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18 septembre 2017 – Middle East Monitor

Des ouvriers au travail dans une carrière à Hébron (Najeh Hashlamoun/Apa images)

Israël « se livre au pillage » des ressources naturelles des Palestiniens en Cisjordanie, avec la bénédiction de la Cour suprême, accuse une ONG.

Selon Yesh Din, l’industrie minière israélienne en Cisjordanie s’est « accrue de façon importante » depuis une décision de la plus haute instance juridique d’Israël, rejetant une requête déposée par l’ONG demandant la fin de toute activité minière et extractive dans la région.

La requête de Yesh Din affirmait que la politique israélienne « d’exploitation économique du territoire occupé » constitue une « violation flagrante de la législation internationale ». Mais en 2011, la Cour suprême d’Israël a rejeté la requête, « réglementant ainsi une exploitation coloniale des ressources naturelles sur une terre occupée ».

Selon les informations obtenues par l’ONG, la quantité de gravier extraite en Zone C en Cisjordanie – dans les carrières israéliennes et palestiniennes – a augmenté de 40 % entre 2008 et 2015.

Plus de 20 % de la consommation générale de l’État d’Israël proviennent désormais des carrières acquises par Israël en Cisjordanie occupée.

Ces évolutions sont ajoutées dans le nouveau document de fond de l’ONG « The Great Drain » (La grande canalisation), qui décrit « les décennies de pillage des ressources naturelles en Cisjordanie » comme « l’incarnation du colonialisme ».

La décision de la Cour, dès lors, a vidé totalement de son sens l’interprétation acceptable du droit humanitaire international, en maintenant en place une exploitation continue, irréversible du territoire occupé aux fins économiques des Israéliens.

Selon Yesh Din : « Israël a un intérêt économique explicite et direct dans l’augmentation du nombre de carrières en Cisjordanie ». En 2009, les droits et redevances payés à l’Administration civile – l’organisme israélien qui gère l’occupation – étaient de 28 millions de shekels (1 shekel = 0,238 €). En 2015, cette somme est montée à 74 millions de shekels.

Au total, entre 2009 et 2015, l’Administration civile a encaissé des redevances pour plus de 285 millions de shekels en provenance des carrières en Zone C en Cisjordanie occupée.

L’ONG rapporte également que des documents officiels de l’État « indiquent que les autorités israéliennes ont un plan à long terme leur permettant de s’appuyer sur le potentiel minier de la Cisjordanie pour au moins les 30 prochaines années ».

Une telle « planification stratégique » révèle « les intentions d’Israël de poursuivre l’occupation militaire pour ses intérêts économiques, tout en épuisant les ressources naturelles dans les territoires occupés et en causant des préjudices irréversibles à la capacité des Palestiniens d’utiliser leurs ressources naturelles ».

Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

Source: Middle East Monitor