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28 août 2016, actualisé le 31 août

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BETHLEHEM (Ma’an) – Une veille palestinienne sur la liberté de la presse a dit samedi que les violations de la liberté de la presse dans les territoires palestiniens occupés avaient connu un développement rapide dans la première moitié de l’année 2016.

Cette hausse s’est produite même après que le groupe ait fait un rapport sur un accroissement « sans précédent » de ces violations au cours de l’année 2015 – « le plus élevé jamais enregistré en Palestine » depuis que le groupe a commencé à surveiller les violations de la liberté de la presse il y a plus de dix ans.

Le Centre Palestinien pour le Développement et la Liberté de la Presse, connu sous le nom de MADA a recensé une escalade de 17% des violations par les autorités israéliennes pendant la première moitié de l’année 2016.

Moussa Rimawi, le directeur général de MADA a déclaré, dans un rapport à mi-parcours de l’année, que même si le nombre de violations à la fois par Israël et par les autorités palestiniennes a baissé de 224 dans la première moitié de l’année 2015 à 198 dans la première moitié de cette année – soir de 12% – les violations israéliennes ont continué à augmenter, alors que les autorités palestiniennes ont commis 41% de moins de violations pendant la même période.

Le total des violations perpétrées par Israël a été de 133, comparé aux 43 en Cisjordanie occupée et à 22 dans la bande de Gaza sous blocus, du fait des autorités palestiniennes.

Rimawi note que depuis le début du suivi et de la documentation des violations de la liberté de la presse effectués par MADA il y a plus de dix ans, « les violations par Israël sont considérées comme les plus graves et dangereuses » non seulement en quantité mais en sévérité.

Parmi les 15 différents types de violations documentés par MADA, celles qui sont de loin le plus commises par Israël étaient des attaques physiques, des arrestations, la confiscation de matériel, l’empêchement de couvrir des événements et la détention.

La violation la plus grave recensée durant la première moitié de l’année 2016 a été l’ « exécution » de l’étudiant palestinien en journalisme de 22 ans, Iyad Omar Sajadiyya, tué par balles par les forces armées israéliennes en mars, lors de heurts violents qui ont éclaté lorsque l’armée a mené une attaque contre le camp de réfugiés de Qalandia en Cisjordanie occupée pour en faire sortir deux soldats.

Des journalistes palestiniens ont aussi été exposés à 33 blessures par balles, à des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes ou des coups.

Le rapport a ajouté que les autorités israéliennes ont fermé deux organismes de presse après avoir mis à sac leurs locaux et confisqué du matériel, et que 23 journalistes et travailleurs de la presse ont été emprisonnés entre janvier et juin 2016.

Le rapport a également mis en avant l’accroissement de la pratique israélienne de détention de Palestiniens pour leur activité sur les réseaux sociaux, au motif, selon les autorités israéliennes, qu’une vague d’agitation qui s’est répandue en octobre dernier dans les territoires occupés était largement « incitée ».

Le Parlement israélien, la Knesset, a récemment approuvé une loi visant à verbaliser des réseaux sociaux tels Twitter et Facebook qui ne suppriment pas les contenus encourageant le « terrorisme » ; cette disposition législative doit être jointe à une autre loi qui permettrait aux tribunaux d’ordonner aux opérateurs de réseaux sociaux de supprimer les contenus présentant Israël comme un possible danger pour la sécurité personnelle, publique ou de l’État.

Alors que les violations perpétrées par les autorités palestiniennes contre la liberté de la presse contrastent avec les violations israéliennes parce que moins nombreuses et considérées par MADA comme « moins graves », le groupe a néanmoins déclaré que cela « ne justifie ou ne diminue en rien la gravité «  de leur impact « notamment parce que certaines de ces pratiques et méthodes d’oppression et de poursuites visent systématiquement à répandre la peur parmi les journalistes et à les faire taire ».

MADA a noté que les journalistes palestiniens et les travailleurs des media « évitent d’aborder plusieurs sujets » et pratiquent l’autocensure, et que cela résulte directement des violations de la part des autorités palestiniennes.

MADA a classé en trois types la plupart des violations que le groupe a documentées: interrogatoires par les forces de sécurité palestiniennes, détention et arrestations.

« MADA est sérieusement préoccupé par les attaques systématiques et par la violence exercée contre les journalistes et les travailleurs des media par l’occupation israélienne et exhorte les représentants de l’État à faire tout leur possible pour prévenir la violence envers les journalistes, garantir la responsabilité et traduire en justice les auteurs des délits contre la liberté de la presse » a déclaré le groupe.

Traduction: SF pour l’Agence Media Palestine

Source: Maan News