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Des Palestiniens tiennent des pancartes pendant un rassemblement de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les geôles israéliennes, le 21 mai 2017 dans la ville de Naplouse en Cisjordanie. (Photo : Ayman Ameen / APA Images)

 

La lettre suivante a été remise lundi soir au président palestinien Mahmoud Abbas par la mère d’un prisonnier palestinien actuellement en grève de la faim. Les mères qui ont écrit et signé la lettre demandaient à Abbas de transmettre la lettre au président des Etats Unis Donald Trump à l’occasion de leur rencontre prévue pour mardi.

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Le 22 mai 2017

 

Mr. Donald Trump, président des Etats Unis d’Amérique

Pennsylvania Avenue, 1600 Washington DC

 

Salutations,

 

Sur cette terre sainte, il y a 37 jours, 1.500 prisonniers palestiniens détenus dans les geôles israéliennes ont lancé  une grève de la faim. Ils ont choisi eux-mêmes d’endurer la faim pour défendre leur dignité et protester contre la privation de leurs droits fondamentaux. Nous, les familles, souffrons à chaque seconde qui passe tandis que s’accroit le risque pour leur vie. Nos prisonniers doivent-ils faire l’expérience du martyre pour acquérir leur droit le plus fondamental et devons-nous attendre, pour nous retrouver, qu’ils soient devenus des cadavres au lieu de les accueillir vivants à la maison ?

Cette grève de la faim, qui entre maintenant dans sa sixième semaine, s’inscrit dans le contexte d’emprisonnement arbitraire constant de milliers de prisonniers palestiniens qui ont été transférés de force hors du territoire occupé et qui endurent au quotidien, aux côtés de leurs familles, des restrictions et des violations inhumaines de leurs droits. Les prisonniers réclament le droit de voir leurs enfants et d’avoir des contacts avec leur famille, des soins médicaux convenables et la fin de la torture, des mauvais traitements, de l’isolement et autres mesures arbitraires et collectives à leur encontre. La législation  internationale accorde ces droits et davantage.

Nous, familles des prisonniers, exigeons que nos enfants ne soient pas abandonnés à la mort dans les geôles de l’occupation. Des centaines de nos fils, pères et maris luttent maintenant contre une mort imminente dans ce que les Israéliens appellent des hôpitaux de campagne qui sont en réalité eux-mêmes des prisons dans lesquelles ils sont détenus avec la même indifférence pour leur santé, leur dignité humaine et leur vie.

Ces prisonniers ont été arrêtés par Israël qui essaie d’imposer son contrôle sur la terre et le peuple et ils font partie des 800.000 Palestiniens qui ont été arrêtés depuis 1967. Ces arrestations massives nous ont transformés en une nation maintenue en captivité, une nation de prisonniers et a fait de chaque foyer palestinien le foyer d’un prisonnier. Nous exhortons le monde à soutenir les prisonniers palestiniens dans leur lutte pour assurer le respect de leurs droits garantis par le droit international, démarche indispensable pour assurer liberté et dignité au peuple palestinien. Nous Palestiniens avons beaucoup à offrir au monde. Nous avons offert des modèles de référence dans tous les domaines, depuis l’intérieur des prisons et en dehors, et nous encourageons la vie et notre peuple qui a enduré des sacrifices, à réaliser son rêve de liberté, d’un jour où nos enfants grandiront dans un pays libre, en sécurité et en paix.

 Nous croyons que vous avez la capacité et l’influence nécessaires sur le gouvernement de la puissance occupante pour mettre fin aux souffrances de nos enfants dans les prisons israéliennes. Vous avez déclaré que vous vouliez arriver à la paix, et la paix commence avec la fin de la guerre d’Israël contre nos enfants, nos foyers, notre terre, notre existence et nos droits. Le refus d’Israël de respecter les droits les plus fondamentaux de nos prisonniers et ses mesures inhumaines contre eux et contre nous et ses menaces sur leurs vies sont les signes les plus évidents de leurs intentions. Nous faisons appel à vous pour que vous interveniez d’urgence pour sauver la vie de nos prisonniers du risque d’une mort imminente et que vous les aidiez à accéder à leurs justes exigences.

Comme l’a dit le leader Marwan Barghouti, qui pilote cette grève de la faim : le dernier jour de l’occupation sera le premier jour de la paix. 

Les familles des prisonniers dans les geôles de l’occupation israélienne

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : Mondoweiss