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Par Charlotte Silver, le 9 juillet 2017

Khalida Jarrar, au centre, est fêtée par ses soutiens au checkpoint de Jbara en Cisjordanie occupée, lors de sa libération d’une prison israélienne en juin 2016. Elle a été de nouveau arrêtée ce mois-ci.

Nedal Eshtayah APA images

 

Juste un an après être sortie d’une prison israélienne, l’élue palestinienne de gauche, Khalida Jarrar est de nouveau derrière les barreaux israéliens.


Jarrar, qui est membre du Conseil Législatif Palestinien et dirigeante du Front Populaire de Libération de la Palestine, a été arrêtée dimanche dernier lors d’une descente chez elle, avant l’aube, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie occupée.


Cette même nuit, Khitam Saafin, la présidente de l’Union des Comités de Femmes Palestiniennes, a également été arrêtée pendant une série de raids.


Israël prétend avoir arrêté Jarrar parce qu’elle a développé son travail avec le FPLP « encore davantage » depuis son élargissement en juin 2016, niant qu’elle était visée pour sa position de parlementaire.

Lors de son arrestation en juin 2015, Jarrar a été frappée de 12 chefs d’accusations en lien avec son militantisme et son plaidoyer pour les prisonniers politiques palestiniens. Elle a finalement obtenu un arrangement qui a réduit les accusations à l’appartenance à une organisation illégale et à l’incitation à la violence.

Israël considère illégaux la plupart des partis politiques palestiniens.
Son avocat, Mahmoud Hassan, a expliqué à ce moment-là que Jarrar acceptait l’arrangement parce qu’elle « ne s’attendait à aucune justice de la part du tribunal de l’occupation ».


Après l’arrestation de Jarrar et de Saafin, le FPLP a déclaré que les arrestations « soulignent la futilité » des négociations sans résultat de l’Autorité Palestinienne et de sa « coordination sécuritaire » avec Israël.


Jarrar s’est exprimée sobrement contre les tentatives du dirigeant de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas, pour reprendre des négociations avec Israël, lors d’une récente interview du Washington Post.


« La piste des négociations directes a échoué et n’a apporté aucun espoir au peuple palestinien. En fait, c’est l’inverse qui s’est produit » a-t-elle dit, ajoutant que la Cisjordanie « a plus de colons que jamais et que c’est un des principaux obstacles à ce que nous établissions un État ».

Le groupe de défense des droits des prisonniers, Addameer, du bureau duquel Jarrar est membre, a déclaré que l’arrestation de l’élue « constitue une attaque contre les dirigeants politiques palestiniens et contre la société civile palestinienne dans son ensemble ».


Jarrar rejoint 12 autres élus palestiniens détenus dans des prisons israéliennes, dont la plupart sont détenus sans accusation ni procès, selon Samidoun, un groupe de défense des prisonniers palestiniens.


Fin juin, l’élu Muhammad Badr a été arrêté lors d’une descente militaire chez lui, au cours de laquelle les soldats ont confisqué des affaires personnelles, selon Samidoun.


Badr a passé au total 11 ans en prison en Israël. Plus récemment il a été arrêté en octobre 2013 et a passé un an et demi en prison sans accusation ni procès.


Badr, comme la plupart des parlementaires détenus, est affilié au Hamas.


D’après Issa Qaraqe du comité des affaires des prisonniers de l’Autorité Palestinienne, Israël a détenu environ 70 élus palestiniens depuis 2002.


Pendant ce temps, Muhammad Allan, qui s’est engagé dans une grève de la faim de 65 jours en 2015 et a obtenu sa libération en novembre de la même année, refuse de nouveau de s’alimenter, suite à sa dernière arrestation début juin.


Cet avocat de 33 ans exige sa libération immédiate de la prison israélienne où il est une fois de plus enfermé sans accusation ni procès.

Traduction : SF pour l’Agence Media Palestine

Source : Electronic Intifada