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28 février 2019 

NEW YORK—Palestine Legal a confirmé qu’en 2017, la tentative de semer la peur parmi les New-Yorkais soutenant le boycott en faveur des droits des Palestiniens, par de fausses lettres de mises en demeure, était le fait d’ex agents du Mossad.

Le journaliste du New Yorker, Adam Entous, a relaté comment une compagnie privée de renseignement appelée Groupe Psy avait espionné des défenseurs des droits des Palestiniens. « La compagnie dit que ses agents dressaient des listes d’individus et d’organisations à cibler » écrit Entous.

L’article présente Hatem Bazian, chargé de cours à l’Université de Californie à Berkeley, qui a été visé par le Groupe Psy en même temps que huit autres militants pour les droits des Palestiniens.

Avant de s’étendre en Californie, la campagne avait initialement ciblé des soutiens de la cause sur des campus de New York, selon l’article.

Une tentative semblable fut la liste noire en ligne, désormais désactivée, outlawbds.com, dont les opérateurs envoyaient des dizaines de fausses lettres menaçant des étudiants, des professeurs et des militants de base de « poursuites en justice » s’ils ne cessaient pas définitivement leur soutien au boycott, au désinvestissement et aux sanctions (BDS) pour les droits des Palestiniens. L’article du New Yorker identifie le Groupe Psy comme opérateur du site.

« Il est effrayant de penser que des ex agents du Mossad étaient derrière cet espionnage » dit l’avocate senior Radhika Sainath qui a conseillé plus de 30 personnes ciblées par ces lettres. « Le Mossad a bien une histoire de surveillance, de sabotage et d’assassinats de militants palestiniens dans le monde entier ».

Les gens qui ont été visés par d’anciens agents des renseignements israéliens au sein du Groupe Psy sont des professeurs de l’Université Columbia, de l’Université de New York, de multiples campus universitaires de l’Université de la ville de New York (CUNY) de même que des volontaires noirs, juifs et palestiniens de groupes tels que Adalah-NY et Jewish Voice for Peace.

« Il est scandaleux que des professeurs et des étudiants d’universités américaines publiques soient espionnés et menacés par d’anciens agents d’un pays étranger » dit Sarah Schulman, qui a été visée par le Groupe Psy. « Heureusement, l’engagement d’Américains de base en faveur des droits des Palestiniens augmente chaque jour et aucun niveau d’opérations secrètes menaçantes ne peut arrêter cet élan ».

Bien que outlawbds.com et le Groupe Psy n’existent plus, les tactiques et les méthodes qu’ils employaient – sites anonymes de listes noires, fausses présentations utilisées pour cibler ou influencer des gens et campagnes de dénigrement – sont toujours employées par d’autres groupes anti Palestiniens, dont certains partagent peut-être des informations avec le gouvernement israélien. L’exemple le plus connu est la liste noire du site de Canary Mission qui a ciblé des centaines d’étudiants et d’enseignants qui plaident pour les droits des Palestiniens.

Si les relations du Groupe Psy avec des services de renseignement ou des agences du gouvernement d’Israël ne sont pas établies clairement, le fait de se coordonner avec un gouvernement étranger pour espionner secrètement des gens aux États Unis peut être une violation des lois fédérales. Le gouvernement israélien a lui-même encouragé et financé de telles activités pour saper clandestinement le mouvement de défense des droits des Palestiniens.

Les noms des militants, des enseignants des Universités Columbia et CUNY ciblés par le Groupe Psy sont visibles pour des commentaires dans les media. Veuillez contacter media@palestinelegal.org pour plus d’information. 

Source : Palestine Legal
Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine