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14 Mars 2018

On se souviendra du célèbre scientifique, désormais décédé, non seulement pour son travail mais également pour son soutien à la Palestine.

Hawking a fait les gros titres en Mai 2013 lorsqu’il a décidé de boycotter une conférence de haut rang en Israël où il devait prendre la parole [Dan Kitwood/Getty Images]

Stephen Hawking, le scientifique de renommée mondiale décédé mercredi à l’âge de 76 ans, était connu non seulement pour ses travaux révolutionnaires mais aussi pour son soutien à la Palestine. 

Hawking, qui avait une maladie neuro-motrice, a fait les gros titres en mai 2013 lorsqu’il a décidé de boycotter une conférence de haut rang en Israël où il devait prendre la parole.

Le physicien travaillait alors à l’Université de Cambridge au Royaume-Uni.

La « Conférence Présidentielle », un évènement universitaire organisé à Jérusalem, était présidée par l’ancien président israélien Shimon Pérès. 

Dans une lettre envoyée aux organisateurs le 3 Mai, Hawking déclarait: Il est très probable que la politique de l’actuel gouvernement israélien conduise à la catastrophe ». 

« J’accepte l’invitation à la Conférence Présidentielle dans l’intention que cela me permettra non seulement d’exprimer mon avis sur les perspectives d’accords de paix mais aussi sur la Cisjordanie.

« Cependant, j’ai reçu de nombreux emails de la part d’universitaires palestinien-nes. Ils et elles sont unanimes quant au fait que je devrais respecter le boycott. Compte tenu de cela, je dois me retirer de la conférence. »

« Si j’avais participé à la conférence j’aurais exprimé mon opinion sur le fait qu’il est très probable que la politique de l’actuel gouvernement israélien conduise à la catastrophe, » écrit-il.

Le comité britannique pour les universités de Palestine, une organisation d’universitaires basés au Royaume Uni soutenant le boycott académique d’Israël, avait alors précisé, en accord avec Hawking, qu’il s’agissait de sa décision de respecter le boycott, basée sur ses connaissances de la Palestine, et sur les conseils unanimes de ses propres contacts là-bas. »

La prise de position d’Hawking avait été largement célébrée par les militant-e-s et universitaires palestiniens. 

« Les Palestiniens ont profondément apprécié le soutien de Stephen Hawking au boycott académique d’Israël, » avait déclaré Omar Barghouti, l’un des fondateurs du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS).

« Nous pensons que cela va relancer chez les universitaires au niveau international, le genre d’intérêt pour le boycott académique qui était présent dans la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud. »

Selon Ali Abunimah, un journaliste américain-palestinien : « Quand on regarde en arrière, on s’aperçoit que la décision d’Hawking de respecter le BDS peut être vue comme un tournant décisif, le moment où le boycott d’Israël en tant que lutte pour la justice est devenu grand public ». 

Soutien aux étudiant-e-s palestinien-nes

La sympathie d’Hawking vis à vis de la cause palestinienne ne concernait pas uniquement le boycott d’Israël. 

L’année dernière, il a demandé à ses millions d’abonnés sur Facebook d’aider financièrement l’Ecole Palestinienne de Physique Avancée, une série de conférences de physique pour les étudiants et étudiantes de master, en Cisjordanie occupée. 

« Je soutien partout les droits à la liberté de mouvement, de publication et de collaboration des scientifiques, » a-t-il écrit. 

Hawking a également publiquement félicité, dans une vidéo postée sur sa page Facebook, Hanan al-Hroub, lauréate palestinienne du Prix Mondial de l’Enseignement en 2016. 

« Vous êtes une source d’inspiration pour le monde entier, » lui avait-il dit. 

« Dans une société détruite par le conflit, où les enfants sont régulièrement exposés à la violence, Hanan Al Hroub reconstruit la confiance et apporte un soutien aux enfants souffrant de traumatismes psychologiques, au sein même de sa classe. » 

Traduction: Lauriane G. pour l’Agence Média Palestine

Source : Al Jazeera News