image_pdfimage_print

 

 

Tamara Nassar – The Electronic Intifada – 12 janvier 2018

Muhammad Bulal Tamimi souriant, le bras levé faisant le signe de la « victoire » alors que les soldats de l’occupation israélienne l’enlèvent à son domicile, le 11 janvier. (Manal Tamimi)

Un autre membre de la famille Tamimi a été arrêté par les forces israéliennes qui occupent la Cisjordanie.

Muhammad Bilal Tamimi, 19 ans, a été fait prisonnier lors d’un raid de nuit sur le village de Nabi Saleh, très tôt ce jeudi.

Les forces israéliennes vont garder Muhammad pour enquête jusqu’à dimanche, et elles pourraient prolonger sa détention au-delà, a fait savoir le père de Muhammad, Bilal Tamimi, dans une publication sur facebook.

Bilal indique dans un autre post que les forces israéliennes ont transféré Muhammad au centre de détention de Petah Tikva, près de Tel Aviv.

La mère de Muhammad, Manal Tamimi, a écrit que Petah Tikva est « le pire centre d’interrogatoires de toutes les prisons de l’occupation, où ils torturent les prisonniers ».

Manal, qui elle-même a été arrêtée le 28 décembre alors qu’elle manifestait près d’une prison militaire israélienne, et qui a été relâchée après presque une semaine, a diffusé des photos de l’arrestation de Muhammad sur Twitter.

Dans une vidéo de l’arrestation, on entend Manal dire à Muhammad : « Les soldats israéliens vont te garder pendant des nuits sans dormir, reste fort mon fils », alors qu’ils se disaient au revoir et qu’il était enlevé à son domicile.

Israël terrorise la famille Tamimi

Dans une interview avec Aaron Maté sur The Real News, Manal raconte comment les forces israéliennes l’ont torturée en prison.

« Quand (les soldats israéliens) m’ont conduite à la prison d’Ofer, et alors que nous étions loin des médias et des caméras, ils ont commencé, et elle a commencé, à me frapper, et j’ai saigné de la mâchoire et tout le temps en prison j’ai été très malade et sous une douleur extrême.Puis ils m’ont emmenée pour interrogatoire où ils m’ont gardée toute la nuit, jusqu’à minuit et demi, dans le froid ».

Pendant que Manal était en prison, les soldats israéliens ont abattu son cousin, Musab Tamimi, 17 ans, lors d’une manifestation en Cisjordanie occupée.

Manal dit que cela a été « l’une des plus difficiles expériences que quelqu’un peut vivre – de voir ton cousin et son sang sur un écran de télé alors que tu ne comprends pas ce qui se passe et ce qui arrive ».

Musab est le « troisième membre de ma famille qui est tué pendant la résistance non violente que nous avons commencée en 2009, mais en fait, ce sont 22 membres de la famille Tamimi qui ont été tués depuis 1976 jusqu’à aujourd’hui » ajoute-t-elle.

Depuis que le Président Donald Trump a annoncé, le mois dernier, que les États-Unis souhaitaient reconnaître Jérusalem comme la capitale d’Israël, les forces israéliennes ont arrêté cinq membres de toute la famille Tamimi, dont deux adolescents – en plus d’avoir tué Musab et blessé gravement un autre enfant appelé lui aussi Muhammad Fadel Tamimi. Les forces israéliennes ont arrêté Ahed Tamimi, 16 ans, lors d’un raid nocturne sur le village de Nabi Saleh en Cisjordanie, le 19 décembre.

Ahed et sa cousine Nour Tamimi avaient essayé de chasser deux soldats israéliens de la propriété familiale. Ahed a été vue dans une vidéo filmée par sa mère, Nariman, en train de gifler et de pousser l’un de ces hommes lourdement armés.

Ahed, Nour et Nariman ont été placées en détention par l’armée après la diffusion de cette vidéo alors que se multipliaient les appels de dirigeants israéliens à se venger contre la famille.

L’armée israélienne a engagé 12 procédures d’inculpation contre Ahed le 1er janvier. Si elle est reconnue coupable, notamment de jets de pierres, d’incitation, d’agression et de menaces contre un soldat, la jeune fille de 16 ans pourrait rester dans les prisons israéliennes pendant des années.

La mère d’Ahed, Nariman, fait face elle aussi à une inculpation pour « incitation » pour avoir diffusé l’incident sur Internet.

La cousine d’Ahed, Nour, a été libérée le 4 janvier sous caution, après avoir été accusée d’agression grave et d’entrave au devoir d’un soldat.

Ahed est l’un des 350 enfants palestiniens environ qui sont maintenus en détention par l’armée israélienne.

Les soldats israéliens ont également arrêté, en novembre, un enseignant et militant palestinien, Abdallah Abu Rahma, dans le village de Bilin, en Cisjordanie, et l’ont gardé en détention pendant un mois.

Abu Rahma a été présenté dans le film documentaire primé 5 caméras brisées.

Ashraf Abu Rahma, lui aussi de Bilin, a été arrêté par les forces israéliennes en octobre, mais – comme un certain nombre d’autres habitants de ce village – il reste emprisonné.

Une solidarité internationale

Depuis que l’arrestation d’Ahed fait la une de la presse internationale, des organisations de défense des droits de l’homme dans le monde entier demandent sa libération.

Des manifestants se sont rassemblés à Washington, à l’Union Station de D.C., mercredi, pour exiger la liberté pour Ahed Tamimi et les autres prisonniers palestiniens. La manifestation était organisée par le groupe militant anti-guerre CODEPINK.

Des centaines de manifestants se sont également rassemblées à la Grand Central Station, à New-York, la semaine dernière, pour exiger la liberté pour Ahed Tamimi.

Ariel Gold, de CODEPINK, affirme qu’ils continueront à manifester jusqu’à ce qu’Ahed soit libre.

Les cheminots adhérents à la CGT, l’un des principaux syndicats de France, ont eux aussi organisé une manifestation contre la détention d’Ahed.

 

Israël a publié une liste noire pour interdire l’entrée sur son territoire aux membres de 20 organisations de défense des droits de l’homme, le 7 janvier.

Les organisations sur cette liste comprennent notamment CODEPINK, Friends of Al-Aqsa, War on Want, American Friends Service Committee (AFSC), Association France Palestine Solidarité, la Campagne de solidarité Royaume-Uni-Palestine, et la campagne de solidarité Irlande-Palestine.

 

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Electronic Intifada