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16 novembre  – mise à jour 17 novembre 2017

 

 

NÉGUEV (Ma’an) – Mardi, les autorités israéliennes ont démoli le village bédouin d’al-Araqib dans le désert du Néguev, au sud d’Israël, pour la 121ème fois, laissant les familles du village sans abri, selon des témoignages locaux.

Les habitants d’al-Araqib ont reconstruit le village 120 fois, après chaque démolition, dont la dernière en date s’est produite le 25 octobre.

En août, un tribunal israélien a condamné six habitants à payer une amende de 262 000 shekels (plus de 63 000 €) pour le coût des démolitions antérieures, en plus de 100 000 shekels (plus de 24 000 €) pour couvrir le coût de l’avocat commis d’office. Ce fut seulement à l’occasion du dernier paiement que le village a dû compenser les frais engagés par Israël pour ses démolitions de routine.

Selon les habitants d’al-Araqib, avant le dernier jugement, le village avait reçu l’ordre de payer plus de deux millions de shekels (près de 500 000 €) pour le coût cumulé des démolitions perpétrées contre le village par Israël depuis 2010.

Al-Araqib est l’un des 35 villages bédouins « non reconnus » par l’État d’Israël. Selon l’Association pour les Droits Civils en Israël (ACRI), plus de la moitié d’environ 160 000 Bédouins du Néguev résident dans des villages non reconnus.

Les villages bédouins non reconnus ont été installés dans le Néguev peu après la guerre israélo-arabe de 1948 qui a suivi la création de l’État d’Israël.

De nombreux Bédouins ont été transférés de force sur les sites de ces villages pendant les 17 années qu’a duré le régime militaire sur les Palestiniens d’Israël et qui a pris fin peu avant la conquête militaire par Israël de Gaza et de la Cisjordanie dont Jérusalem Est, en 1967.

Aujourd’hui, plus de 60 ans après, les villages ne sont toujours pas reconnus par Israël et vivent sous la menace constante des démolitions et de possibles transferts.

Des groupes de défense des droits disent que la démolition des villages bédouins non reconnus est un élément central de la politique israélienne qui vise à faire partir la population palestinienne indigène du Néguev et à la transférer dans des townships délimités par le gouvernement afin de faire place à l’extension des villages israéliens juifs.

 

Source : Ma’an News Agency

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine