En cette Journée des prisonniers palestiniens, le boycott maintient son défi

16 avril 2018

Ramallah occupée, 17 avril 2018 – À l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens, l’association Addameer pour les droits humains et le soutien aux prisonniers salue le combat permanent des plus de 6000 prisonniers politiques palestiniens actuellement retenus dans les prisons israéliennes. Chaque année, Israël arrête des milliers de Palestiniens pour tenter de supprimer la volonté à l’auto-détermination et pour continuer sa colonisation. Le résultat : environ 800 000 Palestiniens arrêtés depuis 1967.

Le 1er mars 2018 il y avait 6050 prisonniers politiques palestiniens retenus dans des prisons israéliennes. Ceci inclut 427 détenus administratifs ; 356 enfants; 62 prisonnières ; et 7 membres du conseil législatif palestinien. La situation des prisonniers continue à se détériorer tandis qu’ils sont confrontés à une campagne continuelle de violations et de suppression. Détenus et prisonniers, y compris les enfants et les femmes, continuent à souffrir de mauvais traitements et de torture de manière systématique. Ces politiques ont entraîné la mort par torture de 72 prisonniers depuis 1967.

À cette occasion, nous, membres d’Addameer, réitérons notre soutien total au boycott en cours de toutes les procédures juridictionnelles concernant la détention administrative. L’engagement des prisonniers et de leurs avocats n’a pas fléchi depuis le début de l’action le 15 février 2018.

Leur déclaration affirme que « le coeur de la résistance à la politique de détention administrative est le boycott du système judiciaire israélien ». Les détenus administratifs déclarent également : « Nous mettons notre foi et notre confiance dans notre peuple, son pouvoir et ses institutions, et dans la société civile qui ne nous laissera pas seuls dans cette lutte. C’est un acte patriotique national auquel aucun individu, aucune institution, ne devrait porter atteinte. À ce titre, nous appelons l’Autorité palestinienne à soumettre à une cour pénale internationale la question de la détention administrative aussi rapidement que possible ».

Les forces d’occupation israéliennes ont tenté d’écraser le boycott. Les détenus ont été menacés, frappés et contraints par la force d’assister aux auditions des cours militaires. En ce qui concerne les avocats, certains ont été menacés d’une sanction financière, ou reçoivent même des plaintes s’ils persistent avec le boycott. Face à de telles mesures, les détenus administratifs ont [d’abord] décidé d’intensifier leur boycott.

Le 12 avril 2018, une personne du Comité représentatif des détenus administratifs a informé les avocats d’Addameer qu’il avait été décidé de suspendre cette escalade. Celle-ci incluait le rejet des médicaments et le refus de visiter des centres médicaux, à partir du 12 avril 2018. De plus, une grève de la faim était prévue à partir du 14 avril 2018.

La décision [de suspendre l’escalade] a été prise après que le Service israélien des prisons (IPS) a informé les détenus qu’une réunion aurait bientôt lieu entre le Comité représentatif, des représentants des services de renseignements, l’armée et l’IPS, afin de discuter de la politique de la détention administrative.

Le Comité représentatif a souligné que, malgré la désescalade, le boycott des procédures juridictionnelles concernant la détention administrative continuera et que les étapes prévues seraient mises en œuvre si la réunion n’avait pas lieu.

Addameer réaffirme son soutien sans faille aux détenus adminsitratifs et à leurs demandes légitimes. Nous croyons que l’implémentation systématique, sur une large échelle, de la politique israélienne de détention administrative constitue une violation de la Quatrième Convention de Genève. Outre la violation de l’article 78, la détention administrative est aussi une violation de l’article 147 de cette même convention, ce qui signife que cette politique constitue un crime de guerre et un crime contre l’humanité selon les articles 8 and 9 du Statut de Rome.

Addameer appelle toutes les organisations des droits humains palestiniens à adopter un plan clair dont l’objectif est de soutenir les détenus administratifs dans leurs futures étapes afin d’assurer leur succès. Ce soutien nécessite des campagnes de solidarité nationales et internationales pour amplifier la voix des prisonniers. Même s’ils sont, quant à eux, emprisonnés dans des cellules, nous sommes capables de faire en sorte que leur message se répande loin et largement. De plus, nous incitons à l’activation de mesures internationales de reddition de comptes contre les violations du droit humanitaire international par l’occupation israélienne.

Enfin, Addameer appelle à la libération de tous les détenus administratifs et à ce que les forces d’occupation reconnaissent leurs droits, tels qu’ils sont spécifiés par les instruments juridiques internationaux pertinents. Nous demandons aussi à toutes les organisations des droits humains dans le monde entier de soutenir nos détenus administratifs et de leur témoigner leur solidarité. Actuellement, il y a plus de 427 détenus administratifs dans les prisons israéliennes, y inclus 7 membres du Conseil législatif palestinien.

Source : Addameer
Traduction : PPS pour l’Agence Média Palestine




PPS : « 6500 Palestiniens sont détenus par Israël ; 1928 ont été enlevés cette année »

17 avril 2018

La Société des prisonniers palestiniens (PPS) a rendu publique une déclaration à l’occasion de la « Journée des prisonniers palestiniens » le 17 avril, indiquant qu’Israël retenait captifs 6500 détenus, y compris 1928 qui ont été enlevés depuis le début de l’année.

Dans son rapport, la Société a dit qu’Israël retient captifs 6500 Palestiniens, dont 350 enfants, 62 femmes et six législateurs démocratiquement élus. Parmi les femmes emprisonnées se trouvent 21 mères de famille et huit enfants.

Elle a ajouté que 48 des détenus palestiniens sont emprisonnés depuis plus de 20 ans, 25 depuis plus de 25 ans et 12 depuis plus de 30 ans.

29 d’entre eux ont été enlevés et emprisonnés avant le premier « Accord d’Oslo » et devaient être relâchés en 2014, en tant que partie des « efforts pour reprendre les pourparlers de paix », mais Israël a refusé de les libérer.

En 2013, Israël a accepté de relâcher en quatre groupes 104 Palestiniens prisonniers de longue date, qui avaient été mis en prison avant les Accords d’Oslo de 1993. Ces libérations faisaient partie du plan de reprise des négociations de paix, les pourparlers ayant été arrêtés pendant plus de deux ans.

Les Palestiniens détenus le plus longtemps sont Karim Younis et Maher Younis, qui ont été faits prisonniers il y a 35 ans, ainsi que Na’el Barghouthi, qui est resté 34 ans en prison avant d’être libéré grâce à l’« Accord d’échange de prisonniers de Gilad Shalit », mais a été réarrêté par l’armée en 2014 ; une cour israélienne a réinstitué sa sentence originelle de 18 peines de prison à vie.

De plus, Israël retient captifs près de 500 Palestiniens, y compris trois afemmes et deux enfants, sous des arrêtés arbitraires de détention administrative, sans charges ni procès.

700 des détenus souffrent de maladies sérieuses et de problèmes de santé, parmi lesquels 26 souffrent de divers types de cancer.

La Société a dit que 215 détenus étaient morts en captivité, dont 75 ont été tués par les soldats qui les ont arrêtés, 72 sont morts sous la torture, 31 pour ne pas avoir reçu de traitement médical pour diverses maladies, et sept ont été abattus en prison.

Source : IMEMC
Traduction : PPS pour l’Agence Média Palestine




Brian Eno, Roisin Murphy et d’autres ont réalisé un album à l’hôtel Walled Off de Banksy en Palestine

NME, le 12 avril 2018

Brian EnoRoisin Murphy et d’autres se sont associés pour sortir un album enregistré à l’Hôtel Walled Off de Banksy en Palestine. Soyez les premiers à l’écouter sur NME ci-dessous.

L’artiste graffeur a financé la création de l’hôtel l’année dernière pour le centième anniversaire du contrôle de la Grande Bretagne sur la Palestine. Ouvertes au public, ses chambres sont conçues par Banksy, Sami Musa et Dominique Petrin.

Maintenant, en témoignage de solidarité avec les militants contre le mur, une légion d’artistes et collaborateurs se sont rassemblés pour ‘Block 9 Creative Retreat Palestine’ (retraite créative en Palestine). L’album a été enregistré plus tôt cette année, en février, alors que tous les artistes impliqués séjournaient à l’Hôtel Walled Off de Banksy à Bethléem en Palestine.

Liste des titres :

  1. Brian Eno et le Trio Joubran – ‘Stones’ (pierres)
    2. Mashrou Leila et Roisin Murphy – ‘Salam’
    3. FRED Feat EBS – ‘Wisam Jam’
    4. Akram Abdulfattah – ‘Cave’
    5. The Black Madonna et Wassim Qassis – ‘Jerusalem is a Mountain’ (Jérusalem est une montagne)
    6. Block9 Music Dept – ‘Maqam Hijaz In Dub’ (feat Akram & EBS)
    7. Sigsaly – ‘Bread and Concrete’ (du pain et du ciment)

https://soundcloud.com/user-512771969/sets/block9-creative-retreat

« Dans un monde idéal, les gens viennent écouter de la musique et s’en vont, ‘C’est Brian Eno et ses joueurs de oud – Putain ! qu’est-ce qu’un oud ? J’aime ça, de quoi s’agit-il ici ?’ », a dit l’organisateur Alyssa Nitchun à Resident Advisor à propos de l’album. « Alors, ça devient ce point de départ minuscule comme une piqûre d’épingle pour raconter une énorme histoire vue par des yeux humains. »

Le cofondateur de Block9, Steve Gallagher, a ajouté : « C’est politique, dans la mesure où ça encourage les gens à travers le monde à agir et à participer, à l’inverse de ceux qui sont des spectateurs passifs. Il s’agit de prendre la putain de décision d’agir. De s’engager. »

Entre temps, Banksy a récemment inauguré une peinture murale à New York pour témoigner de son soutien à l’artiste turque condamnée à trois ans de prison pour une peinture.

Zehra Dogan a apparemment été emprisonnée l’année dernière pour un tableau qui représentait les restes d’une ville turque très largement détruite.

https://www.instagram.com/p/BgXV5DtjyZc/?utm_source=ig_embed

Le mural de Banksy est un puissant reflet du temps qu’elle a passé derrière les barreaux, avec un mur de traits cochés en noir qui représentent à la fois les barreaux de la prison et le temps qu’elle a passé en prison jusqu’ici.




Les forces israéliennes démolissent une école primaire palestinienne au Sud d’Hébron

16 avril 2018

BETHLEEM (Ma’an) – Les forces israéliennes ont démoli dans la nuit de lundi dernier une école primaire palestinienne dans le district sud d’Hébron en Cisjordanie occupée, laissant 42 enfants sans lieu pour apprendre.

Les habitants ont dit à Ma’an que les forces israéliennes ont fait une descente sur la petite communauté bédouine de Zanouta et ont détruit l’école faite de blocs de béton et de tôles.

L’école a été inaugurée le 26 mars, en même temps que six autres écoles dans cette zone, construites pour transmettre l’éducation aux enfants des communautés vulnérables de cette zone.

Les structures maintenant détruites comprenaient six salles de classe et dispensaient leurs services à 43 écoliers, dont 10 en maternelle.

Malgré cette démolition, les écoliers sont quand même venus mardi à l’école sous une pluie froide. Leurs enseignants ont fait la classe sur le sol de ce qui restait de la structure.

Le ministère palestinien de l’Education a émis mardi un communiqué condamnant la démolition de l’école, la décrivant comme « un nouveau crime contre les institutions éducatives » et une « attaque contre les droits des élèves et l’accès des enfants à un environnement éducatif sûr et stable ».

« Cette école, construite dans une zone éloignée, menace-t-elle Israël ? », a demandé le ministère dans le communiqué, réaffirmant sa position qui est que l’occupation « est la cause principale et fondamentale des attaques contre le peuple palestinien et ses institutions, et spécialement ses institutions éducatives ».

Selon un communiqué de février du Bureau de l’ONU pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), 37 écoles sont soumises à des ordres de démolition en attente dans la zone C de Cisjordanie, qui est sous contrôle total civil et sécuritaire des autorités israéliennes.

Entre temps, en mars, le ministère a émis son rapport annuel pour 2017 rapportant les violations du gouvernement israélien contre l’éducation palestinienne, affirmant que 80 279 enfants palestiniens et 4929 enseignants et personnels ont été « agressés » par les colons et les soldats israéliens.

La zone C, ainsi que Jérusalem Est, a été le siège d’expansions rapides de la colonisation israélienne, en contravention avec le droit international, tandis que le mur de séparation a poursuivi la division des communautés palestiniennes et a encore restreint la possibilité pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza d’aller dans ce qui doit devenir leur capitale.

L’association israélienne de défense des droits, B’Tselem, a rapporté que, en 2015, les Palestiniens ont subi le plus grand nombre démolitions par les Israéliens depuis que l’association a commencé à décompter ces événements. Dans la même période,  » la Paix maintenant  » a rapporté que la construction illégale de colonies par Israël a augmenté de 34 % en 2016, les autorités israéliennes lançant la construction de 1.814 nouveaux logements pour les colons.

D’après les Palestiniens et les associations de défense des droits, le but principal d’Israël, et dans sa politique en Zone C et dans son entreprise de colonisation, c’est de vider la terre de sa population de résidents palestiniens et de la remplacer par des communautés juives israéliennes afin de manipuler les données démographiques de la population dans toute la Palestine historique.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source: Maan News




Le contexte de la Grande Marche du Retour

Haidar Eid – 12 avril 2018

Manifestants palestiniens brûlant des pneus et barrant le visage du président Donald Trump sur un panneau lors de clash dans un lieu de manifestation pour le droit au retour dans leur patrie, à la frontière entre Gaza et Israël, Khan Younis dans le sud de la bande de Gaza, 6 avril 2018. (Photo: Ashraf Amra/APA Images)

Au cours des 10 dernières années, Israël a lancé trois guerres génocidaires de masse et d’agression contre la bande de Gaza occupée, nombre de nos civils ont été massacrés par ses bombardements indiscriminés, condamnés par des experts de l’ONU et par des organisations en pointe dans la défense des droits humains, comme crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité. Ces attaques ont causé la mort de 3 800 Palestiniens, des civils en majorité, dont des centaines d’enfants.  15 000 autres Palestiniens ont été blessés. Nous, les 2 millions de Palestiniens vivant dans Gaza assiégée, réfugiés pour la plupart, violemment chassés et dépossédés de nos maisons par les forces sionistes en 1948, avons été soumis à un état de terreur sans répit de la part d’Israël, pendant trois semaines (2009), deux semaines (2012), et 51 jours (2014), par lequel les avions de guerre israéliens ont systématiquement ciblé des zones habitées par des civils, réduit en miettes des quartiers entiers et des infrastructures civiles et détruit des tas d’écoles, dont plusieurs gérées par l’UNWRA, où des civils avaient trouvé refuge. Cela s’est produit après des années d’un siège continu, paralysant, mortel, médiéval d’Israël sur Gaza, une forme grave de punition collective décrite par Richard Falk, ancien rapporteur spécial sur les droits humains de l’ONU, comme un « prélude au génocide ». Pour comprendre la mentalité qui est derrière les meurtres de dizaines de civils, dont des enfants, sur les frontières de Gaza, tout ce qu’il y a à faire est de lire les réponses des généraux et des hommes politiques israéliens. Le ministre de la défense, Avigdor Lieberman a dit qu’il n’y « avait pas de gens innocents » dans la bande de Gaza, après que des soldats israéliens aient tué par balles 32 Palestiniens pendant les 10 jours de manifestations non violentes, pacifiques, de réfugiés demandant l’application de la résolution 194 de l’ONU qui appelle au droit au retour, à leur rapatriement et à la fin de 11 années de siège mortel. Lieberman a prétendu que « tout le monde est lié au Hamas, tout le monde est salarié du Hamas ». Sa déclaration a été faite un jour avant que son armée dise dans un tweet que « rien n’a été fait hors de contrôle ; tout était pertinent et mesuré, et nous savons où chaque balle a atterri ».

On ne peut que relire une déclaration de 2008 de l’ex vice-ministre de la défense d’Israël, Matan Vilnai qui a dit à la radio de l’armée que « (les Palestiniens  Gaza) vont s‘infliger une shoah qui sera pire, parce que nous userons de toutes nos forces pour nous défendre ».

C’est une mentalité dirigée par une idéologie pleine de préjugés qui ne voit pas l’humanité de « l’Autre », seul compte son droit à l’autodétermination et à la liberté ! Ce sont des « bêtes à deux pattes » (Menahem Begin) et des « sauterelles »  qu’il faut écrabouiller après tout (Yitsrak Shamir).

Et comme si après 11ans de blocus, interrompu par trois guerres génocidaires, cela ne suffisait pas ! L’attaque sur Gaza n’est pas encore terminée : les Palestiniens de Gaza vivent toujours avec leurs blessures physiques, mentales et émotionnelles. Leurs corps ne peuvent pas être soulagés parce que le soin nécessaire n’est pas permis dans la bande de Gaza. Leurs maisons ne peuvent pas être reconstruites et le mélange de fer et de béton ne peut pas être déblayé parce que les camions et les bulldozers qui peuvent s’en charger ne sont pas autorisés dans la bande de Gaza. Jamais auparavant n’ont été refusés à une population les éléments de base de la survie par une politique délibérée de colonisation, d’occupation et d’apartheid, mais c’est ce que nous fait Israël, à nous les gens de Gaza aujourd’hui : 2 millions de gens vivent sans un approvisionnement suffisant en eau, en aliments, en électricité, en médicaments, alors que près de la moitié sont des enfants de moins de 15 ans.

C’est un « génocide progressif » d’une sorte sans équivalent dans l’histoire de l’humanité.

Pas étonnant, alors que des militants anti apartheid de premier plan, comme Ronnie Kasrils, ancien ministre sud africain du renseignement et membre de l’ANC, ou feu Ahmed Kathrada, un dirigeant de l’ANC et prisonnier  à Robben Island avec Nelson Mandela et le prix Nobel de la Paix l’archevêque Desmond Tutu, croient que ce que fait Israël aux Palestiniens est bien pire que ce qui fut fait aux Sud-Africains noirs sous l’apartheid. Même l’ancien président américain Jimmy Carter, lorsqu’il a visité Gaza, a clairement déclaré que le peuple palestinien est piégé à Gaza et traité « comme des animaux ».

NOUS EN AVONS ASSEZ !

Nous en sommes arrivés à la conclusion que notre combat à la base à travers une série de marches culminant le 15 mai, le jour du 70ème anniversaire de la Nakba, peut être un sérieux défi au système d’occupation, de colonisation et d’apartheid d’Israël s’il est accompagné par une campagne mondiale de Boycott, Désinvestissement et Sanctions. Nous avons besoin que des citoyens ordinaires du monde montrent à Israël que nous avons une humanité commune ; que ces citoyens observent ce que fait Israël et qu’ils ne vont pas le tolérer parce que le silence est complicité ; qu’il n’y a pas de place dans le monde pour son type de va-t-en-guerre et de barbarisme et que les peuples du monde le rejettent. C’est exactement ce que le mouvement anti apartheid mondial a réussi à faire dans les années 1970 et 1980 du siècle dernier jusqu’à ce que le système inhumain d’apartheid s’effondre. Il est temps de se dresser face au dernier régime d’apartheid du monde ; pour cela, il nous faut être unis.

Source : Mondoweiss

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine




Dans les manifestations de Gaza, Israël vise des reporters et des infirmiers

 

 

Maureen Clare Murphy – 13 avril 2018

Une Palestinienne lance des pierres en direction des forces d’occupation israéliennes pendant les manifestations de Khan Younis dans le
sud de la bande de Gaza, le 13 avril 2018

Vendredi, les forces israéliennes ont blessé environ 1 000 manifestants, dont 15 gravement, en recourant à la force meurtrière de répression des manifestations dans l’est de Gaza pour la troisième semaine de rang.

Le ministère de la santé de Gaza a rapporté qu’un Palestinien de 28 ans, Islam Mahmoud Rushdi Herzallah, était mort après avoir été visé au dos à l’est de la ville de Gaza.

Herzallah n’était pas armé et ne menaçait en aucune façon les soldats au moment où il a été tué, selon Al Mezan, le groupe de défense des droits humains de Gaza.

Une photo de Herzallah a circulé sur les réseaux sociaux suivant l’annonce de sa mort.

Plus de 200 de ceux qui ont été blessés ont reçu des balles réelles, selon le ministère de la santé.

Une centaine d’enfants font partie des blessés de vendredi selon Al Mezan.

Manifestants de la Grande Marche du Retour vus depuis le kibboutz israélien du sud, Nahal Oz, le 13 avril (Oren Ziv/Active Stills)

Les forces israéliennes ont tué 36 Palestiniens à Gaza depuis le 30 mars date du début de la Grande Marche du Retour. Vingt sept morts, dont trois enfants et un journaliste, ont été blessés à mort pendant les manifestations.

Plus de trois mille personnes ont été blessées lors des deux premiers vendredis de la Grande Marche du Retour qui doit culminer le 15 mai, date à laquelle les Palestiniens commémorent le nettoyage ethnique des terres sur lesquelles l’État d’Israël a été déclaré le 15 mai 1948.

Traduction de la légende de la carte publiée sur Twitter de Al-Haq : Plus de 65% de la population de Gaza sont des réfugiés qui ont été déplacés et expulsés de leurs maisons dans le cadre de la Nakba en 1948 

On compte quelque 451 enfants, 21 infirmiers du Croissant Rouge Palestinien et 15 journalistes parmi les blessés depuis le 30 mars, a déclaré Amnesty International vendredi midi, alors que la troisième semaine de protestation allait commencer.

Près de 350 blessés sont susceptibles d’être partiellement ou totalement invalides, selon l’Organisation Mondiale de la Santé. Quatre personnes au moins ont été amputées des jambes.

Des Palestiniens enlèvent des barbelés installés par Israël pendant les manifestations dans l’est de Gaza le 13 avril

Magdalena Moughrabi, directrice adjointe d’Amnesty International pour le Moyen Orient et l’Afrique du Nord, a déclaré que les morts dues à l’utilisation de balles réelles par Israël contre des manifestants non armés « doivent faire l’objet d’enquêtes comme possibles meurtres illégaux ».

Voilà ce qu’elle a dit : « depuis deux semaines, le monde assiste avec horreur à la façon dont les forces israéliennes ont déchaîné une force excessive, mortelle contre des manifestants, dont des enfants, qui réclament simplement la fin de la brutalité de la politique israélienne envers Gaza et une vie de dignité ».

Israël a continué à réprimer les manifestations vendredi, malgré un avertissement du procureur général de la Cour Pénale Internationale selon lequel les Israéliens pourraient être poursuivis en justice pour le meurtre de manifestants palestiniens non armés à Gaza.

Traduction du tweet de Ben White : Tandis que @ICCT_The Hague poursuit son examen préliminaire de supposés crimes commis en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, @idfonline nous aide en s’assurant que nous savons tous que le Chef d’État Major était présent aujourd’hui lorsque les soldats ont ouvert le feu sur des manifestants non armés qui ne représentaient aucune menace sur la vie.

