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Par Ali Abunimah, 14 novembre 2017

 

Une application sur smartphone promue par une organisation sioniste permet aux visiteurs de Jérusalem de détruire virtuellement le Dôme du Rocher et la mosquée al-Aqsa et de les remplacer par un temple juif.

L’application est proposée dans le cadre d’une exposition, financée par le gouvernement israélien, qui fait la promotion du programme de destruction des lieux saints musulmans du complexe d’al Aqsa.

Ce site de Jérusalem Est occupée par les Israéliens est vénéré par les musulmans du monde entier et connu des Juifs comme le Mont du Temple.

Le mois dernier, le rabbin Steven Burg a tweeté une image montrant comment l’application transforme visuellement le site, effaçant entièrement les bâtiments existants. « Un jour prochain… », ajoutait-il, indiquant qu’il veut que l’image devienne réalité.

Rabbin Steven Burg

Image en direct du Kotel en utilisant le Mur Occidental Aish HaTorah

Application expérimentale. Un jour prochain…

 

Burg avait auparavant tweeté des opinions similaires :

Rabbin Steven Burg

A l’instant, au Kotel (mur des lamentations). Des milliers de Juifs soulagent leur coeur demandant au Tout Puissant de reconstruire notre Temple. Le monde ne comprendra jamais…

 

Burg est le directeur de Aish HaTorah, association religieuse sioniste qui sponsorise l’exposition « Expérience du Mur Occidental ».

Il est par ailleurs un ancien directeur du Centre Simon Wisenthal, lobby associatif israélien basé à Los Angeles, bien connu pour avoir construit un « Musée de la Tolérance » sur l’un des plus anciens cimetières musulmans de Jérusalem.

Dans le cadre de l’exposition Expérience du Mur Occidental, les gens peuvent télécharger une application smartphone de « réalité augmentée ». Quand on clique sur le complexe de la mosquée al-Aqsa, le Dôme du Rocher disparaît et est remplacé par une image d’un temple juif.

Ceci permet aux visiteurs de « poser pour une photo souvenir » dans un paysage imaginaire où les lieux saints musulmans ont été détruits.

 

Eliminer les églises et les mosquées

Cela s’inscrit dans un programme plus large promu par d’importants politiques et religieux qui plaident pour la construction d’un temple juif à l’endroit où se trouvent la mosquée al-Aqsa et le Dôme du Rocher depuis plus de 1.000 ans.

Le principal rabbin de ce soi-disant mouvement du Temple est Yisrael Ariel, extrémiste religieux qui a appelé à la destruction totale des églises et des mosquées à moins que Musulmans et Chrétiens « lèvent le drapeau de la reddition et disent ‘A partir de maintenant, il n’y a plus de Chrétienté et plus d’Islam’ et que mosquées et clochers chrétiens s’écroulent ».

Mais il comporte aussi des ministres du gouvernement et des législateurs du parti dominant d’Israël le Likoud et d’autres partis.

Le plus important d’entre eux est le député du Likoud Yehuda Glick, qui a forgé une alliance politique avec les partis néo-nazis qui ont gagné des sièges lors des récentes élections en Allemagne et en Autriche.

 

Financés par Israël

Des associations extrémistes financées par le gouvernement israélien ont déjà préparé des plans détaillés – complétés par des animations sur ordinateur en 3D – de ce à quoi le nouveau temple ressemblera une fois que les lieux saints musulmans auront été détruits.

De la même façon, le but ultime des concepteurs de l’Expérience du Mur Occidental est à peine caché : son site appelle à « Poser les fondations » – comme on peut le supposer, pour le temple.

Et Aish HaTorah dit aussi clairement que son endoctrinement n’est pas de sa seule initiative.

« Le ministère du tourisme et l’État d’Israël sont d’importants partenaires financiers de la construction de l’Expérience du Mur Occidental », déclare l’association. « Ils feront de l’Expérience du Mur Occidental un moment obligatoire et incontournable de toute visite de dignitaires en Israël et joueront un rôle actif dans la sensibilisation à l’Expérience. »

Le complexe de la mosquée al-Aqsa est l’un des sites politiques et religieux les plus sensibles de Palestine. Israël a avancé de fausses prétentions sur le site devant l’organisme culturel de l’ONU, l’UNESCO, dans ses efforts pour s’assurer une reconnaissance internationale de son occupation de Jérusalem.

Au cours de l’été, les Palestiniens ont organisé des semaines de désobéissance civile non-violente contre un effort d’Israël pour imposer un contrôle plus étroit de l’entrée sur le complexe.

En dépit de la violente réaction d’Israël à ces manifestations pacifiques, les Palestiniens l’ont emporté, obligeant l’occupant militaire à une retraite humiliante.

Ronnie Barkan a contribué à cette étude.

 

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada