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Le 9 juillet 2017

RAMALLAH (Ma’an) – Les autorités israéliennes ont condamné dimanche Khitam al-Saafin, présidente de l’Union du Comité des Femmes Palestiniennes, à trois mois de prison administrative, politique israélienne hautement contestée d’emprisonnement sans procès ni charges.

Le chef de l’unité juridique de l’association pour les droits des prisonniers Addameer, Mahmoud Hassan, a dit qu’une audience se tiendrait mercredi au tribunal du centre de détention d’Ofer pour confirmer la sentence.

 Les forces israéliennes ont arrêté al-Saafin le 2 juillet dans le village de Beituniya, au centre de la Cisjordanie occupée, le même jour que celui où elles ont arrêté la députée palestinienne Khalida Jarrar, autre éminente féministe et défenseure des droits de l’Homme.

Le tribunal d’Ofer a rallongé lundi la détention d’al-Saafin et de Jarrar afin d’examiner les ordinateurs qui avaient été saisis chez elles au cours des raids d’arrestation, et pour donner au procureur israélien le temps nécessaire pour justifier la détention administrative.

 

Les militaires israéliens ont dit à ce moment là que leurs arrestations à toutes les deux étaient dues à leur rôle majeur dans le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP) – parti palestinien de gauche bien connu qu’Israël déclare être un groupe terroriste.

 « Nous protestons contre l’arrestation de législatrices et militantes féministes, ainsi que contre les arrestations incessantes de leaders de la société civile et politique palestinienne », a dit l’élue membre du Comité Excécutif de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) Hanan Ashrawi après l’arrestation de Jarrar et de al-Saafin, ajoutant que « clairement, cette détention politique est une preuve de plus que le système judiciaire en Israël n’a rien à voir avec la justice ».

Le FPLP a dit cependant que « ces attaques n’empêcheront pas (le FPLP) de poursuivre son rôle de résistance à l’occupation et d’affronter les crimes et les projets qui tentent de liquider la cause palestinienne ».

D’après Addameer, il y avait au mois de mai 6.200 Palestiniens dans les prisons israéliennes, dont 56 femmes, et 490 en détention administrative.

Israël utilise la détention administrative presque exclusivement contre les Palestiniens. Cette politique israélienne très largement condamnée,  permet d’incarcérer un individu d’abord pendant une période de six mois, laquelle période est renouvelable indéfiniment, en s’appuyant sur des preuves tenues secrètes.

Bien que les autorités israéliennes déclarent que ne pas révéler la preuve pendant la détention administrative soit nécessaire pour des raisons de sécurité nationale, les associations de défense des droits déclarent au contraire que cette politique permet aux autorités israéliennes de détenir les Palestiniens pendant une période indéfinie sans dévoiler aucune preuve qui justifierait leur détention.

Ces associations de défense des droits ont déclaré qu’Israël a utilisé cette politique de détention administrative pour perturber les processus politiques et sociaux palestiniens, notamment en ciblant les politiques, les militants et les journalistes palestiniens.

 

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Ma’an News