Trois journalistes et 14 infirmiers faisaient partie des blessés, selon le ministère de la santé.

Le journaliste Ahamad Mouhammad Abou Hussein, âgé de 30 ans, a été dit en état critique après avoir été touché à l’estomac dans le nord de Gaza. Il portait un casque de protection marqué « TV » et un gilet pare-balles marqué PRESSE lorsqu’il a reçu le coup de feu, selon Al Mezan.

Une vidéo montre apparemment le moment où il est touché par un sniper israélien.

Traduction des tweets d’Asaf Ronel : #BREAKING : Aujourd’hui, 528 Palestiniens blessés pendant les manifestations de la #GrandeMarcheDuRetour, dont 16 infirmiers et journalistes – #GazaMoH. Pas de détails sur les types de blessures mais il semble que le taux de blessés par balles réelles soit plus bas que vendredi derniertwitter.com/ShehabAgency/s…
#BREAKING : voici la vidéo supposée montrer le moment où le journaliste Ahmed Abou Hussein a été tué par un sniper israélien (on peut le voir avec son casque et son gilet pare-balles sur la gauche au début de la vidéo et ensuite tomber au sol) twitter.com/ShebabAgency/s…

Traduction du tweet de Nour Odeh : Le journaliste Ahmad Abou Hussein déclaré en état critique après avoir reçu des tirs de snipers israéliens au menton lors des #Marches de Gaza aujourd’hui. 

Un autre journaliste a été blessé à Khan Younis :

Des snipers israéliens ont blessé à mort le cameraman Yasser Mourtaja au cours des manifestations de la marche de vendredi dernier, ce qui a déclenché une condamnation mondiale.

Traduction du tweet #GreatReturnMarch : Deux journalistes, deux snipers. Un même emplacement. Les snipers israéliens ont un endroit favori quand ils visent les journalistes palestiniens : la partie non couverte par le gilet de presse. La semaine dernière c’était Yasser Mourtaja, et aujourd’hui Ahmed Abou Hussein (toujours en état critique).

Vendredi, des infirmiers d’une clinique de campagne à l’est de Khan Younis, dans le sud de Gaza, ont été forcés d’évacuer après que leur tente ait été touchée par des gaz lacrymogènes.

Traduction du tweet de Rohan Talbot : Une prise de vue de #Gaza montrant vraisemblablement des gaz lacrymogènes interrompant le travail d’équipes médicales à Khan Younis, ce qui permet d’avancer qu’ils étaient visés. Un journaliste qui travaille avec nous a aussi témoigné qu’il avait été visé par des gaz lacrymogènes.

L’infirmier Ashraf Wawi, âgé de 38 ans, a reçu un coup de feu au genou alors qu’il était en service à Rafah, dans le sud de Gaza, selon un rapport du Croissant Rouge Palestinien.

Une vidéo montre des infirmiers blessés transférés à un hôpital dans le centre de Gaza.

L’association d’aide médicale pour les Palestiniens a alerté vendredi sur la possibilité de burn out et d’épuisement émotionnel parmi le personnel médical de Gaza.

« Déjà avant la violente réponse d’Israël aux manifestations, les travailleurs de la santé de Gaza étaient en grande difficulté à cause des effets cumulés d’une décennie de blocus, qui a dégradé la santé et d’autres services essentiels tout comme l’économie et les conditions de vie, en plus de précédents événements ayant entraîné un grand nombre de blessés » a déclaré le groupe.

« Ils font maintenant l’expérience des pires conditions, travaillant de longues heures dans des situations de tension et portant secours à de nombreux blessés, certaines blessures étant horribles et bouleversantes » a ajouté l’association.

Le ministre de la santé de Gaza a déclaré vendredi qu’on « manque de professionnels de santé spécialisés, en particulier de chirurgiens, d’anesthésistes et de médecins légistes ».

« Hier, le 12 avril la seule centrale électrique de Gaza a dû fermer, après avoir été dans l’impossibilité de recharger sa réserve de fuel, ce qui a déclenché des coupures de 20 heures par jour, contre 18 auparavant » a ajouté OCHA.

« L’ONU, via la coordination de OCHA, continue à fournir un certain nombre de services de santé impératifs dans la bande de Gaza, dont des hôpitaux publics et du fuel d’urgence pour alimenter des génératrices de secours ».

Des Palestiniens s’apprêtent à enflammer un drapeau israélien sur lequel apparaissent les portraits du président Donald Trump et du Prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman, dans une manifestation près de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 avril.

OCHA a déclaré que les hôpitaux publics de Gaza ont besoin d’être réapprovisionnés en médicaments de première nécessité et de 128 sortes de produits médicaux.

Vendredi, un groupe d’anciens snipers de l’armée israélienne s’est joint au chœur des condamnations du meurtre de manifestants non armés à Gaza.

« Apprendre à des snipers à viser à mort des manifestants qui ne présentent aucun danger pour la vie humaine est encore un produit du régime d’occupation militaire sur des millions de Palestiniens, aussi bien que du commandement impitoyable et du déraillement moral de notre pays » ont déclaré les cinq anciens militaires dans une lettre publiée par le Guardian.

Traduction du tweet d’Asaf Ronel : Aujourd’hui, dans la société israélienne, signer une telle lettre pourrait avoir un coût, mais je pense @AGvaryahu & ses amis devraient revoir la formulation qu’ils ont choisie : les victimes ne sont pas les snipers israéliens mais les Palestiniens non armés qu’ils ont tués. « Nous avons été des snipers israéliens et nous sommes pleins de tristesse face aux tirs à Gaza… :… comme notre expérience nous l’enseigne, ces jeunes soldats porteront toujours en eux les scènes auxquelles ils ont assisté… »

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres a relancé vendredi son appel à une enquête « indépendante et transparente » sur les pertes à Gaza.

De son côté, le Comité National Palestinien Boycott, Désinvestissement et Sanctions appelle à un embargo sur les armes à double sens, comme « réponse la plus efficace au massacre que poursuit Israël ».

Le groupe a déclaré  mardi que « cela signifie agir en vue de l’arrêt de toutes ventes et achats d’armes depuis Israël et vers Israël et de la fin des partenariats militaires et policiers avec l’État d’Israël ».

Préparation du pain traditionnel par des femmes palestiniennes au campement de la Grande Marche du Retour à la frontière entre israélo-gazaouie, Jabalia, nord de la bande de Gaza, 13 avril.

Dans une analyse juridique publiée vendredi, le groupe israélien de défense des droits humains B’Tselem replace les règles de tir sur lesquelles s’appuie l’armée sur la frontière avec Gaza, dans la longue histoire où Israël invoque d’hypothétiques « scénarios du pire » ou « des exceptions dans le droit international » de manière à justifier des violations de routine des droits humains à une échelle de masse.

B’Tselem déclare : « Depuis des années, Israël s’appuie sur le scénario extrême de la « bombe à retardement » pour justifier la torture de dizaines de milliers de Palestiniens, dont la plupart ont été soupçonnés d’infractions mineures, en dépit de l’interdiction absolue et sans équivoque de la torture dans le droit international.

« Une nécessité militaire pressante » a été le prétexte à la destruction de « centaines d’hectares de terre agricole  au début de la deuxième intifada » selon le groupe de défense des droits.

Cette mesure est aussi la justification donnée par Israël pour sa détention permanente de Palestiniens sans accusation ni procès, dans le cadre d’ordres de détention administrative.

« Israël est hautement expérimenté dans le bris du droit et dans le piétinement des principes moraux de base sans être réprimandé d’aucune façon » ajoute B’Tselem.

« Au plan intérieur, il n’est certainement pas tenu responsable, étant donnée la totale coopération du système judiciaire avec cet état de choses criminel et le soutien, ou du moins l’indifférence, du public en général à l’étendue des meurtres, des blessures et des destructions à Gaza, tandis qu’Israël n’est pas réprimandé non plus par la communauté internationale ».

Malgré l’existence de cette vieille machinerie à broyer et à réprimer, les Palestiniens restent intraitables et insistent sur leur liberté et l’entièreté de leurs droits.

Traduction du tweet #GreatReturnMarch  : Semaine 3 : des dizaines de milliers de Palestiniens marchent toujours en direction de leurs villages ; seuls les barbelés, l’occupation israélienne, les snipers israéliens et le racisme d’Israël empêchent leur retour.

Source : The Electronic Intifada
Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine




L’accaparement acharné des terres par Israël : comment les Palestiniens résistent-ils ?

Yara Hawari – 9 avril 2018

Résumé analytique

Cela fait 42 ans que la police israélienne a ouvert le feu sur six citoyens palestiniens d’Israël, les tuant alors qu’ils manifestaient contre l’expropriation de terres palestiniennes. Les manifestations  résultaient d’une action collective afin de résister non seulement contre les saisies par Israël de la terre, mais encore contre sa politique d’éradication de la présence des Palestiniens. Le 30 mars 1976 a, depuis…

Vue d’ensemble

Cela fait 42 ans que la police israélienne a ouvert le feu sur six citoyens palestiniens d’Israël, les tuant alors qu’ils manifestaient contre l’expropriation de milliers de dunums de la terre palestinienne par le gouvernement. Les manifestations résultaient d’une action collective de masse sur toute la partie de la Palestine mandataire devenue Israël en 1948. Ces communautés palestiniennes résistaient ainsi non seulement contre les saisies de la terre par Israël mais encore contre sa politique globale d’éradication de la présence même des Palestiniens. Ce jour-là – le 30 mars 1976 – est connu depuis sous le nom de Yom el-Ard (Journée de la Terre), et est un évènement majeur dans le calendrier politique et le récit collectif des Palestiniens. Le fait que 2018 marque aussi la 70e  année depuis la Nakba – la perte de la patrie des Palestiniens et la création de l’État d’Israël – donne encore plus de sens et de portée à la Journée de la Terre de cette année. En effet, si la « grande Marche du retour » organisée à Gaza le mois dernier commémorait cette date, elle la reliait aussi au droit au retour des réfugiés palestiniens. Le fait que le nombre de tués ait triplé par rapport à celui de la première Journée de la Terre montre également comment la résistance palestinienne est considérée aujourd’hui comme une menace tout aussi importante qu’elle l’était il y a plus de quarante ans.

Tout au long de cette histoire, les Palestiniens ont remis en cause le vol de la terre par Israël – un vol qui, bien qu’il constitue une violation flagrante du droit international, se poursuit sans relâche et même s’accélère. En effet, avec Donald Trump, Président des États-Unis, et son Administration indiquant à Israël qu’il peut annexer plus de terre encore et y construire plus de colonies, en particulier avec sa récente reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, les Palestiniens renforcent leur résistance.

Cette note politique examine la façon dont la domination de l’espace s’intègre dans un colonialisme de peuplement en examinant l’appropriation, historique et actuelle, de la terre par Israël, et explore les méthodes de la résistance palestinienne contre ces pratiques. Elle se termine par des recommandations sur la façon dont les Palestiniens peuvent agir ensemble, au-delà des frontières qui les divisent, ainsi qu’avec des tiers, pour résister contre le vol de leur terre et faire avancer leur quête de l’autodétermination et des droits des Palestiniens.

Les méthodes d’Israël pour l’acquisition de la terre

Le principal résultat des projets coloniaux de peuplement est un réaménagement des espaces physiques et du peuple originaire de cette terre – un réaménagement ni pacifique ni passif, et qui constitue une restructuration violente afin d’ouvrir la voie à une nouvelle société avec une nouvelle organisation sociale et spatiale. Le projet colonial sioniste qui a instauré l’État d’Israël à la place de la Palestine, en 1948, n’est pas différent. Les sionistes ont expulsé 750 000 Palestiniens pour faire de la place pour les colonialistes (1).

