Artistes et journalistes de radiotélévision palestiniens : pour un boycott de l’Eurovision 2019 !

Le régime israélien d’occupation militaire, de colonisation et d’apartheid utilise sans vergogne l’Eurovision dans le cadre de sa stratégie officielle de la « Marque Israël »

12 juin 2018

Nousmembres du syndicat des journalistes palestiniens et de réseaux d’organisations culturelles palestiniennes, appelons les membres de l’Union européenne de radio-télévision (UER), les états participants, les concurrents et le public à boycotter le concours de chansons de l’Eurovision 2019 qui doit être accueilli en Israël. L’Eurovision aurait-elle organisé le concours dans l’Afrique du Sud de l’apartheid ?

Le régime israélien d’occupation militaire, de colonialisme et d’apartheid utilise de manière éhontée l’Eurovision dans le cadre de sa stratégie officielle de la « Marque Israël »qui tente de montrer le « plus beau visage d’Israël » pour le blanchir et détourner l’attention de ses crimes de guerre contre les Palestiniens.

Depuis le 30 mars 2018, les snipers israéliens ont implémenté une politique de « tirer-pour-tuer-ou-mutiler »tuant plus de 117 manifestants palestiniens non armés, dont 13 enfants, et en blessant plus de 13 000dont beaucoup restent avec des handicaps qui ont changé radicalement leur vie.

Rien que le 14 mai, juste deux jours après la victoire à l’Eurovision, Israël a massacré 62 Palestiniens à Gazadont six enfantsLe même soir, Netta Barzilai, qui représentait Israël à l’Eurovision 2018, a donné un concert de célébration à Tel Aviv, hébergé par le maire, disant « Nous avons une raison d’être heureux ». 

Soulignant ses intentions de blanchir par l’art son gouvernement d’extrême-droite, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a appelé Barzilai «  la meilleure ambassadrice d’Israël ».

Pour comble d’insulte, Israëa annoncé que ce méga-événement aurait lieu à Jérusalemun défi aux Nations Unies, qui ne reconnaît la souveraineté d’Israël sur aucune partie de la villeLes Nations Unies et l’Union européenne considèrent aussi Jérusalem Est comme partie intégrante du territoire palestinien occupé, illégalement annexé par Israël.

Mais qu’il soit organisé à Jérusalem, à Tel Aviv ou où que ce soit d’autre sous le contrôle du régime d’apartheid d’Israël, ce concours doit être boycotté pour éviter toute complicité, tout « business as usual » avec ce régime, et pour éviter de ternir irréversiblement le label Eurovision avec le monstrueux dossier d’Israël en matière de droits humains.

Les gens de conscience dans le monde entier arrivent à la même conclusion, et nous sommes encouragés par leur solidarité.

En Islandeprès de 8% de la population du pays a signé une pétition pour boycotter l’Eurovision 2019. Le consul israélien en Islande s’est précipité pour essayer de contrôler les dégâts.

En Irlandeun ancien vainqueur de l’Eurovision Charlie McGettigan, le maire de Dublindes politiciens et des dirigeants syndicaux ont appelé au boycott de l’Eurovision 2019. Des appels similaires sont venus du Royaume-Unide Suèdede Malted’ Australie et de l’État espagnolun mécontentement public croissant se propageant en Europe.

En tant qu’organisations et syndicats représentant les artistes et les journalistes palestiniens, dont les journalistes de radiotélévisionnous appelons :

  • les membres de l’UER et les concurrents à boycotter l’Eurovision 2019 tant qu’Israël sera le pays hôte

  • les mouvements populaires et les syndicats d’artistes dans les pays participants à protester contre le fait qu’Israël accueille l’Eurovision 2019 et à faire des actions de boycott pacifique

  • nos collègues, artisteet journalistes de radiotélévision, à soutenir publiquement et à diffuser cet appel

Comme dans le combat contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, c’est seulement par une pression internationale efficace et soutenue qu’Israël sera contraint à se conformer à ses obligations selon le droit international et à respecter les droits humains des Palestiniens.

Signataires:

Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI)

Le syndicat des journalistes palestiniens

Le réseau palestinien des arts du spectacle (PPAN) :

Edward Said National Conservatory of Music– Jerusalem

Al-Kamandjati Association – Ramallah

Magnificat Institute – Jerusalem

Popular Art Centre – Al Bireh

El-Funoun Palestinian Dance Troupe – Al Bireh

Wishah Troupe – Al Bireh

Freedom Theater – Jenin

Theatre Day Productions – Gaza/Jerusalem

Al Harah Theater – Beit Jala

Ashtar Theater – Ramallah

Yes Theatre – Hebron

The Popular Theatre – Ramallah

Palestinian Circus School – Birzeit

Le réseau des arts à Jérusalem “Shafaq” :

Al-Ma’mal Foundation for Contemporary Art

The Edward Said National Conservatory of Music

Palestinian Art Court-Al Hoash

Palestinian National Theatre

Yabous Cultural Centre

Source: PACBI

Traduction: C.G




« Un nouveau jour » : Une chanson et un espoir

Par Haidar Eid et Khalil Abu Yahia, 18 juin 2018

Un groupe d’activistes palestiniens et d’artistes palestiniens à Gaza ont lancé le 5 juin dernier un clip vidéo intitulé « Un nouveau jour » commémorant le 70e anniversaire de la Nakba palestinienne, le 51e anniversaire de la Naksa de 1967, et en solidarité avec la Grande Marche du Retour. 

La chanson originale et immortelle a été interprétée il y a 51 ans par le défunt légendaire chanteur égyptien « Abdul Halim Hafez ».

Les paroles ont été écrites par le défunt poète égyptien Abdel Rahman Alabnoudi et composées par Baligh Hamdi pour exprimer l’état de frustration et de mélancolie accompagné d’une forte volonté de défi, de fermeté et de refus d’accepter. La chanson, à l’époque était devenue un hymne de résistance contre l’occupation.

Ci-dessous, un enregistrement récent de « A New Day » (un nouveau jour), caractérisant le courage et l’optimisme palestinien, interprété par l’universitaire et militant Haidar Eid:

Traduction: Agence Média Palestine

Source: The Citizen.in


 




Quand racisme et ségrégation sont perçus comme des « droits légitimes »

Par Suhad Bishara, Haokets, le 21 juin 2018

Des protestations contre des familles arabes qui emménagent dans des villes juives nous rappellent que, tant que tout le monde ne sera pas libre de choisir où il veut vivre, le régime israélien restera fondamentalement ségrégationniste et raciste.

Image de manifestation d’israéliens d’extrême-droite

Les résidents juifs d’Afula, ville du nord d’Israël, ont protesté la semaine dernière contre la vente d’une maison à une famille arabe et la possibilité que la ville ait une population mixte juive et arabe.

Je ne doute pas une seconde que toute personne croyant à la liberté et à la justice verrait cette protestation comme l’expression d’un racisme pro-ségrégationniste rappelant l’apartheid sud-africain.

Cette protestation arrive juste quelques mois après que Sivan Yehieli, président du Conseil Municipal de Kfar Vadim, a annoncé que sa ville champêtre devait conserver son caractère juif-sioniste après que 58 citoyens arabes ont remporté le droit de construire leur maison dans la ville.

Disons les choses clairement : 150 protestataires, ce n’est pas une aberration en Israël. Ils ont simplement exprimé ouvertement la ségrégation raciste sur laquelle le régime a été fondé. C’est précisément la façon dont l’autorité militaire – en fait de 1949 à 1966 – a géré les citoyens arabes d’Israël : « nettoyer » de vastes étendues de terre afin d’y établir des Juifs et s’assurer des réserves de terre qui continueraient à servir exclusivement aux Juifs israéliens.

Ce processus de « nettoyage » a été mis en place, entre autres, par la construction de centaines de nouvelles villes et communautés juives, ainsi que par l’établissement de comités d’admission dans les kiboutzs, les moshavs et autres communautés.

