Par Ali Abunimah, 11 janvier 2016

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Orange en train de fournir un service gratuit aux soldats israéliens près de Gaza pendant l’assaut de l’été 2014 qui a provoqué la mort de plus de 2.200 Palestiniens. La filiale israélienne de la compagnie française de télécommunications a « adopté » une unité militaire qui était en action dans des lieux où des centaines de civils ont été tués. (via Frumline)

Les militants qui font campagne pour les droits des Palestiniens saluent une victoire majeure après qu’Orange en France ait souscrit à leur principale revendication : mettre fin à sa relation avec sa filiale israélienne.

La nouvelle annonçant que la multinationale de télécommunications mettait fin à son contrat avec l’israélienne Partner Communications avait paru plus tôt ce mois-ci dans les médias israéliens.

C’est maintenant officiel, la marque Orange Israël va cesser d’exister.

« Mauvais pour les affaires »

« Cette nouvelle représente un succès remarquable pour le mouvement BDS et montre que les sociétés et les investisseurs internationaux prennent conscience du fait qu’être lié au régime israélien de colonisation, d’occupation et d’apartheid est mauvais pour les affaires », a dit Guman Mussa, responsable des campagnes du Monde Arabe avec la Comité National Palestinien BDS, coalition palestinienne qui pilote le mouvement mondial boycott, désinvestissement et sanctions.

« Nous félicitons et remercions tous les militants et organisations impliqués dans cette campagne internationale stimulante lancée il y a six ans », a ajouté Mussa.

La campagne demandant à Orange de rompre ses liens avec Partner a commencé en 2010 et impliquait des syndicats et des associations militantes en France, Tunisie, Maroc et Egypte, pays dans lesquels Orange, ou ses filiales, a des millions d’abonnés au téléphone portable.

La campagne a bénéficié d’un élan formidable en mai dernier lorsque BDS Egypte a appelé au boycott de la succursale d’Orange, Mobinil, qui a 33 millions de clients égyptiens.

Quelques semaines plus tard, le PDG d’Orange Stéphane Richard a annoncé au Caire qu’il voulait mettre fin à l’accord de sa société avec Partner aussi vite que réalisable.

Orange n’avait « pas le choix »

« L’arrêt de la relation d’Orange avec Partner est une victoire significative pour le mouvement BDS », a dit Abdulrahman Abou Salem de BDS Egypte, coalition de syndicats, de partis politiques et d’associations militantes.

Orange a démenti qu’elle réagissait en réponse au boycott et a dit qu’elle mettait fin à sa relation avec Partner pour des raisons purement commerciales.

Mais Aboun Salem a noté que, quelques semaines seulement avant que la pression sur Mobinil n’augmente et que le PDG Richard ne se précipite au Caire, Orange avait renouvelé son contrat avec Partner pour dix années supplémentaires.

Avec la perspective d’un boycott massif en vue, Abou Salem a affirmé que « Orange n’avait d’autre choix que de réaliser qu’investir dans l’occupation, tirer des bénéfices de la colonisation de la terre palestinienne par Israël et de son implication dans les violations contraires aux droits des Palestiniens était un mauvais investissement commercialement parlant. »

Partner Communications, qui a travaillé sous la marque Orange Israël, a construit et fait fonctionner de vastes infrastructures de téléphonie mobile dans les colonies israéliennes construites sur la terre palestinienne en Cisjordanie occupée, en violation de la législation internationale.

En les aidant et en en profitant, Orange a pris part aux violations systématiques des droits des Palestiniens, d’après l’enquête publiée l’an dernier par un collectif d’organisations syndicales et de défense des droits de l’Homme françaises et palestiniennes.

Orange Israël a également fourni un service gratuit et d’autres aides aux soldats israéliens pendant l’agression sur Gaza de l’été 2014 au cours de laquelle les forces israéliennes ont tué plus de 2.200 Palestiniens, dont 551 enfants.

Orange a aussi parrainé des unités de l’armée israélienne, dont l’une – le bataillon de chars « Ezuz » – a pris part à l’attaque sur Gaza et a sévi dans des lieux où des centaines de civils palestiniens ont été tués dans des crimes de guerre.

« Victoire »

En France, les syndicats Solidaires et la Fédération Sud PTT d’Orange, qui représente les employés d’Orange, se sont réjoui de la fin de la relation d’Orange avec Partner.

Taoufiq Tahani, président de l’Association France Palestine Solidarité, a remarqué que la décision « a fait suite à la mobilisation, pendant plusieurs années, de nombreuses organisations engagées dans la solidarité avec la Palestine ».

La FIDH, Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme, qui a co-rédigé le rapport sur la complicité d’Orange dans les crimes d’Israël, a défini la fin du marché conclu par Orange avec Partner comme « une victoire pour tous les défenseurs du droit international et des droits de l’Homme ».

Parmi les nombreux participants aux actions et manifestations, depuis les boutiques Orange de centre-ville en France jusqu’à l’assemblée générale annuelle de la société à Paris, il y a eu des militants de BDS France.

« BDS France qui, avec d’autres partenaires, a mené ce combat depuis des années, célèbre cette victoire de la morale et du droit international contre un Etat qui ne respecte ni l’une ni l’autre », a dit l’association.

Cette victoire d’une campagne ciblée sur la France et sur une société française est d’autant plus significative si l’on considère la répression croissante à laquelle les militants de BDS doivent faire face de la part de l’administration du président François Hollande.

Le Comité National Palestinien BDS remarque qu’Orange n’est pas la première grande compagnie française à sortir du marché israélien sous la pression du boycott.

L’été dernier, la société Veolia de services municipaux et de transport a achevé son retrait d’Israël et de la Cisjordanie occupée après une campagne de sept ans qui a coûté à la société des milliards de dollars en contrats avec des municipalités et des gouvernements dans le monde entier.

Traduction : J. Ch. pour l’Agence Média Palestine

Source : The Electronic Intifada