Cent cinquante mille Palestiniens sont restés sur leur terre, créant un dilemme démographique pour l’État israélien. Ces Palestiniens auraient dû  être incorporés en tant que citoyens mais ils resteront exclus parce qu’ils n’étaient pas juifs. En 1967, la colonisation de la Cisjordanie et de la bande de Gaza a vu l’absorption d’un plus grand nombre de Palestiniens encore, mais plutôt que d’annexer ces territoires et de leur accorder la citoyenneté, Israël les a placés sous son contrôle militaire.

Dans les premières années qui ont suivi 1948, l’État israélien a eu recours à divers mécanismes pour s’approprier la terre, notamment par des mesures législatives. La plus notable étant la loi de 1950 sur les Biens des absents, suivie de la loi de 1953 sur l’Acquisition de la terre. Ces lois ont permis à l’État de s’approprier la terre et les titres constitutifs de propriétés appartenant aux réfugiés, au motif de leur absence du pays après le 29 novembre 1947. La législation s’est appliquée également à ceux qui avaient été déplacés à l’intérieur des frontières du nouvel État : plutôt que de reconnaître ces Palestiniens comme des personnes déplacées à l’intérieur du pays, Israël les a considérés comme des « absents présents ». Les principales justifications d’Israël – d’alors et actuelles – pour s’emparer de la terre, sont l’acquisition de cette terre pour son utilisation publique, et la préservation du caractère juif de l’État.

Cette justification a été utilisée au début de mars 1976, quand le gouvernement israélien a annoncé ses plans pour la confiscation de 20 000 dunums de terre (10 dunums = 1 ha) dans le cadre du programme pour le Développement de la Galilée, pour y construire des colonies juives et des camps d’entraînement militaires. Les grèves et les manifestations de masse des Palestiniens, le 30 mars, ont eu lieu principalement dans six villages de Galilée qui avaient été mis sous couvre-feu : Sakhnin, Arraba, Deir Hanna, Tur’an, Tamra et Kabul – même s’il y en eu également dans le Naqab (Néguev) et le Wadi Ara (2). La police israélienne s’est opposée aux manifestations avec une violence grave, tuant six manifestants et en blessant des centaines d’autres.

La Journée de la Terre est devenue une date où, tant les Palestiniens de la Palestine mandataire que ceux dans la diaspora, organisent des activités liées à la terre et réitèrent leur relation existentielle avec leur terre. La date souligne aussi le concept de sumud (ténacité) comme un élément important de la résistance contre la colonisation de peuplement israélienne.

Depuis l’occupation de la Cisjordanie en 1967, divers mécanismes « légaux » et ordres militaires ont, de la même manière, facilité la colonisation de la terre palestinienne. Cela inclut l’expropriation de la terre au nom de la sécurité, avec laquelle Israël détourne sur le fond la Convention de Genève, laquelle autorise les États occupants à confisquer temporairement une terre pour des raisons de sécurité. De cette manière, Israël s’est emparé de terres pour au moins 42 colonies, y compris pour les routes de contournement qui les relient aux colonies de l’autre côté de la Ligne verte. Un mécanisme tout aussi retors est l’usage d’une loi ottomane et du Mandat britannique qui permet à l’État de confisquer des terres à des « fins publiques », en dépit du fait que les zones saisies étaient habituellement utilisées par les Palestiniens et ce, pendant des siècles, à des fins de pâturages.

La mise en application des Accords d’Oslo au début des années 1990, qui ont divisé la Cisjordanie en zones A, B et C, a servi l’expropriation de la terre palestinienne. La Zone C, qui représente 61 % de la Cisjordanie, est sous le contrôle militaire total des Israéliens, y compris le contrôle de la sécurité et des affaires civiles. La politique israélienne pour la Zone C est particulièrement agressive, et répond aux besoins des 325 000 colons israéliens tout en perturbant et en restreignant les communautés palestiniennes.

Dans la vallée du Jourdain, qui relève de la Zone C, les communautés sont particulièrement vulnérables aux déplacements et aux vols de leurs terres ancestrales. La vallée est une zone stratégiquement importante pour Israël, principalement parce qu’elle sert à la fois de zone tampon avec la Jordanie et le Golan syrien occupé, mais aussi en raison de sa richesse agricole du fait de son approvisionnement abondant en eau et de ses terres fertiles.

La construction du Mur de séparation en 2002 a aussi permis à Israël d’acquérir d’autres terres en Cisjordanie. Construit pour séparer la Cisjordanie d’Israël sous couvert de la « sécurité » israélienne, le mur a jeté les bases de l’annexion de nombreuses colonies. En traçant la route à l’intérieur de la Cisjordanie, et non pas le long de la Ligne verte, Israël s’est, de facto, approprié un territoire. Le mur a séparé les Palestiniens et coupé de nombreuses communautés agricoles de leurs terres, et il a brisé la continuité géographique de la Cisjordanie.

Accélération du vol des terres

Aujourd’hui, l’expropriation de la terre palestinienne est en train de s’accélérer à une vitesse étonnante. Les manœuvres politiques à Jérusalem ont récemment mis cette crise en évidence alors que le gouvernement israélien capitalise sur le mépris éhonté de l’Administration US à l’égard du droit international et le consensus à propos de Jérusalem. Cette décision de déplacer son ambassade de Tel Aviv à Jérusalem est, de fait et de droit, la reconnaissance de la ville comme capitale d’Israël. Cette initiative a enhardi Israël pour bétonner son contrôle total sur la ville.

Le projet de loi reporté sur le Grand Jérusalem (qui est toujours sur la table) a révélé les plans visant à repousser les limites municipales de Jérusalem pour y inclure quatre grandes colonies et de nombreuses autres plus petites, toutes illégales. Les grandes colonies – Ma’ale Adumim, Givat Ze’ev, Betar Illit, et Efrat – font partie d’un bloc qui s’étend de Jérusalem à Hébron. Dans le même temps, le projet exclurait certains quartiers palestiniens de la juridiction de la ville, notamment celui de Kufr Aqab. Ce charcutage électoral des frontières tente de gagner plus de terre et, dans le même temps, de comprimer les Palestiniens à l’intérieur d’un espace le plus réduit possible. En plus d’une conquête physique de l’espace, ces manœuvres tentent de contrôler le récit sur Jérusalem, afin que la ville tout entière devienne de façon incontestable une partie d’Israël dans le discours international dominant.

Et pendant ce temps, dans le Naqab, le gouvernement israélien met en œuvre le plan Prawer, élaboré en 2011 pour détruire 35 villages bédouins palestiniens et s’approprier de la terre pour construire de nouvelles colonies juives israélienne, dans le cadre du programme pour le Développement du Néguev. Ce programme pour le Néguev est la grande idée du ministre du Développement du Néguev et de la Galilée, et fait suite au programme pour le Développement de la Galilée susmentionné, dont la confiscation de la terre a conduit aux manifestations de la Journée de la Terre en 1976. Le ministère a été fondé en 2005 pour apporter « croissance et prospérité… car il est tout à fait clair que l’avenir d’Israël réside dans le développement de ces régions ».

Le Naqab et la Galilée sont des zones particulièrement préoccupantes pour le gouvernement israélien en raison de leur concentration relativement élevée de Palestiniens. Selon certaines estimations, la Galilée a une population majoritairement palestinienne (3). Le ministre vise ainsi à consolider une présence juive contiguë tout en minimisant la présence arabe palestinienne ; ceci est démontré par la démolition de villages bédouins au motif qu’ils ne sont « pas reconnus » par l’État.

Cette appropriation de l’espace indigène au profit de la population coloniale à travers des mécanismes tels que les colonies, l’annexion de droit, l’expulsion physique, et le déni des revendications territoriales se retrouve dans les projets coloniaux du monde entier. En Palestine, elle se produit des deux côtés de la Ligne verte, et fait partie intégrante de ce que l’on appelle la Nakba continue, ou al Nakba al mustimirrah.

Les espaces de la résistance palestinienne

Confrontés à cette Nakba continue, les Palestiniens se sont depuis longtemps engagés dans des actes que certains auteurs ont appelés la résistance spatiale – des pratiques qui affirment la présence des Palestiniens et la continuité de leur terre, ainsi que la remise en cause de la colonisation israélienne. Il existe diverses initiatives d’une telle résistance, dans le passé et actuellement, qui incorporent la réintégration et la terre et la ténacité :

Bab al Shams et Ein hijleh

Ce sont environ 250 militants palestiniens de la Palestine historique qui ont établi le « village » palestinien de Bab al Shams, près de la colonie juive israélienne illégale de Ma’ale Adumim, en janvier 2013. L’emplacement du village se trouvait sur une terre palestinienne de propriété privée, et les militants en avaient reçu l’autorisation de son propriétaire. Le village se trouvait aussi à l’intérieur du corridor E1, la bande de terre qui coupe de fait la Cisjordanie en deux.

Les militants ont dressé quelque 25 tentes pour établir le « village » et alors qu’une injonction de la Haute Cour de justice faisait opposition à toute expulsion du village avant un délai de six jours, l’armée israélienne a expulsé les militants par la force après seulement deux jours. Malgré sa courte vie, le village a été une forme d’action directe qui affirmait la propriété palestinienne de la terre et remettait en cause sa confiscation constante. Bab al Shams a également mis en avant la présence palestinienne dans le secteur de Jérusalem.

L’année suivante, le Comité de coordination de la lutte populaire palestinienne a établi un même village de contestation à Bab el Shams, sur le site d’Ein Hijleh, un village palestinien détruit dans la vallée du Jourdain. Pendant la semaine que les militants ont réussi à se maintenir dans le village, ils ont posé des panneaux solaires, défriché le terrain, et organisé diverses activités politiques et culturelles. Après sept jours, l’armée israélienne a démonté de force le campement, arrêté des dizaines de militants, et blessé de nombreux autres.

Iqrith et la Marche du Retour

Depuis 2012, de jeunes militants ont maintenu une présence physique continue sur la terre au site d’Iqrith, un village palestinien de Galilée détruit en 1948. Les descendants des familles du village sont des déplacés internes palestiniens (des « présents absents »), ce qui signifie qu’alors qu’ils ont la citoyenneté israélienne et qu’ils résident à l’intérieur des frontières d’Israël, ils ont l’interdiction de retourner dans les villages et les terres qui étaient les leurs avant 1948. Iqrith est un cas peu commun car en 1948, les forces sionistes avaient dit à ses habitants qu’ils pourraient revenir après les combats. Et cette promesse n’ayant pas été tenue, les habitants d’Iqrith ont, en 1951, obtenu auprès de la Haute Cour une décision qui leur permettait de revenir (4).

Cependant, le tribunal militaire a fait opposition à cette décision en soutenant que le retour des habitants constituerait un risque pour la sécurité de l’État. Les militants des troisième et quatrième générations à Iqrith continuent une présence tenace dans le village et ont installé un campement dans une annexe de l’église du village. Cette présence est maintenue en dépit de la décision militaire et des tentatives des autorités israéliennes pour les perturber par l’arrestation de militants, la destruction de structures, et l’arrachage de plantes. La présence des militants affirme leur identité palestinienne et conteste l’idée selon laquelle la terre palestinienne se limiterait à la Cisjordanie et à la bande de Gaza.

Une autre initiative prépare le retour des Palestiniens dans les villages détruits. La Marche du Retour s’est principalement déroulée en Galilée, où vivent la plupart des Palestiniens déplacés internes. Il y a deux ans, elle s’est tenue dans le Naqab, et cette année, elle a eu lieu dans un village détruit près de Haïfa. Depuis que l’Association pour les droits des déplacés internes et d’autres groupes ont organisé la première marche, en 1999, elle est devenue un évènement important dans la Palestine historique. Elle coïncide avec le Jour de l’indépendance israélienne avec la devise, « Votre indépendance est notre Nakba ». Comme le militantisme d’Iqrith, la Marche du Retour inverse symboliquement le déplacement initial par l’acte physique d’un retour, même si temporaire, sur le lieu de la destruction. La marche remet aussi en cause le récit du Jour de l’indépendance sioniste d’« une terre sans peuple pour un peuple sans terre » en réaffirmant la présence palestinienne d’avant 1948.

Al Arqqib et Susiya

Al Araqib est un village bédouin palestinien, situé dans le Naqab, qui existe depuis deux siècles. Les forces israéliennes ont d’abord déplacé ses habitants en 1951 pour des raisons de « sécurité », et Israël s’est approprié ses terres en vertu de la loi sur l’Acquisition de la terre. À la fin des années 1990, 45 familles sont revenues sont cette terre pour tenter d’empêcher le Fond national juif d’y planter une forêt.

Sur l’argument que le village est « non reconnu » et qu’il est construit sur une terre d’état israélienne, les tentatives pour déplacer la population d’Al Araqib se sont intensifiées ces dernières années. Depuis 2010, les autorités israéliennes ont détruit le village 120 fois, utilisant habituellement des bulldozers pour raser les structures, et la police anti-émeute pour expulser ses habitants qui tentaient de protéger leurs maisons de leur corps. En tant que village « non reconnu », il lui est refusé aussi les services les plus élémentaires. Beaucoup de ses habitants se sont déplacés dans les villes voisines, pourtant ils sont quelques-uns encore à être restés et qui reconstruisent leurs maisons, souvent en utilisant des matériaux récupérés dans les ruines. Ils organisent fréquemment des rassemblements et des manifestations pour mettre en évidence leur lutte contre le déplacement et le vol de leurs terres.

De l’autre côté de la Ligne verte, une même lutte se déroule dans le village de Susiya, situé en Zone C, au sud d’Hébron. Peu après avoir monté une colonie illégale en 1983 sur la terre de Susiya, le gouvernement israélien a démoli les maisons de 60 familles ; les habitants les ont reconstruites à proximité, mais en 2001, les Israéliens ont démoli le village tout entier. Depuis 2011, Susiya fait face à une série de démolitions massives par les autorités qui essaient d’établir un contrôle total d’Israël sur la Zone C.

Comme les Accords d’Oslo ont placé la Zone C sous contrôle militaire israélien, Israël se retrouve en mesure de refuser les demandes palestiniennes d’urbanisation et de construction, pour des raisons de sécurité. De sorte qu’à chaque fois que les habitants de Susiya reconstruisent leurs maisons, il leur est signifié des ordres de démolition. Pourtant, les habitants de Susiya sont restés jusqu’à présent sur leur terre, vivant pour cela dans les conditions les plus élémentaires. Ils ont aussi mis sur pied une campagne qui leur a attiré le soutien de militants internationaux. Tant Al Araqib que Susiya démontrent leur ténacité, mais leur durabilité reste quand même incertaine dans le contexte de ces colonisation et annexions israéliennes accélérées.

Étayer les droits des Palestiniens à la terre

Comme discuté ci-dessus, les Palestiniens ont utilisé de nombreux moyens pour résister au vol par Israël de leurs terres. Pour mettre un terme aux incursions sur la terre palestinienne et soutenir et déveloper la résistance spatiale palestinienne, des efforts dans trois domaines méritent d’être ciblés :

Promouvoir la résistance spatiale populaire

Avec un soutien populaire, les initiatives qui réaffirment physiquement la présence palestinienne sur la terre peuvent remettre en cause la domination israélienne de l’espace. Pourtant, les Palestiniens sont confrontés à des défis de durabilité. Pour s’y attaquer, les Palestiniens engagés dans des activités populaires doivent continuer à relier les luttes locales à des appels pour une coordination de part et d’autre de la Ligne verte. Cela ne ferait pas que mettre en évidence le plus important projet de colonisation israélien, mais mettrait aussi en cause la définition d’Israël de ce qui est considéré comme étant la Palestine et qui est considéré comme étant palestinien.

Les Palestiniens devraient aussi demander un soutien international et de parties tiers pour ces activités, comme le financement de barriers anti-bulldozers dans les communautés palestiniennes vulnérables. Les acteurs internationaux qui ont investi dans des infrastructures de communautés palestiniennes qu’Israël a détruites devraient également exiger une compensation financière. Leur investissement dans ces communautés et projets doit être assorti d’une telle condition pour que les démolitions et les déplacements taxent financièrement Israël.

Empêcher d’autres vols de la terre palestinienne

Les États tiers sont tenus, de par le droit humanitaire international, de recourir à toutes les mesures possibles pour empêcher qu’il soit violé. La loi stipule clairement que le déplacement d’une population occupée et la construction de colonies par l’occupant constituent des violations. Donc, tous les mécanismes internationaux qui peuvent être utilisés pour empêcher de nouvelles appropriations et annexions doivent être mobilisés. Cela inclut, sans s’y limiter, de :

– soutenir les rapports sur les crimes de guerre signalés à la Cour pénale internationale, comme celui soumis en 2017 par les organisations de la société civile palestinienne ;

– exiger une enquête approfondie et formelle sur les violations israéliennes, comme celle demandée par Human Rights Watch en 2016.

– instituer et appliquer des sanctions – un mécanisme utilisé contre la Russie pour son annexion de la Crimée.

Élaborer des dossiers pour la restitution des biens et de la terre

La restitution et l’indemnisation des biens et de la terre sont un élément essentiel de tout processus à venir de réconciliation, comme on l’a vu en Afrique du Sud après le démantèlement du régime d’apartheid. Des efforts doivent être engagés pour remettre en cause rétroactivement les vols israéliens des biens et des terres qui ont eu lieu depuis 1948. Les Palestiniens devraient mettre au point un effort massif pour faire des recherches et formuler leurs revendications ; une mine de documentations existe déjà qui les soutiendrait, notamment les fichiers de l’UNCCP (Commission de conciliation des Nations-Unies pour la Palestine), les comptes-rendus de l’UNRWA, les archives officielles de l’État israélien, et les témoignages oraux.

Grâce à de tels efforts ciblés et organisés, les Palestiniens et leurs allies pourraient empêcher la saisie sans relâche par Israël de la terre palestinienne, et obtenir une politique en droite ligne avec les droits palestiniens, tells qu’instaurés par le droit international.

Notes :

1 – Ce chiffre est une approximation basée sur des témoignages verbaux et divers documents institutionels, et il est cité par des universitaires, notamment Ilan Pappe, dans “Le nettoyage ethnique de la Palestine”.

2 – Les manifestations s’étaient mobilisées sous la direction du Comité pour la défense des terres arabes, qui a été créé conjointement par différents organismes  étudiants, Abnaa el Balad, et le Parti communiste.

3 – Voir l’article de Ben White, “Les Palestiniens dans la démocratie d’Israël : judaïser la Galilée”; https://www.middleeastmonitor.com/wp-content/uploads/downloads/briefing-paper/palestinians-in-israel-democracy.pdf

4 – Le village de Kufr Birim est un cas similaire ; les habitants du village ont eu, eux aussi, l’interdiction de revenir malgré une décision contraire de la Haute Cour.

Yara Hawari

Yara Hawari est une spécialiste politique d’Al-Shabaka : le réseau politique palestinien. Elle a obtenu son doctorat en politique du Moyen-Orient à l’Université d’Exeter. Ses recherches se sont concentrées sur les projets d’histoire orale et de politique de la mémoire, cadrées plus largement à l’intérieur des Études indigènes. Yara a enseigné plusieurs cours de premier cycle à l’Université d’Exeter et elle continue de travailler comme journaliste indépendante, publiant pour différents médias, dont Al Jazeera(anglais), Middle East Eye et The Independent.

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine
Source : Al Shabaka




En Direct de Gaza : 2 morts et 900 blessés dans la bande de Gaza-bilan provisoire- Ce vendredi 13 avril 2018 : Le vendredi des drapeaux palestiniens

L’armée israélienne a tué ce vendredi 13 avril 2018 deux palestiniens partout dans la bande de Gaza. -bilan provisoire-

Ces palestiniens manifestaient pacifiquement dans les zones tampon de sécurité imposée par les forces de l’occupation israélienne sur les frontières de la bande de Gaza.

Plus de 40.000 palestiniens de Gaza se sont ressemblés en masse ce vendredi 13 avril  2018 pour la troisième semaine de la grande « Marche du retour »  sur les frontières-le vendredi des drapeaux palestiniens-,  dans une initiative non-violente afin de montrer l’attachement des Palestiniens à leur terre, que le droit au retour est sacré pour tout le peuple palestinien, et pour exiger la levée du blocus israélien inhumain sur la bande de Gaza.

Les soldats israéliens qui se trouvaient sur les frontières ont ouvert le feu en tuant deux personnes et en blessant neuf cents.

Les dirigeants israéliens ne supportent pas ces manifestations pacifiques qui se développent dans la bande de Gaza semaine après semaine.

Les crimes israéliens contre le peuple palestinien se poursuivent !

Les manifestants et malgré la brutalité des forces de l’occupation israélienne, sont plus que jamais déterminés à poursuivre ce type d’actions. Ils développent des stratégies non-violentes face à cette occupation aveugle

Ils défient les soldats israéliens par leurs drapeaux palestiniens dans les mains et leurs actions pacifiques.

La résistance populaire pacifique se développe dans la bande de Gaza.

Ces actions pacifiques montrent que la non -violence pourra être efficace y compris dans la bande de Gaza pour lutter et résister contre les mesures atroces de l’occupation israélienne.

Honte à cette occupation illégale !

Honte à ce blocus israélien inhumain et mortel !

Honte à cette communauté internationale officielle complice !

Honte à ces médias qui occultent notre réalité !

Vive la solidarité !

Gaza sous blocus résiste

Gaza la dignité persiste

Et Gaza l’espoir existe !

Gaza la courageuse défie l’occupation !

Gaza l’abandonnée vit !

Gaza la digne est plus que jamais déterminée !

Ici , notre terre et ici, notre Palestine !

La lutte continue !

La Palestine vivra !

La justice triomphera !




Le TPI met en garde les dirigeants israéliens à propos des meurtres à Gaza

Ali Abunimah – 8 avril 2018


Des journalistes palestiniennes tiennent des photos de leur collègue Yaser Murtaja, qui
a été touché mortellement par une sniper israélien deux jours plus tôt, lors d’une manifestation contre les attaques israéliennes sur les journalistes, le 8 avril dans la ville de Rafah au sud de la Bande de Gaza.
(Ashraf Amra / APA images)

Le Tribunal Criminel International a émis un avertissement sans précédent selon lequel les dirigeants israéliens peuvent avoir à subir un procès pour le meurtre de manifestants palestiniens non armés dans la Bande de Gaza.

« Depuis le 30 mars 2018, au moins 27 Palestiniens ont été déclarés tués par les Forces de Défense Israéliennes, alors que plus mille autres ont été blessés, dont beaucoup à la suite de tirs à balles réelles et de balles enrobées de caoutchouc », a déclaré dimanche Fatou Bensouda, procureure générale du TPI.

« La violence contre des civils – dans une situation telle que celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer des crimes selon le Statut de Rome du Tribunal Pénal International, de même que l’utilisation de la présence de civils dans le but de couvrir des activités militaires », a dit Bensouda.

