Projections « Derrière Les Fronts » – 19 et 21 juin à Paris – en présence du Dr. Samah Jabr

Hybrid Pulse et Les 3 Luxembourg proposent deux soirées de projections / débats :

« DERRIERE LES FRONTS : RESISTANCES ET RESILIENCES EN PALESTINE »

19 & 21 JUIN au cinéma Les 3 Luxembourg à 20h30

(67, rue Monsieur le Prince, 75006 Paris)

EN LA PRÉSENCE EXCEPTIONNELLE

DE LA PSYCHIATRE / PSYCHOTHÉRAPEUTE  DR. SAMAH JABR (de JÉRUSALEM, PALESTINE) &

LE SOCIOLOGUE SBEIH SBEIH (le 21 juin) POST DOCTORANT À L’INSTITUT DE RECHERCHES ET D’ÉTUDES SUR LES MONDES ARABES ET MUSULMANS (CNRS, AIX-MARSEILLE)

–  AINSI QUE LA RÉALISATRICE ALEXANDRA DOLS

Réservations disponibles en ligne

« Derrière les fronts (…) revitalise le genre usé jusqu’à la corde de la chronique de l’occupation de la Palestine. » Le Monde 

« PLEASE SEE THIS FILM » Ken Loach

Sunbird Award – Prix du meilleur documentaire au festival palestinien « Days of Cinema »

 

En complément des projections Dr. Samah Jabr répondra aux questions de Dominique Vidal, le 19 juin à 12h30 à l’Iremmo 7 Rue des Carmes, 75005 Paris

 

Le 14 mai 2018, journée du massacre de 66 Palestiniens tués par l’armée israélienne et de l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, ce jour-là, des collègues français ont posé ces questions au Dr. Jabr. Elles lui ont suscité l’écriture de la chronique :

« Notre histoire hante notre avenir »

[Extraits] – « Pourquoi les Palestiniens restent-ils bloqués sur la Nakba ? Pourquoi ne laissent-ils pas tout cela derrière eux et ne regardent-ils pas vers l’avenir ? »

Dr. Jabr : La Nakba est une blessure permanente qui n’a jamais été soignée ni guérie. La Nakba est une insulte contemporaine renouvelée chaque fois qu’un Palestinien est humilié, arrêté et tué. (…) Au contraire, la commémoration de la Nakba est nécessaire pour comprendre le présent et réparer les dommages du passé. Un traumatisme collectif nécessite une guérison collective à travers le récit populaire, les rituels et la représentation symbolique, ainsi que la justice qui doit réparer.

– « Mais les Palestiniens qui s’approchent de la barrière à Gaza doivent être suicidaires ! »

Dr. Jabr : Il y a une différence entre le profil psychologique d’une personne qui tente de se suicider à cause de problèmes personnels, et celui d’une personne qui se sacrifie dans le contexte d’une lutte de la société. La personne suicidaire est sans espoir, désespérée, s’éloignant des autres par pessimisme ou craignant d’être un fardeau pour eux. Les actions suicidaires sont souvent égocentriques parce que l’étincelle de vie de l’individu a perdu son sens du point de vue des liens avec les autres. En revanche, la personne qui se sacrifie – même lorsqu’elle sait qu’elle peut mourir – peut être pleine d’espoir, peut-être même en déborder. L’acte d’abnégation implique souvent un dévouement altruiste et une volonté d’améliorer les chances de ses semblables dans le futur.

Source de l’extrait : Chronique Palestine