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Par Ali Abunimah, 9 février 2018

Un marchand palestinien expose des ours en peluche devant sa boutique à Gaza ville, le 14 févier 2017 pour la Saint Valentin. La Saint Valentin, communément connue comme Eid al-Hob -la fête de l’amour-, est l’occasion, devenue de plus en plus populaire, dans la région d’offrir des fleurs, des cartes, des chocolats et des cadeaux à son amoureux-se et aux gens que l’on aime. (Ashraf Amra / APA images)

Cette semaine, la situation humanitaire a pris encore un nouveau tournant catastrophique pour les deux millions de personnes enfermées à Gaza, assiégées depuis dix ans par Israël, alors que les hôpitaux commencent à fermer pour manque de fuel.

Ceci s’ajoute à la dévastation due à des années d’attaques militaires successives, aux retards de la reconstruction, à l’effondrement des infrastructures de base, à l’appauvrissement délibéré et au plus haut taux de chômage du monde.

« Mais lorsque nous allons à Gaza, les gens nous disent que ce qui est le plus difficile dans ce blocus, c’est qu’il les isole du reste du monde », dit l’American Friends Service Committee (AFSC) [quakers]. « Il empêche de voyager, bloque le commerce, empêche les étudiants de poursuivre leurs études à l’étranger et sépare amis et familles. »

Je peux personnellement en témoigner après ma seule et unique visite à Gaza en mai 2013, quelques mois seulement avant que le coup d’État militaire en Egypte ne referme l’accès par le passage de Rafah.

Ce fut l’isolement, ne cessait-on de me répéter, c’était très éprouvant.

C’est particulièrement dur pour les jeunes – la moitié de la population a moins de 18 ans – dont les ambitions, la curiosité, la soif de connaissances et de contacts sont aussi illimitées que pour n’importe lequel de leurs semblables dans le monde.

Mais à Gaza, leur accessibilité est interdite par la couverture de fer du siège israélien qui se poursuit avec la complicité de la dite communauté internationale.

Comme le fait remarquer l’AFSC, « Depuis que le système postal ne fonctionne plus, la seule possibilité de communiquer avec Gaza, c’est par internet ».

Les Palestiniens de Gaza sont, bien sûr, parmi les plus experts et créatifs dans l’utilisation d’internet pour communiquer avec le monde.

Et cela marche dans les deux sens. Pour cette Saint Valentin – le 14 février – l’AFSC demande aux gens d’utiliser internet « pour s’assurer que la population de Gaza sache qu’on ne les oublie pas, que nous voyons ce qu’ils vivent et que nous sommes déterminés à provoquer du changement ».

L’idée est très simple : poster des messages en ligne, avec des photos comme celle-ci et un message de solidarité pour la population de Gaza.

L’AFSC a même créé une carte de Saint Valentin que les gens peuvent imprimer, poser avec pour une photo et poster en ligne en utilisant les hashtags #GazaUnlocked et #ValentineToGaza.

Cela fait partie de la campagne Gaza Unlocked [Gaza déverrouillée] de l’AFSC dont le but est d’instruire et de mobiliser les gens à travers le monde pour faire pression pour enfin mettre un terme à ce siège cruel et dévastateur.

A Gaza, comme dans beaucoup d’endroits dans le monde arabe, les gens célèbrent la Saint Valentin en tant que Eid al-Hob – la fête de l’amour.

« Nous espérons que nos messages d’amour aideront à remonter le moral de ceux qui souffrent quotidiennement des indignités de la vie sous occupation militaire et blocus », dit l’AFSC, qui demande à tout le monde de se joindre à l’action du 14 février et d’en inviter d’autres à les rejoindre via Facebook.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada