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Résumé

J’ai écrit Naplouse, Palestine entre septembre 2015 et juillet 2017, pendant mes deux premières années en poste de directeur délégué de ce qui venait d’être renommé « l’Institut Français de Jérusalem – antenne de Naplouse ». Je quittais un pays dont la devise devrait être « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué » pour un territoire qui aura subi, depuis des millénaires, toutes les complications, et où les gens ont malgré tout réussi, en surface, à rester « simples » – au sens de ces herbes embaumantes, entêtantes parfois, qu’on trouvait dans les jardins au Moyen-Âge. Vingt et une personnes croisées au XXIe siècle dans leur propre jardin – Dieu que la Palestine peut être belle, au printemps en particulier – m’ont inspiré vingt et un portraits pour comprendre. Essayer de comprendre. Car à Naplouse, j’ai souvent croisé l’incompréhensible; expatrié au coeur d’une culture que je ne connaissais pas, réellement étranger à tout, j’ai perdu beaucoup de mes certitudes… Mais au moins, vingt et un visages comme autant de repères, de points d’ancrage dans une ville, un territoire, un monde bouillonnant, bruyant, sinueux, insaisissable : le monde arabo–musulman. M’aidant à ne pas perdre ces ports d’attache universels que sont la curiosité, l’empathie, l’émotion à fleur de peau – fleur fuchsia bien sûr, la couleur des bougainvilliers qui ont embaumé ma vie à Naplouse – ces visages m’ont fait voyager au coeur d’histoires intimes, tristes ou gaies, et approcher, je crois, les rivages tourmentés de « La Grande Histoire »… Celle où, entre autres, depuis soixante-dix ans maintenant, un peuple en « occupe » un autre… Mais qui encore s’en « préoccupe » ?… À Naplouse, les Palestiniens eux-mêmes ont eu souvent cette force incroyable de me faire oublier ce qu’ils subissaient… Ce livre leur est aussi dédié.

Site de l’éditeur : Dacres