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27 septembre 2018

Mohammed Zaanoun, photographe et vidéaste, a documenté les manifestations depuis leur premier jour.

Les manifestations de la Grande Marche du Retour ont commencé le 30 mars, en commémoration du Jour de la Terre. Elles demandent le droit pour les réfugiés palestiniens de retourner dans leurs villages et dans leurs maisons dont ils ont été arrachés pour ouvrir la voie à l’Israël d’aujourd’hui. Ils protestent aussi contre le strict blocus imposé sur la bande de Gaza depuis plus de dix ans.
MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Bande de Gaza – Près de six mois ont passé depuis le début de cette vague massive de manifestations connue sous le nom de Grande Marche du Retour, organisée par les Palestiniens de la bande de Gaza. Elles ont commencé le 30 mars, le Jour de la Terre, qui marque les événements du 30 mars 1976, lorsque la police israélienne a tué par balles six citoyens palestiniens d’Israël qui protestaient contre l’expropriation des terres par le gouvernement israélien.

Les manifestations de la Grande Marche du Retour invoquent le droit au retour des réfugiés palestiniens, un droit inscrit dans le droit international, et la fin du siège imposé à la bande de Gaza par Israël et l’Égypte depuis plus de dix ans, qui a causé des souffrances aux Palestiniens qui y vivent.

Les deux tiers environ des Palestiniens vivant à Gaza sont des réfugiés, plus de 80% de la population dépendent de l’aide humanitaire.

D’après l’ONU, la bande de Gaza sera invivable en 2020.

Selon le Centre Al Mezan pour les droits humains, 194 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza depuis le 30 mars.

Parmi eux, 141 ont été tués au cours de manifestations, dont 28 enfants, une femme, deux journalistes, trois auxiliaires médicaux et trois personnes handicapées.

9 970 autres ont été blessés, dont 1 815 enfants, 419 femmes, 114 auxiliaires médicaux et 105 journalistes. Parmi les blessés, 5 6745 ont été touchés par des balles réelles, dont 919 enfants et 113 femmes.

Un soldat israélien est mort après avoir essuyé un tir, le 20 juillet 2018, au cours des manifestations.

Mohammed Zaanoun, qui est photographe et vidéaste, a documenté les manifestations depuis leur premier jour.

Il a lui-même été blessé lors d’une manifestation par un éclat d’obus qui a touché ses mains.

Son frère, qui est cameraman, a aussi été blessé par une balle réelle tandis qu’il couvrait les manifestations.

Mais pour lui, le plus difficile a été d’être là « quand le sniper tire sur des enfants non armés sans raison, puis de voir les mères leur dire adieu ».

Les forces d’occupation ont aussi visé délibérément des journalistes, dit Zaanoun.

« Il y a toujours du danger, aussi chaque vendredi j’ai le sentiment que je ne rentrerai pas chez moi. Je pense toujours faire un voyage en dehors du pays, mais c’est difficile à cause du siège et de la fermeture des points de passage. Je me sens très triste et je me rends tous les jours au bord de la mer pour diminuer la frustration.

Avec mes photos, j’espère que le monde verra la vérité sur ce qu’il se passe à Gaza ».

La participation des femmes a été importante pendant la Grande Marche du Retour et de nombreuses femmes sont en tête des manifestations. Plus de 100 femmes ont été blessées par des balles réelles dans la période des six mois de protestation et une femme a été tuée. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Pendant les premières semaines de la Marche, les Palestiniens ont installé des camps de protestation près de la barrière qui marque la frontière entre Israël et la bande de Gaza. Les tentes ont été retirées à la mi-mai après le Jour de la Nakba. Depuis, tous les vendredis, des milliers de Palestiniens marchent vers la zone interdite en différents endroits le long de la barrière. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Des infirmiers palestiniens sont debout, les bras en l’air, afin que les soldats israéliens les laissent atteindre des manifestants palestiniens blessés près de la barrière qui fait office de frontière à l’est de la bande de Gaza. Ce premier jour de manifestation, le Jour de la Terre, 17 Palestiniens ont été tués et plus de 1 400 blessés. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

 

Des personnes endeuillées, dont des collègues journalistes, portent le corps du journaliste palestinien Yasser Murtaja lors de ses obsèques dans la ville de Gaza. Il est mort de ses blessures après avoir été touché par des tirs de snipers israéliens. En six mois, deux journalistes ont été tués et 100 ont été blessés. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Un Palestinien lance un cerf-volant porteur d’un cocktail Molotov par dessus la barrière qui fait frontière au cours de la troisième semaine de la Marche. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Un Palestinien amputé essaie d’échapper à du gaz lacrymogène au cours d’une manifestation à la frontière, à l’est de la ville de Gaza. Selon le ministère palestinien de la santé de Gaza, plus de 5 000 personnes ont été blessées au niveau des membres inférieurs. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Des Palestiniens brandissent une affiche en l’honneur de Razan al-Najar, à ses funérailles à Khan Younis, dans la bande de Gaza. L’infirmière palestinienne, auxiliaire médicale bénévole a été touchée la veille par le tir d’un sniper israélien alors qu’elle tentait d’atteindre un blessé dans une manifestation près de la frontière. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

« Les enfants palestiniens sont régulièrement atteints par des tirs et tués dans la bande de Gaza, en toute impunité, y compris dans des circonstances qui suggèrent des meurtres illégaux et volontaires » dit Ayed Abou Eqtaish de Défense des Enfants International-Palestine. Depuis le début des manifestations, 28 enfants ont été tués et plus de 900 ont été blessés par des balles réelles tirées par les forces israéliennes. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Un Palestinien fait tourner son lance-pierres dans un épais nuage de fumée, le 26ème vendredi de la Grande Marche du Retour. Les Palestiniens brûlent des pneus pour créer un gros écran de fumée qui obstrue la ligne de mire des snipers israéliens. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Un soldat israélien lance des gaz lacrymogènes sur des manifestants palestiniens qui s’approchent de la barrière de séparation entre Israël et Gaza au bord de la mer dans le nord de la bande de Gaza, lors d’une manifestation contre le siège. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Des femmes palestiniennes scandent des slogans lors d’une manifestation pour le 70ème anniversaire du Jour de la Nakba. 35 000 personnes environ ont manifesté dans douze lieux de la bande de Gaza. le 70ème anniversaire du Jour de la Nakba, point culminant de la Grande Marche du Retour, a coïncidé avec l’ouverture de l’ambassade américaine à Jérusalem et a été le jour le plus sanglant des manifestations. Environ 60 Palestiniens ont été tués par les forces israéliennes et plus de 1 000 ont été blessés par des tirs à balles réelles. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Une Palestinienne lance des pierres aux forces israéliennes. Amnesty International a déclaré « n’avoir constaté aucune situation où des manifestants étaient une menace imminente sur la vie des soldats et snipers israéliens, situés en arrière de la barrière, protégés par du matériel militaire, du sable, des hauteurs, des drones et des véhicules militaires ». MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Des Palestiniens grimpent sur le mur extérieur de al-Montar, ou »Karni », passage frontalier de l’est de la ville de Gaza. MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

En réaction aux manifestations de la Grande Marche du Retour et à la réponse israélienne, Fatou Bensouda, procureure de la Cour Pénale Internationale, a déclaré : « la violence contre des civils – dans une situation comme celle qui prévaut à Gaza – pourrait constituer des crimes sous le statut de Rome de la CPI, comme le recours à une présence humaine comme bouclier d’activités militaires ». MOHAMMED ZAANOUN/ACTIVE STILLS/AL JAZEERA

Source : Al Jazeera
Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine