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Par Tamara Nassar, le 11 octobre 2017

Des palestiniens passent devant une peinture murale représentant Khalida Jarrar en avril 2015 à Gaza ville. (Ashraf Amra / APA images)

Des associations de défense des droits de l’Homme renouvellent leurs appels à Israël pour qu’il libère Khalida Jarrar, membre du Conseil Législatif palestinien, et tous les autres dits détenus administratifs, retenus sans charges ni procès.

Jarrar, éminente femme politique de gauche, a été arrêtée le 2 juillet, ainsi que Khitam Saafin, responsable de l’union des femmes, et 9 autres au cours de raids nocturnes.

Saafin a été libérée de la prison israélienne HaSharon le 1er octobre, après avoir passé trois mois en détention.

« Je suis reconnaissante envers ceux qui ont agi en mon nom. Je suis par ailleurs heureuse d’avoir été libérée, mais triste en même temps d’avoir quitté 56 femmes qui souffrent dans les prisons israéliennes de conditions misérables, surtout celles qui nécessitent des traitements médicaux », a dit Saafin à Amnesty International après sa libération.

Jarrar reste en prison après un ordre de détention administrative de six mois qui peut être indéfiniment renouvelé.

Elle avait précédemment passé 14 mois en détention administrative après avoir été arrêtée en 2015.

Comme tous les détenus administratifs, ni Jarrar ni Saafin n’ont été inculpées ni jugées et sont détenues par Israël sur la base de « preuves secrètes ».

Jarrar est une dirigeante du Front Populaire de Libération de la Palestine et une éminente avocate pour les droits des prisonniers palestiniens.

Actuellement, selon l’association de défense des droits des prisonniers Addameer, il y a 13 législateurs palestiniens dans les prisons israéliennes.

En moyenne, 14 arrestations par nuit

Le mois dernier, les autorités d’occupation israéliennes ont renouvelé pour la sixième fois, la détention administrative de la détenue palestinienne Sabah Faroun.

Elle a été arrêtée chez elle en juin 2016 dans le village d’al-Eizariya à l’est de Jérusalem. Ses quatre enfants, le plus jeune d’à peine 5 ans, ont été retenus seuls dans une pièce à part dans la maison tandis que les soldats procédaient à une fouille au corps de Faroun et la transféraient dans un centre de détention.

« Les membres de la famille de Sabah souffrent de l’absence de leur mère et épouse », a dit Addameer. « Ne pas connaître les raisons de son arrestation ou la date de sa libération augmente leur souffrance psychique. »

Depuis qu’Israël a occupé la Cisjordanie et la Bande de Gaza en 1967, plus de 10.000 femmes palestiniennes ont été arrêtées et détenues par les forces d’occupation israéliennes.

« En 2017, des femmes et des filles palestiniennes sont régulièrement arrêtées dans les rues, aux checkpoints militaires israéliens et au cours de descentes violentes dans leurs maisons lors d’incursions militaires assorties de la présence de soldats israéliens, d’agents de renseignements et de chiens policiers, pendant lesquelles sont pratiquées des destructions de biens ménagers et mobiliers », a déclaré Addameer plus tôt cette année.

Par ailleurs, en septembre, les autorités israéliennes ont confirmé la détention administrative pour six mois du défenseur des droits franco-palestinien Salah Hamouri.

En septembre, 431 Palestiniens ont été arrêtés par les forces d’occupation israéliennes, d’après des associations palestiniennes de défense des droits de l’Homme.

Ce qui fait une moyenne d’environ 14 arrestations par nuit.

Il y a actuellement plus de 6.200 Palestiniens dans les prisons israéliennes, dont 465 détenus administratifs et 300 enfants.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada