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Par Tamara Nassar, 7 mars 2018

Se faisant passer pour des journalistes, des agents, sous couverture de la police des frontières israélienne, ont fait irruption mercredi sur le campus de l’université Birzeit en Cisjordanie occupée.

Ils ont frappé et arrêté Omar Kiswani, le président du conseil étudiant.

Dans la nuit de mercredi, l’université a communiqué que deux étudiants avaient été blessés par des tirs israéliens pendant l’intrusion et étaient soignés à l’hôpital.

L’université de Birzeit a condamné ce qu’ils ont qualfié « d’intrusion barbare ».

Ils ont dit que l’attaque faisait partie intégrante de « la destruction systématique de la vie éducative palestinienne » par Israël,  qui cible des institutions universitaires.

Durant l’incident, selon l’université, les étudiants et les gardiens du campus ont tenu tête aux forces d’occupation, mais les soldats israéliens ont confiné les gardiens dans leurs quartiers.

Plus tôt, l’université avait posté la vidéo ci-dessus sur Youtube, qui montrait plusieurs tireurs israéliens frappant Kiswani, lui donnant des coups de pied et brandissant leurs armes vers d’autres étudiants.

L’université a aussi twitté la vidéo, montrant « les forces israéliennes kidnappant un étudiant de l’université, tirant des coups de feux en plein jour sur le campus ».

Les agents israéliens sous couverture — appelés mistaravim – se déguisent en Palestiniens pour enlever, blesser et infiltrer des groupes de civils, souvent pendant des manifestations contre l’occupation militaire israélienne.

Israël a même utilisé des mistaravim pour kidnapper et tuer les Palestiniens à l’intérieur d’hôpitaux.

«  Les tireurs sont arrivés à l’université près de Ramallah dans un bus avec des plaques d’immatriculation palestiniennes, habillés en vêtements civils et portant des équipements utilisés par la presse », ont dit des témoins à l’agence de presse Shehab.

«  Ils ont identifié Omar et l’ont appelé comme s’ils voulaient l’interviewer en tant que journalistes », a dit Yahya Alawi, membre du conseil étudiant et témoin de l’assaut, au réseau d’information Quds News Network.

«  Ils l’ont frappé, ont sorti leurs armes et un large groupe de soldats d’occupation a fait irruption par l’entrée principale de l’université ».

Les forces israéliennes ont ensuite tiré plusieurs salves vers un groupe d’étudiants qui répondaient à l’invasion du campus en jetant des pierres.

Alawi a ajouté que Kiswani avait été arrêté juste à l’extérieur du bâtiment du conseil étudiant.

Cette video montre trois hommes traînant Kiswani tandis que l’un d’entre eux le maintient par une clé de cou.

Kiswani est membre d’un bloc aligné sur le Hamas qui a régulièrement gagné les élections étroitement surveillées du conseil étudiant à Birzeit.

Kiswani a déclaré aux médias en 2015 que lui-même et d’autres camarades militants avaient été détenus par les forces de sécurité de l’Autorité palestinienne et qu’ils avaient été interrogés sur leurs activités politiques.

Le syndicat des journalistes israéliens a condamné les forces israéliennes pour s’être déguisées en journalistes, en disant « qu’agir ainsi mettait en danger les vrais reporters faisant leur travail sur le terrain. »

Jambe amputée sans son consentement

Pendant ce temps, le 25 février, les forces israéliennes ont condamné un jeune prisonnier palestinien Jalal Sharawna, 19 ans, à trois ans et demi d’emprisonnement et à une amende de 500 $.

Les soldats d’occupation israéliens ont tiré dans la jambe de Sharawna avant de l’arrêter en 2015, à Dura, sa ville natale, près de la cité cisjordanienne de Hébron.

Selon le groupe de solidarité avec les prisonniers Samidoun. « Il était accusé de tentative d’infiltration d’une colonie et d’avoir perpétré une attaque au couteau »

Les forces israéliennes ont ensuite emmené Sharawna, qui était mineur à l’époque, à l’hôpital israélien Assaf Harofeh et l’ont fait amputer de sa jambe sans consulter ses parents ou son avocat.

Des funérailles fictives de sa jambe ont eu lieu à Dura en 2015, pour dénoncer les mauvais traitements subis par les prisonniers palestiniens.

Selon Samidoun. «  Ce qui est arrivé à Sharawna était un crime intentionnel et complexe », a affirmé, Amjad al-Najjar, directeur de la société des prisonniers à Hébron, lors de ces funérailles fictives.

Le père du jeune homme, Shaher Sharawna, a dit que les droits de son enfant n’avaient jamais été respectés.

Un autre prisonnier palestinien, Amir Asad, 35 ans, a fait une grève de la faim pendant trois semaines pour protester contre l’absence de soins médicaux dans la prison de Gilboa en Israël.

Asad est en fauteuil roulant, mais les autorités israéliennes de la prison refusent de le transférer dans la section de la prison adaptée aux personnes handicapées, ce qui rend particulièrement difficile pour lui de se servir des toilettes. Au contraire, Israël l’a placé à l’isolement et il est contraint de dormir sur un matelas à même le sol, selon Samidoun.

Asad, de la ville de Kufr Kana en Galilée, a été arrêté en 2012 et condamné à six ans et demi d’emprisonnement. Il a passé la plus grande partie de ce temps à la clinique de la prison de Ramle. Il recevait un traitement spécial avant son emprisonnement, mais celui-ci a été interrompu depuis son incarcération. Sa libération est prévue pour juin prochain.

[Tamara Nassar est assistante de rédaction à The Electronic Intifada]

Traduction: Catherine G. pour l’Agence Média Palestine

Source: Electronic Intifada