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A l’intérieur d’un camp de réfugiés en périphérie de Bethlehem, un centre culturel encourage les jeunes à s’exprimer par la photographie. Voici les images qu’ils veulent partager et les expériences qui les ont inspirés. (Ndlr: Camp de réfugiés d’Aida, centre culturel Alrowwad)

Crédits photos : Alrowwad Cultural and Arts Society

Par Jessie McDonald, lundi 28 Août 2017

 

“La photographie est une forme de résistance par la beauté,” nous dit Kanan Abusrour, 17 ans, qui prend des cours de musique et de photo au centre culturel Alrowwad, dans le camp de réfugiés d’Aida, près de Bethlehem. “Tu peux prendre une photo qui te montre que quoi qu’il arrive il existe une sorte de belle vie ici. Il y a toujours de l’espoir.”

Photographe : Murad Abusrour

 

 

 

“J’ai choisi d’apprendre la photo pour pouvoir prendre des photos des beaux moments de ma vie, pour pouvoir dire que je suis un humain avant tout autre chose”, dit Ahmad Abusrour, 19 ans, qui est sur cette photo. Le centre propose des cours gratuits de danse, de théâtre et de photo, ainsi que des cours d’informatique. L’objectif étant de canaliser l’énergie des jeunes de manière créative.

Photograph: Murad Abusrour

 

 

Le mur de Cisjordanie encercle en partie le camp d’Aida. La photo prise par Madj Abusrour, 21 ans, montre un garçon observant le mur s’étirant jusqu’à la caserne militaire au loin, ou se trouve une présence militaire permanente. Les enfants se retrouvent souvent dans cette zone, mais jouer dans les ruines près du mur comporte des risques. Les incursions des forces de sécurité israéliennes ainsi que les confrontations avec les habitants du camp sont régulières. Environ 25 enfants de moins de 18 ans, certains n’ont même pas 13 ans, sont en prison, beaucoup étant accusés de jet de pierres.

Photograph: Majd Abusrour

 

 

Plus de 3 000 personnes, dont de nombreux enfants, vivent dans ce minuscule camp. L’extrême surpopulation ne laisse pas d’ espace ouvert pour pouvoir jouer. Cette photo d’une petite fille a été prise par Shaheed Hamamra, 16 ans, qui croit qu’ “il n’y a que dans les yeux d’un enfant qu’on peut voir l’avenir”.

Photographe : Shahid Hamamra

 

 

Etudier la photographie donne aux étudiants une chance d’être créatifs à partir de leur environnement. Yasmeen Salhab, 16 ans, a pris cette photo avec l’aide de deux jeunes amis. Elle y apporte la légende suivante : “Nous n’avons pas peur de tomber, mais nous nous y préparons”.

Photographe : Yasmeen Salhab

 

 

Ahmad Abusrour a pris cette photo, représentant l’une de ses camarades photographes. Les enseignants du centre Alrowwad encouragent particulièrement les femmes à s’impliquer dans leurs programmes.

Photographe : Ahmad Abusrour

 

 

“Dans le camp il n’y a pas beaucoup de choses à faire donc j’essaie de passer du temps à Alrowwad pour acquérir de nouvelles compétences”, explique Majd. “Autrement j’aime passer du temps avec mes amis, jouer au cartes et fumer le narguilé [shisha].” Majd a pris cette photo de son ami Ahmad. Il l’a intitulée “lève-toi, tu as une histoire”. La vie pour les jeunes à l’intérieur des camps de réfugiés en Cisjordanie est souvent dangereuse et, en même temps, monotone, à cause des restrictions de mouvements.

Photographe : Majd Abusrour

 

 

Comme beaucoup de jeunes photographes,  Ahmad voit les enfants comme une part importante du camp, croyant que “l’enfance dans le camp est un symbole qui ne peut être détruit”. Cette photo représente deux paires de jumelles vivant à Aida.

Photographe : Ahmad Abusrour

 

 

“J’aime étudier la photographie parce que c’est quelque chose que je ressens de l’intérieur. C’est une façon pour moi de canaliser mon énergie intérieure et de m’exprimer”, dit Majd

Photograph: Majd Abusrour

 

 

Hadeel Hamdan, 20 ans, fut inspiré par les nombreux chats qui déambulent dans le camp. “Même les chats se languissent de leur patrie”, dit-il. Les chats et les oiseux sont des animaux de compagnie populaires ici ; des familles créent des mini volières sur le toit de leurs maisons.

Photographe : Hadeel Hamdan

 

 

Etudier la photo nous permet d’avoir un impact si nos photos sont vues autour du monde”, explique Majd. “Les photos que nous prenons ont plus de pouvoir qu’une balle ou une arme à feu”. Cette photo montre les célébrations de l’Aïd, lorsque des habitants ont improvisé un mini feu d’artifice en grattant du métal avec une brosse à vaisselle.

Photographe : Majd Abusrour

 

 

Le centre encourage les étudiants à “donner une image plus honnête de la culture et de la population palestiniennes”. Cette photo d’Abdelrahman Shoka, 21 ans, montre le plus vieux et le plus jeune membre d’une famille dans la rue devant leur maison. Les familles élargies ont tendance à vivre ensemble dans une même maison. Malgré la misère dans le camp, le concept de sans-abri n’existe pas. “Si quelqu’un dort dans la rue, c’est la honte”, nous dit un habitant du camp.

Photographe : Abdelrahman Shoka

 

 

“Ils ont démoli ma maison, mais ils ne démoliront pas ma volonté” est le titre de cette photo de Murad Abusrour, 30 ans. Il a pris cette photo dans un village de Cisjordanie près du camp. L’enfant joue sur les ruines de sa maison, détruite par l’armée israélienne. Murad enseigne la photographie au centre et espère que les photos prises par ses étudiants aideront à “changer la façon dont les Palestiniens sont perçus. A travers nos photos, on peut dire qu’il y a des gens ici, qui vivent sous occupation”.

Photographe : Murad Abusrour

 

 

Un arbre de Noël entre une église et une mosquée, pris par Habdeel Hamdan, 20 ans. “Bethlehem embrasse toutes les religions”, dit-il.

Photographe : Habdeel Hamdan

 

 

Un garçon admire l’un des arts de rue qui ornent nombre de murs du camp. Banksy rendit célèbre l’image d’une colombe blanche avec une cible de sniper sur la poitrine, peinte sur un mur non loin d’ici.

Photographe : Murad Abusrour

 

 

“Un jour le mur s’effondrera et nous grimperons dessus avec nos rêves”, dit Yasmeen Salhab, 16 ans, à propos de sa photo. Le mur sépare les habitants du camp, des oliveraies, que l’on peut voir depuis les toits des maisons du camp. Le mur limite aussi les opportunités de travail pour les habitants du camp à Jérusalem Est, qui est pourtant tout à côté.

Photographe : Yasmeen Salhab

 

 

Ameer Soboh, 16 ans, a pris en photo la clé de son grand-père. Comme beaucoup de réfugiés palestiniens, le grand-père d’Ameer a gardé la clé de la maison dans laquelle il vivait avant d’être expulsé il y a 60 ans, et l’a transmise aux plus jeunes générations de sa famille.

Photographe : Ameer Soboh

 

Traduction: Lauriane.G pour l’Agence Media Palestine

Source: The Guardian