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Nora Barrows-Friedman – Electronic Intifada podcast – 21 novembre 2017

 

 

 

Sur un podcast de l’ Electronic Intifada : une nouvelle loi interdirait le soutien financier américain à la torture d’enfants palestiniens prisonniers des Israéliens ; le défenseur des droits humains Issa Amro explique ce qu’est être en procès dans un tribunal militaire israélien.

Un projet de loi présenté au Congrès des États-Unis interdirait le soutien financier aux abus contre les enfants palestiniens, pratiqués par l’armée israélienne.

La loi pour la promotion des droits humains, avec l’arrêt de la détention militaire d’enfants palestiniens, est la première jamais présentée donnant la priorité aux droits humains des enfants palestiniens comme condition au soutien des États Unis, selon des militants.

Le projet de loi, présenté par Betty McCollum, la représentante du Minnesota le 14 novembre, exigerait que le Secrétaire d’État certifie chaque année qu’aucun des fonds accordés par les États-Unis à Israël n’aura été utilisé pour « soutenir la détention militaire, les interrogatoires, les abus ou mauvais traitements d’enfants palestiniens ».

Ce projet de loi est un « tournant décisif » a dit au Podcast de l’Electronic Intifada Brad Parker, un avocat de Défense des Enfants International-Palestine.

C’est un moment crucial pour que les militants s’engagent « dans un débat important sur les droits » avec leurs représentants élus, a ajouté Jennifer Bing, qui défend les droits des enfants palestiniens à la direction du programme pour le Moyen Orient du Comité American Friends Service.

Ces groupes conduisent la campagne Pas une Façon de Traiter un Enfant, qui vise à faire cesser la détention militaire et les abus pratiqués par Israël sur près de 700 enfants chaque année.

Bing a dit que lors d’une réunion à Capitol Hill, un membre du Congrès feuilletait le texte du projet de loi « pour essayer d’y trouver quelque chose qui motiverait une objection… qu’il n’a cessé de chercher et n’a rien pu trouver ».

Le fait que ce projet ait été rédigé sans échappatoire possible, signe sa réussite, a ajouté Bing, « il est irréfutable ».

Bing a dit qu’alors que la présentation du projet de loi est un moment historique, des enfants palestiniens subissent toujours des arrestations au cours d’attaques nocturnes et qu’ils sont arrêtés, violentés et torturés quotidiennement, tout en étant ignorés des médias du pouvoir. « Tandis que nous saluons un changement qui s’annonce, la situation est catastrophique » a-t-elle expliqué.

Ils essaient de me mettre en prison

« Ils essaient de me mettre en prison parce que j’exerce une résistance non-violente à l’occupation » a dit au Podcast de l’Electronic Intifada Issa Amro, le défenseur des droits humains.

Amro est le fondateur et directeur de Youth Against Settlements (Jeunes Contre les Colonies), un groupe militant d’Hebron en Cisjordanie.

« Ils veulent me faire taire, ils veulent que je ne fasse rien pour aider ma communauté ou élever la conscience au sein de la communauté internationale sur l’apartheid, la discrimination, la ségrégation à Hebron et dans toute la Palestine » a dit Amro.

Il s’exprimait il y a juste quelques jours après son premier procès dans un tribunal militaire israélien, inculpé pour ses activités contestataires datant de l’année 2010.

Amro est depuis des années sur la ligne de front de la défense non violente de ses voisins contre des colons israéliens armés et violents et contre des soldats qui poursuivent la colonisation de Hébron.

Youth Against Settlements a organisé des manifestations régulières, dont les campagnes annuelles pour la réouverture de la rue Shouada (Open Shuhada Street), qui ont mobilisé contre la fermeture aux Palestiniens de sections entières de la ville depuis 1994, lorsque 29 Palestiniens ont été massacrés pendant la prière, par Baruch Goldstein, un colon né aux États Unis.

L’armée israélienne a formulé 18 chefs d’accusation contre Amro pour sa participation à des manifestations contre le contrôle par Israël et sa politique de ségrégation.

Amro a expliqué que dans la salle du tribunal militaire, lors du premier procès du 5 novembre, les procureurs ont avancé qu’Amro avait manifesté aux cris de « 1, 2, 3, 4, non à l’occupation » ce qui est interdit selon les ordres de l’armée israélienne.

Farid al-Atrash, un avocat de Bethléem, est également jugé avec lui pour avoir participé aux manifestations de 2016 pour l’ouverture de la rue Shouada.

Amnesty International a qualifié de « sans fondement » toutes les accusations portées contre Amro et al-Atrash. En juin, des dizaines de membres du Congrès des États-Unis ont envoyé des lettres de soutien à Amro au Département d’État américain.

Suite à cela, il s’est rendu à Washington, où il a rencontré le sénateur Bernie Sanders.

Amro a expliqué que ce type de soutien de la part de décideurs américains est rare. « La majorité des Palestiniens ne bénéficient pas de soutien » a-t-il expliqué.

« C’est un bon début (d’avoir) des responsables politiques et des organisations de défense des droits humains qui portent une parole contre l’occupation et ont le courage de parler des violations des droits humains, parce qu’Israël essaie de faire taire quiconque citrique sa politique » a-t-il ajouté.

La prochaine audience d’Amro’s et d’al-Atrash est prévue le 26 décembre prochain.

Source : The Electronic Intifada

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine