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Par Charlotte Silver, le 17 Avril 2017

 

 

Des manifestants prennent part à un rassemblement dans la ville de Gaza en soutien aux prisonniers palestiniens qui ont entamé une grève de la faim dans les prisons israéliennes le 17 avril, Journée des Prisonniers Palestiniens. (Ashra Amra / APA images)

Plus de 1.500 Palestiniens détenus par Israël ont entamé une grève de la faim massive le 17 avril – Journée des Prisonniers Palestiniens.

Les détenus, enfermés dans plusieurs prisons israéliennes, réclament des améliorations de leurs conditions  de détention et la fin de la mise à l’isolement, des sévères restrictions sur les visites des familles et de la détention administrative – emprisonnement prolongé sans charges.

Ils appellent aussi Israël à assouplir les restrictions sur l’entrée de livres, vêtements, nourriture et autres objets fournis par les membres des familles.

Il y a actuellement 6.300 prisonniers politiques palestiniens, dont 500 en détention administrative, d’après l’association pour les droits des prisonniers palestiniens, Addameer. Israël détient 300 enfants en prison.

Plus de 300 Palestiniens sont en prison depuis avant la signature des accords d’Oslo en 1993 par Israël et l’Organisation de Libération de la Palestine.

Représailles 

« Les prisonniers et détenus palestiniens ont souffert de torture, de traitements inhumains et dégradants et de négligence médicale », a écrit dimanche dans The New York Times Marwan Barghouti, un des chefs de la résistance armée du Fatah qui est en prison depuis 2002.

Barghouti a fait remarquer que « environ 200 prisonniers palestiniens sont morts des suites de ces mauvais traitements depuis 1967 ».

Depuis plus de 50 ans qu’Israël occupe la Cisjordanie et la Bande de Gaza, plus de 750.000 Palestiniens ont été arrêtés par les forces israéliennes, selon l’Office Central des Statistiques palestinien.

« Après avoir épuisé toutes les autres options, j’ai décidé qu’il n’y avait pas d’autre choix que de résister à ces abus en entamant une grève de la faim », a écrit Barghouti. « Faire la grève de la faim est la forme la plus pacifique de résistance à notre disposition. Elle ne fait souffrir que ceux qui y participent et leurs êtres chers, avec l’espoir que leurs estomacs vides et leurs sacrifices aideront leur message à avoir un écho au-delà des murs de leurs sombres cellules. »

Barghouti, éminent leader dans la faction du Fatah  de l’AP Mahmoud Abbas, a appelé à la grève, et en solidarité, a été rejoint par des prisonniers d’autres partis palestiniens. Les autorités israéliennes ont, semble-t-il, enclenché des représailles à l’égard des prisonniers en grève de la faim, comme notamment  des transferts, des isolements et des confiscations de biens personnels.

« Illégal et cruel » 

Prévoyant cette grève de la faim, Amnesty International a qualifié la semaine dernière le traitement des prisonniers palestiniens par Israël d’ « illégal et cruel ».

« L’impitoyable politique israélienne de détention des prisonniers palestiniens, arrêtés dans les territoires palestiniens occupés, dans des prisons situées à l’intérieur d’Israël est en violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève », a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice régionale de l’association, faisant remarquer qu’il s’agissait là d’un des obstacles majeurs dressés par Israël contre les visites des familles à leurs êtres chers en prison.

Les prisonniers « de sécurité » n’ont même pas le droit de téléphoner à leurs familles.

Les prisonniers réclament qu’Israël réinstaure les visites régulières des familles et autorisent les prisonniers à faire des photos avec leurs proches.

Ils veulent aussi que les autorités israéliennes installent des téléphones publics dans chaque prison, fournissent un conditionnement d’air et rénovent les cuisines.

L’histoire d’un combat

La dernière grève de la faim massive a eu lieu en 2014, lorsque des centaines de prisonniers ont protesté contre l’utilisation de la détention administrative.

Cette grève a duré deux mois, la plus longue grève ferme et massive de l’histoire palestinienne, et s’est terminée avec un accord que la direction du Club des Prisonniers Palestiniens a décrit comme « non pas une énorme victoire, mais un modeste pas en avant ».

Les Palestiniens organisent des rassemblements et des manifestations à travers la Cisjordanie et la Bande Gaza occupées en solidarité avec les prisonniers.

Rami Hamdallah, premier ministre de l’Autorité Palestinienne, a émis un communiqué de soutien aux grévistes de la faim.

Le journal de Tel Aviv Haaretz a écrit que, au cours de l’année dernière, l’Autorité Palestinienne a arrêté environ 400 Palestiniens à la demande d’Israël.

L’AP transmet aussi régulièrement à Israël des informations dont celui-ci se sert pour détenir, interroger et torturer les Palestiniens.

 

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

 

Source : The Electronic Intifada