« Toute personne qui incite ou s’engage dans des actes de violence, y compris en ordonnant, sollicitant, encourageant ou contribuant de toute autre façon à la commission de crimes dans le cadre de la juridiction du TPI, est passible de poursuites devant le tribunal », a ajouté Bensouda.

La référence de Bensouda à l’utilisation de civils pour « couvrir des activités militaires » ressemble à une reconnaissance de la prétention d’Israël comme quoi les rassemblements massifs de la Grande Marche du Retour organisés par les Palestiniens ces deux derniers vendredis le long de la frontière de Gaza avec Israël seraient un stratagème du Hamas pour couvrir des « activités terroristes ».

Cependant, comme l’a déterminé une enquête de Human Rights Watch et comme l’ont confirmé les observations d’un journaliste, il n’y a rien eu qui ressemble à des « activités militaires » de la part des Palestiniens qui participaient à ces manifestations.

Ces rassemblements festivaliers ont fait sortir des milliers de personnes qui réclamaient la fin du blocus israélien sur Gaza et le droit au retour des réfugiés.

On n’a signalé aucun blessé israélien à l’occasion des manifestations palestiniennes à Gaza.

Mais ce qui ne fait aucun doute, c’est que les dirigeants israéliens ont ordonné de prendre pour cible les manifestants civils non armés dans ce que Human Rights Watch a appelé des meurtres « calculés » de personnes qui ne représentaient strictement aucune menace.

Trois de ceux qui ont été tués étaient des enfants.

https://twitter.com/DCIPalestine/status/982334469070827521

En amont de ces manifestations de vendredi, l’association de défense des droits de l’Homme B’Tselem avait prévenu les soldats qu’ils seraient susceptibles de commettre des crimes s’ils obéissaient aux ordres « manifestement illégaux » de tirer sur des civils non armés.

Les snipers israéliens postés le long de la frontière avec Gaza ont tué vendredi neuf Palestiniens.

Rompant avec la position de l’Union Européenne, qui continue de refuser de condamner les actions d’Israël, samedi, la France a condamné les « tirs sans distinction » contre les civils Palestiniens à Gaza.

Mais en dépit de ces avertissements, les dirigeants israéliens ont refusé de modifier leurs ordres de tir à balles réelles et ont à plusieurs reprises félicité leurs soldats pour ce carnage.

Dimanche, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman a effectivement déclaré que les deux millions de résidents de Gaza sont tous des cibles légitimes, disant aux médias israéliens que « dans la manifestation du terrorisme, il n’y avait pas de civils innocents, qu’ils étaient tous membres du Hamas ».

Selon The Times of Israel, Lieberman « a expliqué plus tard qu’il avait utilisé le mot hébreu tamim, pas pour signifier ‘innocent’, mais ‘naïf’ ».

Qu’il soit revenu sur ce commentaire n’est pas surprenant puisqu’on peut utiliser ce genre de déclaration comme preuve d’intention dans n’importe quel tribunal pénal international.

Lieberman avait rejeté les demandes d’enquête sur le meurtre du journaliste Yaser Murtaja qui a été mortellement touché vendredi alors qu’il portait une veste clairement marquée du mot « Presse ».

« Nous avons vu des dizaines de cas de militants du Hamas déguisés en infirmiers et journalistes », a prétendu Lieberman.

« Nous avons également vu un journaliste approcher de la frontière et lancer un drone, nous ne prenons pas de risques dans ces cas là », a-t-il ajouté, affirmation sur laquelle l’armée israélienne n’a trouvé aucune preuve pour l’étayer.

Dans les rassemblements de la semaine d’avant le meurtre de Murtaja, les forces israéliennes ont blessé 10 journalistes, dont plusieurs à balles réelles, selon le Comité de Protection des Journalistes.

En dépit des objections de Lieberman, dimanche l’armée israélienne a nommé l’un de ses propres généraux pour enquêter sur ses actions qui ont provoqué la mort de Palestiniens de Gaza, dont Murtaja .

Mais ces sortes d’auto-enquêtes n’ont historiquement été rien de plus que des entreprises de blanchiment qui ont servi à maintenir l’impunité d’Israël et à décourager l’enquête du TPI.

C’est pourquoi la déclaration de la procureure du TPI comporte une signification particulière puisque le tribunal international n’est invité à intervenir que lorsque les autorités judiciaires nationales sont réticentes ou incapables de réaliser de procédures authentiques.

Dans sa déclaration de dimanche, Bensouda a fait remarquer que « la situation en Palestine est sous examen préliminaire effectué par mon bureau ». C’est la procédure par laquelle le procureur décide d’ouvrir ou non une enquête officielle qui pourrait conduire à des inculpations.

Mais cet examen préliminaire illimité dure depuis des années avec Bensouda qui semble traîner des pieds.

Dans une affaire liée à l’attaque israélienne de 2010 sur la flottille pour Gaza, Bensouda a reconnu que les forces israéliennes avaient vraisemblablement commis des crimes de guerre dans les eaux internationales, mais elle a néanmoins refusé d’ouvrir une enquête officielle.

Les avocats des familles des victimes de l’assaut des commandos israéliens sur le Mavi Marmara ont accusé le bureau de Bensouda de « faire tout son possible pour échapper à l’obligation de lancer toute véritable enquête au niveau international, sachant très bien que les autorités nationales [israéliennes] ne mènent pas d’enquête sur ces crimes ».

Depuis sa création, le TPI a perdu beaucoup de sa crédibilité en ne poursuivant que des Africains, en dépit du fait que le Statut de Rome de 1998 demande au tribunal de « mettre fin à l’impunité » pour les crimes les plus graves, quel qu’en soit l’auteur.

Les Palestiniens ont projeté d’autres rassemblements de masse à Gaza dans les semaines qui conduisent au Jour de la Nakba – commémoration annuelle le 15 mai du nettoyage ethnique de la Palestine en 1948.

Reste à voir si la mise en garde faite par Bensouda détournera les dirigeants israéliens d’un nouveau carnage et si le tribunal va enfin agir pour mettre fin à l’impunité dont Israël jouit depuis des décennies.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada




Sept choses que vous devez savoir sur la dernière agression d’Israël contre Gaza

Michael Lesher – Mondoweiss – 5 avril 2018

La vidéo, diffusée depuis la frontière de Gaza le 30 mars 2018, montre à gauche un homme, identifié comme étant Abed el-Fatah Abed e-Nabi, 18 ans, qui reçoit une balle dans le dos alors qu’il est en train de courir. Il aurait été tué.

Étant de tempérament modéré, je ne suis guère fait pour décrire en détail la sauvagerie avec laquelle l’État juif a exécuté 17 de ses deux millions de prisonniers de Gaza (et blessé quelque 1400 autres) à l’occasion de la Fête juive de la libération vendredi dernier.

Heureusement, pourtant, il n’y a pas besoin d’un tel talent descriptif. Les choses que tout le monde doit savoir sur le dernier massacre de Gaza – et sur son opération de camouflage qui a suivi rapidement – sont aussi simples et incontestables qu’elles sont odieuses.

1 – Les meurtres israéliens étaient prémédités

Avant que les premiers manifestants ne posent le pied à un quelconque endroit près de la frontière de Gaza avec Israël, l’ « armée la plus morale du monde » avait ouvertement proclamé ses intentions violentes à l’égard de tout Palestinien qui serait assez téméraire pour remettre en cause le siège paralysant d’Israël. Nous avons appris qu’une centaine de tireurs d’élite avaient été déployés autour du mur de la prison de Gaza et qu’ils étaient « prêts à utiliser des balles réelles », complétées par « du matériel lourd » et même, par une nouveauté, un « gaz lacrymogène déployé par drone ».  Le ministre de l’Éducation Naftali Bennet – qui aime se vanter du meurtre d’Arabes – a juré que les Gazaouis seraient gardés à l’intérieur de leur cage (un endroit décrit dans une récente étude des Nations-Unies comme étant quasiment inhabitable) « à tout prix ».

Juste au cas où le cliquetis des sabres ne serait pas assez audible, les Forces de défense d’Israël (FDI) ont souligné que si tant de forces meurtrières étaient amassées en un seul endroit, c’était pour « réduire le nombre des victimes palestiniennes ». Réduire, notez-le bien, et non empêcher ; ni éviter. Si le sens de cette menace vous échappe, je vous suggère d’imaginer comment la presse mondiale aurait réagi si un contingent lourdement armé de combattants palestiniens avait été envoyé sur une ville israélienne densément peuplée, avec l’ordre public de « réduire » le nombre de meurtres de civils juifs – tout en veillant à ce que les coquins apprennent où est leur place.

2 – La violence israélienne n’a rien à voir avec la « sécurité »

L’infatigable moulin israélien à propagande tourne de façon toujours aussi hystérique. Pourtant, les Israéliens n’ont même pas essayé de démontrer que pour la plupart, les manifestants avaient été tués alors qu’ils : 1- utilisaient une arme, 2- menaçaient un soldat, ou 3- tentaient de franchir la barrière de barbelés quand ils ont été abattus à coups de fusil, alors qu’une preuve réelle montre précisément le contraire. En fait, il est loin d’être clair que l’un des 758 adultes et enfants blessés par les tirs à balles réelles israéliens aurait pu constituer – même selon les Israéliens – une menace physique pour qui que ce soit.

Cet aveu flagrant si indirect prouve que sur les 17 homicides qu’Israël a commis vendredi, au moins une douzaine voire plus sont des meurtres – des meurtres purs et simples – et qu’ils sont inexcusables même selon la définition tirée par les cheveux d’Israël de la « sécurité ». C’est sans doute pourquoi les propagandistes ont essayé si fébrilement de changer de sujet depuis. (Oh, comme il doit être terrifié ce tireur d’élite israélien armé jusqu’aux dents en apercevant, de l’autre côté du mur de la prison, un adolescent palestinien en train de porter un pneu !).

3 – Il n’y a eu aucun « affrontement »

Encore une fois, je me reporte à la propagande israélienne. Combien de soldats israéliens a-t-on prétendu blessés dans le tsunami d’excuses déversées par Tel Aviv cette semaine ? Zéro. Combien de dégâts causés à des biens israéliens ? Zéro. Combien de civils israéliens menacés ? Zéro. Combien de brèches dans cette précieuse « enceinte de sécurité » ? Zéro.

Donc, cette sanglante escapade n’était pas « un affrontement ». Même les Israéliens le reconnaissent implicitement. Comment deux camps peuvent-ils « s’affronter » quand l’un subit 1400 victimes dans une avalanche de balles, tandis que l’autre – celui qui brandit des fusils automatiques et qui disperse des gaz lacrymogènes par télécommande – s’en tire sans aucune égratignure ?

4 – Israël a ciblé ses victimes pour des raisons politiques

Peut-être en raison de sa brutalité si flagrante, Israël n’a même pas tenté de s’abriter derrière le prétexte habituel des « dommages collatéraux ». Au contraire, son armée s’attribue platement le mérite des meurtres, annonçant (via Twitter) que « rien ne s’est accompli sans être maîtrisé ; tout a été correct et mesuré, et nous savions où chaque balle allait atterrir ».

Il s’ensuit qu’Israël et ses apologistes ne peuvent pas prétendre que ces homicides sont des accidents, ou même des « réactions excessives » – pour reprendre les termes tièdes de Bernie Sanders (que l’on doit néanmoins félicité d’avoir été le seul sénateur des États-Unis à remarquer le massacre en premier lieu).

En fait, non seulement nous savons que les Israéliens ont pris pour cible des victimes non armées – mais nous savons même pourquoi. Les porte-paroles de l’armée ont spécifiquement reconnu les « tirs sur les principaux instigateurs » de la manifestation –, montrant par-là que les forces israéliennes ont délibérément tué les Palestiniens qu’elles soupçonnaient d’être des organisateurs qualifiés. Comprenez-vous pourquoi ? Sous le régime israélien, une manifestation palestinienne est un crime ; diriger une manifestation palestinienne est un crime passible de la peine capitale. Et dans ce cadre pénal kafkaïen, les FDI jouent volontiers le triple rôle de juge, de jury, et d’exécuteur des hautes œuvres.

Le général de division israélien Yoav Mordechai a même avoué que ses troupes ont essayé d’intimider les sociétés d’autobus de Gaza afin qu’elles refusent de transporter les gens vers les lieux des manifestations. « Nous avons prévenu que des mesures seraient prises contre les propriétaires et leurs entreprises » pour « avoir transféré » des Palestiniens vers les manifestations, a déclaré ce général, ajoutant que « les manifestations d’anarchie » appellent des « mesures sévères et dures ».

Vous pourriez vouloir garder ce détail prêt pour le prochain propagandiste (il est certain que vous en rencontrerez au moins un) qui insinuera que les tireurs d’élite qui ont abattu ces civils sans armes ont agi par peur de quelques pierres – je veux dire celles qui ont été lancées dans un symbolisme provoquant, par une petite fraction de manifestants, en direction de cette immense butte de terre du haut de laquelle les tireurs israéliens braquaient leurs fusils à grande portée sur les corps en dessous d’eux. Comme je l’ai noté déjà, aucun soldat n’a souffert ne serait-ce que d’une égratignure durant les manifestations. Non, l’objectif d’Israël, c’était d’écraser la manifestation dans sa totalité – une décision qui avait été prise bien avant qu’un seul manifestant ne se présente près de la frontière. Pierres ou pas pierres.

Et oui, Virginie, il y a un nom pour cette sorte de comportement meurtrier : ce nom, c’est terrorisme. Israël a imposé une violence délibérée, meurtrière aux civils de Gaza avec l’objectif express d’intimider les contestataires potentiels. Il faut un culot étonnant pour des orchestrateurs de terrorisme à une telle échelle pour accuser leurs victimes d’être des terroristes. Mais le culot est une chose dont Israël manque rarement.

5 – Israël commet ses crimes parce que les États-Unis le permettent

Comme les autres tyrans, Israël se bat seulement quand il ne peut pas perdre. Aux Nations-Unies, il reprend son rôle de flagorneur et laisse l’Oncle Sam faire le coup de poing. L’ambassadrice US (et ancienne défenseure du drapeau confédéré) Nikki Haley, qui dit ne pas aimer les tyrans, a affiché ses véritables passions au Conseil de sécurité au cours du week-end alors qu’elle se pâmait devant cette nouvelle preuve de la virilité israélienne. Jusqu’à présent, Madame Haley habituellement volubile n’a pas été capable de reprendre suffisamment son souffle pour publier une déclaration, mais sur ordre de Washington, elle a réussi à étouffer un projet de résolution qui aurait poussé à la « retenue » et à une « enquête » sur les circonstances de la mort des civils. Comme Karl Rove l’a rappelé un jour à un journaliste, ni les faits, ni la loi, ne pèsent sur ceux que privilégie le titan américain : « Quand nous agissons, nous créons notre propre réalité ».

Je dois mentionner, en toute justice, que même des politiciens US moins révoltants que Haley ont permis les crimes israéliens avec un égal aplomb. Barack Obama s’est poliment incliné devant les FDI alors qu’elles massacraient plus de 1400 civils gazaouis (dont quelque 500 enfants) en 2014, ne se faisant un peu menaçant qu’à la septième agression meurtrière d’Israël contre les femmes et les enfants qui étaient recroquevillés de peur dans les « abris » des Nations-Unies. Le résultat a été instructif. La veille du jour où Obama a mis le holà, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, insistait publiquement que ses troupes resteraient à Gaza ; devant les grognements d’avertissement du Président, Netanyahu a immédiatement annoncé leur retrait. Comme Norman Finkelstein l’a souligné, cet exemple démontre à lui seul l’étendue de la complicité des États-Unis dans les crimes d’Israël. Les meurtres ne durent que tant que la Maison-Blanche les approuve. Et la Maison-Blanche peut être ébranlée par une manifestation politique.

6 – Les médias grand public, et les organisations juives, facilitent l’opération de camouflage

La prolifération d’excuses dans les médias grand public pour la violence meurtrière d’Israël a été si instantanée, et si nauséabonde, que je ne vais aborder que brièvement la question. En s’en tenant à l’extrémité libérale du spectre, on trouve Amos Harel de Ha’aretz qui déplore que « le Hamas… a trouvé là un moyen plus efficace de créer des frictions avec les Forces de défense d’Israël que les tirs de roquettes et les attaques menées par ses tunnels ». (Comme c’est méchant de la part de ces Palestiniens de se faire tuer juste pour gâcher les matins de quelques galonnés des FDI !). En fait, note Harel, les Gazaouis se sont montrés si traîtres que « malgré le grand nombre de victimes palestiniennes, pas une seule roquette n’a été tirée sur Israël depuis la bande de Gaza ». Que doit faire un assiégeant ? Plus sa violence est déséquilibrée, plus il est facile de nuire aux sentiments d’Israël.

Les principales organisations juives n’ont été juste que des flagorneuses, la plupart regardant ailleurs, tandis que l’Union orthodoxe influente a eu le mauvais goût de continuer sa faire de la publicité pour une « visite pour des personnalités de l’enceinte de sécurité (en Cisjordanie) » parmi les voyages qu’elle parraine pour les juifs religieux durant la fête de la Pâque. L’animateur de cette excursion particulière – le colonel Dani Tirza – est lui-même un propagandiste éhonté qui a perdu son emploi d’urbaniste principal de la barrière après avoir été pris en train de mentir devant la Cour suprême d’Israël. Mais cela ne dérange évidemment pas l’Union orthodoxe, pas plus que ne la dérange l’arrêt de 2004 de la Cour de justice internationale selon lequel la « barrière de sécurité » viole les normes fondamentales du droit international. Comme Golda Meir l’aurait déclaré à un autre politicien israélien, « Après l’Holocauste, les juifs sont autorisés à tout faire ».

7 – Les crimes d’Israël se poursuivront tant que nous n’y mettrons pas un coup d’arrêt

Loin de ressentir des remords à propos du grabuge de vendredi, le porte-parole en chef de l’armée d’Israël, Ronen Manelis, a récemment proclamé que les troupes israéliennes « ne pourront pas continuer de limiter (leur) activité au secteur de la clôture (barrière de séparation), et elles devront agir contre ces organisations terroristes en d’autres endroits aussi ».

Vous avez bien entendu. Si Israël parvient à ses fins, les choses vont devenir encore plus sanglantes.

Et cela veut dire que c’est à nous d’agir.

Israël n’arrêtera pas de tuer et de mutiler les Palestiniens tant qu’il n’aura pas d’autre choix en la matière. Et il n’aura d’autre choix qu’une fois que les États-Unis auront rejoint pratiquement le reste du monde pour demander l’arrêt des atrocités qui – si elles étaient perpétrées contre les Israéliens – auraient depuis longtemps provoqué la fureur horrifiée du monde occidental.

Parmi mes lecteurs, il y en a beaucoup forcément qui, en raison de leur citoyenneté ou de leur appartenance politique, peuvent  avoir un impact sur la politique des États-Unis à l’égard d’Israël. C’est le moment de peser de tout notre poids contre une alliance contre nature qui a rendu possible des décennies d’apartheid, de nettoyage ethnique et – comme la violence de vendredi nous le rappelle – de massacres périodiques. Nous pouvons résister ; nous pouvons protester ; ou nous pouvons nous rendre complices. Il n’y a pas d’autre option. Pour les Israéliens, pour les juifs, pour les Américains – pour tous les êtres humains soucieux de justice en Palestine – il n’est pas possible qu’il y ait quelque chose comme de la neutralité.

Source : Mondoweiss
Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine




Gidéon Levy: Ce n’est pas Nétanyahou. C’est la nation.

Par Gideon Levy, 5 avril 2018, Haaretz.

La plupart des Israéliens, qui n’ont jamais parlé à un seul Gazaoui, savent seulement que la bande de Gaza est un nid de terroristes. C’est pourquoi il est convenable de les fusiller. Choquant ? Oui, mais vrai.

On peut se déchaîner contre le premier ministre autant qu’on le veut ― il le mérite. Mais en définitive il faut se rappeler : Ce n’est pas Benjamin Nétanyahou. C’est la nation. Au moins la plus grande partie de la nation. Tout le déploiement de férocité de ces derniers jours et toute cette farce ont été conçus pour satisfaire les désirs les plus malicieux et les instincts les plus vils des Israéliens. Les Israéliens voulaient du sang à Gaza, autant que possible, et des expulsions de Tel-Aviv, autant que possible. Il n’y a aucun moyen de l’embellir ; il ne faut pas brouiller les faits. Nétanyahou ― faible, pathétique, méchant ou cynique – était mu par un seul motif : satisfaire les Israéliens et réaliser leurs désirs. Et ce qu’ils voulaient, c’était du sang et de l’expulsion.

Si seulement le problème résidait en Nétanyahou et son gouvernement. Alors, en une élection, ou peut-être deux, le problème pourrait être réglé. Les gentils reprendront le contrôle, Gaza et les demandeurs d’asile seront libérés, la provocation fasciste s’arrêtera, la probité des tribunaux sera assurée et Israël sera à nouveau un endroit dont on peut être fier. C’est une chimère. C’est pourquoi la campagne contre Nétanyahou est importante, mais certainement pas décisive. La vraie bataille est beaucoup plus désespérée et sa portée est beaucoup plus large. C’est une bataille pour la nation, parfois même contre elle.

Même les critiques de Nétanyahou admettent qu’il sait identifier les désirs de la population. Il a reconnu que la majorité voulait le nettoyage ethnique à Tel Aviv, l’ultranationalisme, le racisme et la cruauté. Nétanyahou, n’étant pas tout aussi méchant que ses supporters, a essayé un autre chemin pour un moment ― plus humain et plus rationnel. Mais quand il s’est brûlé et s’est rendu compte qu’il avait négligé le désir du peuple, il a rebroussé chemin en un temps record et est redevenu lui-même. La base, l’électorat, la majorité veut le mal. C’est ce qu’il a fourni, et c’est quelque chose qu’aucune élection ne changera. La vraie calamité n’est pas Nétanyahou ― c’est le fait que toute manifestation d’humanité en Israël est un suicide politique.

Une ligne droite du mal et du racisme s’étend de la frontière de Gaza à Tel-Aviv. Dans les deux cas, les Israéliens ne voient pas les êtres humains devant eux. Le Gazaoui et l’Érythréen sont une seule et même chose : des sous-humains. Ils n’ont aucun rêve, aucun droit et leur vie ne vaut rien.

À Gaza, les tireurs d’élite de l’armée israélienne ont abattu des manifestants non armés comme s’ils se trouvaient sur un champ de tir, salués par un concert de jubilations des médias et des masses. Dans le sud de Tel-Aviv, ils reprennent les arrestations et expulsions ― cela aussi, au son des célébrations.

C’est ce que la nation demande, et c’est ce qu’elle va obtenir. Même si des soldats tuent des centaines de manifestants à Gaza, Israël ne cillera pas. La raison : la méchanceté et la haine envers les Arabes. Gaza n’est jamais perçue comme elle est vraiment, un lieu habité par des êtres humains, une énorme et terrible prison, un immense site d’expérimentation humaine. La plupart des Israéliens, qui ― comme leur premier ministre ― n’ont jamais parlé à un seul Gazaoui, savent seulement que la bande de Gaza est un nid de terroristes. C’est pourquoi c’est convenable de les fusiller. Choquant ? Oui, mais vrai.

C’est la même chose au sud de Tel Aviv. Quand on parle des « résidents du sud de Tel Aviv », on entend par là seulement les Juifs racistes parmi eux. Les Noirs qui y vivent ne sont pas davantage considérés comme des résidents que les souris qui y vivent. Le degré de haine accumulé contre eux s’est manifesté dans la réaction au compromis présenté par Nétanyahou. Pourquoi les expulser en Europe et au Canada ? Pourquoi pas en Afrique ? Pourquoi pas par la force ? C’est un sentiment difficile à comprendre. Nétanyahou n’a fait que naviguer sur la vague de ces sentiments méprisables. Il ne les a pas générés. De toute évidence, un leader de stature les aurait combattus, mais un tel leader n’apparait même pas à l’horizon en Israël. Remplacer la nation n’est pas non plus une option viable pour l’instant.

Des Israéliens aussi s’opposent à tout ce mal bien sûr. Il n’y a pas de raison de ne pas les étiqueter par le bon nom : meilleurs, plus humains, remplis de compassion, consciencieux, moraux. Ils ne sont pas une minorité négligeable, mais la guerre menée contre eux par la majorité et le gouvernement les a paralysés. L’excuse du présentateur de radio Kobi Meidan pour avoir ressenti de la honte indique que ce camp est vaincu. Si le massacre de Gaza et l’expulsion depuis le sud de Tel-Aviv ne les font pas sortir enragés dans les rues, tout comme le massacre de Sabra et Chatila, alors ils sont une espèce en voie d’extinction.

Nous restons une nation de la majorité.

Traduction JL pour l’UJFP
Source : Haaretz




Avec la Grande Marche du Retour, les Palestiniens demandent à vivre dans la dignité

La Nakba n’est pas un simple souvenir, c’est une réalité permanente. Nous acceptons l’idée qu’un jour ou l’autre, nous mourrons ; à Gaza, la tragédie, c’est que nous ne pouvons pas vivre.

Par Ahmad Abu Rtemah
6 avril, 17h10

 

Un clown palestinien divertit des enfants réfugiés palestiniens dans le village de tentes qui accueille les manifestants près de la frontière d’Israël, dans la bande de Gaza, 2 avril 2018. (Mohammed Talatene / picture-alliance / dpa / AP Images)

Khan Younis—Ces huit derniers jours, des dizaines de milliers de manifestants de Gaza ont animé d’une vie nouvelle un lieu qui était lentement en train de perdre toute trace de vie. Nous nous sommes rassemblés, entonnant et chantant une berceuse qui hantait nos rêves —“Nous reviendrons”—faisant offrande de tout ce qui nous reste, dans notre volonté de réaliser notre droit de vivre dans la liberté et la justice. Malgré nos marches pacifiques, nous nous sommes heurtés à des nuées de gaz lacrymogène et à des balles réelles tirées par des soldats israéliens. Hélas, ce n’est pas une nouveauté pour les Palestiniens de Gaza, qui ont traversé de nombreuses guerres, un blocus et un siège brutal.

La bande de Gaza abrite presque 1,9 million de personnes, dont 1,2 million de réfugiés chassés de leur maison et de leur terre il y a 70 ans, lors de la création d’Israël, événement connu des Palestiniens sous le nom de Nakba (catastrophe). Depuis le début du siège, il y a presque 11 ans, la simple survie quotidienne a représenté un véritable défi. Se réveiller le matin en disposant d’eau salubre et d’électricité constitue aujourd’hui un luxe. Le siège a été particulièrement dur pour les jeunes gens, dont le taux de chômage s’élève à 58 pour cent. Le pire, c’est que tout cela résulte de la politique israélienne, qui pourrait être modifiée. Cette vie pénible et difficile ne devrait pas constituer une réalité incontournable pour la bande de Gaza.

Les pêcheurs ne peuvent pas dépasser les six milles nautiques, et il leur est donc bien difficile de rassembler assez de poisson pour nourrir leur famille. Après les guerres menées contre Gaza par Israël, en 2008-09 puis de nouveau en 2012 et 2014, et tous les homicides commis dans l’intervalle, les gens d’ici ne se voient même pas donner la possibilité de reconstruire, car Israël a renforcé les restrictions imposées à l’entrée des matériaux de construction. L’état des hôpitaux est alarmant, et les patients ne sont que rarement autorisés à recevoir un traitement à l’extérieur de la bande. Ne parlons même pas de l’état d’obscurité perpétuelle dans lequel nous vivons en raison de l’absence quasi totale d’électricité, ou du manque d’eau propre. C’est comme s’il n’avait pas suffi de nous déplacer ; c’est comme s’il fallait endiguer et effacer toute la mémoire des réfugiés palestiniens.

Je suis né dans le camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza. Mes parents viennent de la ville de Ramle, dans ce qu’on appelle aujourd’hui Israël. Comme la plupart des réfugiés palestiniens, j’ai entendu les membres les plus âgés de ma famille raconter la manière dont ils ont été brutalement chassés de chez eux lors de la Nakba. Les décennies ont beau passer, ils font partie des centaines de milliers de personnes qui ne peuvent pas oublier les horreurs dont ils ont été témoins lors de leur dépossession ni les violences et les souffrances subies à cette période.

Je n’ai jamais vu la maison familiale de Ramle, et mes enfants n’ont jamais rien vu au-delà des limites de Gaza assiégée. L’aîné vient d’avoir 7 ans, le plus jeune a 2 ans, et la seule réalité qu’ils connaissent, c’est le bruit des bombes, l’obscurité des nuits qu’aucune électricité n’éclaire, l’incapacité de se déplacer librement—et ils ignorent que rien de tout cela n’est normal. Dans la vie qu’on mène à Gaza, rien n’est normal. La Nakba n’est pas un simple souvenir, c’est une réalité permanente. Nous acceptons l’idée qu’un jour ou l’autre, nous mourrons ; à Gaza, la tragédie, c’est que nous ne pouvons pas vivre.

Si nous tenons bon, c’est en dépit de cette dure réalité. Depuis deux vendredis nous faisons face à toutes les puissances qui nous disent de céder et de mourir en silence, nous avons décidé de marcher pour la vie. C’est la protestation d’un peuple qui ne veut rien de plus que de vivre dans la dignité.

En 2011, des Palestiniens ont marché en se rapprochant des frontières depuis la Syrie, le Liban, la Jordanie, Gaza, et la Cisjordanie. Certains ont été tués, d’autres sont parvenus à franchir les frontières et se sont fait arrêter par des soldats israéliens. Mais bien plus loin dans le temps, en 1976, des Palestiniens ont protesté contre l’expropriation de leurs terres par Israël, ce mouvement ayant pris plus tard le nom de Journée de la Terre. Six Palestiniens ont alors été tués et, 42 ans plus tard, Israël fait encore recours à une violence meurtrière pour empêcher les réfugiés de rentrer, tuant au moins 25 Palestiniens à Gaza depuis vendredi dernier. Ces êtres humains ont osé projeter leurs rêves au-delà des ruelles des camps de réfugiés ; ils ont eu la vision d’un foyer qu’ils n’auraient jamais la possibilité de voir.

Je me suis inquiété pour notre sécurité quand nous nous sommes avancés par milliers dans le secteur qualifié par Israël de “zone d’exclusion”. J’ai réfléchi aux conséquences. Debout avec ma famille près de la place de la Marche du Retour, dans l’est de Khan Younis, nous avons tous reçu du gaz lacrymogène, y compris les enfants. Cela m’a fait de la peine de voir l’innocence de l’enfance souillée par cette expérience traumatisante. Mais il y a un point que beaucoup de gens ne comprennent pas : à Gaza, que nous soyons dans nos maisons ou rassemblés dans les champs pour manifester, nous ne sommes jamais vraiment en sécurité, nous ne sommes jamais vraiment vivants. Tout se passe comme si toute notre existence, avec nos rêves de rejoindre un jour notre foyer et de vivre dans la dignité, devait se cacher dans le noir.

Cette année, après que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël et a estimé possible de réussir ce qu’il a appelé l’“accord du siècle”, les Palestiniens ont eu le sentiment qu’une grave menace pesait sur le droit légal au retour des réfugiés, bien qu’il soit consacré par la résolution 194 des Nations Unies. Nous éprouvons une préoccupation collective quant à nos droits de réfugiés, qui semblent bien compromis, et nous devons résister à cette menace de façon novatrice, unifiée, révolutionnaire—selon une modalité échappant aux paramètres des négociations et des dissensions entre factions, pour faire pression sur Israël en revendiquant nos droits.

Depuis 70 ans, Israël persiste sans relâche à déplacer et à humilier les Palestiniens. Cela s’est passé en 1948, et de nouveau en 1967, et maintenant nous y assistons encore, avec la croissance des colonies. En même temps qu’Israël force les Palestiniens à partir, il fait venir de nouveaux immigrants du monde entier et les installe sur des terres volées aux Palestiniens, violant ainsi le droit international. Mais Israël est enhardi par l’absence de pression de la part de la communauté internationale et par le soutien de l’administration Trump, si bien que les colonies ne cessent de s’étendre inexorablement.

Israël ferait volontiers croire au reste du monde que nous, les Palestiniens, avons choisi de quitter nos foyers et de mener cette vie dégradante, en l’absence des droits humains les plus fondamentaux ; bref, que nous serions responsables de notre propre situation.

Aujourd’hui, nous, Palestiniens de Gaza, nous efforçons de briser les chaînes auxquelles Israël a voulu nous soumettre. Nous sommes des manifestants non armés qui opposent à des soldats lourdement armés leur protestation pacifique. De ce fait, Israël peut difficilement nous diffamer et justifier sa violence sans frein, et le monde constate la réalité : des civils innocents se font tuer uniquement pour avoir exercé leur droit de manifestation pacifique. Les prétextes invoqués par Israël pour justifier sa politique à l’égard des Palestiniens perdent peu à peu de leur efficacité, car les hommes et les femmes du monde entier voient de plus en plus clairement que le vrai visage d’Israël est celui d’un régime brutal d’apartheid.

Malgré la violence calculée et le ciblage de manifestants non armés par Israël, nous, Palestiniens de Gaza, avec notre Grande Marche du Retour, affirmons haut et fort que nous sommes encore ici. Pour Israël, c’est de notre identité que nous sommes coupables, mais nous célébrons précisément cette identité qu’Israël tente de criminaliser. Des personnes de tous les milieux rejoignent la marche. Des artistes contribuent avec la danse traditionnelle, le dabké, des intellectuels organisent des cercles de lecture, des comédiens s’habillent en clowns et jouent avec les enfants. C’est bien là le plus frappant : ces jeunes pleins de vie, joueurs, dont le rire est la plus belle protestation.

L’ONU a lancé une mise en garde, annonçant que la bande de Gaza risque d’être inhabitable d’ici deux ans. Résistant au sort qu’Israël a prévu pour nous, nous ripostons pacifiquement avec nos corps et notre amour de la vie, et nous invoquons ce qu’il reste encore de justice en ce monde.

*L’auteur de cet article, Ahmad Abu Rtemah est un écrivain indépendant et activiste des médias sociaux basé à Gaza, et un des organisateurs de la Grande Marche du Retour.

Source : The Nation
Traduction : SM pour l’Agence Média Palestine