Source : Al Jazeera

Traduction : JPB pour l’Agence Média Palestine




Israël isole les universités palestiniennes

Maureen Clare Murphy – 11 juillet 2019 – The Electronic Intifada

 L’Université de Bir Zeit en Cisjordanie occupée est classée parmi les 3% des universités de tête au niveau mondial. Issam Rimawi APA images

 

Israël isole les universités palestiniennes en forçant des scientifiques internationaux à abandonner leurs postes en Cisjordanie occupée.

Deux groupes palestiniens de défense des droits humains ainsi que l’Université Birzeit, interpellent Israël pour qu’il lève les restrictions qui empêchent des universitaires venus de l’étranger de travailler en Cisjordanie ; ils demandent la publication d’« une procédure claire et règlementaire de délivrance de visas et de permis de travail ».

La politique israélienne consistant à refuser l’entrée en Cisjordanie à des internationaux, comme de faillir à traiter les demandes de prolongement de visas dans un délai convenable, a affecté des dizaines de scientifiques qui travaillent dans des universités palestiniennes.

 

Menaces sur le classement

Les restrictions israéliennes mettent en péril le classement de Birzeit parmi les 3% des universités de tête au niveau mondial, disent l’institution éducative et les groupes de défense des droits. La proportion d’enseignants et d’étudiants étrangers sont des indicateurs-clef dans le classement des universités.

« En empêchant Birzeit d’employer des enseignants venant de l’étranger, Israël fait obstacle à sa capacité à fonctionner comme université satisfaisant aux normes internationales » ont déclaré les groupes de défense des droits Al-Haq et Adalah.

Au cours des deux dernières années, quatre enseignants à plein temps et trois enseignants à temps partiel de l’Université Birzeit, la plus ancienne université palestinienne de Cisjordanie, ont été obligés de quitter le pays et n’ont pas pu continuer à enseigner après qu’Israël ait refusé de renouveler leurs visas.

Cette année, deux enseignants venus de l’étranger et titulaires de contrats à plein temps à Birzeit, se sont vus refuser l’entrée par Israël. Six membres du corps enseignant sont actuellement dépourvus de visa en cours de validité et cinq autres, dont un directeur de département, « sont à l’étranger sans précision sur leur possibilité de revenir ».

Des dizaines de membres du personnel international et de chargés de cours ont « subi un préjudice au cours des deux années passées du fait des rejets par Israël de leurs demandes de nouveaux visas ou de renouvellement de visas ou par refus de les laisser entrer en Cisjordanie ».

Nombre d’entre eux sont des Palestiniens qui ont des passeports internationaux et la majorité vient des États Unis ou d’États de l’Union Européenne.

La politique israélienne à l’égard des universitaires internationaux « viole la liberté des universités d’étendre les domaines de recherche et d’études proposés aux étudiants palestiniens aussi bien qu’étrangers. En ce sens, Israël empêche la population palestinienne sous occupation de déterminer pour elle-même quel type d’éducation elle veut fournir ».

Une réglementation du COGAT, la branche gestionnaire de l’occupation militaire israélienne, ne permet aux « enseignants et conseillers » venant de l’étranger de faire des demandes de visas que de trois mois.

Parallèlement, les universités israéliennes « peuvent recruter des universitaires étrangers selon une procédure distincte qui permet l’entrée et l’emploi d’étrangers pour une période allant jusqu’à cinq ans ».

Le régime des permis

Le régime des permis d’Israël empêche les Palestiniens de Gaza d’étudier en Cisjordanie et vice versa.

Les étudiants de Gaza ont représenté quelque 35% des effectifs des universités de Cisjordanie.

Sous le blocus israélien qui dure depuis plus de dix ans, le chômage des diplômés universitaires récents s’élevait l’an dernier à Gaza à près de 80%

Des associations universitaires internationales, dont l’Association d’Études sur le Moyen Orient basée aux États Unis, les Scientifiques de Californie pour la Liberté Académique et les Sociétés Britanniques pour les Études sur le Moyen Orient ont condamné les restrictions israéliennes envers les universitaires étrangers dans les universités palestiniennes.

Des universitaires et chercheurs européens ont parallèlement appelé à mettre fin au financement par l’UE d’institutions académiques israéliennes ayant des « liens étroits avec l’industrie militaire israélienne ».

L’Union Européenne a distribué plus de 800 millions  de dollars (709 millions €) à des chercheurs israéliens, en grande partie via son programme de financement Horizon 2020 

Depuis 2004, des groupes de la société civile palestinienne ont appelé à un boycott des institutions académiques israéliennes.

Ces institutions « ont soit contribué directement à maintenir, défendre ou justifier autrement «  l’oppression de l’État israélien ou ont été complices « par leur silence » déclare l’appel au boycott

Dans ce qui est considéré comme une première, une association européenne de chercheurs en santé mentale vient d’annuler son projet de congrès en 2012 à Jérusalem.

ENMESH est dit avoir pris la décision après une vive réaction de membres du bureau qui ne voulaient pas passer les deux prochaines années sous la pression de militants de la solidarité avec la Palestine.

Selon le journal israélien Haaretz, « c’est la première fois qu’une organisation de ce type fait marche arrière sur une décision préalable de tenir un congrès en Israël, ce qui indique que la campagne de boycott académique d’Israël prend de la vitesse.

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Electronic Intifada




Pour la première fois, une Association académique européenne annule une conférence prévue en Israël

Judy Maltz  – 7 juillet 2019

Une association européenne de chercheurs en santé mentale a annulé son projet de tenir sa prochaine conférence en Israël, dans la crainte d’un retour de bâton de la part du mouvement international en faveur du boycott.

C’est la première fois qu’une organisation de ce type revient sur une décision déjà approuvée de tenir une conférence en Israël, ce qui montre que la campagne pour le boycott des universités israéliennes est en train de gagner du terrain.

Cependant, deux semaines plus tard, Mike Slade, professeur pour le rétablissement et l’insertion sociale en psychiatrie à l’Université de Nottingham, et qui préside le comité exécutif de l’ENMESH, a adressé une lettre aux membres de son conseil les informant de sa décision unilatérale de ne pas tenir la conférence à Jérusalem.

Il explique dans sa lettre, selon des sources concernées, que c’était avant tout une tentative visant à limiter les dégâts compte tenu des plaintes qu’il avait reçues contre le lieu choisi venant de plusieurs membres du conseil, et qu’il s’attendait à un autre retour de bâton. Il note dans la lettre que si l’organisation réalisait son projet de tenir sa prochaine conférence en Israël, elle pourrait s’attendre à passer les deux prochaines années entraînée dans une controverse et sous la pression de la campagne pour le boycott.

L’annulation a suscité l’indignation de certains membres de l’association : Haaretz a appris que Bernd Puschner, professeur de psychiatrie à l’Université d’Ulm en Allemagne, qui était alors le secrétaire du comité exécutif, avait démissionné il y a quelques jours pour protester. De même que David Roe, professeur de psychologie à l’Université de Haïfa, lui était le représentant d’Israël au conseil de direction.

La décision a provoqué également une lettre de protestation de la part de l’Association israélienne de réadaptation psychiatrique, laquelle compte de nombreux membres actifs à l’ENMESH. Dans sa lettre, Sylvia Tessler-Lozowick, présidente de l’organisation basée à Jérusalem, a qualifié l’annulation de « saisissante » et l’accuse d’être motivée par des considérations qu’elle dit « hors propos et déshonorantes pour une organisation professionnelle ».

« Pour certains d’entre vous, il s’agit d’une position idéologique », écrit-elle, « pour d’autres, d’une dérobade devant les désagréments générés par les idéologues. Quelles que soient vos raisons personnelles, vous avez mis en péril vos valeurs professionnelles au nom d’une affectation politique ».

Ilanit Hasson-Ohayon, professeure de psychologie à l’Université Bar-Ilan, près de Tel Aviv, était  membre du comité qui était chargé de planifier la prochaine réunion. Elle a dit à Haaretz que la proposition de tenir la conférence de 2021 à Jérusalem avait déjà été soumise deux années auparavant, lors de la précédente conférence de l’ENMESH qui se tenait aux Pays-Bas.

« Nous, les membres israéliens, n’étions pas à l’origine de cette initiative de tenir la conférence à Jérusalem » dit-elle. Quatre Israéliens, dont elle-même, avaient été nommés au comité chargé d’organiser la conférence de 2021. « Le dernier jour de la conférence à Lisbonne, nous nous sommes tous fait nos adieux en disant ‘à dans deux ans en Israël’ », dit-elle.

Interrogé par Haaretz sur sa décision, Slade écrit dans un courriel : « L’ENMESH est un réseau de recherche non officiel, sans infrastructure ni financement officiels. Nous avions initialement décidé de tenir notre conférence de 2021 en Israël. Plusieurs membres du conseil, de toute l’Europe, ont par la suite fait état de leurs préoccupations quant au lieu choisi, tandis que d’autres s’y sont montrés favorables. Dans mon rôle de président, je me suis entretenu avec de nombreux collègues au sein et en dehors du conseil de l’ENMESH, notamment avec des collègues d’Israël, sur la meilleure façon d’avancer compte tenu des opinions différentes exprimées par les membres du conseil.

Le professeur Zvi Ziegler, coordinateur de l’effort interuniversitaire israélien qui vise à combattre les boycotts académiques, a confirmé que c’était bien la première fois qu’une organisation académique annulait sa décision de tenir une conférence en Israël. Et il demande au comité exécutif de l’ENMESH d’ « annuler l’annulation ».

En 2013, deux organisations académiques relativement petites, basées aux États-Unis – l’Association d’études asio-américaines et l’Association d’études américaines – ont voté en faveur du boycott des universités et institutions académiques israéliennes. Une initiative identique qui avait été prise par l’Association américaine des anthropologues, beaucoup plus importante, a été annulée en 2016.

En mars, le sénat de l’Université du Cap a voté pour l’imposition d’un tout premier boycott général sur toutes les institutions académiques israéliennes et les universitaires israéliens. Cette décision est actuellement examinée par les autorités supérieures de l’université, mais elle n’est pas totalement remise en question.

AURDIP




Financement participatif pour la parution du livre « PHENOMENON IN GAZA » de Mahmoud ALKURD et Mo’men ASHOUR

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/phenomenon-in-gaza-de-mahmoud-alkurd/tabs/description

PHENOMENON IN GAZA est un projet de livre photographique créé par deux artistes, Mahmoud ALKURD, 
photographe et Mo’men ASHOUR, écrivain. Ce livre sera publié par la maison d’édition Images Plurielles.
Le livre réunit textes et images. Il sera imprimé en quadrichromie avec une couverture cartonnée.
Son prix de vente public a été fixé à 25,00 euros.
Le livre sera bilingue, français-anglais.

Ces deux jeunes artistes, habitants de Gaza, nous font découvrir leur quotidien à l’aide de montages 
photographiques et de textes de fiction sublimée. Un moyen pour eux d’utiliser le symbole véhiculé 
par l’image pour exprimer la souffrance qui habite les Palestiniens sans pour autant en montrer la 
réalité brute et violente.

Mahmoud ALKURD est un photographe passionné qui a poursuivi sa pratique artistique parallèlement à 
ses études de littérature britannique. Il rencontre aujourd’hui un succès  certain dans le monde : 
il a été exposé à l’Institut culturel franco-palestinien en 2015 durant le festival Palest’In & Out 
où il a été lauréat. Il sera également exposé au Royaume-Uni et aux États-Unis en 2020.

Mo’men ASHOUR est un réfugié palestinien qui vit à Gaza, originaire de la ville de Lod. Diplômé de 
littérature britannique, il adore écrire et il croit profondément en l’idée que la littérature est 
un moyen efficace de faire connaître la vérité et de combattre l’oppression. Il souhaite à présent 
intégrer un master en relations internationales, sa capacité d’écriture mêlée au droit international 
lui permettront de montrer au grand jour la situation des Palestiniens et de contribuer à la 
libération de la Palestine.


Phenomenon in Gaza
Photographies de Mahmoud Alkurd
Textes de Momen Ashour
Editions Images Plurielles
Collection « Faits et Sociétés »
128 pages – 60 photographies
Livre bilingue, en français et en anglais
Format : 24 x 23 cm
ISBN : 978-2-919436-34-7 / 9782919436347
http://imagesplurielles.com/fr/phenomenon-in-gaza-livre-51.htm

Editions Images Plurielles
19 rue du Loisir
13001 MARSEILLE
http://imagesplurielles.com/fr/index.htm
04 91 02 19 08
06 15 12 48 84
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