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Les fonctionnaires de l’AP à Gaza ont reçu leurs salaires de mars réduits d’au moins 30 %, ce qui a déclenché des protestations.

Des milliers d’employés de l’Autorité Palestinienne (AP) ont manifesté samedi dans la ville de Gaza, tandis que les protestations se poursuivent contre la décision de l’AP d’imposer des réductions drastiques de salaire à ses employés en fonction à Gaza. Les protestataires se sont réunis sur le square al-Saraya et ont lancé des slogans contre cette démarche et ils ont appelé les dirigeants du gouvernement palestinien, particulièrement le Premier ministre Rami Hamdallah et le ministre des Finances Shukri Bishara, à démissionner.

Certains manifestants ont décrit la décision de réduire leurs salaires comme « une discrimination envers Gaza » et ont rejeté les « justifications et les excuses triviales et mensongères » que le gouvernement a fourni pour expliquer cette décision.

L’AP a dit que ces réductions étaient une tentative pour faire face à l’aggravation de la crise financière, dont elle dit qu’elle a été exacerbée par le Hamas – gérant de facto de la Bande de Gaza – pour prétendument continuer à collecter les revenus du gouvernement sans les envoyer à la trésorerie de l’AP.

Pourtant, des critiques ont répliqué que, si la décision avait été une simple réaction à la crise financière, alors ces déductions auraient été appliquées à tous les fonctionnaires de l’AP – y compris ceux de Cisjordanie occupée – et puis ont exprimé leur inquiétude sur le fait que ces réductions ne feraient qu’isoler un peu plus les Gazaouis du reste des territoires palestiniens.

Les employés rassemblés ont appelé le président de l’AP Mahmoud Abbas à former un gouvernement d’union nationale et à traiter Gaza et ses résidents comme sa toute première priorité.

Entre temps, le Secrétaire général adjoint à Gaza du Conseil révolutionnaire du Fatah, Fayis Abu Eita, a dit dans une déclaration que des milliers d’employés et de supporters du Fatah se sont réunis sur le square et ont réclamé qu’Abbas « intervienne immédiatement et assure l’équité pour les employés de Gaza, exactement comme pour le reste des employés du gouvernement de l’AP ».

Abu Eita a également ajouté que la population a blâmé Hamdallah pour les réductions de salaire qui, a-t-il dit, « enlèveraient le pain de la bouche de leurs enfants ».

Le chef du syndicat des journalistes de la Bande de Gaza, Tahson al-Astal, a dit à Ma’an que cet outrage public reflétait la nature « tyrannique » de la décision de tailler dans les salaires qui, a-t-il dit, ferait du mal à quantité de familles de l’enclave frappée par la pauvreté, où on enregistre certains des taux de chômage les plus élevés au monde, et il a déclaré :

« C’est un autre siège qui s’ajoute à celui déjà imposé par l’occupation israélienne ».

Mercredi, les fonctionnaires de l’AP de Gaza ont reçu leurs salaires de mars réduits d’au moins 30 %, ce qui a déclenché des protestations parmi les employés de l’AP déjà en lutte. Le Premier ministre Hamdallah a fait remarquer que ces déductions ne portaient que sur le versement du salaire mensuel, sans aucune baisse des salaires de base.

Les critiques ont fait remarquer qu’après que le Hamas ait pris le contrôle de la Bande de Gaza en 2007, l’AP dirigée par le Fatah a encouragé ses employés en fonction à Gaza à ne pas continuer à travailler pour protester contre le nouveau gouvernement dirigé par le Hamas.

Quelques 50.000 employés qui ont décidé de poursuivre leur travail sous le Hamas ont vu ensuite leurs salaires versés irrégulièrement et partiellement par l’AP, et parfois pas versés du tout. Et pendant ce temps, les dizaines de milliers d’employés qui ont refusé de travailler avec le Hamas ont continué à recevoir régulièrement le paiement de leurs salaires par l’AP. Les nouvelles réductions de salaire ont semble-t-il affecté tous les employés de l’AP de Gaza.

 

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source: Middle East Monitor