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Tamara Nassar – 29 juillet 2018

Ahed Tamimi, au centre, et sa mère Nariman s’expriment lors d’une conférence de presse le 29 juillet dans le village de Nabi Saleh près de Ramallah en Cisjordanie occupée, à l’occasion de leur libération après avoir passé 8 mois dans une prison israélienne. (Shadi Hatem / APA images)

Dimanche, les forces armées israéliennes ont libéré de prison l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi et sa mère Nariman.

Toutes les deux ont été accueillies comme des héroïnes dans leur village de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée et leur libération a été couverte par les médias internationaux :

Palestine Alqadi

Dernières nouvelles : Israël a libéré de prison l’adolescente palestinienne Ahed Tamimi et sa mère après une peine de 8 mois.

Sarah El Monzer

Elle est libre !!!!!!

Shebab Agency

Ahed et sa mère ont passé huit mois en prison et ont payé des amendes se montant à plus de 3.000 $.

Ahed a dit qu’elle n’avait aucun regret d’avoir giflé un soldat israélien, geste qui a entraîné la revanche de l’armée israélienne contre elle et sa famille.

« Je n’ai rien fait que je doive regretter », a dit Ahed à Al Jazeera. « C’était une réaction naturelle à la présence d’un soldat chez moi. C’est le soldat qui est venu jusque chez moi, je ne suis pas allé le chercher pour le frapper. »

« Je ne vais pas regretter quelque chose qui n’est pas mal », a ajouté Ahed.

« Elle m’a appris à aimer la vie »

A une conférence de presse après sa libération, Ahed a dit : « La prison m’a appris comment être patiente, comment vivre en groupe. Elle m’a appris à toujours aimer la vie, parce que, lorsqu’on est en prison, tout semble avoir plus de valeur. »

AJ+ arabi

Ahed a ajouté qu’elle avait fait face à beaucoup de difficultés en prison.

« Je suis heureuse, mais mon bonheur n’est pas complet parce que mes sœurs prisonnières ne sont pas avec moi. J’espère qu’elles seront libérées rapidement », a dit Ahed.

Khaled Safi

Al Jazeera a couvert en direct le retour d’Ahed dans son village de Nabi Saleh.

Elle a dit à la chaîne qu’elle avait poursuivi ses études en prison, y compris une classe de droit international et humanitaire. Elle a ajouté qu’elle avait l’intention de faire des études de droit parce que « rien n’effraie plus [l’occupation] que la vérité.

AJ Arabic

Dena Takuri

Ahed Tamimi a dit que elle et les autres prisonnières ont défié l’occupation en prison en étudiant pour passer leurs examens tout en étant confrontées à un stress inévitable et aux mauvais traitements des Israéliens qui ont essayé de fermer la classe. Elles mont même étudié le droit international et les droits de l’Homme.

Soutien international

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé Ahed pour la congratuler pour sa libération et la féliciter pour « sa bravoure et sa détermination », ont rapporté les média turcs.

D’autres politiques, artistes et célébrités, dont le Premier ministre libanais Saad Hariri, ont exprimé sur Twitter leurs félicitations à Ahed :

Saad Hariri

Najwa Karam

Elissa

Annemarie Jacir

Ahed Tamimi et sa mère sont enfin libres après avoir passé 8 mois dans les prisons israéliennes.

Bonjour de Palestine.

Yousef Jabareen

La prison était faite pour briser le courage de Tamimi alors qu’elle est encore plus considérée comme une héroïne après sa libération. Israël devrait comprendre qu’on ne peut opprimer la justice et que les actes du gouvernement ne feront que renforcer les manifestants anti-occupation.

Fabien Gay

Irene Montero

David Shoebridge

Ahed Tamimi était une adolescente palestinienne poursuivie devant un tribunal militaire israélien dont le taux d’inculpation est de 99 % – elle est libre maintenant, mais brutalisée, et symbole de la résistance.

L’adolescente palestinienne Ahed Tamimi libérée de prison

’La résistance continue jusqu’à la fin de l’occupation’, dit la jeune fille de 17 ans à son retour chez elle.

The Guardian

Richard Burgon, député

Aujourd’hui, on annonce qu’une enfant palestinienne sera libérée après 8 mois de prison.

Beaucoup d’autres enfants palestiniens sont encore en prison.

Quand je suis allé dans les territoires occupés, j’ai vu des enfants palestiniens jugés dans des tribunaux militaires, jugés dans une langue qu’ils ne parlent pas.

Mahmoud Abbas, chef de l’Autorité Palestinienne à Ramallah, a rencontré Ahed Tamimi le jour de sa libération.

Artistes arrêtés

La semaine dernière, l’avocate de la défense Gaby Lasky a annoncé qu’Ahed et sa mère seraient libérées dimanche.

Alors que la famille, les amis et les média attendaient ce moment dimanche matin de bonne heure, les autorités israéliennes ont changé plusieurs fois le lieu de la libération, chose que beaucoup ont perçue comme un acte délibérément malveillant.

Rana Nazzal

Il est 5 H.45. La famille et les amis d’Ahed et Nariman Tamimi ont roulé pendant une heure jusqu’au checkpoint de Jbara. Les services de la prison israélienne ont, alors seulement, annoncé qu’elles seraient libérées à la place à Rantees. Nous avons dû retourner en voiture jusque là d’où nous étions partis. Il se moquent de nous.

Dena Takruri

La confusion à propos de l’endroit où Israël libérera Ahed Tamimi et sa maman continue. Après 4 heures de chaos, son père vient juste de recevoir un appel disant qu’ils les emmenaient directement à Nabi Saleh.

Samedi, les forces armées israéliennes ont arrêté deux artistes italiens et un artiste palestinien qui, les jours précédant sa libération, peignaient une fresque d’Ahed sur le mur de séparation entre Israël et la Cisjordanie.

CODEPINK

Israël expulse deux artistes graffeurs italiens qui peignaient une fresque d’Ahed Tamimi, adolescente palestinienne libérée dimanche d’une prison israélienne, sur la barrière de séparation dans la ville de Bethléem en Cisjordanie.

Israël a libéré les artistes dimanche et ont ordonné aux deux Italiens de quitter le pays dans les 72 heures.

Maltraitance sur enfant

Alors qu’Ahed est célébrée comme un symbole de la résistance palestinienne, dans sa communauté et à l’étranger, beaucoup ont remarqué qu’elle était encore une enfant – l’une parmi les centaines soumis à la maltraitance et à la détention par les forces d’occupation israéliennes.

Amnesty International

C’est le moment où Ahed Tamimi est sortie libre.

Mais des centaines d’enfants palestiniens restent en prison, bien que beaucoup d’entre eux n’aient commis aucun crime identifiable. Israël doit mettre fin à sa politique discriminatoire contre les enfants palestiniens.

Lamis Deek

Une si grande part de la vie des Palestiniens se passe à résister, mais sans le vouloir, qu’il reste peu de place pour le reste… mais nos héros en Palestine sont juste des gens, des mères et des frères et des enfants… Ahed Tamimi, une enfant forcée à l’héroïsme, n’est pourtant qu’une enfant.

Ahed et une crème glacée

« J’ai laissé derrière moi trois enfants prisonnières, Lama al-Bakri, Hadiya Ereinat et Manar Shweiki », a-t-elle dit à Al Jazeera.

Il y a actuellement presque 300 enfants palestiniens dans les prisons militaires israéliennes, dont presque 50 ont moins de 16 ans.

« Il est temps maintenant de libérer les centaines d’autres enfants palestiniens emprisonnés à tort par les tribunaux militaires israéliens », a déclaré Amnesty International à la lueur de la libération d’Ahed

Son affaire met en lumière les torts systématiques faits aux enfants palestiniens, ce qui a poussé même les avocats américains à exiger une action.

La semaine dernière, la Démocrate Betty McCollum a pris la parole à la Chambre des Représentants des Etats Unis pour exhorter ses collègues législateurs a soutenir avec elle le projet de loi qu’elle a présenté en novembre et qui interdirait l’aide militaire américaine à Israël utilisée pour la détention, les mauvais traitements et la torture d’enfants palestiniens.

The IMEU

ATTENTION : Au Congrès aujourd’hui, Betty McCollum a exhorté ses collègues à soutenir avec elle un projet de loi pour mettre fin au soutien à la détention militaire violente pratiquée par Israël et aux mauvais traitements sur les enfants palestiniens grâce aux financements américains.

Cette législation a actuellement le soutien de 29 législateurs.

 Mise en prison pour une gifle 

Ahed, qui a eu 17 ans en prison, a été accusée d’agression contre des soldats et d’incitation après qu’une vidéo prise par sa mère ait circulé, montrant Ahed et sa cousine Nour giflant et repoussant deux soldats israéliens lourdement armés le 15 décembre.

Peu avant la confrontation enregistrée dans cette vidéo virale, des soldats israéliens avaient tiré à la tête son cousin de 15 ans Muhammad Fadel Tamimi, le blessant gravement.

Ahed a été arrêtée en pleine nuit chez elle à Nabi Saleh le 19 décembre. 

Nour et Nariman ont également été arrêtées par l’armée après l’incident de l’enregistrement vidéo. Nour a passé 16 jours en prison et a dû payer une amende de presque 600 $.

Muhammad a été libéré après avoir été forcé de confesser mensongèrement qu’il n’avait pas été atteint à la tête par les soldats israéliens, mais qu’il était tombé de vélo. 

En mai, les soldats de l’occupation israélienne ont arrêté Waed Tamimi, frère d’Ahed, dans sa maison à Nabi Saleh.

Les soldats israéliens ont battu et contusionné Waed, 21 ans à l’époque, et il a été hospitalisé.

Il est toujours en prison.

Alors qu’Ahed et sa famille ont été soumis à la poigne de fer de l’occupation militaire d’Israël, aucun soldat n’a été tenu pour responsable du tir sur Muhammad Tamimi ni des meurtres et blessures des résidents de Nabi Saleh et des autres membres de la famille Tamimi. 

Emprisonner des journalistes 

Entre temps, les forces d’occupation israéliennes ont arrêté le 24 juillet chez elle, dans la vile d’Hébron en Cisjordanie occupée, l’écrivaine et journaliste palestinienne Lama Khater.

La fille de Khater, Bisan al-Fakhouri, a posté sur les média sociaux des photos de sa mère serrant dans ses bras son plus jeune frère avant d’être emmenée :

 

Israël soumet Khater à de mauvais traitements pendant les interrogatoires et à des privations de sommeil, a dit son avocat à l’Agence Ma’an News.

Khater travaille entre autres pour Al Jazeera, Quds News Network et Meem  Magazine. 

« Nous sommes préoccupés par l’emprisonnement de Lama Khater étant donné l’utilisation fréquente par Israël de mesures juridiques, dont la détention administrative, pour garder les journalistes en prison sans fournir aucune charge contre eux », a déclaré Sherif Mansour du Comité de Protection des Journalistes.

« Les autorités israéliennes doivent expliquer immédiatement pourquoi elles la retiennent , ou la laisser sortir. »

On dit que le fils de Khater s’est vu interdire l’entrée dans une audience du tribunal militaire et empêcher de voir sa mère.

 Quds News Network

L’occupation israélienne a interdit au fils de Lama Khater, journaliste palestinien bien connu, arrêté par les forces israéliennes la semaine dernière, d’entrer au tribunal pendant le procès de sa mère pour la voir. 

Ali Abunimah a contribué à l’enquête.

Traduction : J Ch. pour l’Agence Média Palestine
Source : The Electronic Intifada