Yehieli représente fidèlement la politique des autorités israéliennes de planification qui vise à restructurer démographiquement le pays. Il représente un système juridique israélien qui a refusé d’accorder l’installation de sa propre décision d’autoriser les résidents palestiniens d’Iqrit et de Bir’im déplacés intérieurement à retourner dans leurs villages, ce qui a donné le feu vert à la Loi des Comités d’Admission et qui donne le droit à l’État de déraciner les résidents d’Umm al-Hiran afin de les remplacer par des citoyens juifs – exactement comme pendant et immédiatement après la Nakba. Et nous pouvons en attendre encore beaucoup plus.

Des Bédouines ramassent leurs biens dans les ruines de leurs maisons détruites dans le village d’Umm al-Hiran, dans le désert du Negev, le 18 janvier 2017.
(Hadas Parush/Flash90)

Ce n’est pas une coïncidence si la loi fondamentale proposée pour l’Etat-nation comporte une clause autorisant l’État à « permettre à une communauté, y compris celles n’appartenant qu’à une seule religion ou une seule nationalité, de conserver une vie en société séparée ». Cette proposition de loi fondamentale confirmera sur un plan constitutionnel et normatif la politique israélienne de ségrégation. En réalité, la citoyenneté des Arabes restera conditionnelle, pourvu qu’elle n’entre pas en conflit avec l’indépendance et la suprématie juives et le ‘droit’ des citoyens juifs de choisir de vivre séparément sans que d’autres citoyens puissent saboter leur désir d’homogénéité.

L’essentiel de la critique adressée au racisme des résidents d’Afula vise le manque de développement des communautés arabes, ce qui oblige les jeunes citoyens arabes à chercher des solutions de logement près des villes juives.

Ce raisonnement empêche d’envisager une situation dans laquelle un citoyen arabe d’Israël aurait le droit de choisir où elle/il souhaite vivre, simplement parce que cela lui convient de vivre là. Il adopte le paradigme d’un régime territorial discriminatoire, raciste et semblable à de l’apartheid, qui les oblige à trouver une explication circonstancielle au phénomène plutôt que de l’appeler par son nom : racisme et ségrégation.

Imaginez un scénario dans lequel le gouvernement israélien entamerait des démarches sans précédent pour allouer de la terre pour le développement des communautés arabes. Imaginez qu’il commence à développer les communautés arabes de toutes sortes – villes, villages et communautés agricoles – tout en assurant le développement de zones industrielles et commerciales conformément aux principes de justice distributive et réparatrice.

Et pourtant, même dans ce scénario, reste le droit de tout citoyen arabe de décider où il ou elle veut vivre – que ce soit à Kfar Vadim, Tel Aviv ou Afula.

Tant que les autorités de l’État d’Israël ne pourront ou ne voudront pas imaginer la terre de ce pays comme ouverte à tous, nous ne pourrons parler de justice ou de droits constitutionnels. Le régime israélien restera fondamentalement ségrégationniste et raciste. Vivre en ségrégation restera raciste, même sous la formulation « séparés mais égaux ».

Imaginez des manifestants protestant contre des Juifs qui achèteraient des logements dans une ville chrétienne d’Europe. Les Israéliens les déclareraient racistes et antisémites, et le premier ministre d’Israël ferait sûrement remarquer que cela lui rappelle les sombres jours qui ont conduit à l’Holocauste. En Israël pourtant, une scène presque identique est décrite par l’ancien maire d’Afula, Avi Elkabetz, comme suit : « Les résidents d’Afula ne veulent pas d’une ville mixte. Ils veulent une ville juive – et c’est leur droit. Ce n’est pas du racisme. »

Ainsi le racisme en Israël devient, comme par magie, le « droit légitime » du citoyen juif.

La procureure Suhad Bishara est la directrice de l’Unité des Droits et de la Planification Territoriale, Adalah – Centre Juridique pour les Droits de la Minorité Arabe en Israël. Cet article a d’abord été publié en hébreu dans Haokets.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : 972mag




Imposer des sanctions à Netanyahu pour ses crimes de guerre à Gaza, dit HRW

Par Ali Abunimah – 14 juin 2018

De jeunes palestiniens se tiennent le 2 juin devant une position militaire fortifiée israélienne à la frontière Gaza-Israël, à l’Est de Khan Younis, pendant les manifestations contre le siège israélien et pour le droit au retour. (Ashraf Amra / APA images)

Les dirigeants israéliens responsables de l’assassinat de plus de 100 manifestants palestiniens depuis le 30 mars dans la Bande de Gaza occupée devraient faire face à des sanctions, dit Human Rights Watch.

« Il faut que la communauté internationale détruise les vieux modèles auxquels se réfère Israël et par lesquels les USA font obstacle à sa responsabilisation avec leur veto au Conseil de Sécurité de l’ONU », déclare Sarah Leah Whitson, directrice du groupe Moyen-Orient, dans un nouveau rapport sur les tirs mortels sur plus de 60 Palestiniens en un seule journée le 14 mai.

Whitson dit que le monde doit commencer à faire payer à Israël « le coût réel » de son « mépris flagrant pour la vie des Palestiniens ».

Parmi ceux tués ce jour là, il y avait sept enfants, dont une fille de 14 ans, Wesal Khalil. Cinq avaient été atteints à la tête ou au cou et deux à l’abdomen.

« Les pays tiers devraient imposer des sanctions contre les fonctionnaires responsables de graves violations continues des droits de l’Homme », déclare Human Rights Watch.

Parmi les responsables israéliens nommés dans le rapport comme approuvant la politique du tirer-pour-tuer-ou-mutiler contre des gens qui « ne présentaient aucune menace vitale imminente » il y a le chef des armées Gadi Eizenkot, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman et le premier ministre Benjamin Netanyahu.

De son côté, l’association palestinienne des droits de l’Homme Al-Haq a publié une liste de déclarations publiques de dirigeants israéliens montrant leur intention de commettre des crimes de guerre.

Human Rights Watch a interviewé neuf témoins du massacre du 14 mai, dont sept ont été eux-mêmes atteints par les snipers israéliens à différents endroits le long de la frontière Gaza-Israël où ont pris place les manifestations de la Grande Marche du Retour.

Six des témoins ont dit qu’il se trouvaient à 200 à 300 mètres des deux barrières parallèles, qu’Israël a dressées le long de la frontière, quand les forces israéliennes leur ont tiré dessus à balles réelles.

« Parmi les victimes, il y a des journalistes, des membres de la protection civile et des bénévoles qui essayaient d’évacuer les blessés, et un enfant qui s’éloignait en courant des barrières », énonce le rapport.

Trois autres témoins, dont un garçon de 14 ans, ont dit qu’ils ont été touchés alors qu’ils étaient à 30 à 40 mètres des barrières.

Un homme blessé, abattu

Lors d’un incident navrant, Samer Nasser, 23 ans, a dit qu’il faisait partie d’un groupe qui avait jeté des pierres et essayé d’approcher de la barrière de barbelés à l’Est de Jabaliya quand quelqu’un près de lui a été atteint au bras.

Nasser a essayé d’évacuer l’homme dans son « tuk tuk » – tricycle motorisé – quand les forces israéliennes ont « entamé un tir nourri ».

« L’homme blessé dans mon tuk tuk a été à nouveau atteint à la tête et est mort sur le coup, et j’ai été atteint à la cuisse », a dit Nasser. « J’ai saigné pendant un quart d’heure et j’ai dû ramper jusqu’à une femme qui m’a aidé. »

Une vidéo prise par un autre résident de Gaza, Jamil Barakat, montre la femme qui s’abrite derrière un rocher tout en faisant signe à Nasser et l’encourageant à ramper jusqu’à elle.

« Heureusement, nous n’avons pas été touchés, mais nous n’avons pu ni avancer ni reculer pendant une demie heure parce qu’ils ouvraient le feu sur nous », a déclaré Barakat, qui s’abritait aussi derrière le rocher.

Cependant, Maher Harara, 48 ans, du quartier de Shujaiya à l’est de Gaza ville, a dit à Human Rights Watch « qu’il avait vu le doigt d’une femme arraché alors qu’elle faisait le V de la victoire » tandis qu’elle était à environ 40 mètres des barrières.

Harara lui-même a été atteint à la jambe dans la même zone quelques heures plus tard.

« Je ne portais rien, même mon téléphone portable était dans ma poche, et je me tenais tout seul, mais peut-être qu’ils m’ont tiré dessus parce que je portais un pantalon noir et un tee-shirt noir, ce qui leur a fait penser que j’étais un chef, ce que je n’étais pas », a-t-il dit.

Aucune justification

Tandis que Human Rights Watch cite un exemple où quatre hommes armés ont tiré sur les forces israéliennes au nord de Gaza le 14 mai, l’association remarque que la très grande majorité des manifestants n’était pas armée.

L’armée israélienne a admis ce jour là que « Nos troupes n’ont subi aucun tir direct soutenu » et que personne de Gaza n’a réussi à traverser les barrières à la frontière.

Un témoin a dit à Human Rights Watch qu’il avait eu « connaissance d’une personne qui avait rejoint les manifestations du 14 mai en portant une arme, mais ne l’avait apparemment pas utilisée parce que des membres du Hamas l’avait averti que s’en servir pouvait rapidement conduire les soldats israéliens à viser la zone ».

Israël prétend que ses tirs intensifs à balles réelles, qui ont blessé environ 3.900 personnes, causant quantité de blessures graves et ayant un impact sur le reste de leur vie et qui provoquent une catastrophe médicale, sont nécessaires à son auto-défense.

« L’utilisation de tirs à balles réelles ne peut se justifier par la croyance que tout Palestinien qui essaie d’ouvrir les barrières est une menace vitale imminente », dit Human Rights Watch, mettant l’accent sur le nombre de fois où les victimes ont été atteintes loin des barrières.

L’association réagit aussi aux efforts faits par Israël pour justifier le massacre du 14 mai après coup en prétendant que 50 de ceux qui ont été tués étaient des membres du Hamas.

« L’encouragement du Hamas et son soutien aux manifestations et la participation de membres du Hamas aux manifestations ne justifient pas l’utilisation de tirs à balles réelles contre des manifestants qui ne représentaient aucune menace pour la vie », déclare Human Rights Watch.

L’association exhorte la Procureure en chef de la Cour Criminelle Internationale, Fatou Bensouda, à ouvrir une enquête officielle sur les violations contre les Palestiniens qui pourraient déboucher sur la mise en accusation et le procès de dirigeants israéliens.

USA, Israël isolés à l’ONU

Le rapport de Human Rights Watch est sorti le jour où l’Assemblée Générale de l’ONU s’est réunie pour voter sur une résolution déplorant « tout usage excessif, disproportionné et aveugle de la force par les forces israéliennes contre les civils palestiniens », ainsi que l’utilisation de balles réelles contre les manifestants, enfants, personnel médical et journalistes.

Le texte ressemble à un projet que les Etats Unis ont voté plus tôt ce mois-ci au Conseil de Sécurité.

Malgré l’intense opposition de la part des Etats Unis et d’Israël, l’Assemblée Générale l’a voté par 120 voix contre 8 et 45 abstentions.

La résolution « déplore aussi le tir de roquettes de la Bande de Gaza contre des zones civiles israéliennes » – rare occurrence – mais n’a nommé ni le Hamas ni aucun autre groupe comme jugé responsable.

Les USA avaient essayé d’introduire un amendement condamnant le Hamas, mais il a été rejeté.

La résolution qui a été votée ne demande aucune conséquence spécifique pouvant tenir Israël pour responsable, demandant simplement au secrétaire général de l’ONU de présenter des propositions sur un « mécanisme de protection internationale » pour les Palestiniens qui vivent sous occupation militaire israélienne.

Malgré le manque de mordant de la résolution, le vote a néanmoins fourni un autre signal de l’isolement américain et israélien. Les seuls pays qui ont rejoint la paire en votant contre la résolution furent le Togo, l’Australie et et quelques minuscules états insulaires et leurs dépendances, Nauru, la Micronésie, les Iles Marshall et les Iles Salomon.

A remarquer que les pays de l’Union Européenne se sont scindés entre les 12 qui ont voté pour la résolution et les 16 qui se sont abstenus.

La France, la Belgique et l’Irlande ont soutenu la résolution, tandis que l’Allemagne, le Royaume Uni et les Pays Bas ont fait partie de ceux qui se sont abstenus.

Pourtant, même les votes positif de pays européens ne sont rien de mieux que des déclarations d’intention, étant donné l’énorme et profonde complicité européenne avec le régime israélien d’occupation, de colonisation et d’apartheid.

Le même jour que le vote de l’ONU par exemple, une coalition d’organisations a publié un rapport soulignant le rôle de trois sociétés françaises, dont une succursale des chemins de fer nationaux, dans la construction et le fonctionnement du tramway israélien pour relier ses colonies dans et autour de Jérusalem Est, en violation du droit international.

Le Canada, où le gouvernement libéral de Justin Trudeau a poursuivi la politique résolument pro-israélienne de son prédécesseur conservateur, s’est lui aussi abstenu.

Auparavant, le Canada avait voté pour l’amendement américain rejeté qui voulait faire porter le blâme sur les Palestiniens.

Traduction : J. Ch pour l’Agence Média Palestine
Source : The Electronic Intifada




A l’action pour Gaza : Accueillons la flottille de la liberté à LYON – vendredi 29 juin – 18h – Quartier de la Confluence

A l’action pour Gaza : Accueillons la flottille de la liberté à LYON

Plus d’info sur le site

Deux voiliers, le « Mairead » et le « Falestine » feront escale à Lyon le vendredi 29 juin. Ils font partie d’une flottille de 4 bateaux partis du Nord de l’Europe, qui voguent courageusement vers Gaza, par mer et voies fluviales, pour dire encore une fois NON au blocus et à l’injustice qui frappent la Palestine.

Cela fait plus de 11 ans que 2 millions de Palestinien.ne.s sont enfermés à Gaza dans des conditions de vie intolérables, et menacés sans répit par l’armée israélienne. Depuis les 30 mars la société civile gazaouie a engagé sans violence la Grande Marche du Retour qui est réprimée dans le sang. Cette flottille est un acte militant pour le rappeler, elle mérite notre soutien.

A Paris, la police fluviale, sur ordre du gouvernement, les a empêché scandaleusement d’accoster. Ceci ne doit pas se produire à Lyon, nous voulons accueillir ces bateaux et ces équipages courageux comme il se doit.

-> Merci de sensibiliser vos élus dans ce but (voir en pièce jointe)

-> Nous vous appelons à accueillir ces équipages et partager avec eux un pique-nique solidaire

VENDREDI 29 JUIN à parti de 18h

Quartier de la Confluence (Vers la MJC)

https://www.facebook.com/events/2043228549331682/

Voici également l’Appel aux élu.e.s de l’agglomération lyonnaise rédigé par le Collectif 69 de soutien au peuple palestinien (c/o « Maison des Passages » 44 rue Saint Georges. 69005 LYON)

courriel : palestine69@wanadoo.fr ; site Internet : http://collectif69palestine.free.fr, tel : 06 01 91 52 18.

Le 21/06/2018

Flottille de la liberté :

Accueillons dignement les bateaux en route pour GAZA.
Deux voiliers, le « Mairead » et le « Falestine » feront escale à Lyon le vendredi 29 juin.
Ils font partie d’une flottille de 4 bateaux partis du Nord de l’Europe, qui voguent courageusement vers Gaza, par mer et voies fluviales, pour dire encore une fois NON au blocus et à l’injustice qui frappent la Palestine. Le blocus israélien, c’est, depuis 11 ans, la mort lente pour deux millions de Palestiniennes et Palestiniens emmurés, encerclés, piégés dans un ghetto, sans refuge possible, sans protection, sous les balles et les bombes israéliennes.

Le « Mairead » et le « Falestine » n’ont pu faire escale, pourtant prévue à Paris, contraints par la police fluviale à ne faire aucune halte, passant devant les personnalités (Jack Lang, Leila Shahid…) et citoyens qui devaient les accueillir. Ainsi les autorités parisiennes se sont conformées aux injonctions des autorités israéliennes et leurs supplétifs, pour que les bateaux ne fassent pas escale dans la Capitale.

De plus en plus de nos compatriotes ont une image très négative d’Israël. Ainsi selon un sondage IFOP pour l’Union des étudiants juifs de France, 57% des français ont une mauvaise image d’Israël, 71% pensent qu’Israël porte une lourde responsabilité dans l’absence de négociation avec les Palestiniens et 57% estiment qu’Israël constitue une menace pour la stabilité régionale. Cette enquête a été réalisée début mai avant les massacres de Gaza.

Nous en appelons à vous, élu.e.s, afin que ne soit pas réitéré l’indignité de l’épisode parisien, c’est pourquoi nous avons également écrit au président de la Métropole.

Nous en appelons à vous, afin que nous puissions, tous ensemble, accueillir dignement et sans encombre, à Lyon, la flottille de la liberté.

Recevez nos très cordiales salutations.

Pour le Collectif 69 de soutien au Peuple Palestinien

Jérôme Faynel




Nous n’arrêterons pas de filmer, nous n’arrêterons pas d’écrire

Par Gideon Levy, 17 juin 2018

 

La Knesset pourrait agir non seulement contre la presse, mais aussi contre les groupes pour les droits humains et contre les Palestiniens, les derniers témoins dans les poursuites contre l’occupation.

Nous violerons cette loi fièrement. Nous avons l’obligation de violer cette loi, comme toute loi sur laquelle flotte un drapeau noir. Nous n’arrêterons pas de documenter. Nous n’arrêterons pas de photographier. Nous n’arrêterons pas d’écrire – de toutes nos forces.

Les organisations des droits humains feront la même chose et, comme elles, nous l’espérons, les témoins palestiniens, qui seront bien sûr punis plus que tout autre. Selon le projet de loi entériné dimanche par le Comité ministériel pour la législation [mais avec quelques demandes de changements dans la formulation], les individus documentant les actions des soldats des Forces de défense israéliennes en Cisjordanie peuvent être envoyés jusqu’à cinq ans en prison, dans certaines circonstances.

Une jolie initiative, M. le député à la Knesset Robert Ilatov, démocrate du célèbre parti de la liberté Yisrael Beiteinu. Votre projet de loi prouve justement à quel point les Forces de défense israéliennes ont quelque chose à cacher, ce dont elles doivent être gênées, ce qu’il y a à couvrir, au point que même la caméra et le stylo sont devenus leurs ennemis. Ilatov contre le terrorisme des caméras et Israël contre la vérité.

Au moment où la police israélienne équipe ses agents de caméras-piéton, qui, selon elle, ont fait leurs preuves lorsqu’il s’agit de réduire la violence policière, Israël essaie d’enlever les caméras des territoires occupés, la véritable arène de son déshonneur – pour que la vérité ne soit pas exposée et que l’injustice soit minimisée.

Sans caméras, l’affaire Elor Azaria n’aurait pas existé ; sans caméras, il y aura beaucoup plus d’Azarias. C’est exactement l’objectif de la loi : avoir beaucoup d’Azarias. Ce n’est pas que la documentation réussisse à empêcher quoi que ce soit. Les forces de défense israéliennes et le public ne s’excitent plus beaucoup sur les violations des droits humains et sur les crimes de guerre dans les territoires, et la plupart des journalistes n’y prennent plus non plus d’intérêt.

Quand on pense que briser des os avec une pierre en face des caméras d’une chaîne américaine a causé un scandale pendant la première intifada ! Aujourd’hui, personne n’est perturbé par de telles images ; on peut même douter, en fait, qu’on ferait l’effort de les publier. Mais les soldats israéliens ont appris à traiter la caméra et le stylo comme l’ennemi. Si nous présentions autrefois nos cartes de presse aux checkpoints, aujourd’hui nous les cachons pour que les soldats ne nous attrapent pas, avec tous nos méfaits. Un jour, nous avons même été arrêtés.

Couvrir l’occupation aujourd’hui implique déjà de violer la loi. Les Israéliens ont l’interdiction d’entrer dans la zone A [contrôlée par les Palestiniens] et les journalistes doivent « coordonner » leur entrée avec le bureau du porte-parole des forces de défense israéliennes. Mais parce que du journalisme sous coordination n’a pas de sens, sauf pour le journalisme des correspondants militaires en Israël, nous ignorons cet ordre ridicule, nous mentons aux checkpoints, nous fraudons, nous nous faufilons, nous utilisons des tactiques de contournement et nous allons partout en Cisjordanie.

Où étiez-vous ?, demande le soldat après chaque visite à Hébron. A Kiryat Arba. Qu’est-ce que vous y faisiez ? Nous y avons des amis. Parce qu’il n’y a qu’une poignée négligeable de journalistes qui prennent encore la peine d’y aller, les autorités ferment les yeux.

Mais la technologie et l’ONG B’Tselem ont donné naissance à un nouvel ennemi : des caméras vidéos qui sont remises à des volontaires palestiniens, et dans la foulée aussi des téléphones portables, dans les mains de chaque volontaire palestinien ou de Machsom Watch. Tout d’un coup, il est plus difficile de couvrir et de mentir. Tout d’un coup, il est impossible d’inventer facilement des couteaux et d’autres dangers imaginaires après chaque assassinat futile. Qui nous sauvera ? Ilatov et son projet de loi, qui a bien sûr reçu les encouragements d’un autre démocrate célèbre, le ministre de la Défense Avigdor Lieberman.

En 2003, quand les soldats des forces armées ont arrosé à balles réelles la voiture blindée avec des plaques d’immatriculation israéliennes que nous conduisions à Tul Karm, couverte de mentions « presse », la porte-parole des forces armées d’alors, Brig. gén. Miri Regev, avait demandé à l’éditeur en chef de Haaretz, qui essayait en urgence de mettre un terme à l’incident : « Mais qu’est-ce qu’ils font donc là-bas ? ».

Depuis, Israël n’a pas cessé de poser cette question. Maintenant, la Knesset pourrait très bien prendre des mesures : pas seulement contre la presse, avec laquelle elle continue à user de prudence, mais principalement contre les organisations des droits humains et les résidents palestiniens, les derniers témoins pour les poursuites contre l’occupation. Israël est en train de leur dire : plus de preuves incontestables.

Dans les notes explicatives sur le projet de loi, il est dit, à juste titre, que les témoins à charge et les témoins oculaires visent à « briser la motivation des soldats et des résidents israéliens ». C’est exactement leur objectif : briser la motivation à voir Azaria comme une victime et un héros, à penser que le massacre de 120 personnes non armées est légal et à ne pas vouloir savoir, entendre ou voir ce qui est fait chaque jour en notre nom, dans l’arrière-cour de notre pays.

Prochainement : une loi qui interdit toute critique des forces de défense israéliennes. Ilatov est déjà en train de la rédiger ; la plupart des Israéliens approuvent certainement. Et nous, nous refuserons aussi de la suivre, bien sûr.

Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine

Source : Haaretz




Flottille de la liberté pour Gaza – Paris interdit à la solidarité internationale

Flottille de la liberté pour Gaza – Paris interdit à la solidarité internationale

Communiqué de presse

Paris, le 18 juin 2018

Depuis 11 ans Israël inflige un blocus illégal et inhumain à la Bande de Gaza. S’y sont ajoutées quatre attaques militaires massives et la violence quotidienne de l’occupation, comme lors des Marches du Retour depuis le 30 mars 2018, violemment réprimées par l’armée d’occupation israélienne (plus de 130 morts et 13 000 blessés).

Devant l’impunité dont jouit Israël, des militant.e.s de la solidarité veulent apporter aide et solidarité aux Palestiniens de Gaza, en tentant de briser le blocus par la mer.

La flottille était à Paris ce 17 juin 2018, en route vers la Méditerranée. Deux petits voiliers suédois remontaient la Seine quand ils ont été vigoureusement interceptés par la police fluviale. D’abord longuement retardés par un contrôle plus que pointilleux à l’écluse de Suresnes, ils ont pu repartir vers les quais de Seine encadrés par les cerbères de la Préfecture, plutôt contents d’eux. Harcelés pendant des heures par deux ou trois vedettes de la brigade fluviale, ils ont maintenu le cap vers les quais sous l’Institut du Monde Arabe où les attendaient M. Jack Lang, son président, Madame Leila Chahid, Madame Christiane Hessel et des élu.e.s ainsi que l’ambassadeur de Palestine et quelques 300 citoyen.ne.s de Paris. Le rassemblement était dûment autorisé.

Quand les bateaux que nous accueillons et soutenons ont voulu s’arrêter au bord du quai – largement occupé par de nombreux bateaux de la fluviale – les vedettes et zodiacs les en ont vigoureusement empêchés, les collant à la coque et les poussant loin du quai puis les contraignant à s’éloigner vers l’amont, suivis tout le long du quai Saint Bernard par une douzaine de fourgons de police. Des rangées de policiers contenaient dans le même temps les manifestants pacifiquement rassemblés afin de leur interdire l’accès au quai.

Les organisateurs de cet accueil s’indignent de la politique scandaleuse de l’Etat français qui refuse dans sa capitale l’arrêt de deux embarcations pacifiques en mission de solidarité avec les deux millions de Palestiniens de Gaza, emprisonnés par un blocus implacable que condamne la communauté internationale dont la France. Refusant d’assumer cette contradiction et d’agir concrètement pour la levée effective du blocus de Gaza, affichant une grave irresponsabilité dans le traitement infligé à la flottille à Paris, la France a-t-elle choisi le camp de la force brute et du déni du droit?

Campagne de la Flottille de la Liberté pour Gaza

 




Une semaine ordinaire à Hébron: soutien au fonds de la liberté à Hébron

Les choses changent tout le temps à Hébron. Les colons et l’État d’Israël essaient constamment de faire croître le vol de la terre. Les soldats mettent en vigueur à Hébron le régime d’apartheid avec violence et racisme. Nous savons que cela vous importe et que vous voulez savoir ce qui se passe à Hébron et comment les familles palestiniennes qui y vivent font face. Aussi, à partir de maintenant, le Fonds pour la Liberté d’Hébron enverra des lettres mensuelles, et parfois plus fréquentes. Voici la première :

 

Le Fonds pour la Liberté d’Hébron qui oeuvre pour la Paix et la Justice

Nouvelles d’Hébron : 1 au 10 juin 2018

1er juin

Le véhicule d’une patrouille militaire a renversé un adolescent d’Hébron, Muhammad al-Zaru, près de la Mosquée d’ Abraham, dans la Vieille Ville d’Hébron.

2 juin

Des soldats israéliens ont visé et tué un ouvrier du bâtiment palestinien, Rami Wahid Sabarneh. Marié et père de 4 enfants, cet homme de 37 ans était de Beit Ummar dans la zone d’Hébron. L’armée a prétendu qu’il tentait de conduire un attentat à la voiture, affirmation que les témoins ont véhémentement dénoncée. Les soldats israéliens ont empêché une ambulance d’arriver jusqu’à Sabarneh pour lui fournir des soins médicaux.

4 juin

Dans la matinée, les Forces d’Occupation israéliennes ont arrêté chez elle Suzan Al-Oweiwi, 39 ans, conseillère municipale d’Hébron.

Dans l’après-midi, des colons israéliens sont entrés et ont essayé d’occuper une maison palestinienne dans la vieille ville d’Hébron. Heureusement, quelques heures plus tard, ils quittaient la maison.

Dans la soirée, l’armée israélienne a déclaré qu’elle recherchait un Palestinien « qui semblait suspect » dans les environs de Tel Rumeida, tirant quatre séries de balles réelles et deux rafales dans les airs, dont l’une a fait démarrer un incendie. Pendant leur recherche, ils ont déclaré la région zone militaire fermée, empêchant les résidents des quartiers adjacents d’y entrer.

Les soldats ont arrêté Ashrf Said, 45 ans, et son jeune fils alors qu’ils allaient prier pendant le mois sacré du Ramadan. Après qu’ils aient été relâchés et autorisés à poursuivre leur chemin, un autre soldat a menacé Said avec son M16.

A leur retour, le père et le fils ont à nouveau été stoppés. Les soldats ont violemment fouillé Said à corps. Quand nos observateurs bénévoles des droits de l’Homme ont essayé de leur faire la traduction, on les a menacés eux aussi. Regardez la vidéo tournée par Les Jeunes Contre les Colonies.

7 juin

Tôt le matin, l’armée israélienne a fermé à double tour les portes d’entrée de la maison de Sami Zahda, au début de la section de la rue Shuhada à laquelle les Palestiniens peuvent encore accéder. A l’intérieur, il y avait Sami, sa femme et leurs garçons de 3 et 4 ans. Le propriétaire du bâtiment a essayé d’en appeler aux soldats, expliquant que la seule autre issue était trop dangereuse. Grâce à la pression exercée par la communauté locale et les associations des droits de l’Homme, à 4 H. du matin, les soldats ont finalement descellé la porte d’entrée. Pourtant, dans la soirée, un large groupe d’enfants de colons, encouragés par la population adulte des colons, s’était rassemblé sur la terrasse de la maison, harcelant la famille et le reste de la population palestinienne. Plutôt que d’assurer la sécurité de tous, les soldats ont facilité les activités violentes des enfants et déclaré tout le terrain zone militaire fermée.

Fermer à double tour les portes d’entrée des Palestiniens à Hébron fait partie d’une plus large stratégie de bouclage et de réinstallation forcée vieille de 25 ans afin de détruire l’identité palestinienne d’Hébron.

10 juin

Aux premières heures du matin, l’armée israélienne a une nouvelle fois fermé à double tour les portes de la maison de la famille Zahda, malgré les protestations des familles palestiniennes voisines et l’illégalité de ces actions selon le droit international et même le droit israélien.

11 juin

Les soldats israéliens ont jeté de grosses pierres et une bouteille de jus sur le centre de la Jeunesse

Contre les Colonies à Tel Rumeida. Les actions des soldats ont fait suite au rassemblement au centre pour Iftar, la rupture du jeûne.

Haussant d’un cran son harcèlement, l’armée israélienne a arrêté le porte-parole des Jeunes Contre les Colonies, Mohammad Zoghayer, sur son chemin vers le centre, prétendant qu’il paraissait  « suspect ». Heureusement, il a été relâché le lendemain.

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Eid Mubarak (bonne fête de l’Aïd) à tous

Nous souhaitons à tous nos amis musulmans de bonnes fêtes de l’Aïd al Fitr.

La fête de l’Aïd célèbre la fin du mois sacré du Ramadan et le début de la nouvelle année. Pendant le Ramadan, on jeûne du lever au coucher du soleil pour renouveler sa vie spirituelle. Quand l’Aïd approche, les rues commerçantes de la vieille ville d’Hébron se remplissent d’une vie inhabituelle (tout au long du reste de l’année, l’impact dévastateur de l’occupation a transformé la vieille ville en ville fantôme).

Les familles préparent la fête en achetant des vêtements neufs et en remplissant leurs réserves pour célébrer l’Aïd al Fitr. Une halte favorite se fait aux sucreries al Sahel al Akhdar, où on prépare depuis 25 ans les festins du Ramadan, comme ces Suhoney pistachio borma. Nous vous encourageons à venir à Hébron où vous pourrez profiter vous même de ces douceurs.

Nous vous remercions pour votre solidarité avec la communauté palestinienne d’Hébron. Si le coeur vous en dit, faîtes s’il vous plaît un don maintenant pour nous aider à poursuivre notre tâche, par exemple cette lettre. Notre mission est de soutenir les familles palestiniennes d’Hébron qui subissent certaines des circonstances les plus difficiles de l’occupation.

Bonnes fêtes de l’Aïd al Fitr depuis Hébron,

Tous les membres du Fonds pour la Liberté d’Hébron

DONNEZ

The Hebron Freedom Fund
Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine




La Palestine crée un précédent avec sa plainte en justice

Par Zaha Hassan – 17 juin 2018

L’attention s’est focalisée sur la récente soumission par l’état de Palestine d’une requête à la Cour pénale internationale (CPI) alléguant que des responsables israéliens ont commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité envers le peuple palestinien. Pourtant, une autre plainte récemment déposée par l’état de Palestine a reçu beaucoup moins d’attention, bien que ses résultats soient importants pour la construction d’une base factuelle et juridique aux poursuites contre les responsables israéliens qui pourraient comparaître devant la CPI et d’autres forums — ainsi que contre l’état d’Israël lui-même si un avis consultatif était sollicité auprès de la Cour internationale de justice (CIJ).

La signification du dépôt de plainte de la Palestine au CERD

En avril, la Palestine a déposé une plainte auprès du Comité pour l’élimination de la discrimination raciale des Nations Unis (CERD), concernant de sérieuses violations des droits du peuple palestinien. Comme la requête à la CPI, elle allègue spécifiquement des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Pourtant le dépôt de plainte au CERD est notable pour trois raisons additionnelles : l’ « état de Palestine » est le plaignant ; l’action en justice est contre l’état d’Israël, non contre un individu ; et la procédure permet à des experts juridiques internationaux mandatés pour éradiquer le racisme, la ségrégation raciale et l’apartheid de rendre une décision sur les pratiques israéliennes dans les Territoires palestiniens occupés (TPO), décision qui sera considérée comme faisant autorité par les organismes internationaux comme la CPI et la CIJ.

Ce dépôt de plainte est aussi innovant en ce que la plainte est la première de son espèce. Jamais auparavant un état n’a utilisé ce mécanisme pour se plaindre des violations des droits humains d’un autre état. Si la procédure continue et qu’un panel ad hoc d’experts du CERD est appelé à présenter ses conclusions, ceci réaffirmera le statut d’état de la Palestine et aussi que les TPO sont une unité territoriale de souveraineté palestinienne. Alors que la Knesset israélienne envisage l’annexion de tout ou partie de la Cisjordanie et que le Département d’Etat des Etats-Unis enlève les références à la Cisjordanie et à Gaza comme territoires occupés de ses rapports par pays, avoir un organisme juridique international qui réaffirme que la Palestine a un statut juridique en tant qu’état souligne la position palestinienne et l’illégalité de la conduite d’Israël dans les TPO.

De plus, il n’y a jamais eu d’affaire juridique portée devant un forum international statuant sur les questions de droits humains ou de responsabilité criminelle internationale qui implique les états de Palestine et d’Israël comme parties adverses. Les mécanismes juridiques internationaux existants ne permettent pas à la Palestine de porter plainte contre Israël à propos de telles violations de droits. La CIJ n’a pas compétence pour traiter de litiges [entre deux états] sauf si tous deux acceptent sa juridiction [ce qui n’est pas le cas d’Israël]. Quant à la CPI, elle n’instruit que des affaires contre des individus.

Enfin, contrairement à l’Assemblée générale des Nations Unies ou le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui sont des organes politiques composés d’états, le CERD est un « organe conventionnel »  créé en appui de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale et il est composé d’experts juridiques internationaux du racisme et de la discrimination. Le CERD est mandaté pour faire respecter la convention anti raciste, qui est considérée comme un des instruments clés pour les droits humains. Tant la Palestine (en 2014) qu’Israël (en 1979) ont ratifié cette convention, ce qui requiert des deux états de respecter le principe d’égalité devant la loi et d’éradiquer les distinctions fondées sur la race, la couleur, ou l’origine nationale ou ethnique et toutes les pratiques de ségrégation raciale et d’apartheid, en particulier celles ayant lieu dans n’importe quel territoire sous leur juridiction.

Poursuivre l’action à la CPI mais se concentrer sur le CERD

La requête récente de la Palestine à la CPI est importante et a suscité des attentes pour une possible reconnaissance de la responsabilité criminelle de dirigeants israéliens civils et militaires dans des violations des droits humains commis dans les TPO. C’est la première fois que la Palestine a requis que la CPI ouvre une investigation, même si elle avait auparavant fourni de la documentation à la CPI pour son « examen préliminaire » sur des actes commis par Israël depuis l’ Opération Plomb durci de 2014 – un examen qui a avancé à une allure d’escargot et n’a pas abouti à l’ouverture formelle d’une investigation.

La requête à la CPI inclut les violations pendant la suppression des manifestations à Gaza connues sous l’appellation de Grande Marche du retour, la politique de colonisation d’Israël dans les TPO, y compris Jérusalem-Est, et la violence persistante contre les Palestiniens dans le cadre de l’expansion territoriale d’Israël. La requête palestinienne aura de sérieuses ramifications pour l’avenir des relations israélo-palestiniennes et des efforts de paix, et conduira à des lois américaines qui exigent la suspension de l’aide à l’Autorité palestinienne et la fermeture du bureau de représentation de l’OLP à Washington, DC.

Pourtant l’importance de la plainte de la Palestine au CERD ne peut être surestimée. D’autres forums internationaux s’appuient fréquemment sur les résultats factuels et les conclusions juridiques d’organes conventionnels des Nations Unies comme le CERD. Un exemple notable est l’avis consultatif de la CIJ sur la légalité de la construction du mur de séparation d’Israël dans les TPO. Ainsi, si les résultats du CERD suivant la décision sur la plainte de la Palestine contre Israël sont rendus publics, tout avis consultatif futur de la CIJ pourrait potentiellement se fonder sur eux– et ils pourraient faire autorité dans le cas maintenant référé à la CPI pour que des responsables israéliens soient tenus pour criminellement responsables. Ceci est le fait du dépôt de plainte de la Palestine devant l’organe anti-racisme des Nations Unies quelque chose à suivre, particulièrement depuis qu’une des allégations faites dans la requête récente à la CPI est qu’Israël a établi un système d’apartheid dans les TPO.

 

Zaha Hassan
Zaha Hassan, membre d’Al Shabaka, est avocate des droits humains et ancienne coordinatrice et conseillère juridique de l’équipe de négociation palestinienne lors de la candidature de la Palestine aux Nations Unies en 2010-2012. Elle est ME Fellow à la New America Foundation et directrice du Comité directeur palestinien pour la paix et la réforme. Elle a reçu un J.D. de l’université de Californie à Berkeley, un LLM en droit transnational et international de l’université Willamette, et un B.A. en sciences politiques et en langages et civilisations du Proche-Orient de l’université de Washington à Seattle.

Source : Al Shabaka
Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine




Les assassinats secrets d’Israël

Rod Such – 13 juin 2018

Rise and Kill First : The Secret History of Israel’s Targeted Assassinations     
(Lève-toi et Tue en Premier : L’Histoire Secrète des Assassinats Ciblés d’Israël)
par Ronen Bergman, Random House (2018)

 

La télévision israélienne a récemment présenté une vidéo où l’on voyait deux soldats se filmant mutuellement en train de tirer, tout en rigolant,  sur un manifestant palestinien à la frontière de Gaza. Filmer ses propres crimes contre l’humanité – faire du tir sur les Palestiniens un sport – laisse transparaître le sentiment de sécurité de qui n’a jamais été tenu pour responsable.

On trouve une preuve encore plus grande de cette impunité dans Rise and Kill First : The Secret History of Israël’s Targeted Assassinations du journaliste israélien chevronné Ronen Bergman, rédacteur attitré de The New York Times Magazine.

Les procureurs de la Cour Criminelle Internationale pourraient vouloir considérer ce livre comme pièce à conviction N°1 si jamais le gouvernement et les responsables militaires israéliens étaient poursuivis pour crimes de guerre. Il contient des reconnaissances manifestes de culpabilité dans la préparation et l’exécution d’assassinats extrajudiciaires en violation du droit international.

« Depuis la Deuxième Guerre Mondiale, Israël a assassiné plus de gens qu’aucun autre pays dans le monde occidental », écrit Bergman. Dans beaucoup de cas, au cours des deux dernières décennies, ces dits assassinats ciblés ont entraîné aussi la mort de près de 1000 passants, selon les calculs de Bergman – ces chiffres cependant n’incluent pas les dizaines de milliers de tués dans des actes évidents de guerre et de punition collective qui, pour la plupart, ne sont pas mentionnés dans ce livre.

Que les responsables israéliens aient été d’accord pour être cités et pour identifier d’autres par leur nom implique la certitude de n’être jamais tenus pour responsables dans une cour de justice. Considérez par exemple l’instruction donnée par l’ancien premier ministre Ariel Sharon à Avi Dichter, à l’époque directeur du Shin Bet. Sharon, reconnaissant ouvertement son intention de commettre un génocide, a déclaré : « Allez-y. Tuez-les tous. »

Il ne s’agissait pas que d’assassinats. Bergman écrit : « La ‘sécurité de l’État’ a servi à justifier un grand nombre d’actions et d’opérations qui, dans le monde visible, auraient été soumises à des poursuites judiciaires et de longues peines de prison : la constante surveillance des citoyens à cause de leur affiliation ethnique ou politique ; les méthodes d’interrogatoire comportant de la détention prolongée sans sanction judiciaire et de la torture ; de faux témoignages au tribunal et la dissimulation de la vérité aux avocats et aux juges. »

Rise and Kill raconte en détail la longue histoire de l’assassinat politique israélien, qui remonte au mandat britannique sur la Palestine. Elle comprend la période des dites Guerres Frontalières (terme utilisé par l’historien Benny Morris dans son livre Les Guerres Frontalières d’Israël, 1949-1956), la création de l’Organisation de Libération de la Palestine dans les années 1960, l’invasion israélienne et l’occupation du Liban dans les années 1970, la première et la deuxième intifadas dans les territoires occupés, qui ont commencé dans les années 1980, et les campagnes militaires incessantes contre le Hezbollah, la Syrie et l’Iran (le soi-disant Front Radical) qui se poursuivent aujourd’hui.

Au cours des décennies, les assassinats se sont sans cesse intensifiés, en partie à cause des progrès de la surveillance due à la technique des drones et des ordinateurs qui permettait aux agences de renseignement de mener des centaines d’opérations par an contre seulement quelques unes auparavant.

« Dommages collatéraux »

Le titre du livre provient du commandement talmudique qui dit qu’une personne a le droit de « se dresser et de tuer en premier » à titre préventif.

Ce concept a constitué le fondement, et moral et juridique, de la politique que de nombreuses associations de défense des droits de l’Homme considèrent comme non valable selon le droit international, parce qu’une exécution sans procès est une parodie de justice et efface la différence entre combattants et civils. Beaucoup de victimes étaient des personnes politiques ou même religieuses, très vraisemblablement non impliquées dans la planification d’attaques contre Israël, affirme Bergman.

La Haganah – précurseur paramilitaire de l’armée israélienne – a défini les assassinats comme des « opérations terroristes personnelles » visant les leaders du mouvement national palestinien. Après 1948, toutes les agences de renseignement d’Israël, dont le département du renseignement militaire Aman, le Mossad et le Shin Bet ont été impliqués dans des assassinats extrajudiciaires.

La politique d’assassinats a permis le meurtre de Palestiniens et autres Arabes, simplement parce qu’ils appartenaient à la résistance contre le colonialisme de peuplement israélien.

Les personnes tuées pour se venger de la prise d’otages et de la mort des athlètes israéliens aux Jeux Olympiques d’été à Munich en 1972, par exemple, prouvent que le renseignement israélien a pris les leaders ou les représentants de l’Organisation de Libération de la Palestine, et pas ceux directement impliqués dans le groupe de Septembre Noir qui avait planifié l’enlèvement. Le Palestinien Wael Zuaiter, qui traduisait Les Mille et Une Nuits de l’arabe en italien, alors qu’il vivait à Rome et faisait fonction de représentant local de l’OLP, fut l’une des victimes de l’assassinat , de même qu’un serveur marocain non identifié vivant à Lillehammer en Norvège.

Qu’un code raciste ait existé est indéniable, surtout si l’on tient compte de la distinction que faisaient les responsables israéliens du renseignement selon que le « dommage collatéral » concernait des Arabes ou des non-arabes : si des passants ou les membres d’une famille arabes risquaient d’être tués, l’opération avait quand même vraisemblablement son feu vert ; si des passants non-arabes risquaient la mort, il fallait l’éviter. Comme le note Bergman, « tant que les cibles se trouvaient en pays ennemi, et tant que les civils innocents étaient arabes, le doigt était rapide sur la gâchette ».

Le gouvernement et les responsables du renseignement israéliens ont même projeté d’abattre des avions commerciaux dans l’espoir d’assassiner des chefs de l’OLP. Même si ce projet n’a jamais été réalisé, les responsables israéliens avaient mis au point un plan élaboré pour abattre ce genre avion dans des zones hors de portée des radars au-dessus de la Mer Méditerranée afin que la découverte de l’épave soit plus difficile et le crime plus facile à dissimuler.

Des récits ont décrit un incident isolé raconté en détail par Bergman, dans lequel le naufrage d’un avion, dont on croyait qu’il transportait le président de l’OLP Yasser Arafat, a été « évité de justesse en 1982. L’avion transportait des enfants palestiniens blessés et Arafat n’était pas à bord.

Rater la cible

Une grande part des révélations de Bergman sont si choquantes qu’on se demande pourquoi un journaliste israélien apparemment loyal les présenterait. Mais il est presque le premier reporter à tenter l’aventure de l’exposition des secrets des agences de renseignement, même s’ils ternissent l’image soigneusement cultivée de l’État.

La raison en est que, généralement, les crimes documentés représentent des « fautes » qu’avec un peu de chance, l’exposé corrige sans fondamentalement mettre en cause la nature de l’État qui les commet. Ce genre journalistique rate largement sa cible. Les agences de renseignement ne collectent pas des informations pour protéger la sécurité de l’État, mais sont plutôt des acteurs secrets occupés à mettre en place les ambitions hégémoniques de l’État par tous moyens nécessaires.

Les agences de renseignement protègent leurs secrets. Seul un journaliste exceptionnel peut les dénicher grâce à une enquête assidue.

Le plus souvent, des responsables du renseignement ou du gouvernement laissent fuir eux-mêmes des secrets à cause de désaccords politiques, scissions entre factions dirigeantes ou ambitions politiques. Bergman reconnaît ce fait et déclare clairement que sa principale source a été feu Meir Dagan, général d’armée qui était devenu chef du Mossad sous les premiers ministres Ariel Sharon, Ehud Olmert et Benjamin Netanyahu.

Malheureusement, Bergman n’est guère plus qu’un transcripteur, n’ajoutant qu’une ébauche d’analyse ou d’arrière-plan historique. Par exemple, le projet secret de Dagan d’assassiner les savants nucléaires iraniens n’est cité que comme une méthode préférable à une action militaire au grand jour pour mettre fin au prétendu programme iranien d’armement nucléaire. Les négociations diplomatiques, qui ont abouti à un accord international et à un régime d’inspections rigoureuses pour le programme nucléaire de l’Iran, sont tout bonnement ignorées.

Ce livre a encore de nombreuses autres faiblesses, entre autres en négligeant les efforts des organisations israéliennes de défense des droits de l’Homme pour mettre fin aux assassinats extrajudiciaires et à la construction d’un récit israélien de telle sorte qu’il omette les nombreuses actions de punition collective menées contre le peuple palestinien depuis 1948. Dqns ses 784 pages, les mots « punition collective » ne figurent qu’une seule fois en référence à la démolition d’une maison.

Aucune référence à Deir Yassine et aux dizaines d’autres massacres qui ont eu lieu pendant la Nakba de 1948-49, le massacre de Khan Younis en 1956, les nombreuses provocations militaires qu’Israël a conduites dans les Hauteurs du Golan syrien avant la guerre de 1967 et les violations flagrantes par Israël des cessez-le-feu avec le Hamas à Gaza en 2008, 2012 et 2014 après la mort de milliers de personnes, dont des enfants.

Extradition et torture

A son crédit cependant, Bergman décrit les similitudes entre les agences de renseignement israéliennes et américaines, y compris le recrutement de journalistes en tant qu’espions, l’installation d’organisations en trompe l’oeil pour interférer dans d’autres pays, la collaboration avec d’ex-nazis et l’aide à l’identification de militants politiques de gauche sous des régimes autoritaires afin qu’ils soient torturés ou assassinés.

L’unité 504 d’Aman, qui s’est engagée dans des enlèvements, a anticipé le programme d’extradition et de torture qui a suivi les attaques du 11 septembre 2001. Et Bergman explique clairement que, et l’ancienne Secrétaire d’État Condoleeza Rice et le Conseiller en Sécurité nationale Stephen Hadley, tous les deux sous les ordres du président George W. Bush, ont approuvé et soutenu la politique israélienne d’assassinats.

En fin de compte, la croyance en l’efficacité des exécutions extrajudiciaires repose sur l’idée que ce sont les individus, et pas les forces sociales, qui font l’histoire : Eliminez une seule personne et l’histoire est changée. Après l’assassinat d’un chef du Hezbollah, Bergman rapporte que certains membres du renseignement israélien en sont venus à reconnaître que « le Hezbollah n’était pas la force de guérilla d’un seul homme – c’était un mouvement… un mouvement social populaire légitime ».

Bergman affirme théâtralement que les agences de renseignement israéliennes, en étant venues à réaliser la puérilité d’une politique d’assassinats contre la résistance palestinienne, adoptent la solution à deux Etats, les laissant en porte-à-faux (bien que « tranquillement ») avec le gouvernement actuel de Netanyahu. Dagan, en particulier, semble avoir été motivé, par une faille avec Netanyahu sur son opposition à un Etat palestinien, à laisser filer quelques-uns des secrets les plus préjudiciables d’Israël.

La probabilité finalement d’un Etat binational si la solution à deux Etats échouait, était une issue que Dagan craignait plus que quoi que ce soit d’autre. Dans l’une de ses dernières remarques lors d’un rassemblement politique israélien, Dagan a expliqué ses inquiétudes : « Je ne veux pas d’un Etat binational. Je ne veux pas gouverner trois millions d’Arabes. Je ne veux pas que nous soyons les otages de la peur, du désespoir et d’une impasse. »

Après avoir lu Rise and Kill First, on se demande : Si Dagan avait vécu, aurait-il ordonné l’assassinat de ceux qui prônaient un Etat binational démocratique ?

Rod Such est un ancien rédacteur des encyclopédies World Book et Encarta. Il vit à Portland, Oregon, et milite dans la campagne de Portland pour la libération de l’occupation. 

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada




Israël arrête un groupe de musique palestinien pour « création de sons qui incitent à la résistance »

12 juin 2018

L’orchestre Al Anwar dont les membres ont été arrêtés le 11 juin dans la ville occupée de Hebron pour « la création de sons qui incitent à la résistance » (QudsPress)

Hier, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté les membres d’un groupe palestinien de musique dans la ville de Hebron au Sud de la Cisjordanie, au prétexte « d’incitation ».

Selon une déclaration de l’armée israélienne, six Palestiniens ont été arrêtés pour « création de sons et de vidéos provocatrices qui incitent à la résistance ». Les vidéos ont circulé sur les réseaux sociaux, a ajouté l’armée.

Des sources locales ont dit à QudsPress que les forces d’occupation avaient attaqué et confisqué les maisons de  Nabil Al-Horoub, Bilal Al-Tawil, Bara’a Al-Talahoma et Bachar Zahida, qui ont formé le groupe  Al-Anwar.

L’arrestation  se produit après  plusieurs mois de détention de deux autres membres du groupe, Ahmed Al-Masri et Moussa Al-Horoub, qui ont été accusés de « soutenir le Hamas ».

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine
Source : Middle East Monitor

 




L’AURDIP demande à l’Académie des sciences de se retirer de la saison croisée France-Israël

Mesdames les Secrétaires perpétuels de l’Académie des sciences,
Monsieur le Président de l’Académie des sciences,
Monsieur le Vice-président,

L’Académie des sciences envisage de tenir le 19 juin 2018 une journée au cours de laquelle des lauréats des prix Nobel et Abel et de la Médaille Fields rencontreront des étudiants le matin et présenteront leur travaux l’après-midi. Louable initiative. Sauf que ….

Sauf que … la journée en question est organisée dans le cadre de la saison croisée France-Israël, sous le haut patronage de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République française, et qu’un discours d’accueil prononcé par Madame Aliza Bin-Noun, ambassadeur d’Israël en France, est prévu. Ce faisant, la journée prend un caractère politique. Mettre ainsi à l’honneur un État qui enferme dans un ghetto une population de 2 millions d’habitants et tire sur la foule lorsque celle-ci tente de rompre son joug est inacceptable.

Sauf que … cette journée se tient tout juste un mois après que la répression sanglante de la Marche du Retour à Gaza par l’armée israélienne a fait plus de 120 morts et 13000 blessés. Figurent parmi les personnes assassinées par les snipers israéliens nombre de civils, d’enfants, de journalistes et de personnels médicaux. L’Académie des sciences ne peut l’ignorer.

Sauf que … cette journée est organisée en collaboration avec l’Académie des sciences et des humanités d’Israël qui, sur ses 124 membres, n’en compte pas un seul issu de la forte minorité arabe de la population israélienne.

Sauf que … participe à l’organisation de cette journée le Technion. Cette université coopère étroitement avec le complexe militaro-industriel israélien, en particulier avec les sociétés Elbit Systems et Rafael Advanced Systems, à la mise au point de véhicules militaires et de bulldozers sans pilote, de drones, de méthodes de détection de tunnels, de systèmes de surveillance du mur de sécurité, de systèmes de vision nocturne. Elle contribue ainsi aux opérations militaires contre le peuple palestinien et à la poursuite de la colonisation. Le Technion est l’université israélienne comptant la proportion la plus élevée d’étudiants et de professeurs militaires, anciens militaires ou réservistes.

Sauf que … les étudiants et lycéens français intéressés à participer à ces rencontres devaient adresser leur lettre de motivation avant le 30 mars, selon une informationpubliée sur le site du comité français de l’Institut Weizmann des sciences et semble-t-il non diffusée sur celui de l’Académie des sciences française. Un jury, dont la composition n’a pas été rendue publique, était censé en sélectionner une cinquantaine. Il est dès lors permis de s’interroger sur la diversité sociale et politique des profils retenus.

Sauf que … être un lauréat du prix Nobel n’empêche pas de professer des idées profondément racistes, comme l’ont montré par le passé des exemples tristement célèbres. Or l’un des intervenants prévus le matin du 19 juin 2018 est un membre notable du groupe d’extrême-droite « Professors for a Strong Israel », qui prône le renforcement du caractère juif de l’État d’Israël et s’oppose aux accords d’Oslo. Il critiqua amèrement le désengagement de Gaza en 2005 et fit partie du premier cercle d’universitaires à se battre pour que le collège d’Ariel situé dans les territoires occupés acquière le statut d’université israélienne. Bel exemple pour les étudiants !

Cela nous convainc que cette journée du 19 juin 2018 a un parfum de propagande politique pour Israël. Nous, universitaires, demandons instamment à l’Académie des sciences de se ressaisir et de l’annuler. Le fait que cette journée ait été prévue de longue date ou doive se tenir d’ici moins d’une semaine n’est pas une excuse. L’équipe argentine de football a bien su annuler un match autrement médiatisé.

Source :L’association des universitaires pour le respect du droit international en Palestine (AURDIP)